María Luz Nájera

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María Luz Nájera Julián (Madrid, 1956 - ) est une étudiante espagnole qui a été tuée par l'impact d'une bombe fumigène lancée par la police antiémeutes lors d'une manifestation pour protester contre l'assassinat, la veille, de l'étudiant Arturo Ruiz García par un militant d'extrême-droite. Quelques heures après sa mort, d'autres activistes d'extrême-droite armés ont tué par balles cinq personnes, au cours de ce qu'on a appelé le massacre d'Atocha[1].
Trajectoire
María Luz Nájera habitait dans le quartier de la Alameda de Osuna et était étudiante en troisième année de Sociologie à la Faculté de Sciences Politiques et Sociologie de l'Université Complutense de Madrid[2]. Elle n'était membre d'aucun parti politique[3].
Le , elle a participé aux manifestations qui ont eu lieu pour protester contre l'assassinat, la veille, d'Arturo Ruiz García, étudiant et militant de gauche, par un tueur armé d'extrême-droite. María Luz se trouvait sur la Gran Vía, vers midi, lorsqu'elle a reçu l'impact d'une grenade fumigène lancée à bout portant par un policier, d'après la note officielle du gouvernement civil de Madrid[4]. Elle a été recueillie et emmenée à la clinique de la Concepción, où elle a été admise à treize heures avec un traumatisme crânien et de multiples fractures de la voûte crânienne. Elle en est morte sans avoir pu être opérée parce qu'elle était dans le coma, d'après ce qu'a expliqué le chef clinique de l'Unité de soins intensifs[3]. Le jeune qui l'avait amenée à la clinique a été arrêté et remis en liberté quelques heures plus tard.
Le lendemain, à la morgue de la rue Santa Isabel, des cris de protestation contre la Police et le Gouvernement se sont fait entendre. Ensuite, le cercueil a été emporté au cimetière du village de Barajas. Au début du parcours, trois mille personnes l'ont accompagné à pied en chantant L'Internationale, avec une pancarte sur laquelle on pouvait lire: « Mari Luz, tes camarades de la faculté ne t'oublient pas »[5],[6].
L'association des habitants de la Alameda de Osuna, AFAO, a célébré les obsèques dans la paroisse du quartier et a appelé ensuite à une manifestation silencieuse, à laquelle la police a été expressément priée, par l'association, de ne pas participer. Personne n'a payé pour sa mort[7].
Reconnaissances
L'association d'habitants AFAO a demandé au Conseil Municipal de Barajas d'honorer la mémoire de Nájera en donnant son nom à un parc construit récemment, mais la demande a été rejetée. Le , la demande a été renouvelée et, le suivant, a été approuvée à l'unanimité de tous les partis politiques lors de la Session plénière de la Mairie de Madrid. Il a été décidé de nommer Jardins de Mari Luz Nájera une zone verte de l'arrondissement, qui a été inaugurée le [8].
En 2012, la Faculté de Sciences Politiques et Sociologie de l'Université Complutense a donné son nom à la salle de réunion.
L'assassinat de Mari Luz Nájera a été évoqué par Juan Antonio Bardem dans le long-métrage Sept jours de janvier, sur le massacre d'Atocha[9].
Chaque année, pour l'anniversaire de sa mort, un hommage est rendu à sa mémoire[10],[8],[6],[11].
Le , dans la salle du Palais de la Presse de Madrid, a été présentée la première du documentaire Las armas no borrarán tu sonrisa (Les armes n'effaceront pas ton sourire), réalisé par Adolfo Dufour[12]. L'initiative de ce film est à mettre au crédit de Manuel Ruiz, frère d'Arturo Ruiz, assassiné lors d'une manifestation à Madrid en 1977. Le film a été produit par le Collectif Les Oubliés de la Transition (COT) et Atrapasueños Cinema[13]. Le documentaire, dont l'objectif est de faire connaître quelques-uns des crimes qui ont eu lieu pendant la Transition et d'éviter que les victimes ne tombent dans l'oubli, témoigne de l'assassinat de Nájera[14],[15].
Bibliographie
- Gallego López, Manuel (2020). Los Abogados de Atocha. Los libros de la Catarata. (ISBN 9788490979099)
- Portomeñe Pérez, Carlos (2022). La matanza de Atocha y otros crímenes de Estado. Anatomía de la Transición. Atrapasueños Editorial. (ISBN 9788412605501)
Références
- ↑ « BBC Mundo | España: 1975-2005 », www.bbc.co.uk (consulté le )
- ↑ « María Luz Nájera Julián - Archivo Linz de la Transición española | Fundación Juan March », www.march.es (consulté le )
- « Una estudiante, víctima de la violencia - Archivo Linz de la Transición española | Fundación Juan March », www.march.es (consulté le )
- ↑ (es) El País, « María Luz Nájera murió alcanzada por un bote de humo antidisturbio », El País, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Jesus de las Heras, « Insultos y lágrimas en el entierro de María Luz Nájera », El País, (lire en ligne, consulté le )
- (es) « Transición sangrienta: 45 años del asesinato de María Luz Nájera Julián | NR | Periodismo alternativo », (consulté le )
- ↑ (es) LQSomos, « Transición sangrienta: 46 años del asesinato de María Luz Nájera Julián », LoQueSomos, (consulté le )
- Afao, « AFAO: HOMENAJE A MARILUZ NAJERA », AFAO, (consulté le )
- ↑ (es) Publicado por ACORAZADO CINÉFILO, « El Acorazado Cinéfilo - Le Cuirassé Cinéphile » (consulté le )
- ↑ 21voces, « ¡21 Voces!: HOMENAJE A MARI LUZ NÁJERA. », ¡21 Voces!, (consulté le )
- ↑ (es) César, « Aniversario de la Semana Negra de Madrid: Actos el 24 y 25 de enero », Tercera Información, (consulté le )
- ↑ (es) Guillermo Martínez, « Los olvidados de la Transición llevan su lucha a las pantallas », ctxt.es | Contexto y Acción (consulté le )
- ↑ (es) « “Las armas no borrarán tu sonrisa”: Un estremecedor viaje al pasado para iluminar la verdad oculta de la transición española - Diario Red », (consulté le )
- ↑ (es) Mundo Obrero Redacción, « «Las armas no borrarán tu sonrisa», el documental sobre Arturo Ruiz y los muertos olvidados de la Transición », Mundo Obrero (consulté le )
- ↑ (es) « 'Las armas no borrarán tu sonrisa': verdad y memoria para los asesinados olvidados en la Transición », Los Replicantes, (consulté le )
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