Madeleine Hérault

Madeleine Hérault
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Française
Activité
Peintre
Père
Antoine Hérault (d)
Fratrie
Conjoint
Noël Coypel
Autres informations
Genre artistique
Portrait

Madeleine Hérault, née en 1641 à Paris et morte en 1682 dans la même ville, est une peintre de l'époque classique, alliée des familles d'artistes Hérault et Coypel par sa naissance et par son mariage avec Noël Coypel.

Biographie

Elle nait en 1641 à Paris et est baptisée le 2 mai de cette année[1].

Elle est la fille de Antoine Hérault et de Madeleine Bruyant. Le père est peintre et marchand de tableaux, et doté d’un réseau important dans la capitale. Madeleine eut notamment comme sœur cadette Antoinette, peintre elle aussi, et dont le travail fut remarqué par le roi Louis XIV[2] ; et comme frère cadet Charles-Antoine, peintre de paysages qui travailla pour ce même monarque. La jeune fille grandit parmi une nombreuse fratrie dans l’atelier familial quai de Gèvres à Paris et se trouve donc tôt en contact avec la pratique artistique et les artistes de son temps qui fréquentent le lieu : le père enseigne dessin et peinture à ses onze enfants[3].

Vie familiale

Elle se marie le 29 avril 1659 à Paris (Église Saint-Jacques-de-la-Boucherie) avec le peintre Noël Coypel. Les mariés ont pour témoins Antoine Héraut et Magdelaine Bruiant, parents de l’épouse, les peintres Charles Errard, Charles Hérault et Charles Poerson, et Jacques Tillard, cousin de l’époux[4]. Par ce mariage, des liens durables se tissent entre les artistes de ces familles : le marié est proche de son futur beau-frère Guillaume Chasteau, graveur ; il collabore avec son autre beau-frère Charles Hérault sur des chantiers, et noue des liens avec Charles Poerson, oncle par alliance de Madeleine[5].

Le couple donne naissance à au moins 3 enfants dont : Antoine (12 avril 1661), peintre également[6] ; Charles (né en 1664, et inhumé le 4 mai 1669) ; Madeleine Suzanne (11 octobre 1667).

Madeleine meurt au Louvre le 7 juillet 1682, dans sa 47e année[4].

Œuvre

L'auteur Roger de Piles rapporte au début du XVIIIe siècle que la famille Coypel conserva des copies de tableaux peintes par Madeleine Hérault[7] ; mais une seule œuvre identifiée de cette peintre est connue à ce jour. D'autres tableaux ou dessins de sa main ont très certainement disparu ou sont non attribués. Madeleine Héraut était reconnue à son époque dans la catégorie des « femmes et filles qui travaillent en huile et miniature », comme l’écrit André Félibien dans son ouvrage Noms des peintres les plus célèbres et les plus connus, anciens & modernes, daté de 1679 : « Magdelaine Hérault, femme de Noël Coypel, peint fort bien à l’huile »[8].

Madeleine Hérault, Portrait de Thomas Chanuet, conseiller au présidial de Mâcon, peinture à l'huile.

L’œuvre identifiée est un portrait intitulé Portrait de Thomas Chanuet, conseiller au présidial de Mâcon daté 1660-1670 et qui se trouve dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Rennes qui l’a acquis en 2014[3].

La mention « Magdelaine Herault fecit » apparaît sur une bande de tissu sombre en bas à gauche sous le livre que le personnage est en train de lire. Cet homme a pu être identifié assez récemment grâce au décryptage du blason peint en haut à droite du tableau : il s’agirait du conseiller au présidial de Mâcon Thomas Chanuet. La date d’exécution n’est pas certaine : d’un côté l’artiste signe de son nom de jeune fille, de l’autre certains éléments peuvent faire penser à la technique picturale de son mari Noël Coypel, ce qui pourrait laisser penser qu’elle l’a peint après 1759, année de leur mariage[3].

Le rapprochement entre les deux artistes et époux se lit aussi dans un extrait d’une biographie de Coypel par Dézallier d’Argenville : « Il se maria en 1660 [sic] à Madeleine Hérault, fille d’un peintre de ce nom. Cette femme joignat à beaucoup de vertus le talent de la peinture ; elle peignoit le portrait, genre auquel son mari s’étoit appliqué avec succès. »[9]

Notes et références

  1. « [laborde-086] - Paris (Paris, France) - Fonds Laborde (Paris) », Cote : laborde-086 Lettre Henri – Heron. Transcription d'un bulletin paroissial, sur Geneanet (consulté le ), p. 198.
  2. Lely, Sandrine, « Antoinette Hérault. », sur Société Internationale pour l’Étude des Femmes de l’Ancien Régime., (consulté le ).
  3. Kazerouni Guillaume ; Sarrazin Béatrice ; Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Musée des beaux-arts de Rennes., Noël Coypel (1628-1707) : Peintre du roi., Éditions Snoeck, , 375 p. (ISBN 9789461617927), p. 18.
  4. Auguste Jal (La première édition du texte date de 1867 et Auguste Jar, archiviste, a eu accès à l’Etat-Civil de Paris avant que la majorité des actes ne soient détruits en mai 1871 lors d’un incendie pendant la Commune. Il écrit d’ailleurs dans l’article cité : « selon la déclaration de l’acte mortuaire que j’ai sous les yeux »), Dictionnaire critique de biographie et d'histoire : errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques, d'après des documents authentiques inédits, Slatkine reprints, réédition 1970 (lire en ligne), p. 448-449 (article Noël Coypel).
  5. Catherine Cardinal (Charles Poerson épouse Françoise Bruyant le 29 octobre 1638 (paroisse Saint-Roch à Paris)), « Les peintres sur émail au temps de l’atticisme: Des tondi servant de modèles à la décoration des montres », dans L’Invention partagée, Presses universitaires Blaise-Pascal, , 303–320 p. (ISBN 978-2-38377-336-8, DOI 10.4000/141mh., lire en ligne).
  6. Béatrice Sarrazin, « Noël Coypelsort de l'ombre », sur Les carnets de Versailles (consulté le ).
  7. Roger de (1635-1709) Auteur du texte Piles et Claude-François (1660-1728) Auteur du texte Fraguier, Abrégé de la vie des peintres, avec des reflexions sur leurs ouvrages, et un Traité du peintre parfait ; De la connoissance des desseins ; De l'utilité des estampes. Par M. de Piles, (lire en ligne), p. 525.
  8. « Noms des peintres les plus célèbres et les plus connus, anciens & modernes », sur Gallica (consulté le ), p. 79.
  9. Dezallier d'Argenville, Antoine-Joseph, Éloge de Noël Coypel., (lire en ligne), p. 222.

Liens externes

Bibliographie

  • Guillaume Kazerouni, Béatrice Sarrazin, Salama Benjamin, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Musée des beaux-arts de Rennes, Noël Coypel (1628-1707) : Peintre Du Roi, Éditions Snoeck, 2023.
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