María Jimena Duzán

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María Jimena Duzán, née le à Bogota, est une journaliste et politologue colombienne, spécialiste du narcotrafic en Colombie.
Elle collabore à plusieurs grands médias du pays, dont El Espectador, El Tiempo et le magazine Semana et fait partie de l'équipe de la station La W (es) de Caracol Radio (es) entre 2020 et 2021. Elle écrit pour des publications internationales.
Biographie
Enfance et formation
María Jimena Duzán naît le à Bogota[1]. A l'âge de 16 ans, elle se lance dans l'écriture avec une lettre destinée à son père décédé, Lucio Duzán, qu'elle remet à Guillermo Cano, alors directeur du journal El Espectador. Celui-ci la publie et lui a offre une tribune libre intitulée « Mi hora cero » (Mon heure zéro), faisant d'elle l'une des plus jeunes chroniqueuses du pays[réf. nécessaire].
María Jimena Duzán étudie les sciences politiques à l'Université des Andes et à Paris[2].
Carrière
Elle intègre l'équipe d'investigation d'El Espectador, où, à 30 ans, elle est reporter, rédactrice internationale, couvrant le narcotrafic en Colombie[3].
Son mentor, Guillermo Cano, est assassiné par des tueurs à gages travaillant pour le narcotrafiquant Pablo Escobar en 1986, et María Jimena Duzán reçoit plusieurs menaces de mort en raison des opinions exprimées dans sa tribune. Le journal El Espectador est également la cible d'un attentat terroriste en 1989 perpétré par des cartels de la drogue[4].
En , elle est enlevée par le Mouvement du 19 avril dans la jungle de Caquetá. Après sa libération, elle transmet une proposition de dialogue pour la Commission de la paix. En mars de la même année, elle échappe de justesse à une tentative d'assassinat lorsqu'une explosion a lieu devant chez elle, quelques instants avant son arrivée[2].
En 1990, sa sœur, également journaliste, Silvia Duzán (es), est assassinée à l'âge de 30 ans à Cimitarra, avec trois autres personnes, par des groupes paramilitaires alors qu'elle réalise un documentaire sur les associations paysannes de la région pour la BBC[5].
La même année, María Jimena Duzán reçoit le « Prix du courage » avec trois autres journalistes de différents pays, décerné par l'International Women's Media Foundation à des « femmes journalistes qui couvrent l’actualité dans des circonstances difficiles ». Elle dédie ce prix aux personnes qui ont donné leur vie pour la démocratie et plus particulièrement à sa sœur Silvia[2].
De retour à l'Université des Andes, María Jimena Duzán fonde le premier diplôme de journalisme de troisième cycle du pays, qu'elle supervise pendant cinq ans. Pendant cette période, elle est choisie pour une bourse Nieman à l'Université Harvard[3],[2],[6].
De 1993 à 1998, elle est membre du Conseil d'administration de l'International Women's Media Foundation[4].
En 1994, elle publie son premier livre, Death Beat: La vida de un periodista colombiano al interior de la guerra de la cocaína qui est traduit en anglais sous le titre Killing Copy. Il est un des livres les plus vendus à l'étranger[2].
De 2008 à 2020, elle est chroniqueuse pour le magazine Semana. Durant cette période, María Jimena Duzán anime l'émission de débats politiques Semana en Vivo, diffusée sur la chaîne de télévision Cablenoticias, puis sur Semana TV[7]. À cette époque, elle se montre particulièrement critique envers la présidence d'Álvaro Uribe, publiant notamment l'ouvrage critique Así gobierna Uribe en 2004. Après le rachat du magazine par le groupe Gillinsky et un changement significatif de sa ligne éditoriale, María Jimena Duzán démissionne, comme plusieurs de ses collègues[8],[7].
De 2020 à 2021, elle travaille pour l'émission d'information matinale de La W (es) de Caracol Radio (es)[1],[8] .
En 2021, María Jimena Duzán lance des projets indépendants. Elle réalise les séries d'investigation YouTube Odebrecht et Mafialandia. Elle coréalise et produit la série YouTube Patrones de la Guerra (Les Motifs de la Guerre) avec l'International Center for Transitional Justice[9]. En , elle commence son podcast A Fondo, diffusé sur la plateforme Spotify, qui devient le podcast colombien le plus écouté sur cette plateforme[10]. En 2022, elle rejoint Cambio comme chroniqueuse[1].
En 2010, elle publie Mi viaje al inferno, dans lequel elle raconte l'histoire du meurtre de sa sœur Silvia Duzán (en) lors du massacre de Cimitarra le , perpétré par des groupes paramilitaires. Elle écrit également son indignation face à l'impunité entourant ce crime et d'autres crimes similaires survenus dans la région de Magdalena Medio[5].
Elle travaille dans plusieurs des plus importants médias du pays tels que les quotidiens El Espectador et El Tiempo et le magazine Semana[11]. Elle a également écrit pour des médias internationaux tels que le Wall Street Journal, Newsday et Marie Claire[12].
Elle est consule de Colombie à Barcelone pendant trois ans[13].
Distinctions
- 1990 : Prix courage de l'International Women's Media Foundation[4]
- 1998 : Prix de l'Alliance internationale des Femmes, remis par Danielle Mitterand, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes[4]
- 2025 : Prix national de journalisme Simón Bolívar de la journaliste de l'année[2]
- Liberté de la presse Milwaukee Press Club
Publications
- (es) Death Beat: La vida de un periodista colombiano al interior de la guerra de la cocaína,
- (es) Así gobierna Uribe, Planeta, , 194 p. (ISBN 9789584210074)
- (es) Mi viaje al infierno, Grupo Editorial Norma, , 213 p. (ISBN 9789584530400)
- (es) Cronicas Que Matan, Aguilar, (ISBN 9789587584936)
- (es) Emputados: el libro de los indignados colombianos, Planeta, , 207 p. (ISBN 9789584238191)
- (es) Santos: Paradojas de la paz y del poder, Debate, (ISBN 9789585446366)
- (es) Para qué escribir, , 379 p. (9789585132030)
Notes et références
- (es) Pulzo et Pulzo.com, « Vicky Dávila dijo cómo es que, según ella, una colega le quiere quitar su puesto en Semana », sur pulzo.com (consulté le )
- (es) « MA. JIMENA DUZAN », El Tiemp, (lire en ligne)
- (en) « The Price of Peace: An Evening With María Jimena Duzán », sur Frontline Club (consulté le )
- (en) « Maria Jimena Duzan - IWMF », sur www.iwmf.org (consulté le )
- (es) Carolina Mantilla Cardenas, « Duzán habló de su ‘viaje al infierno’ en Santander », Vanguardia, (lire en ligne)
- ↑ (es) « Los columnistas deben ser periodistas | Quiero ser UNAB », (consulté le )
- (es) « María Jimena Duzán y siete periodistas más se unen a las renuncias en Semana », sur ELESPECTADOR.COM, (consulté le )
- (es) Seguir en, « María Jimena Duzán llega a la W Radio », sur infobae, (consulté le )
- ↑ (es) « María Jimena Duzán | CIMA », sur CMIA (consulté le )
- ↑ (es) Seguir en, « Ranking Spotify en Colombia: top 10 de los podcast más escuchados », sur infobae, (consulté le )
- ↑ https://cambiocolombia.com/columnista/maria-jimena-duzan
- ↑ (es) « María Jimena Duzán », sur Cambio, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Interview with Paul Ríos, Tom Woodhouse, María Jimena Duncán and Mariano Aguirre », sur Peace in Progress magazine (consulté le )
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