Madeleine Raisin

| Naissance | |
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| Décès |
(à 89 ans) Tain-l'Hermitage (Drôme) |
| Nom de naissance |
Madeleine Angèle Larousse |
| Surnoms |
Mado, Mad |
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Madeleine Raisin, surnommée également Mado ou Mad, née Madeleine Angèle Larousse le à Paris et morte le à Tain-l'Hermitage (Drôme), est une résistante française puis une déportée. Elle survit toutefois à cette déportation dans des camps de concentration.
Biographie
Enfance et vie familiale
Madeleine Angèle Larousse naît le dans le 20e arrondissement de Paris[1].
Elle épouse avant la Seconde Guerre mondiale Henri Raisin (1900-1961), officier qui rallie la France libre au Tchad à Fort-Lamy en [2].
Résistance
Madeleine Raisin, restée en France métropolitaine, s'engage comme agent de liaison dans la Résistance intérieure française, contre les forces allemandes, en 1942, et rejoint le mouvement Combat[3] créé en 1940 par Henri Frenay et Berty Albrecht. Puis elle y devient la secrétaire d’Henri Aubry, un des responsables de Combat. À ce titre, elle fait circuler des messages importants et secrets, des plans d'actions, des sommes d'argent[4].
Le , elle dépose un courrier au no 14 de la rue Bouteille à Lyon, dans la boîte aux lettres du domicile d'une autre résistante, Suzanne Dumoulin, où un traquenard a été mis en place par les Allemands suite à des renseignements obtenus d'un autre homme du mouvement[4]. Marie Reynoard, notamment, sera arrêtée dans ce traquenard. Quand il revoit sa secrétaire, Henri Aubry lui apprend qu’elle a échappé à ce traquenard : « Mad, vous avez eu de la veine car il y avait la Gestapo à l’étage »[4]. Mais le courrier déposé, un message non codé émanant du général Charles Delestraint, chef de l’armée secrète, tombe ainsi dans les mains de la Gestapo. Il va permettre l'arrestation par les Allemands de ce général Delestraint, mais aussi du colonel Joseph Gastaldo, son adjoint, et de Jean-Louis Théobald, l’officier qui assure la liaison entre Charles Delestraint et Jean Moulin[4].
Le , veille d'un rendez-vous de la Résistance à Caluire, une réunion des chefs de la Résistance intérieure organisée par Jean Moulin [qui y sera arrêté], suite à l'emprisonnement de Charles Delestraint, elle est présente à un rendez-vous entre Henri Aubry et René Hardy, près du pont Morand, à Lyon, et repérée à cette occasion par Harry Stengritt, membre de la Sicherheitsdienst[4]. Elle remet 200 000 francs à René Hardy, qui doit les redistribuer aux membres de son réseau.
Arrestation et internement
Elle est finalement arrêtée le à Caluire, le lendemain de l'arrestation de Jean Moulin et Henry Aubry[4],[5]. N'ayant pas vu revenir Henri Aubry du rendez-vous des chefs de la résistance, la veille, elle envisage de passer au domicile d'Aubry pour récupérer des documents mais est reconnue par Harry Stengritt à proximité immédiate de ce domicile[4] qui l'arrête et la conduit à Klaus Barbie[4]. La Gestapo trouve dans son sac 175 000 francs qu'elle dit avoir gagné à la Loterie nationale[4]. Elle est conduite à l’École de santé de Lyon[4]. « Je n’ai pas été maltraitée par Barbie », indiquera-t-elle[4]. Mais Barbie lui confisque les bijoux qu’elle porte sur elle et s'empare de 4 millions de francs de la Résistance trouvés à son domicile[4].
Elle est enfermée à la prison Montluc[4]. « Le jeudi 24, en fin d’après-midi, j’ai vu revenir Max [Jean Moulin] sur une civière », indiquera-t-elle aussi[4].
Madeleine Raisin est ensuite transférée à Paris et internée au secret à Fresnes[4]. Elle est affamée pendant une semaine et interrogée brutalement, avenue Foch à Paris, jusqu’au [4].
Déportation
Après son internement en France, elle est déportée en Allemagne par le convoi I.207 parti le , avec le statut Nacht und Nebel[6].
Elle est envoyée dans différentes prisons allemandes, puis à Auschwitz, Ravensbrück et Mauthausen[4],[5],[6].
Elle est libérée par la Croix-Rouge le [6].
Après-guerre
Madeleine Raisin est élevée en 1982 à la dignité de Grand Officier de la Légion d'honneur[1].
Elle meurt bien après la Seconde Guerre mondiale, le , à 89 ans[1], à Tain-l'Hermitage (Drôme).
Ayant donné son corps à la science, ce n’est que le qu’un service religieux est célébré en l’église de Tain-l'Hermitage en présence du préfet de la Drôme, des autorités civiles et militaires, des présidents de nombreuses associations, entourés de proches (notamment, ses amis et camarades de la France libre, de la Résistance et de la Déportation)[5],[7].
Distinctions
Grand officier de la Légion d'honneur (1982)[1]
Croix de guerre -[1]
Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du )[8]
Hommages
La commune de Tain-l'Hermitage (Drôme) inaugure le une esplanade Capitaine-Madeleine-Raisin[3].
Références
- « Madeleine Angèle Larousse épouse Raisin », sur Français Libres.
- ↑ « Henri Raymond Raisin - Les Français Libres », sur www.francaislibres.net (consulté le )
- Yves Giral, « Une esplanade au nom du capitaine Madeleine Raisin, héroïne de la Résistance », sur Le Dauphiné libéré, .
- Benoît Hopquin, « Les oubliées de Caluire, ces femmes dans l’ombre de Jean Moulin », sur Le Monde, .
- « Capitaine Madeleine Raisin », sur Fondation de la France libre, .
- « Les départs en avril 1944 (I.207.) », sur www.bddm.org (consulté le )
- ↑ « Capitaine Madeleine Raisin », Revue de la France libre, no 282, (lire en ligne).
- ↑ Base Mémoire des hommes - base des médaillés de la Résistance, « Fiche Madeleine Raisin », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
Liens externes
- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 16 P 339303, AC 21 P 650379)
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