Mancha negra
La tache noire, en espagnol La Mancha Negra est une mystérieuse substance noire qui émane des rues de Caracas, au Venezuela, et qui est apparue pour la première fois en 1986[1]. Depuis son apparition, elle a provoqué de nombreux accidents de voiture et fait des milliers de morts[2]. Déterminer la cause de la substance s'est avéré difficile, et il n'existe toujours pas d'explication concluante[3].
Histoire
La Tache Noire est apparue à l’origine comme une traînée de 45 mètres de long découverte par des ouvriers qui pavaient une autoroute vieille de 30 ans entre Caracas et ses aéroports[1],[2].
Au départ, la situation n’a guère suscité d’inquiétude, mais la tache s’est rapidement étendue pour couvrir treize kilomètres de l’autoroute. La matière inconnue s'est développée lorsque le climat était chaud et humide, mais a rétréci lorsqu'il était froid et sec[2],[4]. Avec sa texture caoutchouteuse, la tache rendait la route extrêmement dangereuse, provoquant des accidents et des sorties de route. Par endroit, la couche atteignait 2,5 cm[5]. En 1991, le président Carlos Andrés Pérez a consulté un groupe d'experts sur le problème, mais ils n'ont pas pu déterminer la nature de la substance. 1 800 décès ont été attribués à La Mancha Negra entre 1987 et 1992[2].
Le gouvernement vénézuélien est intervenu, affirmant avoir consacré des « millions de dollars » à l'enquête sur le problème, notamment en consultant des experts aux États-Unis, au Canada et en Europe. En 1994, le ministre des Transports et des Communications Fernando Martínez Mottola a tenté de nettoyer La Mancha Negra, pensant qu'il s'agissait d'une pâte d'huile et de poussière, et a même suspendu les travaux lorsqu'il pleuvait, pensant que cela éliminerait la substance[6]. Finalement, le gouvernement a déversé des tonnes de calcaire sur la tache pour la « sécher ». Cela a semblé fonctionner pendant un certain temps, mais cela a créé un autre problème : les routes sont devenues si poussiéreuses que les automobilistes et les habitants se sont plaints que l'air était irrespirable[4].
En , le manque d'entretien, le manque de précipitations et la mauvaise qualité des véhicules à Caracas ont de nouveau souillé les rues de cette substance. On pensait que La Mancha Negra avait été éliminée par une équipe spéciale de nettoyage venue d'Allemagne, mais elle est réapparue en 2001 sur les avenues Baralt (Caracas), Nueva Granada (Caracas), Fuerzas Armadas, Sucre (Libertador) et Urdaneta (Caracas)[4].
Analyse
Composition
La Mancha Negra a été décrite comme une substance épaisse, grasse et noire, ayant la consistance d'un chewing-gum mâché, bien que les Vénézuéliens aient décrit les routes comme étant « couvertes de glace »[2],[4]. Une équipe du ministère des Transports et des Communications a conclu que La Mancha Negra était composée de poussière, de pétrole et de divers matériaux organiques et synthétiques[6].
Causes
Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer le phénomène, mais aucune n'a permis d'en établir la nature exacte. Selon une théorie, la tache noire serait due à une infiltration d'huile dans un asphalte de mauvaise qualité[2]. Cependant, le ministre des Transports et des Communications a déclaré que la composition de l'asphalte n'était pas liée à la formation de la substance[6]. D'autres pensent qu'il s'agit du résultat d'innombrables vieilles voitures qui fuient et qui déversent leurs fluides dans les rues[2]. Le professeur Giuseppe Giannetto, commissaire du ministère des Transports et des Communications, pense que La Mancha Negra est une accumulation de poussière et d'huile de voiture sur les routes, formant une pâte[6].
Enfin, certains pensent que les eaux usées des quartiers voisins se sont écoulées sous l'asphalte, provoquant une réaction chimique qui a fissuré les routes. L'ingénieur et ministre Fernando Martínez Mottola a déclaré en 1991 non seulement qu'il mettrait fin à La Mancha Negra, mais a également accusé les habitants des environs de l'autoroute Caracas-La Guaira de « contribuer au problème en créant des barrages routiers »[4].
Liens externes
- Centeno Ascanio, Dalila Patricia (1 de junio de 1991). El problema de la mancha negra en la autopista Caracas-La Guaira y otras vías del Área Metropolitana. Tesis y trabajos UNIMET. Consulté le 15 avril 2017.. (ISBN 978-980-279-984-8)
- [vidéo] Vidéo sur le sujet de 8' à 13'
Références
- Aliana González, « La Guillotina Espera en la Autopista », El Nacional,
- "Une masse visqueuse et collante se répandant sur les routes terrifie les conducteurs Vénézuéliens" « Blob of sticky goo spreading on roads terrifies Venezuelan drivers », The Baltimore Sun, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Ana Elena Azpúrua et Rafael Atías, « Caracas-La Guaira, de la splendeur à la débâcle : chroniques, rapports et témoignages sur l’autoroute Caracas-La Guaira », Libros de El Nacional, Caracas, Venezuela, , p. 39-50 (ISBN 9803882791)
- María Elisa Espinosa, « LA MANCHA NEGRA CONTRAATACA », El Universal, (lire en ligne [archive], consulté le )
- ↑ Yelitza Izalla Yanez, « A Caracas, l'énigme de la "tache noire" », Courrier international, (lire en ligne, consulté le ).
- Carolina Ledezma, « Asegura Comisionado del MTC Sólo la Lluvia y el Mantenimiento Puede Stop La Mancha Negra », El Nacional,
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