Madone de saint Jérôme

Madone de saint Jérôme (Le Jour)
Artiste
Date
vers 1528
Type
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
205 × 141 cm
Localisation

La Madone de saint Jérôme ou Vierge à l'Enfant avec saint Jérôme et sainte Marie Madeleine (Le Jour) est une peinture à l'huile sur toile datant d'environ 1528 réalisée par Le Corrège, artiste italien de la Renaissance. Elle est conservée à la Galerie nationale de Parme, en Italie.

Histoire

La toile fut commandée en 1523 par Briseide Colla pour une chapelle privée située à droite de l'église Sant'Antonio Abate de Parme. L'historien de l'art et peintre contemporain Giorgio Vasari décrivit l'œuvre comme ayant « il mirabile colorito » (« couleur merveilleuse »), et elle fut également étudiée par Le Greco.

Au début du XVIIIe siècle, l'église nécessitait d'importants travaux de restauration et plusieurs collectionneurs, parmi lesquels les rois de Pologne et de France ainsi que l'empereur du Saint-Empire romain germanique, proposèrent d'acquérir l'œuvre. Cependant, en 1749, elle fut transférée à la cathédrale de Parme, puis achetée par le duché de Parme. Durant l'occupation française du nord de l'Italie, elle fut dérobée et emportée en France. Le tableau fut restitué à l'Italie en 1815 et exposé à la galerie de Parme. Une copie datant de 1724 est conservée dans la chapelle du palais Rohan à Strasbourg.

Francesco Algarotti a suggéré dans ses Dialogues qu'il s'agissait peut-être du plus beau tableau du monde[1].

Un exemplaire de Bartolomeo Schedoni est conservé au musée Bertrand de Châteauroux, France.

Analyse

Le philosophe et grand représentant de l'idéalisme allemand Georg Wilhelm Friedrich Hegel ancre la représentation du Corrège qu'il aurait aperçu (sans doute une copie) à Dresde[2] dans sa philosophie esthétique et plus généralement dans sa métaphysique qu'il qualifie de science de la logique. Il esquisse le commentaire de cette œuvre du Corrège dans ses cours d'Esthétique, qu'il tenait de 1820 à 1829 à la faculté de philosophie de Berlin :

« C'est bien la pécheresse repentante ; mais on voit en elle que le péché n'est pas sérieux, qu'elle avait une âme naturellement noble, et qu'elle n'a pu être capable d'une mauvaise passion ni d'une mauvaise action. Aussi, n'a-t-elle pas à se dépouiller de son vrai caractère, mais à rentrer plus profondément en soi. Cette conversion, ce n'est qu'un retour à elle-même. Ce n'est donc pas là une situation momentanée, c'est sa nature absolue. Aussi, dans l'ensemble de la représentation, dans l'extérieur et les traits du visage, l'habillement, le maintien, les objets environnants, l'artiste n'a laissé aucune trace, aucun souvenir qui pût rappeler le péché ou la faute. Elle n'a pas conscience du passé. Elle est complètement absorbée dans son état présent : cette foi, cette rêverie, cette mélancolie profonde où elle est plongée, paraissent [scheint] être tout son caractère[3]. »

Sources

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Madonna of St. Jerome (Correggio) » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Argentiero Rita, « Aspetti del pensiero di Aristotele nel Saggio sopra la pittura di Francesco Algarotti: ἐμπειρία, εἰκóς, φαντασία, κάθαρσις », Storia della critica d'arte: annuario della S.I.S.C.A., vol. 1,‎ , p. 171–182 (ISSN 2612-3444, DOI 10.48294/s2020.010, lire en ligne, consulté le ).
  2. ↑ (de) Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Esthétique, Tome II (ISBN 978-2-253-06719-1), Troisième section, première partie, troisième chapitre.
  3. ↑ « Esthétique (Friedrich Hegel (Hegel, Friedrich) ) | PDF | Georg Wilhelm Friedrich Hegel | Esthétique, trad. de Charles Bernard, revue et complétée par Benoît Timmermans et Paolo Zaccaria », sur Scribd (consulté le )
  • Giuseppe Adani, Correggio pittore universale, Correggio, Silvana Editoriale,

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