Madame Mélingue

| Sociétaire de la Comédie-Française | |
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 72 ans) 20e arrondissement de Paris |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Rosaline-Théodorine Thiesset |
| Pseudonymes |
Mademoiselle Théodorine, Madame Mélingue |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Conjoint | |
| Enfants |
Rosaline-Théodorine Thiesset dite Mademoiselle Théodorine, puis Madame Mélingue, née le à Bordeaux et morte le à Paris 20e, est une actrice française.
Biographie
Rosaline Théodorine Thiesset naît le à Bordeaux[1] de parents non mariés, Théodore Anne Thiesset, un garde magasin général des hôpitaux militaires en Espagne, et Marie Anne Rosalie Landry.
Destinée très jeune au théâtre par ses parents, Théodorine Thiesset est élève au Conservatoire de Bordeaux. Passionnée, elle se donne pour objectif de jouer à Paris. Elle obtient un engagement au Théâtre du Gymnase[2], au sein d'une troupe alors considérée comme la meilleure de Paris[2].
Estimant qu'elle pourrait briller dans une troupe de comédiens un peu moins renommés, le directeur du Théâtre des Folies l'engage en 1831. Théodorine, qui se fait appeler « Mademoiselle Théodorine », dépasse ses espérances dans des rôles importants et difficiles[2]. Sa réputation s'accroît mais le directeur de l'un des grands théâtres de Paris refuse de l’engager à cause de son trop jeune âge[2].
Deux ans plus tard, après l'avoir vue jouer le rôle d'Héloïse dans la pièce Héloïse et Abélard d'Anicet-Bourgeois au Théâtre de l’Ambigu, Francis Cornu offre de l'engager. Cependant, elle a signé le matin même à la Comédie-Française[2]. Elle est engagée, mais n’y joue pas : les sociétaires ne veulent abandonner à la nouvelle venue ni les rôles à créer ni ceux de l’ancien répertoire[2]. Alors que Rosaline-Théodorine Thiesset manifeste son impatience, Bernard-Léon, directeur du Théâtre de la Gaîté, lui offre un rôle à créer et 10 000 francs d’appointements[2]. Sans s’inquiéter de l’état du théâtre, Mademoiselle Théodorine signe, et crée deux rôles. Assiégé par les créanciers, le théâtre doit fermer[2].
Mademoiselle Théodorine est congédiée de la Comédie-Française. Le directeur du Théâtre de la Porte-Saint-Martin lui offre un rôle : l’affaire est conclue, et Harel en est très satisfait[2]. Elle débute dans le rôle de Rita l’Espagnole[2]. L'annonce de son retour fait sensation : toutes les places du théâtre sont achetées dès l’ouverture des bureaux[2]. Le jour de son apparition, de vifs applaudissements l’accueillent à son entrée sur scène, et la rappellent après la chute du rideau[2].
Le , elle épouse Étienne Marin Mélingue dans le 6e arrondissement de Paris[3]. Charles Jean Harel ayant fait faillite, le couple quitte la Porte-Saint-Martin. Ils se voient proposer un engagement pour Saint-Pétersbourg. Mais conseillés par l'acteur Adolfe Laferrière, ils refusent[4] et sont finalement engagés par le Théâtre de l'Ambigu.
Rentrée à la Comédie-Française pour y jouer le rôle de Guanhumara dans Les Burgraves de Victor Hugo, Madame Mélingue est reçue sociétaire, sans avoir subi le stage de pensionnaire prescrit par le décret de Moscou[5] du . Vers 1847, toujours avec l’appui de Victor Hugo, elle se produit dans Marion Delorme[6].
Elle aborde successivement la tragédie et la comédie. Clytemnestre dans Iphigénie et Donna Florinde dans Don Juan d’Autriche de Germain Delavigne font partie des dernières de ses créations[5]. Au bout de dix ans, en 1853, elle cède aux persécutions de Mademoiselle Rachel et prend sa retraite[7]. Elle ne reparaît plus à la scène[5].
Elle s'installe dans le quartier de Belleville, au no 22 rue Levert, avec son mari et sa mère, ses deux fils, Gaston (né en ) et Lucien (né en ), et leur petite fille[4]:91. Comme son mari, elle peint et dispose de l'un des quatre ateliers qu'il crée dans les remises de la propriété. Certaines de ses toiles, des natures mortes et des paysages, sont exposées à Belleville[4].
Galerie
- Rôles en costumes de théâtre
-
Rôle de la Duchesse dans Lazare le Pâtre de Joseph Bouchardy. -
Rôle de Madeleine dans Madeleine d’Anicet-Bourgeois. -
Rôle d’Héloïse dans Héloïse et Abeilard d’Anicet-Bourgeois et Francis Cornu. -
Mademoiselle Théodorine dans le rôle de Rita, duchesse de San Felice dans Rita l’Espagnole de Charles Desnoyer, Auguste-Louis-Désiré Boulé, Jules Chabot de Bouin.
Théâtre
Carrière à la Comédie-Française
Chronologie
- Entrée en
- Nommée 262e sociétaire en
- Départ en [9]
Rôles
- : Les Burgraves de Victor Hugo : Guanhumara
- : Iphigénie de Jean Racine : Clytemnestre
- : Andromaque de Jean Racine : Andromaque
- : Ève de Léon Gozlan : Caprice
- : Un ménage parisien de Jean-François-Alfred Bayard : Mme de Vernange
- : Diégarias de Victor Séjour : Inès
- : L'Héritière d'Adolphe Simonis Empis : Marguerite
- : Le Béarnais de Ferdinand Dugué : Mathurine
- : Jeanne de Flandre d'Hippolyte Bis : Jeanne de Flandre (une seule représentation, le )[10]
- : Une fille du Régent d'Alexandre Dumas : Hélène
- : La Vestale d'Élie Sauvage et Frédéric Duhomme : Sylvia
- : Madame de Tencin de Marc Fournier et Eugène de Mirecourt : Mathurine
- : La Marquise d'Aubray de Charles Lafont : la marquise d'Aubray
- : Blaise Pascal de Costa : Angélique
- : La Vieillesse de Richelieu d'Octave Feuillet et Paul Bocage : la chanoinesse
- : Louison d'Alfred de Musset : la maréchale
- : La Mère coupable de Beaumarchais : la comtesse
- : Deux hommes ou Un secret du monde d'Adolphe Dumas : la comtesse
- : Le Testament de César de Jules Lacroix et Alexandre Dumas : Porcia
Notes et références
- ↑ Acte de naissance no 935 (vue 140/145), Registre des naissances de la section 1 de Bordeaux (1813)
- Joseph Bouchardy, « Mme Mélingue », Galerie des artistes dramatiques de Paris, vol. 1, , p. 54-5 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Acte de mariage entre Étienne Marin Mélingue et Rosalie Théodorine Thiesset, Actes de l'état-civil reconstitué de Paris (24/03/1840-26/03/1840), cote 5Mi1 2114, Archives de Paris, 45 p. (lire en ligne), p. 20
- Eugène de Mirecourt, Mélingue, Paris, Gustave Havard, coll. « Les contemporains », , 96 p. (lire en ligne).
- « Échos de théâtres », La Justice, no 2204, , p. 4 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Charles Monselet, « Théâtres », Le Monde illustré, vol. 58, no 1508, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Gaston Bonnefont, La Comédie-Française : historique — statuts — biographies — notes et renseignements, Paris, Ed. Monnier, , 2e éd., 179 p. (lire en ligne), p. 94.
- ↑ Acte de décès no 339 (vue 14/31).
- ↑ « Base documentaire La Grange », sur Comédie-Française (consulté le ).
- ↑ Jeanne de Flandre, notice de la base documentaire La Grange, sur le site de la Comédie-Française (page consultée le 6 février 2017).
Liens externes
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