Maison de la catalanité

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42° 42′ 03″ N, 2° 53′ 52″ E |
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La Maison de la catalanité est un centre culturel situé à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Le bâtiment accueille au rez-de-chaussée un espace d'exposition gratuit consacré à l’art contemporain. Construit au milieu du XVIIIe siècle, l'édifice faisait partie de l'ensemble cathédral de Perpignan et devient en 1909 la propriété du Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales. Ce lieu chargé d'histoire au sein de l'ensemble cathédral de Perpignan a accueilli en ses murs les Archives départementales des Pyrénées-Orientales, le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement des Pyrénées-Orientales : il héberge désormais la direction des politiques culturelles, médiathèque et catalanité du Département des Pyrénées-Orientales.
De la Canorga au grand séminaire (XVIIIe - XIXe siècle)
Situé dans le quartier originel[1] de Perpignan, adossé à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan et à la lisière des quartiers Saint-Jean et Saint-Jacques, l'édifice est construit au milieu du XVIIIe siècle[2] : il est désigné durant l'Ancien Régime par le terme "la Canorga"[3]qui désigne à la fois le palais de l'évêque et la boucherie gérée par la communauté religieuse de Saint-Jean "qui constituait une importante source de revenus pour ses propriétaires : cette boucherie était la seule de Perpignan à approvisionner en viande, l'évêque, les chanoines et les autres communautés religieuses de saint-Mathieu, de saint-Jacques et de Notre-Dame-de-la-Réal"[4] : un commerce à l'origine de nombreux conflits, aussi bien avec les autres communautés religieuses qu'avec les autres boucheries de la ville, jusqu'à la Révolution française[5].
Devenu bien national en 1790, la Canorga est utilisée dans un premier temps comme dépôt de vivres, de livres, de tableaux et de manuscrits précieux en provenance des dix couvents et des quatre églises de la ville. Suite au transfert de l'évêché à Carcassonne en 1801, les élus locaux tentent de rétablir le siège épiscopal à Perpignan et rachètent en 1821 "deux bâtiments séparés par une chapelle appartenant à un tiers dans la rue qui va de la place saint-Dominique aux remparts" [6] pour les incorporer au grand séminaire de Perpignan[7] : l'année suivante, le pape rétablit le Diocèse de Perpignan-Elne. Dans la soirée du , la foule envahit, pille, brûle et détruit sans rencontrer la moindre opposition le bâtiment forçant à la fuite l'évêque et le directeur du grand séminaire[8]. Fermé durant trois ans à la suite de cet incident, le séminaire sera restauré et même agrandi en 1835 : c'est de cette époque que date la distribution actuelle de l'édifice.


Un lieu destiné à la protection du patrimoine, de la culture et de la catalanité (XXe - XXIe siècle)
Dès , conformément à la loi de séparation des Églises et de l’État qui a mis fin l'année précédente au Concordat de 1801, le bâtiment est évacué et devient en 1909 la propriété du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales : il assure sa conservation et y installe les Archives départementales des Pyrénées-Orientales et ses 6.000 mètres de rayonnage jusqu'à leur déménagement dans un bâtiment plus adapté dans le quartier du Moulin-à-Vent en 1979. En 1983, l'édifice, dans un état de délabrement certain, échappe de peu à la destruction suite à un vaste programme de dégagement de la cathédrale de son emprise urbaine. Le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement des Pyrénées-Orientales y est installé à son tour en échange du financement des travaux de réhabilitation du monument : des expositions temporaires gratuites et des colloques sur les thèmes de l'architecture, de l'urbanisme et de l'environnement sont proposés aussi bien au grand public qu'aux professionnels ou aux élus locaux.
En 2003, la direction de la culture, du patrimoine et de la catalanité du Département des Pyrénées-Orientales aménage au premier niveau de la bâtisse tandis que le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement des Pyrénées-Orientales rejoint en 2006 l'Hôtel de Camprodon[9], du nom d'une grande famille perpignanaise sous l’Ancien régime qui émigra en 1792 dans l'Empordà : dès lors, dans ce lieu qui prend alors l’appellation officielle "maison de la catalanité", une première exposition présentée au public est consacrée à Antoni Tàpies et, au second étage, sont installés les étudiants du Master Professionnel "Gestion, conservation et valorisation du patrimoine territorial" de l'Université Perpignan Via Domitia qui publient un guide retraçant l'histoire méconnue de cet édifice.
En 2008, des travaux de restauration rendent le bâtiment plus fonctionnel :
- au rez-de-chaussée, trois espaces d’exposition proposent une programmation d’art contemporain tout au long de l’année : sur un niveau entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite, les amateurs de peinture, de photographie ou de sculpture peuvent désormais gratuitement allier découverte d’un artiste local et rêverie à l’abri d’une cour intérieure où se dressent un imposant platane et un étonnant arbre de Judée.
- au 1er étage, la direction des politiques culturelles, médiathèque et catalanité du Département des Pyrénées-Orientales et le Syndicat Intercommunal de la Promotion des langues OCcitane et CATalane (SIOCCAT) disposent de bureaux pour accomplir respectivement leurs missions en direction de tous les publics en faveur de l'enseignement, la création, la diffusion et l'animation artistique.
- au 2nd étage, une grande salle permet d'accueillir des réunions, des conférences et des événementiels.
Notes et références
- ↑ Aymat Catafau et Olivier Passarius (travaux réunis par), Un palais dans la ville : le palais des rois de Majorque à Perpignan (tome 2), éditions Trabucaire, Perpignan, 2014, pages 26-29 "Du premier quartier originel, la cellera, hormis l’église Saint-Jean, on ne connaît pas grand-chose. Le tracé du mur de la cellera mentionné dans les textes en 1116 n’est pas identifié, il est seulement restitué d’après l’analyse du plan cadastral, à l’ouest le long de la rue de l’Horloge et sur une partie de la rue des abreuvoirs, au nord où il se confond avec le rempart du bas Moyen Âge et à l’est où il se poursuit le long de la rue du bastion Saint-Dominique".
- ↑ Étudiants du master patrimoine franco-espagnol de l’Université de Perpignan-Via Domitia, La Canorgue de Perpignan : un patrimoine redécouvert, éditions Trabucaïre, Toulouse, 2012, page 12 : "Si le contrat de construction n'a pas été retrouvé, trois documents permettent de dater la construction de la Canorgue : le premier, le plan-relief de 1686 qui prouve que la Canorgue n'est pas construite à cette date; le deuxième, un plan de 1720 conservé aux Archives Départementales; le troisième, une inscription sur un parfeuille en terre cuite posé entre deux chevrons de la toiture portant le millésime 1762. La Canorgue ne figurant pas sur le plan de 1720, nous pouvons affirmer qu'elle n'existe pas avant cette date mais que sa construction a eu lieu entre 1720 et 1762".
- ↑ Étudiants du master patrimoine franco-espagnol de l’Université de Perpignan-Via Domitia, La Canorgue de Perpignan : un patrimoine redécouvert, éditions Trabucaïre, Toulouse, 2012, page 11 : La Canorgue, actuellement Maison de la Culture, du Patrimoine et de la Catalanité, propriété du Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales, fait historiquement partie, depuis son édification au milieu du XVIIIe siècle, de l'ensemble cathédral Saint-Jean-Baptiste. Cet ensemble comprend le cloître-cimetière dit Campo Santo de Perpignan, l'Église Saint-Jean-le-Vieux de Perpignan,la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan, la Chapelle Saint-Jean-l'Évangéliste de Perpignan dite Funerària, la chapelle du Dévôt-Christ et l'Hôpital Saint-Jean - page 14 : "Si l'actuelle Canorgue n'existe pas avant 1762, le terme de canorgue (canorga) d'origine occitane, est utilisé dès le XIIe siècle sous sa forme latine canonica, dans le testament du comte Girart, dernier comte du Roussillon, le 4 juillet 1172 [...] Jusqu'à la construction de la Canorgue au milieu du XVIIIe siècle, le terme canorgue désignera deux entités : d'une part, le palais épiscopal de Perpignan, où, en 1704, il est fait mention d'une canorga nova et d'une canorga vella confrontant l'hôpital et l'église saint-Jean; d'autre part, la boucherie de la communauté religieuse de Saint-Jean".
- ↑ Étudiants du master patrimoine franco-espagnol de l’Université de Perpignan-Via Domitia, La Canorgue de Perpignan : un patrimoine redécouvert, éditions Trabucaïre, Toulouse, 2012, page 15
- ↑ * Étudiants du master patrimoine franco-espagnol de l’Université de Perpignan-Via Domitia, La Canorgue de Perpignan : un patrimoine redécouvert, éditions Trabucaïre, Toulouse, 2012, pages 16-17 : "Les communautés de saint-Mathieu, de saint-Jacques et de la Réal déposèrent ensemble mais en vain un recours au Conseil d'État du Roi en 1689 et en 1715. Par ailleurs, le 22 décembre 1722, les consuls de Perpignan ordonnèrent la fermeture des portes annexes de la boucherie pour lutter contre le trafic de viande mais cette mesure ne mis pas un terme au trafic puisque de nouvelles mesures furent prises en 1728, en 1744 et en 1773".
- ↑ * Étudiants du master patrimoine franco-espagnol de l’Université de Perpignan-Via Domitia, La Canorgue de Perpignan : un patrimoine redécouvert, éditions Trabucaïre, Toulouse, 2012, pages 20-25
- ↑ "Grand séminaire de Perpignan sur la plateforme ouverte du patrimoine du ministère de la culture
- ↑ * Étudiants du master patrimoine franco-espagnol de l’Université de Perpignan-Via Domitia, La Canorgue de Perpignan : un patrimoine redécouvert, éditions Trabucaïre, Toulouse, 2012, pages 25-30
- ↑ Article L’Hôtel de Camprodon à Perpignan dans la rue du théâtre de Laurent Fonquernie publié en 2017 par l'Institut du Grenat
Voir aussi
Bibliographie
Pour découvrir :
- La maison de la catalanité en images - exposition numérique du Département des Pyrénées-Orientales - 12 pages
- Étudiants du master patrimoine franco-espagnol de l’Université de Perpignan-Via Domitia, La Canorgue de Perpignan : un patrimoine redécouvert, éditions Trabucaïre, Toulouse, 2012, 56 pages
- Expositions présentées depuis 2010 à la maison de la catalanité par le Département des Pyrénées-Orientales
Pour aller plus loin (par ordre chronologique de publication) :
- Philippe Wolff (sous la dir.), Histoire de Perpignan, éditions Privat, Toulouse, 1985, 295 pages
- Antoine De Roux, Perpignan : de la place forte à la ville ouverte - Xe – XXe siècles (tome 1), édition des Archives communales de Perpignan, Perpignan, 1996, 381 pages
- Antoine De Roux, Perpignan : de la place forte à la ville ouverte - Xe – XXe siècles - les sources de son histoire : cartes, plans, iconographie, textes, bibliographie (tome 2), édition des Archives communales de Perpignan, Perpignan, 1999, 499 pages
- Aymat Catafau et Olivier Passarius (travaux réunis par), Un palais dans la ville : le palais des rois de Majorque à Perpignan (tome 2), éditions Trabucaire, Perpignan, 2014, 432 pages
- Patrice Poujade (sous la dir.), Nouvelle histoire de Perpignan, éditions Trabucaïre, Perpignan, 2021, 560 pages
Articles connexes
- Conseil départemental des Pyrénées-Orientales
- Archives départementales des Pyrénées-Orientales
- Palais des rois de Majorque
- Chapelle Notre-Dame-des-Anges de Perpignan
- Château royal de Collioure
- Prieuré de Serrabona
- Château de Castelnou
- Liste des monuments historiques de Perpignan
- Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan
- Cathédrale de Palma de Majorque
- Royaume de Majorque
- Comté du Roussillon
- Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement
Liens externes
- Site officiel
- Visite virtuelle de la maison de la catalanité sur Visitez le Pays Catalan
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