Macarena Gelman

| Députée de Montevideo 15 février 2015-1er juin 2019 |
|---|
| Naissance | Montevideo (Uruguay) |
|---|---|
| Nom de naissance |
María Macarena Gelman García |
| Nationalité |
Argentine et uruguayenne |
| Activité |
Femme politique, activiste et fonctionnaire |
| Famille | Juan Gelman (grand-père paternel) María Eugenia Casinelli (grand-mère maternelle) |
| Père |
Marcelo Ariel Gelman Schuberoff |
| Mère |
María Claudia García Irureta Goyena |
| Parti politique |
Front large |
|---|
María Macarena Gelman García Irureta Goyena (Montevideo, ) est une militante des droits de l'homme et personnalité politique uruguayenne d'origine argentine. Macarena Gelman est la fille de disparus argentins et petite-fille du poète Juan Gelman et de la cofondatrice des Grands-mères de la place de Mai María Eugenia Casinelli.
Biographie
Macarena Gelman est la fille de María Claudia García Irureta Goyena et de Marcelo Ariel Gelman, disparus pendant la dictature militaire argentine. Sa mère a été enlevée alors qu'elle était enceinte par des "groupes de tâches" ("grupos de tareas") du gouvernement militaire d'Argentine et a été emmenée en Uruguay, dans le cadre de l'Opération Condor. Elle y a été détenue dans le Centre de détention du Service d'Information de la Défense et a été transférée à l'Hôpital Militaire pour accoucher.
Macarena est née en captivité en et a été donnée en adoption à une famille uruguayenne. Ses parents biologiques ont été assassinés[1].
Elle a étudié à la Faculté de Sciences et à la Faculté de Chimie de l'Université de la République, sans terminer le cursus. Elle a participé au militantisme étudiant au Centre d'Étudiants de Sciences entre 1995 et 2000.
La recherche de Macarena
Le , Juan Gelman a publié dans l'hebdomadaire Brecha la “lettre ouverte à mon petit-fils”, un texte écrit en 1995 où il exprimait ses sentiments à sa petite-fille, qu'il n'avait pas encore retrouvée, et lui racontait l'histoire de ses parents[2].
En 2000, Macarena a connu sa véritable identité, après une longue recherche réalisée par son grand-père. Cette recherche a obtenu la notoriété par l'échange de lettres ouvertes qui a eu lieu entre le poète et l'ex-président Julio María Sanguinetti en 1999 et 2000. Gelman demandait la collaboration du dirigeant uruguayen dans l'enquête sur le cas, tandis que Sanguinetti niait qu'il y ait eu des vols de bébés en Uruguay. Sanguinetti a commencé alors à recevoir des lettres du monde entier, y compris de plusieurs Prix Nobel[3].
Après l'arrivée au pouvoir de Jorge Batlle, le nouveau chef d'Etat a ordonné deux enquêtes parallèles, qui sont arrivées aux mêmes résultats que ceux obtenus par Gelman qui avait mené une recherche de son côté. L'identité de Macarena a ainsi été confirmée[4].
Après cette découverte, Macarena a changé de nom pour reprendre celui de ses parents biologiques (Gelman García). Elle s'est consacrée au militantisme social sur des thèmes liés à la violation des droits de l'homme pendant le terrorisme d'État et à l'identité des personnes qui ne connaissent pas leurs familles d'origine.
Recherche des restes de María Claudia
En 2005, après l'arrivée à la présidence de Tabaré Vázquez, des fouilles ont été entreprises pour retrouver les restes de disparus de la dictature militaire uruguayenne. En , Vázquez a annoncé qu'avec 99% de certitude, les restes de María Claudia, mère de Macarena, se trouvaient au Bataillon 14, dans le département de Canelones. Cependant, les excavations n'ont pas confirmé la recherche[5]. Jusqu'à présent, les restes de sa mère n'ont pas été retrouvés. En revanche, ceux de son père avaient été trouvés en Argentine en 1989[6].
Plainte devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme
En 2010, une plainte a été déposée auprès de la Cour Interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) contre l'État Uruguayen pour la séquestration et la mort de sa mère pendant la dernière dictature militaire. Le principal argument a été l'existence en Uruguay de la Loi d'Expiration, qui viole les normes internationales interdisant d'appliquer des amnisties à des crimes contre l'humanité[7].
En la CIDH a condamné l'État Uruguayen pour la disparition forcée de María Claudia García et pour la suppression d'identité de Macarena, en exhortant le pays à mener une recherche sur les faits, à déterminer les responsabilités correspondantes et à appliquer des sanctions aux responsables[8]. Par ailleurs, le jugement de la CIDH a obligé l'État uruguayen à indemniser Gelman pour les pertes de profits, dommages immatériels et dépenses destinées à rechercher le lieu où se trouve sa mère[3],[9],[10].
En , l'ex-président d'Uruguay José Mujica a pris la tête d'une action publique à l'Assemblée générale du Parlement, où il a reconnu la responsabilité institutionnelle de l'État uruguayen dans les faits de violation des droits humains dénoncés par Gelman. Il a ainsi respecté l'un des points de la sentence de la CIDH, et s'est engagé à réaliser des actions pour réparer le préjudice.
Déclaration dans l'affaire d'Automotores Orletti
En , Macarena Gelman a témoigné dans l'affaire judiciaire sur les crimes commis dans le centre de détention illégale connu sous le nom d'Automotores Orletti, où ont été détenus ses parents, son père y ayant été assassiné et sa mère ayant ensuite été déplacée en Uruguay[11].
Activité sociale et politique
Macarena Gelman a travaillé au Secrétariat des Droits Humains de la Nation en Argentine et est membre de l'organisation Grand-mères de la place de Mai.
Par ailleurs, depuis 2010 elle milite politiquement en Uruguay. Elle a adhéré à Ir, un groupe politique du Front large, dont elle a été membre fondatrice et l'une des principales personnalités[12],[13]. En elle a annoncé qu'elle serait candidate aux législatives pour Ir[14]. Aux élections internes de elle a soutenu la pré-candidature présidentielle de Constanza Moreira[15]. Aux élections nationales du elle a été élue députée pour le département de Montevideo[16]. Elle a assumé sa charge de députée le et l'a occupée jusqu'à 2019. Au Parlement, elle a présidé la Commission de Population et Développement, pendant l'année 2015. Elle a été présidente de la Commission de Constitution, Codes, Législation Générale et Administration en 2017, et la quatrième vice-présidente de la Chambre des Représentants. Elle préside également le groupe national de l'organisation Parlementaires pour l'Action Globale. Elle a décidé d'abandonner son lien avec Ir en .
50 après l'Opération Condor, elle participe toujours activement, avec les organisations des droits de l'homme d'Uruguay et d'Argentine, à la recherche d'enfants volés pendant les dictatures du Cône Sud[17].
Documentaire
Le cas Gelman a un relief particulier dans le documentaire de 2024 Jorge Batlle: entre le ciel et l'enfer, réalisé par Federico Lemos[18].
Références
- ↑ desaparecidos, « Desaparecidos en Argentina: María Claudia García Iruretagoyena de Gelman y Marcelo Ariel Gelman Schubaroff » (consulté le )
- ↑ (es) « Carta abierta a mi nieto » (consulté le )
- « Sanguinetti: "En Uruguay no desapareció ningún niño". RESPUESTA DEL PRESIDENTE AL PREMIO NOBEL DE LITERATURA ALEMÁN, GÜNTER GRASS », La República (Uruguay), 29 de enero de 2000 (consulté le )
- ↑ Página/12, « "No quedan casi dudas: todos los datos coinciden" », Argentina, (consulté le )
- ↑ El Espectador, « Espectador: Gelman: «Fue "prematuro" el anuncio del lugar donde estarían los restos de mi nuera» », Uruguay (consulté le )
- ↑ Amnistia, « Documento de Amnistía Internacional sobre Juan Gelman » [archive du 7 de julio de 2016], Argentina (consulté le )
- ↑ Página/12, « Macarena Gelman demandará al Estado uruguayo », Argentina, (consulté le )
- ↑ El Mundo, « Uruguay, condenado por primera vez por crímenes de la dictadura militar de 1973-1985 », España, (consulté le )
- ↑ Corte Interamericana de Derechos Humanos, « Caso Gelman vs. Uruguay. Sentencia de 24 de febrero de 2011 (Fonfo y Reparaciones) »
- ↑ (es) « Macarena Gelman habló sobre indemnización » (consulté le )
- ↑ Montevideo COMM, « En el nombre de los padres », Uruguay (consulté le )
- ↑ Página/12, « Macarena Gelman quiere ir hacia la política »
- ↑ La República, « Macarena Gelman será candidata a diputada », Uruguay (consulté le )
- ↑ Télam, « La nieta de Gelman será candidata a diputada en Uruguay », Argentina (consulté le )
- ↑ El País, « Macarena Gelman será candidata a diputada » [archive du ], Urugauy (consulté le )
- ↑ Infobae, « Uruguay: la nieta del poeta Juan Gelman será diputada por el Frente Amplio », Argentina (consulté le )
- ↑ (es) « Macarena Gelman aseguró que búsqueda de la verdad "es un compromiso que no puede abandonarse" » (consulté le )
- ↑ José Gabriel Lagos, « Pobre presidente: el documental Jorge Batlle, entre el cielo y el infierno », la diaria, 22 de mayo de 2024 (consulté le )
Liens externes
- Rosario Touriño, « "Si querés ir más allá, no te queda otra que embarcarte" », Brecha, 9 de mayo de 2014
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