Lycée Saint-Stanislas (Nantes)

Lycée Saint-Stanislas

Description de l'image Nantes (44) Lycée Saint-Stanislas - 01.jpg.
Histoire et statut
Fondation 1829
par Guillaume Angebault
Type Établissement privée catholique
Administration
Académie Académie de Nantes
Proviseur Thierry Bougère
Proviseur adjoint Benoît Brégeon
Études
Étudiants 686
Diplômes délivrés Brevet, Baccalauréat
Formation Collège, Lycée général (MPSI, PCSI, MP, PC, PSI)
Langue(s) des cours allemand, espagnol, chinois, anglais.
Localisation
Ville Nantes
Pays Drapeau de la France France
Site web https://www.saintstanislas.eu
Coordonnées 47° 13′ 24″ nord, 1° 33′ 21″ ouest
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Lycée Saint-Stanislas (Nantes)
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Lycée Saint-Stanislas (Nantes)

Le lycée et collège Saint-Stanislas est un établissement d'enseignement privé catholique d'enseignement général, secondaire et supérieur (MPSI, PCSI, MP, PC, PSI) situé à Nantes, en Loire-Atlantique, dans le quartier Talensac, à proximité de la rue Paul-Bellamy.

Le directeur diocésain de l'enseignement catholique de Loire-Atlantique indique en 2025 que l'établissement a été le lieu de violences sexuelles, de 1958 à 1995.

Historique

La pension Orillard

En 1829, la ville de Nantes possède seulement deux établissements scolaires où les enfants peuvent suivre des études classiques : le Lycée royal (lycée Clemenceau) et le Petit séminaire qui accueille les jeunes gens qui veulent devenir prêtres mais aussi ceux qui ne veulent pas fréquenter l'établissement laïc.

Afin de pallier la défaillance du petit séminaire, l'abbé Angebault, vicaire général du diocèse de Nantes, convainc son évêque Joseph Michel Jean-Baptiste Micolon de Guérines d'ouvrir « une pension dirigée par des ecclésiastiques pour des enfants de milieu aisé où chacun recevrait une instruction élémentaire très solide et serait sérieusement préparé aux études classiques ». La direction de cette nouvelle école installée dans les bâtiments d'une ancienne filature de la route de Rennes est confiée à l'abbé Orillard. La première rentrée scolaire s'effectue en , avec 17 élèves. Cette pension s'affirme comme la maison préférée des familles de l'ouest restées fidèles aux princes exilés après l'arrivée au pouvoir de Louis-Philippe Ier[1].

Le directeur, conquis par la personnalité de Stanislas Kostka, jeune jésuite polonais du XVIe siècle, canonisé au début du XVIIIe siècle, déclaré plus tard patron de la jeunesse chrétienne, voue une grande dévotion à ce jeune saint et place la nouvelle école sous le patronage de saint Stanislas Kostka, malgré la réticence de nombreux Nantais.

L'établissement connaît un développement rapide, avec la construction de nouveaux bâtiments. On compte 117 élèves en 1835. Il est ensuite cédé à l'évêque de Nantes après le départ de l'abbé Angebault.

L'essor

Les autorités diocésaines veulent obtenir du gouvernement l'ouverture d'un collège secondaire. Après des négociations difficiles, le ministère de l'Instruction publique accepte mais sous certaines conditions : le corps professoral doit compter au moins deux licenciés et les classes supérieures doivent être implantées en dehors de la ville pour ne pas le concurrencer. Ainsi Saint-Stanislas qui ne dispense alors que d'un enseignement allant des petites classes de primaires jusqu'à la 5e est jumelé avec le collège installé dans l'ancien monastère Notre-Dame des Couëts de Bouguenais qui ne se compose que de grandes classes, allant de la 4e aux terminales. Dès lors, l'établissement se partage entre deux maisons, adoptant les mêmes usages, les mêmes méthodes, le même uniforme[2].

En 1850, la loi Falloux accorde la liberté de l'enseignement secondaire sans restriction, ce qui favorise le développement de l'enseignement catholique. Cependant l'évêque ne juge pas utile de modifier le fonctionnement de Saint-Stanislas. En 1864, avec ses 200 élèves, l'établissement est surchargé. Il faut attendre 1867 pour que, sous la pression des parents qui refusent d'envoyer leurs enfants aux Couëts, les deux maisons deviennent indépendantes l'une de l'autre : Saint-Stanislas devient ainsi un établissement de plein exercice et dispense un enseignement complet allant des classes primaires jusqu'à la terminale dès 1872[2]. Cette même année, le collège présente, pour la première fois, ses douze premiers élèves au baccalauréat où six sont reçus.

Dès lors, les effectifs ne cessent d'augmenter pour atteindre, à la veille de la Première Guerre mondiale, 417 élèves[3].

Le développement de l'école est marqué par de nombreuses constructions jusqu'à la fin du XIXe siècle, notamment sous la direction du chanoine Guillou :

  • en 1877, le réfectoire des professeurs est achevé et on érige également l'un des théâtres les plus vastes et les mieux équipés de la ville de Nantes ;
  • en 1893, on inaugure la chapelle néo-gothique due à l'architecte nantais François Bougoüin possédant un orgue « Cavaillé-Coll » de treize jeux, classé depuis monument historique
  • le porche ogival de construit en 1898 et la galerie des arcades complètent l'ensemble et donnent à l'établissement sa physionomie du XXe siècle[3].

Menaces et la tourmente de l’entre deux-guerres

À la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, le collège est mis sous séquestre et ses biens attribués à la ville de Nantes en 1913 qui revend aussitôt les bâtiments pour la somme de 291 000 francs à la Société immobilière Saint-Stanislas, fondée à cette occasion grâce aux concours des anciens élèves[4].

Les deux guerres mondiales perturbent la vie de l'établissement. En 1914, il est transformé partiellement en hôpital militaire. Cent-quarante et un anciens élèves et professeurs sont tués durant cette guerre. Dès la fin des hostilités, le chanoine Martin, le nouveau supérieur, s'emploie à cicatriser les plaies. Il fait rénover les bâtiments tout en y faisant installer une série d'innovations matérielle (chauffage central, bains-douches)[4]. Les parents sont de plus en plus nombreux à faire confiance à l'éducation donnée à Saint-Stanislas et les effectifs passent de 450 en 1919[3] à 570 en 1937. En 1939, de nombreux professeurs sont de nouveau mobilisés. Plusieurs sont faits prisonniers. Les locaux sont d'abord occupés par les réservistes du 65e régiment d’infanterie et l'établissement redevient hôpital militaire français puis allemand. Après les bombardements de , le collège est évacué et les élèves sont dispersés dans la campagne angevine, au château de Piédouault à Jallais et à Beaupréau.

Après la guerre, tout rentre dans l'ordre. Sous les supériorats des chanoines Chaignon et Roul, une mutation sans révolution s'opère : la vie se libéralise et la discipline est moins sévère. L'élève devient le principal acteur de son avenir professionnel et est amené à y réfléchir.

Contrat d'association avec l'État

En application de la loi Debré de 1959 qui fixe les rapports de l'État avec l'enseignement privé, le chanoine Paul Guiberteau, directeur de l'établissement, signe un « contrat d’association » le . L'État, reconnaissant à l'enseignement catholique sa mission d'enseignement, rémunère les professeurs qualifiés (licence) devenus agents contractuels, non fonctionnaires et pourvoit au coût de fonctionnement appelé « forfait d'externat ». L'enseignement est dispensé suivant les règles et les programmes de l'enseignement public. L'État a le pouvoir de contrôle administratif, financier et pédagogique.

L'encadrement, assuré essentiellement par des ecclésiastiques avant 1960, se déconfessionnalise rapidement. Treize prêtres sont encore en activité 20 ans plus tard sur un effectif de 80 enseignants. Le dernier quitte son poste en 1993.

Fin du XXe siècle

Au cours des 40 dernières années du XXe siècle, l'école connaît encore de profonds changements. Ses effectifs doublent de 1961 à 1984 et atteignent 1 305 élèves. Elle ferme ses classes primaires en 1969. Établissement de garçons avec internat depuis sa création, elle choisit officiellement la mixité 10 ans plus tard, les filles représentant 40 % des élèves.

Ce développement nécessite de nouvelles constructions. En 1972, l’'abbé Alain Chantreau fait édifier un bâtiment de quatorze classes (appelé Jules-Verne) le long de la rue de la Distillerie puis, en raison des réformes, un bloc de laboratoire de sciences et une salle d'éducation physique.

En 1976, un laïc, Dominique Pervenche, devient directeur du collège et du lycée. Le fort accroissement des effectifs au cours des années 1980, la volonté d'améliorer les conditions de travail des élèves et l'ouverture d'un cycle de classes préparatoires aux grandes écoles en mathématiques supérieures et mathématiques spéciales conduisent, en 1991 (1 630 élèves), à l'édification, avec l'aide du conseil régional des Pays de la Loire, d'une vaste salle polyvalente, sportive et culturelle et d'un important centre de documentation et d'information (CDI). Il donne sa démission en 1998[5].

Violences sexuelles

En , au lendemain de la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), l'établissement est visé par des tags dénonçant des abus sexuels en son sein, ainsi que le mois suivant. À nouveau des tags apparaissent en décembre mettant en cause l'ancien directeur, Dominique Pervenche[6].

Le , l'enseignement catholique de Loire-Atlantique annonce avoir recueilli plusieurs témoignages de viols et d'agressions sexuelles au sein de l'établissement. Ces faits qui auraient été commis entre 1958 et 1995 concernent dix victimes mineures au moment des faits. La plupart remontent aux années 1960. Cinq prêtres et au moins un membre du personnel éducatif sont mis en cause. Ils sont tous morts, en 2011 pour le dernier. Un appel à témoignages est lancé par le diocèse de Nantes[7],[8],[9]. Dominique Pervenche, directeur du lycée Saint-Stanislas entre 1976 et 1999, évoque des rumeurs concernant certains abbés et dément toute implication personnelle[5]. Ses autres propos, rapportés par le quotidien Ouest-France, selon lesquels ces témoignages qu'il juge tardifs seraient motivés par l'appât du gain, font scandale auprès de ceux qui se reconnaissent comme victimes et de la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), Véronique Margron[10].

Une enquête judiciaire est ouverte le en relation avec le suicide en d'un homme de 46 ans, qui avait confié à ses proches, juste avant sa mort, les sévices sexuels qu'il aurait subis à l'internat de la part d'un surveillant[11],[12]. Le , 40 nouvelles victimes se sont signalées auprès de la cellule d'écoute du diocèse de Nantes[13]. L'une des victimes a été reconnue par l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (Inirr) en 2022[14]. Un collectif, « Saint-Stanislas, victimes de l’institution », voit le jour[15]. En date du , la cellule d'écoute du diocèse de Nantes a reçu 63 nouveaux signalements depuis son appel à témoins. Un ancien élève scolarisé au lycée Saint-Stanislas à la fin des années 1970 porte plainte contre Dominique Pervenche[16]. Le , le parquet de Nantes indique avoir recueilli 31 témoignages ou plaintes. Neuf personnes sont mises en cause[17] dont certaines seraient encore en vie[18]. Le lendemain, le diocèse de Nantes annonce avoir en sa possession 73 dossiers de violences sexuelles et physiques émanant de 17 témoins et de 56 personnes se présentant comme victimes. Quinze autres établissements catholiques de Loire-Atlantique sont concernés par 27 dossiers : 11 collèges et lycées et quatre écoles primaires[19].

En , le parquet de Nantes recense 81 faits commis au sein du lycée Saint-Stanislas qui sont considérés comme prescrits. Une plaque mémorielle doit être posée à l'intérieur du lycée lors d'une cérémonie en [20].

Classement

Classement du lycée

En 2015, le lycée se classe 10e sur 47 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et 519e sur 2 311 au niveau national[21]. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au baccalauréat, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet).

Classements des classes préparatoires aux grandes écoles

Il existe plusieurs classements pour les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Certains comptent le nombre d'étudiants admis dans un panel d'écoles donné (comme l'Étudiant), d'autres affectent une note à chaque école intégrée (comme Le Figaro) et d'autres plus récents proposent une évaluation de la plus-value par comparaison du niveau estimé des étudiants admis en CPGE et leurs résultats aux concours Génération Prépa.

Filière Classement de L'Étudiant

(panier large d'écoles) et moyennes des 5 dernières années

Classement du Figaro Classement de Génération Prépa

(sur la valeur ajoutée)

MP / MP* [22] 37e /151

(50e sur les 5 dernières années)

42e 4e
PC / PC* [23] 91e /109

(65e sur les 5 dernières années)

75e 9e
PSI / PSI* [24] 60e /129

(51e sur les 5 dernières années)

48e 72e
Sources : Classements 2025 des prépas (concours 2024)[25],[26],[27].

Classes

Personnalités liées

Supérieurs puis directeurs

  • 1846-1851 : abbé François Audrain
  • 1851-1876 : abbé Mathurin Gariou
  • 1876-1891 : abbé Louis Minier
  • 1891- : chanoine Prosper-Jean Guillou
  • chanoine Martin
  • 1959-1967 : abbé Paul Guiberteau
  • 1967-1976 : abbé Alain Chantreau
  • 1976-1998 : Dominique Pervenche
  • 2013-2018 : Christine Fonteneau
  • 2018 : Thierry Bougère

Enseignants

Anciens élèves

Notes et références

  1. ↑ Launay 1983, p. 581.
  2. Launay 1983, p. 582.
  3. Launay 1983, p. 583.
  4. Launay 1983, p. 584.
  5. Jean-Marie Cornuaille, « Abus sexuels dans un lycée privé de Nantes : l’ex-directeur se souvient de rumeurs sur des abbés », Presse Océan,‎ (lire en ligne).
  6. ↑ « Abus sexuels dans un établissement privé de Nantes : il a été visé par des tags à cinq reprises », Presse Océan,‎ (lire en ligne).
  7. ↑ Le Monde avec AFP, « Violences sexuelles dans un établissement catholique à Nantes : 10 victimes, 5 prêtres mis en cause », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ Céline Loizeau, « "Des vies ont été brisées" : des abus sexuels commis sur plusieurs décennies au collège Saint-Stanislas de Nantes », France Bleu,‎ (lire en ligne).
  9. ↑ Lise Pruvost, « Quarante ans d'abus sexuels au collège catholique Saint-Stanislas : ce que l'on sait », France Info,‎ (lire en ligne).
  10. ↑ Jean-François Martin et Philippe Écalle, « Abus sexuels à Saint-Stanislas, à Nantes : les propos de l’ex-directeur qui choquent », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  11. ↑ Céline Dupeyrat, « Violences sexuelles au collège et lycée catholique Saint-Stanislas, le procureur de Nantes ouvre une enquête », France Info,‎ (lire en ligne)
  12. ↑ Thibaud Grasland et Kevin Grethen, « Abus sexuels à Saint-Stanislas : le parquet de Nantes ouvre une enquête après le suicide d’un homme », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  13. ↑ Maxime Jaglin, « "C'est effrayant et ça va être exponentiel", assure Emmanuel Cocaul, victime d'abus sexuels au collège Saint-Stanislas », France Info,‎ (lire en ligne)
  14. ↑ Marianne Dardard, « Saint-Stanislas de Nantes : des faits « minimisés » par le diocèse qui a reçu 87 témoignages », Presse-Océan,‎ (lire en ligne)
  15. ↑ Philippe Écalle, « Abus sexuels à Saint-Stanislas à Nantes : une nouvelle plainte et 87 témoignages », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  16. ↑ Delphine Evenou, « Violences sexuelles à Saint-Stanislas à Nantes : une plainte contre l'ancien directeur, 63 nouveaux signalements », Radio France,‎ (lire en ligne)
  17. ↑ Libération avec AFP, « Violences sexuelles au collège-lycée Saint-Stanislas de Nantes : 31 courriers adressés au parquet, des enquêtes à venir », Libération,‎ (lire en ligne)
  18. ↑ Marianne Dardard, « « Qui sont les mis en cause en vie ? » demandent les victimes de Saint-Stanislas de Nantes », Presse-Océan,‎ (lire en ligne)
  19. ↑ Marianne Dardard, « Des abus sexuels et physiques dénoncés dans quinze écoles de Loire-Atlantique, annonce le diocèse », Presse-Océan,‎ (lire en ligne)
  20. ↑ « Abus sexuels à Saint-Stanislas à Nantes : une plaque mémorielle va être posée au sein de l’établissement », Presse Océan,‎ (lire en ligne).
  21. ↑ Classement départemental et national du lycée
  22. ↑ Classement 2015 des prépas MP
  23. ↑ Classement 2015 des prépas PC
  24. ↑ Classement 2015 des prépas PSI
  25. ↑ « Classement des meilleures prépas grandes écoles 2026 », L'Étudiant (consulté le )
  26. ↑ « Classement des meilleures prépas 2026 », Le Figaro (consulté le )
  27. ↑ « Classement prépas PCSI/PC 2024 », Génération Prépa (consulté le )

Bibliographie

  • Marcel Launay, « Un siècle d'enseignement secondaire diocésain - Le collège Saint-Stanislas à Nantes 1829-1929 », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, t. 90, no 4,‎ (DOI 10.3406/abpo.1983.3144, lire en ligne)

Voir aussi

Liens externes

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