Lumières américaines

Les Lumières américaines[1],[2],[3] (en anglais : the American Enlightenment) furent une période de ferveur intellectuelle et philosophique dans les Treize Colonies puis les États-Unis d'Amérique au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Elles menèrent à la Révolution américaine et à la création des États-Unis. Elles furent influencées par le Siècle des Lumières en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles et par la philosophie américaine. Selon James MacGregor Burns, l'esprit des Lumières américaines était de donner aux idéaux des Lumières une forme concrète et utile à la vie de la nation et de son peuple[4].
Une philosophie morale non confessionnelle remplaça la théologie dans de nombreux programmes universitaires. Certains colleges réformèrent leurs programmes pour y inclure la philosophie naturelle (sciences), l'astronomie moderne et les mathématiques, et des universités américaines furent fondées selon un nouveau modèle. Sur le plan politique, cette époque se distingua par l'importance accordée au consentement des gouvernés, à l'égalité devant la loi, à la liberté, au républicanisme et à la tolérance religieuse, comme l'exprime clairement la Déclaration d'indépendance des États-Unis.
Parmi les principaux représentants des Lumières américaines figurèrent des présidents d'universités, dont les puritains Jonathan Edwards, Thomas Clap et Ezra Stiles, le pasteur presbytérien et président d'université John Witherspoon, et les philosophes moraux anglicans Samuel Johnson et William Smith. Parmi les penseurs politiques de premier plan figurèrent John Adams, James Madison, Thomas Paine, George Mason, James Wilson, Ethan Allen et Alexander Hamilton, ainsi que Benjamin Franklin et Thomas Jefferson.
Le terme « American Enlightenment » fut inventé après la Seconde Guerre mondiale et n'était pas utilisé au XVIIIe siècle.
Dates
Différentes dates ont été proposées pour les Lumières américaines, notamment 1750-1820, 1765-1815 et 1688-1815. Une date de début plus précise qui a été proposée est l’année 1714[5], celle au cours de laquelle une collection de livres des Lumières de Jeremiah Dummer fut donnée à la bibliothèque du college de l'université Yale dans le Connecticut. Ils furent reçus par un étudiant de troisième cycle, Samuel Johnson, qui les étudia. Ce dernier trouva qu'ils contredisaient son éducation puritaine. Deux ans plus tard, en 1716, en tant que tuteur, Johnson introduisit un nouveau programme d'études à Yale en utilisant les livres des Lumières donnés par Dummer. Johnson proposa ce qu'il appelait « le nouvel apprentissage », qui incluait les œuvres et les idées de Francis Bacon, John Locke, Isaac Newton, Robert Boyle, Copernic, ainsi que des œuvres littéraires de Shakespeare, John Milton et Joseph Addison. Les idées des Lumières furent introduites auprès des colons et diffusées par l'intermédiaire des réseaux éducatifs et religieux dissidents en Amérique.
Références
- ↑ Gilles Kepel, Les politiques de Dieu, (lire en ligne), p. 299
- ↑ Robert Chagny, La révolution française, (lire en ligne), p. 5
- ↑ Philippe Raynaud, Trois révolutions de la liberté : Angleterre, Amérique, France, (lire en ligne), p. 322
- ↑ (en) James MacGregor Burns, Fire and Light: How the Enlightenment Transformed Our World, Macmillan, (ISBN 978-1-250-02490-9, lire en ligne), p. 132
- ↑ Olsen, Neil C., Pursuing Happiness: The Organizational Culture of the Continental Congress, Nonagram Publications, (ISBN 978-1-4800-6550-5 et 1-4800-6550-1), 2013, p. 145
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