Maison des Nouveaux-Convertis

Maison des Nouveaux-Convertis
Mention des Nouveaux-Convertis sur le plan de Turgot de 1739.
Présentation
Type
Fondation
Patrimonialité
Localisation
Adresse
Coordonnées
48° 50′ 39″ N, 2° 21′ 21″ E
Carte

La maison des Nouveaux-Convertis est un hôtel particulier disparu de Paris, qui était situé rue de la Seine-Saint-Victor, actuelle no 61 rue Cuvier dans le 5e arrondissement de Paris.

De 1656 à la Révolution, c'est le siège de la Compagnie de la Propagation de la foi, qui cherche à convertir au catholicisme les protestants de Paris. Ses anciens terrains appartiennent aujourd'hui au Jardin des plantes de Paris. Il n'en reste qu'un bâtiment, le pavillon de Chevreul.

Histoire

Fondation en 1632

En 1632, le père capucin Hyacinthe Kerver fonde avec un groupe de dévots une association vouée à la lutte contre le protestantisme. Elle est baptisée Compagnie de l’Exaltation de la Sainte-Croix, pour la Propagation de la foi, conversion des hérétiques, et confirmation des hérétiques à la religion catholique, aussi appelée Congrégation de la propagation de la foi. Elle rassemble des ecclésiastiques, des laïcs, hommes et femmes. Plusieurs membres de la Compagnie du Saint-Sacrement soutiennent le développement de l'institution[1].

Elle vise à la conversion des « hérétiques » par la persuasion et l'aide matérielle aux convertis. Dans le cadre de la Contre-Réforme catholique, elle prie pour le salut des « âmes égarées » et vénère particulièrement la Croix, le Saint-Sacrement (adoration eucharistique), la Vierge et les saints Paul et Augustin.

La congrégation est autorisée par l'archevêque de Paris en 1634, puis approuvé par le pape en . Elle reçoit des lettres patentes du roi en [2].

En 1634, est fondée une maison des Nouvelles Catholiques, pour héberger les filles ayant rompu avec leurs origines huguenotes. En 1645, est fondé son homologue masculin, première maison des Nouveaux-Convertis, dans une maison louée sur l'île Saint-Louis. De nouvelles compagnies sont ensuite fondées dans les villes du sud-est de la France, à Grenoble en 1647, à Aix en 1656, Chambéry en 1656, Nîmes vers 1657, Marseille vers 1658, Lyon en 1659, Avignon en 1659, Turin en 1678 et Montpellier en 1679[3],[4].

Emménagement en 1656

En 1656, la maison des Nouveaux-Convertis déménage de l'île Saint-Louis au faubourg Saint-Victor. Sa nouvelle adresse est une grande propriété, avec chapelle, cours et jardins, achetée par le directeur de la congrégation, Cyrys Villiers de la Faye. Elle s'agrandit pendant soixante-quinze ans par divers achats et dons, jusqu'à la ruelle du Tondeur, le long de l'hôtel de Magny.

Edme Verniquet, Détail du Plan de Paris, centré sur la Maison des Nouveaux convertis et le Grand labyrinthe du Jardin des plantes, vers 1790.

Expropriation en 1792

Le , la Convention abolit les ordres religieux, dont la Congrégation. Le , le domaine est acheté par M. Léger. En 1797, il est mis à la disposition du Muséum national d'histoire naturelle[2].

Les bâtiments sont détruits pour lier le labyrinthe du Jardin des plantes aux terrains de l'hôtel de Magny. Ne subsiste qu'un bâtiment, au 61 rue Cuvier, qui devient une maison des professeurs. Au milieu du XIXe siècle, y loge l'ornithologue Charles-Lucien Bonaparte, l'un des neveux de Napoléon Ier[5].

Le chimiste Michel-Eugène Chevreul habite ensuite cette maison et y meurt à 102 ans, le . En hommage, son nom est alors donné au pavillon Chevreul. C'est aujourd'hui un bâtiment administratif du Muséum.

Le pavillon fait partie de l'ensemble des bâtiments du Jardin des plantes classés au titre des monuments historiques par arrêté du [6].

Notes et références

  1. Reynald Abad, « Catherine Martin, Les compagnies de la Propagation de la foi (1632-1685). Paris, Grenoble, Aix, Lyon, Montpellier. Étude d’un réseau d’associations fondé en France au temps de Louis XIII pour lutter contre l’hérésie des origines à la Révocation de l’édit de Nantes, Genève, Droz, « Travaux du Grand Siècle », no XVI, 2000. Un vol. 18 × 25 cm de 547 p. », Dix-septième siècle, vol. 221, no 4,‎ , p. 749e–766e (ISSN 0012-4273, DOI 10.3917/dss.034.0749e, lire en ligne, consulté le ).
  2. Michel Fleury et Jeanne Pronteau, « Histoire de Paris », Annuaires de l'École pratique des hautes études, vol. 102, no 1,‎ , p. 491–493 (lire en ligne, consulté le ).
  3. Catherine Martin, « La spiritualité des compagnies de la Propagation de la foi : une dévotion de combat », Revue de l'histoire des religions, vol. 217, no 3,‎ , p. 517–530 (DOI 10.3406/rhr.2000.1045, lire en ligne, consulté le ).
  4. Catherine Martin, « Les compagnies de la propagation de la foi, des origines à la révocation de l'édit de Nantes (1632-1685) : étude d'un réseau d'associations fondé en France au temps de Louis XIII pour lutter contre l'hérésie », theses.fr, Nancy 2,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. Charles Lefeuve, Les anciennes maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, t. 2, (lire en ligne), p. 453.
  6. « Jardin des Plantes et Museum national d'Histoire naturelle - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )

Annexes

Bibliographie

  • Catherine Martin, Les compagnies de la Propagation de la foi (1632-1685), Genève, Droz, , 552 p. (ISBN 978-2-600-00425-1)

Liens externes

  • Plans et vues satellite : 48° 50′ 38″ N, 2° 21′ 21″ E

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