Manoir d'Argentelles
| Type | |
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| Fondation |
XVe siècle- |
| Patrimonialité |
| Localisation |
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| Coordonnées |
48° 46′ 31″ N, 0° 09′ 52″ E |
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Le manoir d'Argentelles est une demeure, des XVe – XVIe siècles, qui se dresse sur le territoire de l'ancienne commune française de Villebadin dans le département de l'Orne, en région Normandie. L'édifice est totalement protégé au titre des monuments historiques.
Localisation
Le manoir s'élève sur une motte féodale à environ 1 km au sud-est du bourg de Villebadin au sein de la commune nouvelle de Gouffern en Auge, dans le nord du département français de l'Orne, dans l'extrême sud de la région naturelle du pays d'Auge[1].
Historique
L'édifice a été bâti en 1410, pendant la guerre de Cent Ans par Guillot d'Ouilly, officier du roi de France[2]. Composé d'une tour ou d'une palissade circulaire plantée sur une motte entourée de fossés, il constituait, alors, un poste avancé de défense du château fort et de la ville d'Exmes[3].
En 1418, il tombe aux mains d'officiers anglais, et, n'est récupéré qu'en 1449 par Richard d'Escalles, un descendant de Guillot d'Ouilly[2].
Le , les cinq filles et héritières de Maurice d'Escalles, arrière petit-fils de Richard, se partagent la seigneurie d'Argentelles lors de sa succession. La seigneurie est alors divisée en quatre parts[4],[5].
- Le fief principal et son manoir.
- La moitié du grand parc d'Argentelles.
- L'autre moitié du grand parc d'Argentelles.
- La Côtentinière
Le 28 janvier 1562, Catherine d'Escalles épouse de Charles de Calmesnil, sieur d'Orval, vend la première partie de la terre et seigneurie d'Argentelles comprenant le fief de haubert en chef avec son manoir seigneurial, colombier, chapelle, moulin, droit de basse justice et patronage, etc. au bourgeois Jean Billard, contrôleur du grenier et chambre à sel d'Argentan et Exmes, seigneur de Merry et d'Haleine. Le seigneur de Merry acquiert également de Renée d'Escalles, sœur de Catherine, la 4e partie de la seigneurie d'Argentelles comprenant le fief noble de La Cotentinière le devant les tabellions d'Exmes.

Mort en 1568, ses quatre fils Julien, Romain, Jean et Nicolas Billard héritent du manoir. Le 6 avril 1571, un arrêt de la Cour du Parlement de Rouen contraint par droit de retrait lignager les frères Billard à rétrocéder à Thibaud de Ruppierre et Jean Le Franc, époux de Françoise d'Escalles, curateurs de Jean Le Franc, fils mineur dudit Le Franc, la première partie et le manoir seigneurial.
Le 16 mai 1571, le manoir retombe donc aux mains des héritiers de Maurice d'Escalles. Jean Le Franc, déjà propriétaire d'une partie de la seigneurie consolide ainsi l'héritage de sa femme[2].
Henri IV y fait un séjour en 1591[3].
En 1635, le domaine appartient à un descendant de Jean Le Franc, Bonaventure Le Franc. Celui-ci ajoute deux lucarnes à l'édifice, atténuant ainsi son caractère défensif[2].
Au milieu du XVIIIe siècle, le manoir est acquis par le comte de Flers et reste, jusqu'en 1880, à ses descendants[2].
S'ensuit alors une longue période d'oubli pendant laquelle le manoir tombe en ruine. Ce n'est qu'en 1957 qu'il est sauvé de la ruine complète par le comte Robert du Mesnil du Buisson qui entreprend, alors, une restauration d'une durée de quatre ans[2], couronnée par le prix « Chefs-d'œuvre en péril »[6].
La valeur du manoir au milieu du XVIe siècle
La valeur du logis seigneurial à proprement parler n’est pas connue, puisqu'il était vendu au sein d'un fief dont il était le siège. En revanche, la valeur de ce fief nous est attestée à plusieurs reprises dans des actes de vente. L'un des plus anciens remonte au 28 janvier 1562, lorsque Charles de Calmesnil et Catherine d’Escalles le vendent à Jean Billard pour 1894 livres, 10 sols et 100 livres de vin.
Le , devant les tabellions d'Argentan, Calmesnil et Billard s'accordent sur une augmentation du prix de ce fief, le vendeur exposant que la terre et seigneurie d'Argentelles valait au total plus de 7000 livres tournois[7]. Le seigneur d'Argentelles accepte de payer le juste prix de ladite terre et débourse de nouveau la somme de 500 livres, 10 écus et 10 sols de vin, soit un coût total de 2394 livres, 10 écus, 10 sols et 100 livres, 10 sols de vin pour le fief en chef et son manoir.
Enfin, le retrait lignager du 16 mai 1571 de la famille Le Franc à l'encontre des fils Billard mentionne un remboursement de 2739 livres et 8 sols.

Propriétaires
- Vers 1410 - Guillot d'Ouilly, cité en 1413.
- 1418 - Roland Leyntall (occupation anglaise).
- 1418-1437 - Jean Lanrock (occupation anglaise).
- 1449-1477 - Richard d'Escalles, capitaine des francs archers d'Alençon, héritier de Guillot d'Ouilly (mort après 1477)
- 1477-1488 - Durant d'Escalles, fils du précédent (mort en 1488)
- 1488 - Jean d'Escalles, abbé, frère du précédent et tuteur du suivant.
XVIe siècle :
- 1492-1538 - Jean d'Escalles, fils de Durant (mort en 1538)
- 1548 - Maurice d'Escalles, fils du précédent (mort en 1558)
- 1561 - Charles de Calmesnil époux de Catherine d'Escalles, fille du précédent.
- 1562 - Jean Billard, seigneur d'Haleine et Merry (mort en 1568).
- 1568 - 1571 - Julien, Jean, Romain et Nicolas Billard, fils du précédent.
- 1571 - Jean Le Franc, seigneur de Bérout époux de Françoise d'Escalles (mort vers 1599)
- 1595 - René de Saint-Denys, chevalier de l'ordre du roi.
XVIIe siècle :
- 1605 - Odet de Saint-Denys, baron d'Hertrey fils du précédent
- 1605 - Pierre Le Franc, fils de Jean et Françoise d'Escalles, cités plus haut.
- vers 1610 - Pierre Le Franc, prêtre, tuteur des enfants du précédent.
- 1620 - Bonaventure Le Franc, fils de Jean et Françoise d'Escalles
- 1638 - Jacques Le Franc, fils du précèdent.
- 1640 - François Le Franc, frère du précédent (mort en 1685).
XVIIIe siècle :
- 1679 - 1716 - Pierre Le Franc, fils du précédent (mort en 1716).
- 1716 - Jeanne Elisabeth Douesy, veuve du précédent.
- 1733 - Louis-René-Pierre Le Franc, fils du précédent.
- 1752 - Ange-Hyacinthe de la Motte-Ango, comte de Flers.
- 1757 - après 1761 - Louis-Paul de la Motte-Ango, frère du précédent.
XIXe siècle :
- vers 1888 - M. de Boynes.
- 1888 - Pierre Marchand, marchand de bestiaux.
XXIe siècle :
- 1957 - Mme. Courtonne-Grandière, qui fait donation des ruines au suivant.
- 1957 - après 1975 - Société du Manoir d'Argentelles, présidée par Robert du Mesnil du Buisson.
-
Famille d'Escalles[10] (XVe - XVIe siècle). -
Famille Billard (XVIe siècle)[11]. -
Famille Le Franc (XVIe - XVIIIe siècle) [12]. -
Famille de Saint-Denis[13] (de sable, fretté d'argent, au chef cousu du même, chargé d'un léopard pallant de gueules) (XVIIe siècle). -
Famille de la Motte-Ango (XVIIIe - XIXe siècle). -
Famille du Mesnil du Buisson.
Description
Parmi l'ensemble formé par les manoirs du pays d'Auge, le manoir d'Argentelles, maison forte des XVe et XVIe siècles[14], présente la particularité d'avoir été construit d'une seule traite. Les seuls ajouts postérieurs à l'édification sont les deux grandes lucarnes du XVIIe siècle[3].
Le logis rectangulaire, construit en pierre, présente un fort caractère défensif. En effet, les quatre tourelles d'angle sont percées de meurtrières. Chacune des entrées est défendue par des bretèches à mâchicoulis. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont protégées par grilles en fer forgé. Enfin, la tour polygonale, qui abrite un escalier desservant les différents étages, est surmontée d'une chambre de guet. Celle-ci présente la particularité d'être disposée en encorbellement et d'être construite en pan de bois[2].
Dans le parc entourant le manoir, un colombier cylindrique du XVIIe siècle ayant conservé tous ses boulins s'élève sur ce qui était certainement l'ancienne motte castrale[2].
Protection
Au titre des monuments historiques[3] :
- le château, sauf les parties classées, est inscrit par arrêté du ;
- les façades et les toitures sont classées par arrêté du .
Notes et références
- ↑ « Les unités de paysage : Unité 7.1.1 : L'escarpement occidental du Pays d’Auge » [PDF], sur Dreal Normandie (consulté le ).
- Philippe Déterville, Manoirs du pays d'Auge : bijoux et écrins, Ouilly-le-Vicomte, Armand et Hélène Sarfati éditeurs, , 316 p. (ISBN 978-2-9547342-0-0).
- « Manoir d'Argentelles », notice no PA00110967, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, Volume 12, p.113, 1893
- ↑ Copie collationnée du XVIIIe siècle des lots de la succession de Maurice d'Escalles de 1561 entre ses cinq gendres, Archives départementales de l'Orne
- ↑ Philippe Seydoux (photogr. Serge Chirol), La Normandie des châteaux et des manoirs, Strasbourg, Éditions du Chêne, coll. « Châteaux & Manoirs », , 232 p. (ISBN 978-2851087737), p. 217.
- ↑ Archives départementales de l'Orne : AD61 4E74/3 01/10/1562 - 26/09/1653
- ↑ Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne Volume 12, Société historique et archéologique de l'Orne - 1893
- ↑ Le manoir d'Argentelles, sauvetage d'une œuvre d'art en péril par Robert du Mesnil du Buisson, 1975.
- ↑ Nobiliaire de Normandie publié par une société de généalogistes, avec le concours des principales familles nobles de la province sous la direction de E. de Magny, 1863, p.58.
- ↑ VOLUMES RELIES du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696, parCharles D'HOZIER. (1697-1709). XIX Normandie, Alençon, folio 227.
- ↑ VOLUMES RELIES du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696, parCharles D'HOZIER. (1697-1709). XIX Normandie, Alençon, folio 152.
- ↑ Dictionnaire de la Noblesse, Volume 18 par Badier, François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, 1873, p.93.
- ↑ Guy Le Hallé (préf. Hervé Morin, photogr. Yves Buffetaut), Châteaux forts de Basse-Normandie, t. II, Louviers, Ysec Éditions, , 160 p. (ISBN 978-284673-215-4), p. 138.
Voir aussi
Bibliographie
- Philippe Déterville, Charme discret des manoirs du Pays d'Auge, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, , 316 p., p. 158-161.
- Jeannine Rouch, « Le manoir d’Argentelles sauvé de la ruine », in Patrimoine Normand n° 62, .
Articles connexes
Liens externes
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