Mahmoud Taleghani

Mahmoud Taleghani
Fonction
Grand ayatollah (en)
Biographie
Naissance

Téhéran (ou environs)
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
سید محمود علایی طالقانی
Nationalité
Activités
Enfant
Autres informations
Parti politique
Lieu de détention
Vue de la sépulture.

L'ayatollah Mahmoud Taleghani (en persan : محمود طالقانى), né en 1911 près de Téhéran et mort le à Téhéran, est un théologien iranien et un membre de la haute hiérarchie du clergé iranien. Il était considéré comme ayant des vues modérées, et pensait par exemple que le voile islamique ne devrait pas être imposé aux femmes. Il fut par ailleurs contre l'introduction de la notion de Velayat-e Motlaghe ye Faghih (Autorité politique absolue du Légiste[1]) dans la constitution de la République Islamique d'Iran.

Il a été le premier Imam de la prière du vendredi à Téhéran après la chute du gouvernement provisoire en 1979. Il est mort peu après, dans des circonstances mystérieuses, à la fin de la révolution iranienne.

Taleghani et Rouhollah Khomeini étaient des contemporains, tous deux membres de l'opposition religieuse chiite dans les années de règne de Mohammad Reza Pahlavi.

Biographie

Il est né en 1911 non loin de Téhéran[2]. Sa nisba peut laisser supposer qu'il est originaire de la Préfecture de Taléghana, dans la province d'Alborz. Son père, Abul Hasan Taleghani, publia une revue, Balagh, s'opposant à l'interdiction du port du Hijab par les femmes sous le gouvernement de Reza Chah[3]. C'est lui qui lui a enseigné les sciences islamiques. Mahmoud Taleghani a continué ses études à Qom[2] dans les écoles Razaviyah et Feyziyeh. Il a obtenu le diplôme d'Ijtihad par ses maitres tels que Abul Hasan Isfahani et Abdul Karim Haeri Yazdi[4],[5] et atteint ainsi le grade d'hodjat ol-eslam[2].

Après le coup d'État de 1953 contre le gouvernement de Mossadeq , il rejoint le Mouvement National de Résistance[6].

Il participe à la fondation, en , du Mouvement de Libération de l'Iran (MLI) avec Mehdi Bazargan[7]. Il soutient le mouvement du 15 khordad contre les réformes programmées par le Shah. Il est arrêté, en compagnie d'autres dirigeants du MLI. Au terme de son procès, en , il est condamné à dix ans de prison. Il est libéré au bout de cinq ans[6]. En 1975, il est de nouveau arrêté et condamné à dix ans de prison[2]. La nouvelle déclenche de vives protestations, dans un climat politique pré-révolutionnaire[8]. Il est libéré en novembre 1978, alors que l'Iran est en pleine effervescence révolutionnaire. Quand, au mois de décembre, Bazargan revient d'une rencontre avec Khomeyni en France pour discuter de la composition d'un gouvernement, Taleqani fait part de ses réserves sur le rôle du clergé, mais observe que l'opposition n'a plus le choix, devant la popularité de Khomeyni[8]. Il accepte donc de présider le Conseil révolutionnaire qui tient lieu de Parlement, en attendant des élections. Il exprime son opposition au principe du Velayat-e faqih - gouvernement par le plus compétent parmi le clergé - qui est tout de même inscrit dans la Constitution[8].

En avril 1979, il met en doute la valeur du referendum qui institue la république islamique. Le mois suivant, ses deux fils et sa belle-fille, qui ont des liens avec des partis de gauche, sont arrêtés[2]. Pour protester, il ferme son bureau et quitte Téhéran. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants se rassemblent pour lui exprimer leur soutien[9]. Après une rencontre avec Khomeyni, il fait une déclaration publique d'allégeance à l'ayatollah[10],[11]. Il se prononce pour la reconnaissance des partis de gauche, notamment le parti communiste Tudeh. En juin 1979, il se prononce pour la séparation du pouvoir et du clergé, expliquant que la vocation des religieux n'est pas de gouverner[2].

Il meurt le [8]. Il est inhumé au cimetière Behesht‐e‐Zahra à Téhéran[11]. Des centaines de milliers d'Iraniens lui rendent un dernier hommage[12].

Avis

Taleghani fait une place spéciale à la rationalité. Il affirme que les croyances et préceptes de l'islam reposent sur la raison. Il croit que les commandements de l’islam sur la famille sont progressistes et en accord avec la raison. Les règles concernant l'économie reposent sur les principes de l'équité et de la justice[réf. à confirmer][13].

Œuvre

Il a écrit Eslam va Malekiyat (« Islam et propriété privée ») où il critique les excès du capitalisme[14].

Dans Hokoumat az Nazar-e Eslam (« Le pouvoir du point de vue de l'islam »), il rejette l'idée d'un gouvernement par le clergé[6].

À cet égard, Mehdi Bazargan aurait dit : « Taleqani était convaincu que les deux pires formes de despotisme étaient les rois et le clergé »[15].

Notes et références

  1. Traduction approximative. Pour plus d’information concernant la notion de Velayt-e Faghih : KADIVAR, Mohsen, "GOD AND HIS GUARDIANS", index on censorship, no 4, 2004, p. 64-71
  2. Encyclopædia Universalis, « Biographie de MAHMOUD TALEGHANI (1911-1979) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  3. Mahmoud Taleghani. Society and Economics in Islam. Mizan Press. p. 10.
  4. Contemporary Islamic Economic Thought: A Selected Comparative Analysis. Alhoda UK. 1995. p. 93.
  5. Afrasiabi, Bahram. Taleghani and history. Tehran: Niloofar. p. 31.
  6. (en) « The Nationalist-Religious Movement | Part 1: Patriots and Mosaddeghists », sur FRONTLINE - Tehran Bureau (consulté le )
  7. (en) Ali Rahnema, An Islamic Utopian - A Political Biography Of Ali Shari'ati, (lire en ligne), p. 96
  8. (en) Muhammad Sahimi, « The Nationalist-Religious Movement | Part 2: The Revolutionary Era », sur FRONTLINE - Tehran Bureau, (consulté le )
  9. (en-US) John Kifner, « Ayatollah Taleghani Backs Away From a Showdown With Khomeini », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  10. (en) « IRAN: Squabble Among the Holy Men », sur Time,
  11. (en-US) John Kifner, « Iranians Take to Streets to Mourn Ayatollah Taleghani, a Key Leader », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  12. « La mort de l'ayatollah Taleghani renforce le camp intégriste au sein du clergé chiite », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. (fa) « نشریه حوزه - دفتر تبلیغات اسلامی حوزه علمیه قم », sur eshia.ir (consulté le ).
  14. (en) « The Nationalist-Religious Movement | Part 1: Patriots and Mosaddeghists », sur FRONTLINE - Tehran Bureau (consulté le )
  15. (en) Ervand Abrahamian, Radical Islam : the Iranian Mojahedin, London, I.B. Tauris, (ISBN 978-1-85043-077-3 et 978-1-85043-083-4, lire en ligne), p. 83

Liens externes

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