Méryouserrê Yâqoub-Har

Méryouserrê Yâqoub-Har
Image illustrative de l’article Méryouserrê Yâqoub-Har
Scarabée au nom de Mery-ouser-Rê publié par Flinders Petrie en 1917.
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XIVe ou XVe dynastie
Fonction principale roi

Méryouserrê Yâqoub-Har est un roi de la Deuxième Période intermédiaire.

Attestations

Yâqoub-Har est attesté par environ vingt-sept scarabées : trois provenant de Canaan (un de Pella, un de Tel Shiqmonah et un autre sans provenance connue exacte mais acheté à Jérusalem), quatre d'Égypte (deux de Tell el-Yahoudieh, un de Diospolis Parva et un dernier qui est dit provenir de Saqqarah), un de Nubie (Kerma) et dix-neuf d'origine inconnue[1]. La large répartition géographique de ces scarabées indique l'existence de relations commerciales entre le delta du Nil, Canaan et la Nubie durant la Deuxième Période intermédiaire[2].

Le scarabée de Yâqoub-Har découvert à Tel Shiqmonah a été retrouvé dans un contexte archéologique datant du Bronze moyen IIB[3],[4]. Il pourrait avoir été un prédécesseur de Khyan de la XVe dynastie[5], ses scarabées sont d'une typologie très proche[6],[7]. À Tell el-Dab'a, les strates E/3, E/2 et E/1 correspondant à la XVe dynastie datent du Bronze moyen IIB[8].

Position chronologique

L'appartenance de Méryouserrê Yâqoub-Har à une dynastie est sujette à débat. On le considère tantôt comme un roi de la XIVe dynastie, tantôt comme un souverain hyksôs du début de la XVe dynastie.

XIVe dynastie

La XIVe dynastie d'Égypte a régné sur la région orientale du delta du Nil peu avant l'arrivée des Hyksôs en Égypte. Le spécialiste danois Kim Ryholt a suggéré que Méryouserrê Yâqoub-Har était un roi de la fin de la XIVe dynastie et le dernier de cette dynastie dont l'existence est attestée par des sources contemporaines. Le nom « Yâqoub-Har » pouvant avoir une origine sémitique occidentale et signifier « Protégé par Har », Yâqoub-Har serait alors un souverain de la XIVe dynastie[9]. L'argument de Ryholt repose sur l'observation que si les premiers rois hyksôs de la XVe dynastie, tels que Sakir-Har, utilisaient le titre de « Héqa-Khasout » (Ḥḳȝ-ḫȝswt), les souverains hyksôs ultérieurs adoptèrent la titulature royale égyptienne traditionnelle. Ce changement s'opéra sous Khyan, qui régna sous le titre de Héqa-Khasout au début de son règne, avant d'adopter le nom égyptien de Séouserenrê[10]. Les rois hyksôs suivants, comme Apophis, abandonnèrent le titre de Héqa-Khasout et conservèrent le nom égyptien coutumier, à l'instar des rois de la XIVe dynastie. Ryholt note ensuite que Yâqoub-Har lui-même utilisa toujours le nom de Méryouserrê, ce qui suggère qu'il régna soit à la fin de la XIVe, soit qu'il appartenait à la XVe dynastie. Puisqu'aucun souverain du nom de Méryouserrê n'a régné pendant la XVe dynastie, Ryholt conclut que Yâqoub-Har était un souverain de la XIVe dynastie[11].

XVe dynastie

Daphna Ben-Tor, James P. Allen et Suzan J. Allen remarquent par ailleurs que les sceaux-scarabées de Yâqoub-Har sont stylistiquement presque identiques à ceux du roi hyksôs Khyan, dont l'existence est bien attestée[12],[7],[13]. Cela suggère que Yâqoub-Har était soit le successeur immédiat de Khyan sous la XVe dynastie, soit un vassal du roi hyksôs qui régnait sur une partie du delta égyptien sous l'autorité de Khyan. Comme l'écrit Ben-Tor : « La grande similitude stylistique entre ses scarabées et ceux du roi Khayan apporte un argument en faveur de l'appartenance du roi Yâqoub-Har à la XVe dynastie[14].» De plus, la forme du signe wsr utilisé dans les noms royaux de ces rois « prétend à une proximité chronologique [entre Yâqoub-Har et Khyan] et réfute l'attribution de Yâqoub-Har à la XIVe dynastie et de Khayan à la XVe dynastie proposée par Ryholt[14]. »

Titulature

Le nom de Sa-Rê Yâqoub-Har serait d'origine sémite.

Notes et références

  1. ↑ Ryholt 1997, p. 382-383.
  2. ↑ Baker 2008, p. 503-504.
  3. ↑ Kempinski 1983, p. 74-75.
  4. ↑ Ryholt 1997, p. 42.
  5. ↑ Ryholt 2010, p. 109-126.
  6. ↑ Ward 1984, p. 166-168.
  7. Ben-Tor 2007, p. 106-107.
  8. ↑ Bietak et Höflmayer 2007, p. 15.
  9. ↑ Ryholt 1997, p. 99-100.
  10. ↑ Ryholt 1997, p. 49-50.
  11. ↑ Ryholt 2010, p. 109–126.
  12. ↑ Ben-Tor, Allen et Allen 1999, p. 61.
  13. ↑ Ben-Tor 2010, p. 96-97.
  14. Ben-Tor 2010, p. 97.

Bibliographie

  • (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs, vol. I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
  • (en) Daphna Ben-Tor, Susan Allen et James Peter Allen, « Seals and Kings », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 315,‎ , p. 47–74 (lire en ligne) ;
  • (en) Daphna Ben-Tor, Scarabs, Chronology, and Interconnections: Egypt and Palestine in the Second Intermediate Period, Fribourg, Academic Press, coll. « Orbis biblicus et orientalis, Series Archaeologica » (no 27), (ISBN 978-3-7278-1593-5, lire en ligne) ;
  • (en) Daphna Ben-Tor, « Sequence and chronology of Second Intermediate Period royal-name scarabs, based on excavated series from Egypt and the Levant », dans Marcel Marée, The Second Intermediate Period (Thirteenth-Seventeenth Dynasties). Current Research, Future Prospects, Louvain; Walpole, MA, Peeters, coll. « Orientalia Lovaniensia Analecta » (no 192), (ISBN 978-90-429-2228-0) ;
  • (en) Manfred Bietak et Felix Höflmayer, « Introduction: high and low chronology », The Synchronisation of Civilisations in the Eastern Mediterranean in the Second Millennium B.C,‎ , p. 13-23 (lire en ligne) ;
  • (de) Aharon Kempinski, Syrien und Palästina (Kanaan) in der letzten Phase der Mittelbronze IIB – Zeit (1650–1570 v. Chr.), Wiesbaden, Harrassowitz, coll. « Ägypten und Altes Testament » (no 4), (ISBN 978-3-447-02295-8) ;
  • (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
  • (en) K. S. B. Ryholt, « The Date of Kings Sheshi and Ya'qub-Har and the Rise of the Fourteenth Dynasty », dans M. Marée, The Second Intermediate Period: Current Research, Future Prospects, Leuven, Peeters, coll. « Orientalia Lovaniensia Analecta 192 »,  ;
  • (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
  • (en) William A. Ward, « Royal-Name Scarabs », dans Olga Tufnell (dir.), Scarab Seals and their Contribution to History in the Early Second Millennium B.C., Warminster, Aris & Phillips, coll. « Studies on Scarab Seals » (no 2), , 151-192 p. (ISBN 0-85668-130-X).

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’Égypte antique