Manuel Jiménez Prieto

Manuel Jiménez Prieto
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Fratrie
Autres informations
Maîtres

Manuel Jiménez Aranda, dit Manuel Jiménez Prieto, né à Séville en 1846 et mort dans sa ville natale en , est un artiste peintre et graveur espagnol.

Biographie

Famille

Si les notices consacrées à Jiménez Prieto le font naître soit en 1848[1] soit ou 1849[2], il semblerait plutôt être né en 1846[3].

Fils de l'ébéniste sévillan José Jiménez Prieto et de Rosario Aranda Alonso-Alcocer[4], Manuel Jiménez Aranda est le benjamin d'une fratrie de peintres à laquelle appartiennent José Jiménez Aranda (1837-1903) et Luis Jiménez Aranda (1845-1928).

Afin de ne pas être confondu avec ses aînés, Manuel signait ses œuvres en remplaçant son matronyme (apellido materno), Aranda, par celui de son père, Prieto[5].

Formation et début de carrière

Élève de son frère José[6], Manuel Jiménez adopte sous l'influence de celui-ci un style et des thèmes relevant du casaconismo. Ce genre pictural, illustré notamment par Marià Fortuny et qui trouve son équivalent outre-Pyrénées dans l'art d'Ernest Meissonier, consiste en un costumbrismo anecdotique, empreint de préciosité et privilégiant des scènes de genre animées de personnages en costume du XVIIIe siècle (le terme casaconismo dérive du mot casacón qui désigne les justaucorps portés à cette époque)[7].

Après avoir résidé à Rome avec José García Ramos à partir de 1871[1], José et Manuel Jiménez retournent dans leur ville natale entre 1874[8] et 1878. À cette date, tous deux habitent au no 4 de la calle Delgado et travaillent dans un atelier du no 3 de la calle Gerona[9]. Les deux frères sont des membres actifs de l'Académie libre des beaux-arts, fondée à Séville en 1872[1] et dont Manuel devient le trésorier en 1879[10].

Les œuvres de Manuel Jiménez Prieto sont présentées dans les salons de Paris et d'Espagne à partir de 1879. Médaillé d'argent à l'Exposition de Cadix en 1879[8], il obtient une mention honorable lors de l'Exposition internationale des beaux-arts de Madrid de 1892[5], à laquelle il envoie deux tableaux[6].

Période parisienne

Un Écrivain public en Espagne, gravure de Charles Baude d'après le tableau de Jiménez Prieto exposé au Salon du Champ-de-Mars de 1890 (Le Monde illustré, 19 juillet 1890).

En 1881[11], Manuel accompagne José à Paris[12], où vit déjà son autre frère, Luis. Il s'installe d'abord chez ce dernier, au no 6 de la rue Boissonade, dans le quartier du Montparnasse, puis au no 11 de la même rue après 1888[13].

Sa découverte du Musée de Cluny lui inspire les intérieurs pittoresques de plusieurs de ses scènes de genre, dont Le Jeu d'échecs et La Dictée d'un lettre pastorale (1886), qui représentent la salle des émaux du musée parisien, et Monsieur le ministre (1884), où l'on reconnaît deux des tapisseries de la tenture de La Dame à la licorne conservée dans cette même institution.

Son séjour dans la capitale française lui permet également d'apprendre l'art de la gravure auprès de Charles Courtry[13].

Retour à Séville

De retour à Séville vers 1894[14], Manuel Jiménez peint beaucoup moins en raison de la maladie qui finira par l'emporter[12].

Professeur de dessin à l'école des sourds-muets établie au sein de l'hospice provincial, il meurt en [12],[15].

Œuvres

Œuvres exposées dans les salons parisiens

  • Salon de 1879 :
    • Boutique de bric-à-brac (no 1648)[13]
  • Salon des artistes français de 1882 :
    • Les Érudits (no 1428)
  • Salon des artistes français de 1883 :
    • Le Thé (no 1272)
  • Salon des artistes français de 1884 :
    • Monsieur le ministre (no 1287)[13]
  • Salon des artistes français de 1885 :
    • El guarda canton (gravure, no 4797-1)[13]
    • Une Politique, d’après M. Aranda (gravure, no 4797-2)[13]
  • Salon des artistes français de 1886 :
    • La Dictée d'une lettre pastorale (no 1263)[13]
    • Un Philosophe, d’après Velasquez (gravure, no 5177)[13]
  • Salon des artistes français de 1888 :
    • Un Conseil (no 1376)[13]
  • Salon des artistes français de 1889 :
    • Dans la ferme (no 1422)[13]
  • Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1890 :
    • Écrivain public (en Espagne) (no 520)[13]
  • Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1891 :
    • Une Consultation (no 522)[13]
    • Le Grand-Père (no 523)[13]
  • Salon des artistes français de 1894 :
    • La Leçon de violon (no 983)[13]

Galerie

Notes et références

  1. Gerardo Pérez Calero, « La Academia Libre de Bellas Artes de Sevilla (1872-1888) », Laboratorio de Arte, no 11, 1998, p. 281 (consultable en ligne sur le site des presses universitaires de Séville).
  2. Rodríguez, p. 577.
  3. Dans le recensement municipal (empadronamiento) de 1895, consultable sur FamilySearch, Manuel Jiménez Aranda, peintre natif de la paroisse San Lorenzo et domicilié au no 13 de la calle Lombardos, paroisse Santa María Magdalena, fils de José Jiménez et Rosario Aranda, est déclaré âgé de 49 ans au 31 décembre 1895.
  4. Cascales, p. 375.
  5. De la Puente, p. 13.
  6. Catálogo de la Exposición Internacional de Bellas Artes 1892, Madrid, 1892, p. 96.
  7. Gerardo Pérez Calero, « José Jiménez Aranda, maestro del casaconismo », Laboratorio de Arte, no 30, 2018, p. 542 (consultable en ligne sur le site des presses universitaires de Séville).
  8. Ossorio, p. 343.
  9. Manuel Gómez Zarzuela, Guía de Sevilla, su provincia, &c. para 1878, Séville, 1878, p. 305 (consultable en ligne sur HathiTrust).
  10. Calero (1998), op. cit., p. 292.
  11. Cascales, p. 377.
  12. El Liberal (Séville), 8 septembre 1904, p. 2.
  13. Informations consultables en ligne dans la base Salons du Musée d'Orsay.
  14. Si Manuel Jiménez Prieto était encore domicilié au no 11 de la rue Boissonade selon le catalogue du Salon des Champs-Élysées de 1894 (Explication des ouvrages de peinture [...] exposés au Palais des Champs-Élysées le 1er mai 1894, 3e édition, Paris, 1894, p. 83, consultable en ligne sur Gallica), le recensement sévillan de 1895 indique en revanche qu'il résidait dans sa ville natale depuis un an. L'annuaire édité par Adolf Bothe en 1897 était donc vraisemblablement obsolète en affirmant que l'artiste habitait encore à Paris à cette date. Cf. Adolf Bothe (éd.), Adressbuch von Bildenden Künstlern der Gegenwart. Jahrgang 1898, Munich, 1897, p. 122, consultable en ligne sur Internet Archive.
  15. El Guadalete, 10 septembre 1904, p. 3.
  16. Lot no 121 de la vente Knoedler du 12 avril 1893 à New York (cf. Thomas E. Kirby, Catalogue of Modern Paintings Belonging to M. Knoedler & Co. Successors to Goupil & Co., New York 1893, p. 47, consultable en ligne sur Internet Archive), vendu pour 390 dollars (The Collector, 15 avril 1893, p. 188).

Voir aussi

Bibliographie

  • José Cascales Muñoz (d), Sevilla intelectual, sus escritores y artistas contemporáneos, Madrid, 1896, p. 553-554 (consultable en ligne sur Gallica).
  • Joaquín de la Puente (d), Pintura española y cubana y litografías y grabados cubanos del siglo XIX (colección del Museo Nacional de La Habana), Madrid, 1983, p. 13, 15, 18 et 32 (téléchargeable sur le site du Musée du Prado).
  • Manuel Ossorio y Bernard, Galería biográfica de artistas españoles del Siglo XIX, Madrid, 1883-1884, p. 343 (consultable en ligne dans la bibliothèque digitale du Prado).
  • Inmaculada Concepción Rodríguez Aguilar, Arte y cultura en la prensa: la pintura sevillana (1900-1936), Séville, 2000, p. 577-578.

Liens externes

  • icône décorative Portail de la peinture
  • icône décorative Portail de Séville