Madiha Omar

Madiha Omar
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Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Corcoran College of Art and Design (en)
Activités

Madiha Omar ou Madiha Umar (Alep, 1908Amman, 2005) est une peintre et calligraphe irakienne.

Elle est la première utiliser puis théoriser l'introduction de la calligraphie arabe dans la peinture moderne dans les années 1940, ce qui aura une influence considérable dans la région.

Biographie

Jeunesse et formation

Madiha Hassan Tahsin[1] naît à Alep, dans l'Empire ottoman (aujourd'hui en Syrie), en [2]. Son père est circassien et sa mère syrienne ; les origines mixtes sont courantes dans l'Empire turc multiculturel. La famille s'installe en Irak quand elle n'est encore qu'une enfant ; Madiha obtient plus tard la nationalité irakienne[3],[4].

Après avoir étudié à l'école Sultaniyya d'Istanbul, Madiha Hassan Tahsin devient la première femme irakienne à recevoir une bourse du gouvernement irakien pour étudier en Europe[5]. Elle obtient un diplôme avec mention très bien en Arts et artisanat au Maria Grey Training College (en) de Londres en 1933[2],[5],[6],[7].

Madiha Hassan Tahsin enseigne la peinture à l'École normale pour femmes de Bagdad en 1937 puis devient directrice du département des Arts et de la peinture de l'institution jusqu'en 1942[2],[7],[5].

En 1939, elle épouse Yasin Omar, un diplomate, et prend le nom de Madiha Omar[1],[3],[4]. En 1942, elle déménage à Washington D.C. pour accompagner son mari, qui y est nommé membre de la Commission irakienne[6]. Madiha Omar étudie dans la capitale américaine l'enseignement de l'art à l'université George-Washington en 1942 et obtient une maîtrise de beaux-arts à la Corcoran School of the Arts and Design (en) en 1950[2],[5].

Lors de ses études, elle découvre un livre consacré à la calligraphie arabe, écrit par la spécialiste de l'islam Nabia Abbott, qui est une source importante d'inspiration pour Madiha Omar[8] : elle étudie alors entre 1942 et 1944 les relations possibles entre la calligraphie arabe et l'art occidental[5].

Carrière

L'historien de l'art allemand Richard Ettinghausen la remarque et organise une exposition de 22 de ses œuvres à la bibliothèque publique de Georgetown (en), à Washington, en 1949[2],[7],[5]. Elle rédige à cette occasion un manifeste artistique intitulé La calligraphie arabe : source d'inspiration dans l'art abstrait[a],[2],[9],[5]. Elle introduit le concept en Irak en 1952, lors de l'exposition « Ibn Sina », organisée à l'Institut des Beaux-Arts de Bagdad (en) : elle y expose 48 tableaux[4].

Elle se ditingue des calligraphes classiques par l'émancipation des lettres arabes de la méthodologie stricte de l'art calligraphique : elles deviennent des éléments centraux « des images en elles-mêmes » de ses compositions, ce ne sont plus de simples éléments décoratifs : pour elle, « chaque lettre est chargée d'une force intrinsèque et d'une symbolique à portée universelle, indépendamment de sa compréhension et de sa signification ». Elle valorise aussi l'ancienneté de la calligraphie arabe ainsi que la diversité de ses styles (naskh, thuluth, kufi, ta'liq, etc.)[10],[5].

Madiha Omar est ainsi la première utiliser puis théoriser l'introduction de la calligraphie arabe dans la peinture moderne dans les années 1940. Cette pratique est considérée comme l'« une des expériences les plus significatives de l'art arabe moderne et une tendance durable » et Madiha Omar est donc précurseure du mouvement Hurufiyya, considéré comme l'impulseur de cette nouvelle tendance[2],[4],[11],[12],[13],[14].

Lorsqu'elle retourne en Irak en 1966, elle devient enseignante à l'Institut des Beaux-Arts de Bagdad[5].

Omar intègre le groupe Une Seule dimension, créé en 1971 par Shakir Hassan Al Said et qui marque, avec son manifeste[b], la naissance du mouvement Hurufiyya[2],[5]. Beaucoup d'artistes du Moyen-Orient et d'Afrique ont été inspirés par les œuvres de Madiha Omar, d'Hassan Al Said et Jamil Hamoudi et ont perpétué le mouvement Hurufiyya, mélangeant leurs traditions locales avec l'art moderne occidental[12],[14],[15],[16],[17],[13].

Dernières années

Madiha Omar part s'installer en Jordanie en 1980[5].

Les années 1980 et 1990 sont marquées par diverses rétrospectives, dont sa dernière exposition personnelle à Bagdad, où elle présente 136 tableaux, et expositions de groupe[1].

Madiha Omar meurt à Amman en [2],[5].

Conservation

Les œuvres de Madiha Omar sont conservées au musée d'Art moderne à Bagdad, à la galerie nationale des Beaux-Arts en Jordanie (en)[18], au Mathaf (Qatar)[19], à la Ibrahimi Collection (Amman)[1], à la Barjeel Art Foundation (en) (Charjah) et à la Hussein Ali Harba Family Collection (Turin)[5].

Notes et références

Notes

  1. Titre original en anglais : Arabic Calligraphy: Inspiring Element in Abstract Art. Le manifeste a été republié en 1990 dans al- Huroufiyah al-Arabiyya: Fann wa-Huwiyya de Sharbal Saghir puis dans Modern Art in the Arab World: Primary Documents, monographie publiée par le Museum of Modern Art en 2018[9].
  2. Le manifeste est disponible en intégralité et en français dans Choueiry 2019, p. 97-100.

Références

  1. (en) « Biographie et œuvres de Madiha Omar », sur ibrahimicollection.com (consulté le ).
  2. (en) « Madiha Omar », sur britishmuseum.org (consulté le ).
  3. Oweis 2008, p. 255.
  4. (en) Isis Nusair, « The Cultural Costs of the 2003 US-Led Invasion of Iraq: A Conversation with Art Historian Nada Shabout », Feminist Studies, Feminist Studies, vol. 39, no 1,‎ , p. 128 (JSTOR 23719300).
  5. Zouina Ait Slimani, « Madiha Umar », sur awarewomenartists.com, Archives of Women Artists, Research and Exhibitions (consulté le ).
  6. Dagher et Mahmoud 2016.
  7. (en) C. Treichl, Art and Language : Explorations in (Post) Modern Thought and Visual Culture, Kassel University Press, , p. 115-119.
  8. Ali 1997, p. 117.
  9. Choueiry 2019, p. 71.
  10. Choueiry 2019, p. 72.
  11. Shabout 2007, p. 71-72.
  12. (en) Nadia Mavrakis, « The Hurufiyah Art Movement in Middle Eastern Art », sur mjmes.wordpress.com, (consulté le ).
  13. (en) A. Tuohy et C. Masters, A-Z Great Modern Artists, Hachette UK, , p. 56.
  14. (en) Iftikhar Dadi, « Ibrahim El Salahi and Calligraphic Modernism in a Comparative Perspective Available to Purchase », South Atlantic Quarterly, vol. 109, no 3,‎ , p. 555–576 (DOI 10.1215/00382876-2010-006).
  15. Choueiry 2019, p. 53.
  16. (en) N. Al-Ali et D. Al-Najjar, We Are Iraqis : Aesthetics and Politics in a Time of War, Syracuse University Press, , p. 22.
  17. (en) A. Lindgren et S. Ross, The Modernist World, Routledge, , p. 495.
  18. (en) « Œuvres de Madiha Omar », sur nationalgallery.org, galerie nationale des Beaux-Arts en Jordanie (en) (consulté le ).
  19. (en) « Œuvres de Madiha Omar », sur collections.qm.org.qa, Mathaf (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) W. Ali, Modern Islamic Art : Development and Continuity, Gainesville, University of Florida Press, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Mario Choueiry, Shakir Hassan Al Said (1925-2004) : Un peintre en quête d’absolu, Casablanca, Centre culturel du livre, (ISBN 978-9920-9750-6-3, lire en ligne [PDF]), p. 71. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Charles Dagher et Samir Mahmoud, Arabic Hurufiyya : Art and Identity, Milan, Skira Ed., (ISBN 978-8857231518). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Fayeq Oweis, Encyclopedia of Arab American Artists, ABC-CLIO, (ISBN 9780313337307), p. 255. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) V. Porter, Word into Art : Artists of the Modern Middle East, BMP, , p. 138.
  • (en) Nada M. Shabout, Modern Arab Art : Formation of Arab Aesthetics, Gainesville, University Press of Florida, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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