Mémorial Zomachi

| Type | |
|---|---|
| Pays | |
| Coordonnées |
6° 20′ 28″ N, 2° 05′ 17″ E |



Le Mémorial ZOMACHI était un site de mémoire et de recueillement situé au sud du Bénin à Ouidah, dédié à l’histoire de la mise en esclavage des Africains et de la traite transatlantique, mais également à la réconciliation et au dialogue entre l’Afrique et sa diaspora.
Le nom Zomachi, issu de la langue FON, peut être interprété comme « le lieu où le feu ne s’éteint pas », en référence à la persistance de la mémoire et à la transmission de l’histoire. Le site invitait les visiteurs à une réflexion sur les conséquences historiques de l’esclavage et sur l’importance du travail de mémoire.
Conçu comme une case de réconciliation, le mémorial associait architecture traditionnelle et éléments artistiques symboliques.
Les bas-reliefs extérieurs[1] et intérieurs[2] ainsi les sculptures représentaient:
- les souffrances liées à la traite négrière
- les formes de résistance des populations asservies
- leurs inventions et innovations[3]- notamment celles développées, malgré un système d’asservissement, par des Africains déportés vers les Amériques
- des figures de l’émancipation[4], de la justice et de l’humanisme[5]
Le Mémorial ZOMACHI jouait également un rôle culturel et spirituel. Il était associé à la célébration de la fête du vodoun, religion traditionnelle profondément ancrée dans la société béninoise. À cette occasion, le lieu accueillait des rituels, des cérémonies commémoratives et des rassemblements culturels visant à honorer les ancêtres et à transmettre le patrimoine immatériel.
Le site constituait le lieu d’arrivée et de rassemblement lors de la Marche du Devoir de Mémoire[3], organisée chaque troisième dimanche de la nouvelle année depuis 1998. Cette marche, menée avec des banderoles et des messages mémoriels, prenait la forme d’une manifestation pacifique. À l’arrivée au site de ZOMACHI, situé sur la « Route de l’Esclave », la marche était suivie de prises de parole, de cérémonies commémoratives et de rituels symboliques, marquant un temps de recueillement, de transmission et de réconciliation.
Reconnu dans certains réseaux culturels et associatifs internationaux, le Mémorial ZOMACHI constituait un symbole de rapprochement entre le continent africain et les communautés de la diaspora, favorisant les échanges mémoriels, culturels et historiques.
Destruction
En 2024, le Mémorial ZOMACHI a été démoli dans le cadre d’une décision des autorités publiques. Cette destruction a entraîné la disparition physique d’un lieu de mémoire et de culture. Les informations officielles et la couverture médiatique internationale concernant les motivations et le déroulement de cette démolition sont restées limitées, suscitant des réactions critiques dans des milieux culturels et associatifs.
Le Mémorial ZOMACHI n’existe plus aujourd’hui en tant que site matériel. Son héritage se poursuit néanmoins à travers des archives, des témoignages, des productions artistiques et des initiatives citoyennes dédiées à la mémoire de l’esclavage et au dialogue entre l’Afrique et sa diaspora.
Historique
Encore connu sous l'appellation de "case de la réconciliation", ZOMACHI a été créé par un membre influent de la société civile, le Professeur Honorat Aguessy, grâce à son engagement personnel et à ses investissements privés, pour marquer le passé esclavagiste en tant que devoir de mémoire[6].
Géographie
Toponymie
Zomachi, de zo le feu ou la lumière et machi qui signifie ne s’éteint pas veut dire le feu qui ne s'éteint jamais[7].
Localisation
Le Mémorial Zomachi est situé au sud de la ville de Ouidah, sur la côte du Bénin[8].
Notes et références
- ↑ « ZOMACHI | Bas-Reliefs », sur www.idee-benin.com (consulté le )
- ↑ « ZOMACHI | Bas-Reliefs intérieurs », sur www.idee-benin.com (consulté le )
- « ZOMACHI | MEMORIAL | MARCHE DU DEVOIR DE MEMOIRE », sur Panafricanisme | IDEE | ZOMACHI (consulté le )
- ↑ Aimeabibis, Français : Statue à la place zomachi, (lire en ligne)
- ↑ (de) « Datei:Walter Rodney ZOMACHI.jpg – Wikipedia », sur commons.wikimedia.org, (consulté le )
- ↑ Isabelle, « La Route des Esclaves de Ouidah - Le voyage du Calao », (consulté le )
- ↑ Globe Reporters, « Le mémorial Zomachi et la place du devoir de mémoire », sur Globe Reporters, (consulté le )
- ↑ « Le Bénin restaure ses monuments pour sensibiliser à l'histoire de l'esclavage », sur VOA (consulté le )
Articles connexes
- Portail de l’esclavage
- Portail du Bénin