Manoir de Boisorcant

Manoir de Boisorcant
Vue du manoir de Boisorcan.
Présentation
Type
Fondation
XIVe siècle
Patrimonialité
Localisation
Localisation
Coordonnées
48° 03′ 52″ N, 1° 30′ 07″ O
Carte

Le manoir de Boisorcant ou château du Bois Orcan est une demeure médiévale située à Noyal-sur-Vilaine dans le département d’Ille-et-Vilaine, en Bretagne. Il abrite un musée consacré au sculpteur Étienne-Martin.

Localisation

Le manoir se trouve à l'est de Rennes et au sud du territoire de la commune de Noyal-sur-Vilaine, dans le département français d’Ille-et-Vilaine, près de la ville de Châteaugiron.

Historique

Manoir du Bois-Orcan en 2008

Ce manoir fait partie des œuvres majeures de l'architecture manoriale en Ille-et-Vilaine.

Le manoir tire son nom de la famille Orcant. Jean Orcant, mort en 1398 a légué sa seigneurie à sa fille, Jamette Orcant qui épousa Alain du Pé[1]. La famille du Pé vend finalement le logis en 1475 à Julien Thierry qui était maître des monnaies de Bretagne et argentier du duc François II et d'Anne de Bretagne. On note la présence d'une « maison neuve » déjà vers 1400 et des modifications effectuées avant l'achat par Julien Thierry, mais on sait qu'il y eut une importante reconstruction du Bois-Orcan des années 1470 aux années 1520, alors que les propriétaires étaient Julien Thierry puis son fils, Pierre Thierry[2].

Le second fils de Pierre Thierry, François Thierry, qui était gouverneur de Rennes, hérita du Bois-Orcant à la mort de son frère, Julien. La lignée masculine s'éteint avec François car il n'eut que des filles de son mariage avec Françoise du Puy du Fou[1]. Parmi ses filles, Marguerite Thierry épousa Jean d'Angennes et cette nouvelle famille devint propriétaire du « château »[1] car en 1583, la seigneurie est élevée au rang de châtellenie par Henri III et la résidence se pare du nom de « château » en 1692[3]. On note que les Ligueurs du duc de Mercoeur pillèrent le château en 1589 et Marguerite de Poigny, décédée en 1631, s'occupa de la reconstruction[2] : deux tours furent détruites et les écuries étendues[4].

La seigneurie du Bois-Orcan passa dans les mains de Jean-Jacques d'Angennes, marquis de Poigny et ambassadeur de France en Angleterre, mort en Angleterre le , puis de son fils, Charles d'Angennes[1]. Son neveu, Joseph de Morais, comte de Brezolles hérita d'abord du Bois-Orcan. Mort jeune, son cousin, Charles d'Angennes hérita de la demeure. Ce dernier meurt à Malplaquet en 1709 et c'est Marguerite de Morais, femme de Louis Bouttier de Château-d'Assy qui hérite finalement de la seigneurie[1].

Une vente eut lieu puisque le manoir appartient 1728 à Charles-Antoine de Marguerie, marquis de Vassy. Jacques-René Le Prestre, seigneur de Châteaugiron, époux de Louise de Robien acheta ensuite le château. Son fils, René-Jacques Le Prestre et son petit-fils, René-Joseph Le Prestre furent les derniers seigneurs du Boisorcant[1].

La châtellenie comprenait en 1765 cinquante-deux fiefs relevant du roi et sa haute justice s'étendait sur quatorze paroisses : Noyal-sur-Vilaine, Ossé, Saint-Aubin-du-Pavail, Veneffles, Domloup, Châteaugiron, Noyal-sur-Seiche, Piré, Saint-Armel, Brécé, Cesson, Nouvoitou, Brie et Louvigné-de-Bais. Son gibet à quatre piliers était situé près du château et le seigneur du lieu avait dans droit de banc dans l'église de Brécé où ses armoiries était dans la plus importante vitre. La seigneurie avait trois moulins et de nombreuses métairies en Noyal-sur-Vilaine[1].

Le corps principal du château avant restauration.

Le château a été complètement restauré au cours des années 1990 par l'entreprise Joubrel. Ces travaux ont permis de réhabiliter, entre autres, la hauteur d'origine des tours et des lucarnes. Cette demeure seigneuriale expose des collections de meubles et d’objets du Moyen Âge, témoins de l’art de vivre au temps de Charles VIII et d’Anne de Bretagne.

Le parc accueille un centre d'exposition d'art contemporain, l’Athanor, musée consacré au sculpteur français Étienne-Martin (1913-1995)[5]. Créé avec l’artiste sur un site de trois hectares, le musée conserve une collection de ses bois originaux et le parc expose ses sculptures monumentales.

Il est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du , puis classé par arrêté du avec sa chapelle, ses douves et la cour. L’ensemble de domaine a été inscrit par arrêté du [6],[7],[8].

Description

Le manoir de Boisorcant date du XVe siècle. Sur sa cheminée d'époque, un décor peint au XVIIe siècle représente le manoir dans son environnement de bois et d'avenues plantées[9]. Une chapelle est bâtie dans la cour[10].

À la fin du XIVe siècle, le manoir est cité dans les textes comme « masure » ou « herbergement » ; en 1458 « salle » puis « manoir » dès les années 1460[3]. Du temps de Julien Thierry, le château avait deux tours avec meurtrières, une tourelle, de grandes salles et un fossé[11].

En 1703, on retrouvait « Le chasteau du Boisorcant, avec son jeu de paume, sa chapelle et le pavillon du corps-de-garde à vis ladite chapelle [...] ledit logis entouré de guérites, bastions, culs-de-lampe, canonières, tourelles et autres défenses, ayant des fossez et douves à fonds de cuve tout à l'entour, oultre trois ponts-levis garnis de leurs chaînes de fer, brancards et autres choses accoustumées, le tout contenant un journal de terre [...] plus la basse-cour et la cour du Colombier [...] la maison de la Bidouazière, qui est la chapellenie dudit chasteau et où demeure le chapelain [...] l'estang des Chesnevières, les bois et rabines »[1].

Sur le cadastre de 1850, il est représenté comme : vaste logis seigneurial, chapelle, communs, cour et jardin protégés par des douves liées à un lavoir. Au-delà de l'enclos, se dresse la métairie et ses dépendances entourées de grandes parcelles[12].

Notes et références

  1. Amédée Guillotin de Corson, Les Grandes seigneuries de Haute-Bretagne, J. Plihon et L. Hervé, (lire en ligne)
  2. Gwyn Meirion-Jones, Michael Jones et Roland Harris, « Noyal-sur-Vilaine – Le Bois Orcan, une étude pluridisciplinaire », ADLFI. Archéologie de la France - Informations. une revue Gallia,‎ (ISSN 2114-0502, lire en ligne, consulté le )
  3. Christel Douard et Jean Kerhervé, Manoirs : Une histoire en Bretagne, Châteaulin, Locus Solus, , 215 p. (ISBN 978-2-36833-338-9), p. 15.
  4. Société archéologique du Département d'Ille-et-Vilaine, Bulletin et mémoires ..., (lire en ligne)
  5. Site du Domaine du Bois Orcan.
  6. Notice no PA00090646, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. Notice no IA35031795, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Notice no IA35031795, sur Gertrude, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne..
  9. Catherine Tosser et Jean-Jacques Rioult (dir.), Architecture rurale en Bretagne, Lieux-dits Éditions, 2014 (ISBN 978-2-36219-099-5).
  10. Douard et Kerhervé 2021, p. 103.
  11. Jean-Pierre Leguay, Vivre dans les villes bretonnes au Moyen Âge, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-6661-3, lire en ligne)
  12. Douard et Kerhervé 2021, p. 87.

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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