MansA - Maison des Mondes Africains

| Nom local |
Mansa |
|---|---|
| Type | |
| Ouverture |
04 octobre 2025 |
| Site web |
| Type |
Institution culturelle |
|---|
| Adresse | |
|---|---|
| Coordonnées |
48° 52′ 17″ N, 2° 22′ 12″ E |

MansA - Maison des Mondes Africains est une institution culturelle française dédiée aux créations et cultures issues des mondes africains et afro-diasporiques.
À la fois lieu de programmation artistique, plateforme média et réseau d’acteurs, MansA se donne pour mission de promouvoir les expressions artistiques et les récits portés par l’Afrique d’aujourd’hui et ses diasporas.
Annoncée en par Emmanuel Macron, président de la République française, dans le cadre du Sommet Afrique–France à Montpellier, l’initiative s’inscrit dans une volonté politique de renouveler les relations culturelles entre la France et le continent africain. Le lieu ouvre le .
Implantation
Un temps envisagée au sein de l'hôtel de la Monnaie, situé quai de Conti, dans le 6e arrondissement de Paris, l’implantation sur ce site a été abandonnée début 2025. MansA ouvre en 2025 dans un ancien atelier du 10e arrondissement de Paris, au 26, rue Jacques-Louvel-Tessier[1],[2], pour une durée transitoire. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’installer le projet dans un lieu pérenne d’ici 2027[2],[3].
Historique
La création d’une « maison des mondes africains et des diasporas », sur le modèle de l’Institut du monde arabe[4] et de la Maison de l'Amérique latine, figure parmi les préconisations du politologue et historien camerounais Achille Mbembe dans un rapport remis à Emmanuel Macron en [5]. Annoncé par le président de la République à l'occasion du Sommet Afrique-France qui se tient à Montpellier le , ce projet s’inscrit dans une politique visant à améliorer les relations qu'entretient la France avec le continent africain[6].
La Maison des Mondes Africains se définit à la fois comme une vitrine, un refuge et un tremplin pour les artistes et les entrepreneurs[7]. En 2022, une mission de préfiguration est confiée au diplomate Luc Briard et à la journaliste Élisabeth ‘Liz’ Gomis. Une consultation réunit 1 500 jeunes durant l’été 2022. Le projet franchit une étape décisive avec la création en d’un groupement d’intérêt public (GIP), et la nomination de Liz Gomis à sa direction en .
Le lieu choisi dans le dixième arrondissement de Paris ouvre ses portes le [2]. Le projet est porté à la fois par le président de la République Emmanuel Macron, le ministère de la Culture et le ministère des Affaires étrangères. Une première exposition est consacrée à une artiste française, Roxane Mbanga, née en 1996 d’un père camerounais et d’une mère guadeloupéenne[2].
Statut juridique
En , la Maison des Mondes Africains acquiert une personnalité morale avec la création d’un groupement d’intérêt public. Ce statut permet d’associer des partenaires publics et privés à la gouvernance du projet.
Le GIP MansA est constitué entre plusieurs membres fondateurs, répartis en trois collèges :
- L’État, représenté par : le ministère de la Culture, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le ministère de l’Éducation et de la Jeunesse, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ;
- Le collège des opérateurs culturels nationaux : le Centre Pompidou et l’Institut Français ;
- Le collège des membres adhérents : l’Agence française de développement (AFD), la Banque publique d’investissement (Bpifrance) et France Volontaires (opérateur du MEAE) JORF n°0117 du — Légifrance.
Une institution culturelle hybride
La Maison des Mondes Africains se présente comme « un établissement pluridisciplinaire entièrement voué à la création africaine et diasporique moderne et contemporaine ». L'objectif revendiqué est d'en faire un lieu « où les arts plastiques voisineraient avec le livre, le dessin, la musique, le spectacle vivant, les activités pour les jeunes publics, le cinéma, la photographie ou l’apprentissage des langues africaines »[8].
Elle a pour ambition d'être à la fois un lieu, un média et un réseau.
- Un lieu, point de convergence pour les talents africains et des diasporas, promouvant la diversité et l'innovation et offrant une programmation pluridisciplinaire à un large public.
- Un média mettant en avant des initiatives artistiques, culturelles, scientifiques ou entrepreneuriales qui alimentent de nouveaux récits sur l’Afrique et ses constellations diasporiques et proposant une interface dédiée aux industries culturelles et créatives.
- Un réseau fédérant un rhizome d’institutions partenaires à travers le monde.
L'institution culturelle a vocation à accueillir des débats, des expositions d'histoire, de l'art contemporain, de la danse, des conférences et des archives mais également des artistes en résidence. « Ce n'est pas un musée pour et sur l'Afrique, mais un lieu ouvert, pour toute la population » explique Liz Gomis, responsable du projet[9]. Le lieu se veut également « un incubateur dédié aux industries créatives pour accompagner de jeunes entrepreneurs ou porteurs de projets »[10].
Origine du nom et identité visuelle
MansA, Maison des Mondes africains (issu du latin tardif “mansio” signifiant “maison”), incarne cette vision. Le choix de MansA est un hommage à Mansa Moussa (le roi des rois en bambara) de l’Empire du Mali au XIVe siècle[2], dont l’itinéraire traversait l’Afrique pour relier le Proche-Orient tout en tissant des liens commerciaux avec l’Europe.
Le logo évoque également la couronne emblématique de Jean-Michel Basquiat [11]. La couronne de MansA veut symboliser la réappropriation d’une agentivité par toute une génération.
Réceptions et controverses
Le projet a suscité plusieurs débats politiques et médiatiques depuis 2023. L’annonce de l’installation possible à la Monnaie de Paris a été critiquée par les syndicats du site et certains groupes politiques opposés à ce qu’ils percevaient comme une dérive identitaire[12].
À droite et à l’extrême droite, plusieurs élus ont mis en cause la légitimité du projet. L’Élysée et le ministère des Affaires étrangères ont, en revanche, confirmé leur soutien à la structure, en insistant sur sa dimension diplomatique et culturelle.
Notes et références
- ↑ « Avancées du projet de la Maison des mondes africains (MansA) à Paris », sur Sénat, (consulté le )
- Roxana Azimi, « La Maison des mondes africains annoncée par Emmanuel Macron ouvre ses portes à Paris », sur Le Monde,
- ↑ Radidja Cieslak, « Point de chute La Maison des Mondes Africains s’installe dans un ancien atelier du Xe arrondissement de Paris pour deux ans », sur Libération,
- ↑ Marie Sorbier, « La Maison des Mondes Africains : "Présenter la part d'africanité de la France" », sur France Culture, (consulté le )
- ↑ Coumba Kane et Elise Barthet, « Le rapport Mbembe préconise une « refondation » des relations entre la France et l’Afrique », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Marie-France Réveillard, « Quelles fondations pour la future « Maison des mondes africains et des diasporas » ? », sur La Tribune Afrique, (consulté le )
- ↑ Roxana Azimi, « La future Maison des mondes africains cherche un point de chute à la Fondation Cartier », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Achille Mbembe, « Les nouvelles relation Afrique-France. Relever ensemble les défis de demain » [PDF], sur vie-publique.fr, , p. 114
- ↑ Rémi Guezodje, « Voulue par Emmanuel Macron, la Maison des mondes africains devrait s’installer à la Monnaie de Paris », sur Libération, (consulté le )
- ↑ Joséphine Bindé, « La Monnaie de Paris, futur écrin d'une « Maison des mondes africains » ? », sur Beaux Arts Magazine, (consulté le )
- ↑ « Prochaine ouverture du MansA », sur Art Africain Info,
- ↑ Africaradio, « Une implantation controversée »
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Rapport d'Achille Mbembe préconisant la création d'une « maison des mondes africains et des diasporas » : « Les nouvelles relation Afrique-France. Relever ensemble les défis de demain » [PDF], sur vie-publique.fr,
- Rapport d'Achille Mbembe : « Options pour la Maison des Mondes Africains » [PDF], sur vie-publique.fr,
- Compte Instagram officiel
- Portail de l’Afrique
- Portail de la culture
- Portail de Paris