Madame Gonthier
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 82 ans) Ancien 3e arrondissement de Paris |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Carpentier |
| Pseudonymes |
La bonne mère Gonthier, Maman Gonthier, La bonne Gonthier |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Conjoint |
François Allaire (d) |
| A travaillé pour |
Théâtre national de l'Opéra-Comique (- Théâtre des Variétés-Amusantes (à partir de ) Comédie-Italienne (- La Monnaie (d) (- |
|---|
Rose Françoise Carpentier, dite Madame Gonthier (ou Gontier), née le à Metz et morte le à Paris 3e, est une comédienne et artiste lyrique française.
Biographie
Ses dispositions pour l'art théâtral se serait révélées dès l'enfance, et quelques succès de société prouvent son aptitude pour les rôles comiques[1]. Elle joue en province et à Bruxelles de à [2], elle fait partie de la compagnie d'opéra du théâtre de la Monnaie, alors parrainé par le prince Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas autrichiens[3].
En , elle fait ses débuts à la Comédie Italienne (à laquelle l'Opéra-Comique avait été incorporé), dans l'emploi de duègnes, jouant, les 18, 19 et , les rôles de Simone dans Le Sorcier de François-André Danican Philidor, de la mère Bobi dans Rose et Colas de Monsigny, et d'Alix dans la première de Blaise et Babet, ou la Suite des Trois Fermiers de Dezède[4],[5].
Son succès est tel qu’elle est reçue par anticipation[6], avec promesse de quart de part[4], le de la même année, avec un acte signé par les ducs de Richelieu et de Duras, de la Maison du roi, « à la Comédie Italienne pour y jouer les rôles de duègnes avec la promesse d'être reçue à quart de part à Pâques 1779, et ce a chargé par elle de remplir exactement tous les rôles de son emploi et ceux où la Comédie la jujera nécessaire »[7].
Admise comme sociétaire de la Comédie-Italienne, en [6], elle joue successivement la comédie et l'opéra-comique. Dans les registres du théâtre, entre 1780 et 1784, on trouve à son sujet la note suivante :
« — Gontier : du naturel, du sentiment, de la gaieté consituent son talent ; elle a peu de voix[8]. »
En , son apparition dans la première salle Favart, nouveau siège du théâtre, est marquée par des triomphes. Elle quitte l'Opéra-Comique (la Comédie Italienne ayant été ainsi rebaptisée) à la suite d'un démêlé avec la direction et contracte, en , un engagement avec le théâtre de la République, mais madame Gonthier n'est pas là « dans sa sphère »[1]. Elle joue à Lille en -[5].
En , elle fait partie de la nouvelle société des acteurs de l’Opéra-Comique[6],[1].
Parmi les nombreuses créations qui marquent sa carrière, Alix de Blaise et Babet de Dezède (1783), Perrette dans Fanfan et Colas (1784), Babet dans Philippe et Georgette (1791), la vieille paysanne dans Adèle et Dorsan (1795), madame Bernard dans Marianne, Mopsa du Jugement de Midas[9],[1].
En , une représentation à son bénéfice est donnée à l'Opéra de Paris en présence de l'impératrice Joséphine de Beauharnais[10].
Elle fait ses adieux à l'Opéra-Comique en [6].
Vie privée
Elle épouse, en premières noces, Charles-Adrien Gontier, comédien à Bruxelles[2], puis à Versailles[11],[5] et, en secondes noces François Allaire (mort en 1828[12]), coryphée de l'Opéra-Comique, en [13],[1],[5].
Selon Sainte-Beuve, elle aurait eu une relation amoureuse avec Florian en et inspiré le personnage d'Estelle dans Estelle et Némorin, « mélodrame pastoral » d'Henri-Joseph Rigel (1788[14]).
Création
- : Blaise et Babet de Nicolas Dezède, rôle d'Alix[15].
- : Fanfan et Colas ou les Frères de lait, comédie en un acte de Madame de Beaunoir, création à la Comédie-Italienne le [16].
- : Le Tuteur célibataire, comédie en un acte de M. Desforges, création à la Comédie-Italienne le
- : Pierre le Grand, opéra-comique d'André Grétry, livret de Jean-Nicolas Bouilly, , rôle de Geneviève[17].
- : Le Chêne patriotique ou la Matinée du 14 juillet, comédie en deux actes de Daleyrac, livret de Boutet de Monvel, création à la Comédie-Italienne le , rôle de Madame Alerte[18].
- : Philippe et Georgette, livret de Jacques-Marie Boutet de Monvel, musique de Nicolas Dalayrac, première à la Comédie-Italienne le [19], rôle de Babet.
- : Adèle et Dorsan de Nicolas Dalayrac[20], rôle de la vieille paysanne.
- : Le Mariage de la veille, comédie en un acte, livret de Charles-Joseph Loeillard d'Avrigny ; musique de Louis Emmanuel Jadin, création à l'Opéra-Comique le .
- : Le Jeune Henri, opéra de Mehul, créé au Théâtre Favart le , rôle de Christine[21].
- : Ponce de Léon, opéra-bouffe en 3 actes d'Henri-Montan Berton, création le à l'Opéra-Comique, rôle de Mme Dalmanchinaros.
- : Primerose, opéra en 3 actes, livret de Favières et Morel de Vendée, musique de Daleyrac, création à l'Opéra-Comique le [22].
- : Le Général suédois, opéra-comique, .
- : Vadé chez lui, comédie en un acte de Jacques Benoît Demautort, création à l'Opéra-Comique le [23].
- : Le Grand Deuil, opéra-bouffe en 1 acte d'Henri-Montan Berton, livret de Jean-Baptiste-Charles Vial et Charles-Guillaume Étienne, création à l'Opéra-Comique le , rôle de Mme Leblanc[24].
- : L'Impromptu de campagne, opéra-comique en 1 acte, livret d'Étienne-Joseph-Bernard Delrieu, musique de Nicolò Isouard, 1re représentation à l'Opéra-Comique le [25].
- : Lysistrata, comédie en un acte mêlée de vaudevilles, livret de François-Benoît Hoffmann, création à l'Opéra-Comique le [26].
- : L'Antichambre ou les Valets chez eux, opéra comique en un acte, livret d'Emmanuel Dupaty, musique de Nicolas Dalayrac, créé à l'Opéra-Comique le [27], modifiée sous le titre Picaros et Diégo ou la Folle Soirée ().
- : Ma tante Aurore ou le Roman impromptu, opera buffa en deux actes, livret de Longchamps, musique de Boieldieu, création à l'Opéra-Comique le , rôle d'Aurore de Germond[28],[29].
- : Picaros et Diégo, opera buffa en un acte, livret d'Emmanuel Dupaty, musique de Nicolas Dalayrac, représenté pour la première fois à l'Opéra Comique le , rôle de Dona Barba[30].
- : La Jeune Prude ou les Femmes entre elles, comédie mêlée de chants en un acte, livret d'Emmanuel Dupaty, musique de Nicolas Dalayrac, 1re représentation à l'Opéra-Comique le [31].
- : La Romance, opéra en 1 acte d'Henri-Montan Berton, livret de Gaugiran-Nanteuil et Fillette-Loraux, créé à l'Opéra-Comique le , rôle de Catherine.
- : Un quart-d'heure de silence, opéra en un acte, livret de P. Guillet, musique de Pierre Gaveaux, créé à l'Opéra-Comique le [32].
- : Les Maris garçons, opéra en un acte, livret de Gaugiran-Nanteuil, musique d'Henri-Montan Berton, créé à l'Opéra-Comique le , rôle de Mme Dugrand[33].
- : Anna, ou les Deux Chaumières, opéra en un acte, livret de Sewrin, musique de Solié, création à l'Opéra-Comique le [34].
- : Avis aux jaloux ou la Rencontre imprévue, opéra-comique en un acte, livret de René Alissan de Chazet et Jean-Baptiste Dubois, musique de Luigi Piccinni, création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le , rôle de Marceline[35].
Notes et références
- Escudier et Escudier 1856.
- Kim Bethume et Jean-Philippe Huys, Espace et parcours dans la ville, Bruxelles au XVIIIe siècle, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, (lire en ligne), p. 109
- ↑ André Ernest Modeste Grétry, Ernest Closson et Lucien Solvay, Réflexions d'un solitaire, Bruxelles & Paris, G. van Oest & Cie, (lire en ligne)
- Campardon 1970, p. 251.
- Lyonnet.
- Le Bas 1840-1845, p. 13.
- ↑ Campardon 1970, p. 253.
- ↑ Jean Gourret, Histoire de l'Opéra-Comique, Paris, Les publications universitaires, , p. 42
- ↑ Fabien Pillet, La Nouvelle lorgnette de spectacles, (lire en ligne), p. 117
- ↑ « Journal de l'Empire », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Campardon 1970, p. 254.
- ↑ « Opera Cantatrices », sur www.artlyriquefr.fr (consulté le )
- ↑ Fabien Pillet, La Nouvelle lorgnette de spectacles, (lire en ligne), p. 9
- ↑ Pilon 1925.
- ↑ Jacques-Marie Boutet de Monvel et Dezède, Blaise et Babet, ou la Suite des Trois Fermiers, comédie en deux actes, mêlée d'ariettes, Chez Broulhiet, (lire en ligne)
- ↑ Jean-François de La Croix, Dictionnaire portatif des femmes célèbres, (lire en ligne)
- ↑ Livret original: Pierre le Grand, Comédie en Quatre Actes, Et en Prose, melée de Chants, Tours, Legier, 1790 (accessible en ligne comme Google ebook-gratis).
- ↑ « Le Chêne patriotique ou la matinée du 14 juillet », sur theatre1789-1815.e-monsite.com (consulté le )
- ↑ Jacques-Marie Boutet de Monvel, Philippe et Georgette , comédie en un acte, mêlée d'ariettes, (lire en ligne)
- ↑ Nicolas Dalayrac (1753-1809), Adèle et Dorsan, (lire en ligne)
- ↑ Étienne-Nicolas Méhul (1763-1817), Le jeune Henri, (lire en ligne)
- ↑ Almanach des muses, Delalain l'aîné (lire en ligne)
- ↑ Jacques Benoît Demautort, Vadé chez lui: comédie en un acte et en vaudevilles, mêlée de scènes du genre grivois, Louis, (lire en ligne)
- ↑ Charles-Guillaume Étienne, Œuvres de C.-G. Étienne, tome 1, Paris, Firmin-Didot frères, 1846-1853, 544 p. (lire en ligne), p. 219
- ↑ « Journal des débats et des décrets », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « Journal des débats et des décrets », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « L’Antichambre », Le Spectateur du Nord, t. 22, (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ François-Adrien Boïeldieu, « Ma tante Aurore ou le Roman impromptu, opéra bouffon en 2 actes. Paroles de Longchamps. », sur Gallica (consulté le )
- ↑ Fabien Pillet, « Année théâtrale », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ (OCLC 496558311)
- ↑ « Journal des débats et des décrets », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « Un quart-d'heure de silence », sur theatre1789-1815.e-monsite.com (consulté le )
- ↑ « Journal de l'Empire », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « Journal de l'Empire », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Pierre-David Lemazurier et Fabien Pillet, « L'Opinion du parterre, ou Censure des acteurs, auteurs et spectateurs du Théatre français », sur Gallica, (consulté le )
Bibliographie
- Émile Campardon, « Gontier (Françoise Carpentier, mariée à Charles-Adrien) », dans Les Comédiens du roi de la troupe italienne pendant les deux derniers siècles, t. 1, Berger-Levrault et Cie, , 364 p., 2 vol. ; in-8º (OCLC 616820420, lire en ligne), p. 250-4.
- Marie Escudier et Léon Escudier, Vie et aventures des cantatrices célèbres, Paris, Édouard Dentu, , 380 p., in-16 (OCLC 763872816, lire en ligne sur Gallica), p. 115-8.
- François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, t. 4, Bruxelles, Meline, Cans et Cie, 1837-1844, 504 p., 8 vol. ; in-8º (OCLC 5845490, lire en ligne sur Gallica), p. 371.
- Philippe Le Bas, L'Univers. France : dictionnaire encyclopédique, t. 9, Paris, 1840-1845, 12 vol. ; 21 cm (OCLC 13697756, lire en ligne sur Gallica), p. 13.
- Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier, t. 2. E-Z, Genève, Bibliothèque de la Revue universelle internationale illustrée, 2 vol. : ill., portr. ; 29 cm (OCLC 763870514, lire en ligne sur Gallica), p. 146.
- Edmond Pilon, « L'Estelle de Florian, Madame Gonthier », Revue des deux mondes, vol. 26, no 4, , p. 907-929 (ISSN 2266-4734, lire en ligne sur Gallica).
- Edmond Pilon, Amours mortes. Belles Amours. Un poète de Marie Stuart : M. de Maisonfleur. Maucroix et la marquise de Brosses. Au pays de Louise de La Vallière. L’« Estelle » de Florian : Madame Gonthier. Une figure d'Alsace : la baronne d'Oberkirch. Ondine Valmore, Paris, Plon-Nourrit et Cie, (OCLC 610360653, lire en ligne).
Liens externes
- Ressources relatives au spectacle :
- « Opera Cantatrices », sur www.artlyriquefr.fr (consulté le ).
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