Maia (fusée)

Maia
Maquettes de Maia et Ariane 64 au Salon du Bourget 2025.
Maquettes de Maia et Ariane 64 au Salon du Bourget 2025.
Données générales
Pays d’origine Drapeau de la France France
Constructeur MaiaSpace
Premier vol Prévu en 2026
Statut En développement
Hauteur 50 m
Étage(s) 2 plus 1 optionnel
Base(s) de lancement Kourou, Guyane française
Charge utile
Orbite basse plus de 1 500 kg
réutilisable : 500 kg
avec étage Colibri : 2 500 kg
Orbite héliosynchrone 1 500 kg
réutilisable : 500 kg
avec étage Colibri : 2 500 kg
Dimension coiffe hauteur : 3 mètres
Motorisation
Ergols Méthane liquide et oxygène liquide
1er étage 3 x Prometheus (980 kN)
2e étage 1 Prometheus
3e étage (optionnel)

Maia est un lanceur spatial léger français développé par MaiaSpace, filiale de ArianeGroup, dont le premier vol est prévu en 2026. Ce lanceur bi-étages, utilise le moteur-fusée Prometheus (poussée de 980 kilonewtons) brûlant un mélange de méthane liquide et d'oxygène liquide développé, produit et testé par ArianeGroup. Le premier étage est réutilisable. Son constructeur annonce une capacité de 1,5 tonne en orbite héliosynchrone (500 kg en version réutilisable, et 2,5 tonnes équipé de l'étage optionnel Colibri).

Historique

La société MaiaSpace est une filiale d'ArianeGroup qui est créée fin 2021 à la même époque que plusieurs autres jeunes pousses ayant également pour objectif de développer un lanceur léger : Sirius Space Services, HyPrSpace et Latitude. L'objectif est d'utiliser le savoir-faire d'ArianeGroup dans le domaine des fusées pour développer un lanceur léger — secteur en pleine expansion — en utilisant un cadre organisationnel plus léger et plus souple (jeune pousse). La société est installée à Vernon sur le site d'ArianeGroup.

La société dispose d'un soutien financier important de sa maison mère avec un investissement de 125 millions d'euros. Le développement de la fusée réutilise également une grande partie des développements autour du prototype Themis et du moteur Prometheus qui début 2024 avaient bénéficié d'un investissement total de 300 millions euros[1].

La société MaiaSpace fait partie des quatre constructeurs français de lanceur léger susceptibles de bénéficier d'une enveloppe totale de 400 millions euros dont le versement a été annoncé en au titre du plan d'investissement France 2030. Une petite avance doit être versée pour financer le développement des lanceurs mais le versement de l'essentiel de cette somme est conditionné par la réussite d'un premier vol entre 2026 et 2028[2].

En 2024, Maia a reçu 180 millions d'euros en « avances et acomptes reçus sur commandes en cours », qui ne peuvent pas venir d'un contrat de vol puisque le premier contrat a été signé plus tard, en  ; leur provenance est incertaine bien que France 2030 en soit au moins partiellement à l'origine[3]. ArianeGroup, la maison mère, a investi 45 millions d'euros dans Maia cette même année 2024. Ces fonds pourraient servir à la reconstruction de l'ancien pas de tir Soyouz de Kourou (ELS)[3].

Développement

Le développement du lanceur Maia repose largement sur celui du prototype d'étage Themis et du moteur-fusée Promotheus mis au point par ArianeGroup pour préparer le développement du lanceur Ariane Next successeur d'Ariane 6. Le premier étage de Maia est en fait un étage Themis agrandi. Les premiers tests sur banc d'essai du moteur-fusée Prometheus ont lieu en juin (12 secondes de fonctionnement) et (30 secondes de fonctionnement)[4].

Les premiers tests sur banc d'essai d'un prototype du second étage de Maia ont lieu en à Vernon dans les installations de ArianeGroup et doivent se poursuivre au début de 2024 avec un deuxième prototype[5]. Le troisième étage Colibri est testé pour la première fois sur banc d'essai en [6].

Le , MaiaSpace annonce avoir réalisé 15 tests de rupture de réservoirs de propergols au cours des six précédents mois afin de déterminer les caractéristiques de ceux de Maia[7].

Une récupération en mer du premier étage est programmée pour 2028 à l'aide d'une barge et d'un remorqueur spécifiquement construits à cet effet[8].

Caractéristiques techniques

Le lanceur qui ferait environ 50 mètres de haut comporte dans sa version standard deux étages. Le premier étage, qui est réutilisable, dérive du prototype Themis et utilise comme celui-ci trois moteurs-fusées à ergols liquides Promotheus (poussée de 980 kilonewtons) brûlant un mélange de méthane liquide et d'oxygène liquide[9]. Le deuxième étage est propulsé par un unique moteur Prometheus.

Un troisième étage optionnel, baptisé Colibri, permet d'augmenter sa capacité d'emport de 1 500 à 2 500 kg en orbite basse[10]. Ce troisième étage Colibri pourra être utilisé comme véhicule de transfert orbital, ayant par exemple la capacité d'enlever des débris spatiaux ; la société prévoit de l'utiliser entre le quart et la moitié des tirs[7]. La coiffe, qui encapsule le troisième étage Colibri optionnel, a une hauteur de 3 mètres.

Installations de lancement

Le lanceur Maia décollera du Centre spatial guyanais en Guyane française, depuis le pas de tir Soyouz réhabilité[3],[11].

Comparatif des lanceurs légers européens existants et en développement

Sources[12]
Lanceur Constructeur Pays Capacité Statut 1er vol Hauteur Masse Propulsion Autres caractéristiques
Maia MaiaSpace France 500 à 1 500 kg, puis 2 500 kg[13] Développement 2027 50 m Propergol liquide Réutilisable (500 kg)
3e étage optionnel : 2 500 kg
Launcher 1 Dark France 300 kg Abandonné - Lanceur aéroporté
OB-1 HyPrSpace France 250 kg Développement 2026 Propulsion hybride Emploi de moteurs hybrides utilisant un mélange d'ergols liquides et solides
Zéphyr Latitude France 100 kg Développement 2026 19 m Structure en composite et moteurs imprimés en 3D
Sterne Opus Aerospace France 150 kg Développement
Sirius 1 Sirius Space Services France 175 kg Développement 2026 25 m Moteurs fabriqués à 85 % par impression 3D
Small Sat Launcher Spark Orbital France Conception
SL1 HyImpulse Allemagne 500 kg Développement 2024 33 m Propulsion hybride Emploi de moteurs hybrides utilisant un mélange d'ergols liquides et solides
Spectrum Isar Aerospace Allemagne 1 000 kg Développement 2025 27 m Emploi de propane comme ergol
RFA One Rocket Factory Augsburg Allemagne 1 300 kg Développement 2026 30 m
Valkyrie GAIA Aerospace Allemagne 100 kg Conception 2026
Astraius Royaume-Uni 800 kg Conception Lancement aérien vertical
Black Arrow 2 Black Arrow Royaume-Uni 530 kg Conception
Colibri B2Space Royaume-Uni 200 kg Développement Lancement depuis un ballon stratosphérique
Prime Orbex Royaume-Uni 180 kg Développement 2026 19 m Structure en composite et utilisation de propane comme ergol
Skyrora XL Skyrora Royaume-Uni 315 kg Développement 2026 23 m
Miura 5 PLD Space Espagne 450 kg Développement 2026 34 m Premier étage récupérable grâce à l'emploi de parachutes et de freinage propulsif
Vega Avio Italie 2 300 kg Opérationnel 30 m 136 t Propergol solide
Vega-C Avio Italie 3 300 kg Opérationnel 36 m 212 t Propergol solide
Vega-E Avio Italie 3 300 kg Développement 2026 36 m Propergol solide
STS Avio Italie 200 kg Conception 2026 Lanceur léger utilisant un mélange d'oxygène liquide et de méthane pour alimenter ses moteurs

Notes et références

  1. (en) Andrew Parsonson, « ArianeGroup to Increase MaiaSpace Investment to €125M », sur European Spaceflight,
  2. (en) Andrew Parsonson, « France Expected to Commit €400M to Support Four Launch Startups », sur European Spaceflight,
  3. (en) Andrew Parnonson, « MaiaSpace Received €180M in Advance Payments in 2024 », sur europeanspaceflight.com,
  4. (en) Andrew Parsonson, « Prometheus Completes 30-Second Hot Fire Test », sur European Spaceflight,
  5. (en) Andrew Parsonson, « MaiaSpace Complete First Cryogenic Test of Second Stage Prototype », sur European Spaceflight,
  6. (en) Andrew Parsonson, « MaiaSpace Completes First Kick Stage Engine Test », sur European Spaceflight,
  7. (en) Andrew Parnonson, « MaiaSpace Completes Burst Test Campaign and Begins Orbital Vehicle Development », sur europeanspaceflight.com,
  8. Yannick Smaldore, « MaiaSpace veut récupérer en mer un premier étage de fusée dès 2028 » [archive du ], Mer et Marine, (consulté le )
  9. (en) Andrew Parsonson, « Everything we know about ArianeGroup’s mysterious Maiaspace startup », sur European Spaceflight,
  10. Vincent Lamigeon, « MaiaSpace, l'arme française dans la guerre des petits lanceurs », sur Challenges, (consulté le ).
  11. AFP, « Soyouz à la casse, la fin de l'ère russe à Kourou », sur MSN, (consulté le )
  12. (en) Andrew Parsonson, « European Rocket Index », sur European Spaceflight (consulté le )
  13. Vincent Lamigeon, « MaiaSpace, l’arme française dans la guerre des petits lanceurs », Challenges, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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