Macarena Valdés

Macarena Valdés
Biographie
Naissance
Décès
(à 32 ans)
Panguipulli
Pseudonyme
La Negra
Nationalité
Activité

Yudy Macarena Valdés Muñoz, née le à Hualañé, Tranguil, Panguipulli, et morte le est une activiste écologiste chilienne qui dirige la lutte contre l'installation d'une centrale hydroélectrique dans la rivière Tranguil. Sa mort est dans un premier temps considérée comme un suicide, jusqu'à ce qu'une enquête plus approfondie menée en 2017 conclut à un assassinat probable.

Après sa mort elle est considérée comme un symbole de la lutte féministe et écologiste au Chili. Elle est comparée à des personnalités comme Berta Cáceres et Marielle Franco[1],[2].

Biographie

Macarena Valdés naît à Hualañé, dans la région du Mauléon, et habite la plus grande partie de sa vie à Santiago. En , cherchant à vivre en accord avec les principes mapuches, elle déménage avec son compagnon Rubén Collío et ses enfants dans la localité de Tranguil, dans la région des Rivières, à ne pas confondre avec la région des Fleuves. Là-bas, elle s'intègre à la communauté mapuche locale Newen. Collío est nommé werkén par la communauté, ce qui le rend lui et sa famille très visible[3].

Face à la construction d'une centrale hydroélectrique au fil de l'eau sur la rivière Tranguil par l'entreprise autrichienne RP Global et l'entreprise chilienne Sociedad Austral de Electricidad Sociedad Anónima (es) (SAESA), qui a entraîné la déforestation de la forêt native et l'inondation de deux cimetières ancestraux (eltuwe), Rubén Collío prend la tête de l'organisation mapuche pour dénoncer et freiner l'installation de l'entreprise. Il mène avec Macarena Valdes une série de manifestations qui ont conduit le gouvernement provincial de Valdivia à entamer un dialogue avec l'entreprise et les communautés voisines afin de contrôler les travaux. Le Valdés et des membres de communautés locales coupent la route CH-201 (es), une voie nationale qui mène à l'un des postes frontières avec l'Argentine[4],[5],[1].

Mort et enquête

Macarena Valdés est vue vivante pour la dernière fois par son compagnon vers 13 heures le . Valdés devait se rendre avec son plus jeune fils, âgé d'un an et huit mois, à un contrôle médical de routine dans la localité de Liquiñe, avec le bus de 14 h 30. Francisco, son fils aîné alors âgé de 11 ans, rentre plus tôt à la maison et la trouve sans vie, pendue à une corde attachée à une poutre, le bébé présent sur les lieux[5].

Collío dépose une plainte pénale contre les responsables de la mort de Valdés[3]. L'enquête est menée par la procureure Alejandra Anabalón du parquet local de Panguipulli[5]. Lors de la première autopsie réalisée par le Service médico-légal (SML) (es) de Valdivia, la cause du décès a été qualifiée d'« asphyxie par pendaison » et le corps ne présentait aucune lésion attribuable à des tiers. Dans cette optique, le parquet interroge des parents éloignés de Valdés, qu'il questionne sur son état psychologique, concluant qu'elle souffrait de dépression et classant l'affaire comme un suicide[3],[5],[6].

Sa famille et la communauté Newen de Tranguil remettent dès le début en question cette hypothèse, principalement en raison des menaces de mort qu'ils ont reçues auparavant pour avoir participé à des manifestations contre la construction de la centrale. Un an plus tard, engagé par la famille de Valdés, le médecin légiste Luis Ravanal réexamine l'autopsie effectuée par le SML et remet en question le résultat, concluant qu'elle était déjà morte lorsqu'elle a été pendue, car la peau de son cou ne présentait pas les lésions vitales normales d'une pendaison, et recommande l'exhumation du corps de Valdés afin qu'une deuxième autopsie soit effectuée. À la suite de ce rapport, le parquet, dirigé par le procureur Jaime Calfil, réouvre l'affaire le [6], et la deuxième autopsie, confiée à Ravanal lui-même en octobre de la même année, conclut qu'« il n'y a pas de signes objectifs permettant d'affirmer que la victime était en vie au moment où elle a été suspendue par une corde au niveau du cou ». La deuxième autopsie comprend une étude histopathologique d'un échantillon de tissu prélevé sur le cou de Valdés. Elle est effectuée par la docteresse Carmen Cerda du département de médecine légale de l'université du Chili, qui établit l'absence de lésions microscopiques vitales observables dans la zone étudiée, ce qui signifie que la victime était probablement déjà morte au moment où elle a été pendue à une poutre[5]. Ce n'est qu'à la fin de que le classement sans suite est modifié. L'enquête ne progresse cependant pas[6],[5].

Confirmant les conclusions de la deuxième autopsie, le pathologiste britannique John Clark publie un rapport sur la mort de Valdés le , dans lequel il souligne l'absence de description détaillée de la façon dont elle a été retrouvée morte et le caractère insuffisant des premières expertises. Sur la base des éléments scientifiques disponibles, Clark conclut que Valdés est morte par étranglement avec un objet que quelqu'un d'autre tenait autour de son cou et serrait fortement, et que le corps a ensuite pu être suspendu pour simuler un suicide[6].

Peinture murale consacrée à Macarena Valdés dans la ville de Rengo.

Répercussions

Après sa mort, les féministes sont les premières à dénoncer son assassinat, en affirmant qu'il s'agit d'un féminicide entrepreneurial, c'est-à-dire que Valdés a été assassinée parce qu'elle était une femme mapuche et parce qu'elle défendait les biens communs contre les entreprises qui pillent le territoire. Elles ont lancé les campagnes internationales #FueHomicidio (C'était un homicide) et #ALaNegraLaMataron (Ils ont tué La Negra), exigeant que justice soit rendue pour Macarena Valdés[2],[4], slogans qui sont repris lors de diverses manifestations dans différentes régions du Chili et du monde[1].

Reconnaissances de la communauté

Le l'organisation communautaire EcoMaestranza inaugure une petite place écologique dans la commune de San Bernardo, en hommage à Macarena Valdés et de son apport aux luttes écologiques du pays.

Place Écologique Macarena Valdés.

Références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Macarena Valdés » (voir la liste des auteurs).
  1. (es) Certificado de Nacimiento, Chile, Servicio de Registro Civil e Identificación de Chile,
  2. (es) Lucía Sepúlveda Ruiz, « Negacionismo de Corte Suprema en crimen de Macarena Valdés », alainet.org (consulté le )
  3. (es) Daniel Labbé, « Macarena Valdés: La historia de resistencia y muerte de "la Negra" », El Ciudadano, (consulté le )
  4. (es) Ayelén Correa Ruau, « Macarena Valdés – « Cuando te matan por conservar el río » », Radio Kurruf, (consulté le )
  5. (es) Sebastián Reyes, « El caso de Macarena Valdés: ¿Homicidio o suicidio? », The Clinic, (consulté le )
  6. (es) Francisco Marín, « Perito demuele la tesis del suicidio de la activista mapuche Macarena Valdés » [archive du 7 de octubre de 2019], Proceso, (consulté le )
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