Maori (cargo)

Maori
Type Navire de charge et épave
Histoire
Commanditaire Messageries maritimes
Chantier naval Chantier naval de La Ciotat
Fabrication acier
Lancement 1958
Statut coulé
Équipage
Équipage 39
Caractéristiques techniques
Longueur 156,5 m
Maître-bau ou
Propriétaire Messageries maritimes
Pavillon France
Localisation
Coordonnées 46° nord, 1° ouest

Le Maori est un cargo français des Messageries maritimes lancé en 1958 et qui fit naufrage à l'ouest du golfe de Gascogne en pour des raisons non clairement déterminées provoquant la mort de 38 de ses 39 membres d'équipage.

Histoire

Le navire est lancé le au Chantier naval de La Ciotat pour le compte de la Compagnie des Messageries Maritimes, premier d'une série de dix cargos , dits « 9300 tonnes »[Note 1]. Il est affecté à la ligne entre l'Europe du Nord et l'Extrême Orient sa première année puis entre l'Europe du Nord et le Pacifique Sud (Tahiti, Nouvelle-Zélande...) à partir de 1959.

Le mardi , il se trouve à l'ouest du golfe de Gascogne[Note 2], à environ 400 kilomètres au nord-ouest du Cap Finisterre (soit à la latitude des Sables-d'Olonne). Il arrive du canal de Panama et navigue en direction du Havre où il est attendu le lendemain[1]. Ses cales contiennent 6 845 tonnes de nickel chargées à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie et 1 003 tonnes d'huile de coprah chargées à Papeete à Tahiti[2]. Après une traversée du Pacifique sans problème, il a refait le plein de carburant à Cristobal à la sortie du canal. Il aurait dû faire ensuite faire route vers Baltimore sur la côte Est américaine pour décharger une partie de son nickel mais une grève des dockers américains fait qu'il prend directement la route du Havre, sa destination finale.

À 5h40 du matin, alors que la mer est forte[3] , le navire émet un message de détresse: « Demandons assistance immédiate 46,5 Nord. 12 W », message capté par les stations radio irlandaises qui le répercute à celle du Conquet en Bretagne. Le navire n'émettra plus aucun autre message. Le Cross d'Etel, prévenu va coordonner les opérations de sauvetage. Il demande à différents autres bateaux présents sur zone de se dérouter pour lui porter assistance. Un avion de patrouille maritime Bréguet Atlantic de l'aéronavale française décolle de la base de Lann Bihoué en Bretagne à 7h15 et arrive sur zone à 9h30 où il aperçoit au milieu d'une mer agitée, une chaloupe retournée, des débris, une nappe de mazout et deux hommes à la mer auquel il lance deux chaines SAR[Note 3]. Un seul homme arrive à monter à bord, l'autre ne semblant pas réagir. L'avion dirigera ensuite le cargo allemand Vegesack, arrivé sur zone vers 12h30[4] vers le naufragé et qui le récupéra[5]. L'équipage du cargo repère une quinzaine de corps flottant mais l'état de la mer l'empêche de les récupérer.

L'avion patrouillera ensuite sous le vent du lieu indiqué, pour tenir compte de la dérive d'éventuels passagers. Un second avion de la marine nationale le supplée dans l'après-midi mais sans plus de résultat[3]. La frégate Duquesne, alors en exercice dans le golfe de Gascogne, à 240 milles marins (445 km) est alors déroutée. Avec le cargo Winnipeg et le navire météorologique France I[Note 4], ils vont ratisser la zone et ne retrouvent que le second canot pneumatique, vide, lancé par le Bréguet Atlantique la matinée du naufrage. Le mercredi après-midi, l'escorteur rapide Le Corse quitte Brest pour remplacer le Dusquene qui doit repartir vers Dakar. Les recherches sont poursuivies jusqu'au samedi matin, à la demande du secrétariat à la Marine marchande mais n'apporteront rien[6].

L'homme recueilli par le navire allemand, le lieutenant mécanicien Jean-Yves Duclaud[1] est le seul survivant des 39 membres d'équipage[7],[1],[Note 5]. Il doit sans doute sa survie car il apporta avec lui en quittant sa cabine sa combinaison de plongée, avec laquelle il pratiquait la pêche sous-marine, et avait réussi à l'enfiler dans l'eau[6]. Cinq corps seront repêchés, 4 par le cargo norvégien Belblue qui les débarquera à Cardiff et un par le cargo libérien Don Antonio qui le débarquera à Lisbonne[6].

À ce jour, les raisons exactes du naufrage ne sont pas connues[2]. le seul survivant, qui n'était pas de service au moment du naufrage, a indiqué que le navire présentait une forte gite à tribord[6] lorsqu'il a évacué sa cabine et qu'il avait ensuite coulé à pic[4]. Les hypothèses évoquées sont un désarrimage de la cargaison de nickel ou un défaut de structure du navire.

Notes

  1. La série des dix cargos dits « 9300 tonnes » est divisée en deux sous-séries, G et H. Outre le Maori, les quatre autres navires de la série G sont: le Marquisien, le Malais, le Mauricien et le Martiniquais.
  2. Si les médias de l'époque indiquaient une position correcte du navire, ils la plaçaient dans le golfe de Gascogne. Or celui-ci se situe à l'est d'une ligne entre le cap Ortegal en Galice (43° 46′ 24″ N, 7° 52′ 09″ O) et la pointe de Penmarc'h en Bretagne au nord (47° 47′ 50″ N, 4° 22′ 31″ O). Le cargo ayant sombré aux alentours de la position 46° 30′ N, 12° 00′ O, il se trouvait donc à plusieurs centaines de kilomètres à l'ouest de cette ligne.
  3. Une chaine SAR (pour Search and Rescue soit recherche et sauvetage) est une longue haussière flottante, pour permettre aux naufragés de la saisir, avec à une extrémité un canot pneumatique de secours qui se déploie automatiquement dans l'eau et à l'autre une ancre dérivante.
  4. Le navire météorologique France I est le dernier à avoir vu le Maori qui était passé à proximité de lui la veille du naufrage, le prenant même en photo.
  5. Les personnes disparues sont le commandant Yves Lebel, le second Félix Véran, les lieutenants Hubert De Thy et Aymeric de Saint Palais, le chef mécanicien Charles Martin, le second mécanicien Henri Rupin, les lieutenants mécaniciens Gilbert Denis et Édouard Ricard, l'élève radio Daniel Puel et les marins Jean-Claude Le Guilcher, Jean Prioux, Robert Quéré, Guy Jégou, Alexis Kernoa, Roger Guillou, Yves Le Manchec, Albert Vitali, Eugène Habada, Christian Congre, Michel Brunot, Jean Vince, Hadj Djama Ibrahim, Ben Aly Amady, Amini Assoumani, Idjihadi Madi, Aboudou Ibouroy, Henri Henric, David Achy, André de Boivilliers, Jackie Bodo, Roland Jobin, François Couric, Jean-François Mary et Pierre Monnier.
    Les corps de l'officier-radio Francis Haas, du chef-cuisinier Guy Lorand, du second maitre Joseph Valéry, du matelot Raphaël Sidi Ali et d'un cinquième marin non identifié ont été repêchés par deux cargos venus au secours.

Références

  1. « Plongée dans nos archives : 9 novembre 1971, naufrage du « Maori » », Le Marin,‎ .
  2. « Il y a 50 ans, la disparition du cargo Maori dans le golfe de Gascogne faisait 38 victimes », Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. Le Monde, « Les recherches ont repris pour retrouver d'éventuels rescapés du " Maori " Trente-huit disparus actuellement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. « La fin d'un grand bateau », L'Aurore,‎ .
  5. « Il y a cinquante ans, le 9 novembre 1971, le Maori coulait au large de Bordeaux », Ouest France,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « L'unique rescapé du Maori:sauvé par sa combinaison de pêcheur sous-marin », Ouest France,‎ .
  7. Société d'Archéologie et de Mémoire Maritime, « Naufrages & épaves au Ponant : Maori (1958-1971) », sur archeosousmarine.net (consulté le ).

Lien externe

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