María Teresa Linares

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(à 100 ans) |
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Argeliers León (en) |
María Teresa Linares Savio dite Teté, née le à La Havane et morte le dans la même ville est une musicologue cubaine. Elle réalise avec son mari une vaste étude des musiques cubaines en montrant les parentés avec la musique espagnole et africaine. Son travail d'inventaire, de promotion et de sauvegarde est récompensé de nombreux prix.
Biographie
María Teresa Linares est née le à La Havane, à Cuba[1],[2]. Elle commence à chanter très jeune dans un chœur[3],[4]. Elle est diplômée en littérature et en langue hispanique, avec une spécialisation en études cubaines[1]. María Teresa Linares épouse le musicologue Argeliers León (es), avec qui elle mène de nombreuses recherches, lui du côté africain, elle du côté hispanique[5],[6]. María Teresa Linares fait partie de la Société de chorale de La Havane[7].
Elle travaille un temps à l'Institut d'ethnologie et de folklore de l'Académie cubaine des sciences. Au cours des années 1960, elle donne des séminaires au Grand Théâtre de La Havane et des cours au Conservatoire Alejandro García Caturla[6]. Elle enseigne également aux conservatoires de musique Alejandro García Caturla et Amadeo Roldán et en tant que professeure durant l'université d'été de La Havane, formant plusieurs générations de musicologues[1]. En 1974, elle est conseillère et productrice du label de musique EGREM (Empresa de Grabaciones y Ediciones Musicales (entreprise d'enregistrements et d'éditions musicales)[6]. Entre 1984 et 1997, elle est directrice du Musée national de la musique[8]. María Teresa Linares est également la fondatrice de l'Institut d'ethnologie et de folklore de l'Académie des sciences[1],[8].
Travaux
Les recherches de musicologie de María Teresa Linares portent sur l'ethnomusicologie[3]. Elle étudie la musique cubaine dont elle assure l'inventaire, l'étude, la promotion et la sauvegarde[9].
Avec son mari, elle mène des travaux de terrain entre 1948 et 1956 afin de recueillir des informations, des chansons et les compositions de guitare d'origine hispanique et africaine de Cuba[6]. Elle montre que des instruments comme le tambour viennent d'Afrique tandis que la guitare ou le luth viennent, eux, d'Espagne[10]. Elle analyse l'origine de certains sons, comme le « Point cubain »[11] et décrit certaines chansons attachées à la culture de l'île, notamment des zones rurales comme le guaracha[12],[13],[14],[15]. Elle assure la compilation des œuvres musicales d'artistes cubains tels que Benny Moré, Sindo Garay, le Matamoros Trio, María Teresa Vera, Ñico Saquito, Celina González et Bola de Nieve, entre autres[7].
Son travail de sauvetage et de popularisation des rythmes populaires cubains s'est fait avec la maison de disques et d'édition EGREM, à travers des productions telles que Old Afro-Cuban Songs, Hispanic-Cuban Songs et Traditional Cuban Songs[7]. Elle enregistre des vidéos et tourne des documentaires pour mieux conserver cet héritage[5]. Toujours avec EGREM, elle crée la première Anthologie de la musique afro-cubaine, une série de disques en neuf volumes[6]. Elle est responsable de l'écriture des paroles de deux d'entre eux : Old Afro-Cuban Songs, Volume I, et Oru de Igbodu, Volume II[6].
Elle fait la promotion de la musique traditionnelle cubaine, dans son propre pays mais aussi en Europe, en Afrique et en Amérique[1].
Engagement
Elle est présidente de la section de musicologie de l'Association des musiciens de l'Union des écrivains et artistes de Cuba (es) et vice-présidente de la Fondation Fernando Ortiz[1],[8].
Hommages et distinctions
En 1958, Linares remporte le prix María Teresa García Montes de Giberga pour son essai « L'influence espagnole dans la musique cubaine »[8]. En 1999, elle remporte le Prix national de recherche culturelle et, un an plus tard, le Prix international Fernando Ortiz[16]. En 2006, elle remporte le Prix national de musique[6].
Son travail de recherche sur la culture cubaine, est reconnu par d'autres distinctions telles que l'Ordre Frank País, l'Ordre Juan Marinello, l'Ordre Romárico Cordero, la Distinction pour la Culture Nationale, la Distinction Antero Regalado, la Médaille Alejo Carpentier et le Prix National de Recherche Culturelle pour l'ensemble de son œuvre[1].
Elle est titulaire de l'Ordre Félix Varela, la plus haute décoration décernée par le Conseil d'État de la République de Cuba[16].
Elle a reçu un doctorat honorifique en sciences de l'art de l’Institut supérieur d’art[17],[18].
Publications
María Teresa Linares écrit de nombreux textes scientifiques et compile plusieurs volumes de musiques. Plusieurs de ses textes sont cités comme des références dont[19] :
- (es) Ensayo sobre la influencia española en la música cubana [« Essai sur l'influence espagnole sur la musique cubaine »]
- (es) Introducción a Cuba: La música popular [« Introduction à Cuba : Musique populaire »], Instituto del Libro, Editorial Ciencias Sociales,
- (es) La Música y el pueblo [« La musique et le peuple »], Editorial Pueblo y Educación,
- (es) La Música entre Cuba y España: la ida y la vuelta [« Musique entre Cuba et l'Espagne : l'aller et le retour »], (ISBN 978-84-8048-255-4)
- (es) El punto cubano [« Le Point Cubain »], Editorial Oriente,
Notes et références
- « María Teresa Linares Savio | Academia de Ciencias de Cuba », www.academiaciencias.cu (consulté le )
- ↑ (es) Pedro de la Hoz, « Teté Linares, un ejemplo », sur Granma.cu, (consulté le )
- (es) Yaiza Santos, « Muere en La Habana a los 100 años la musicóloga María Teresa Linares », sur 14ymedio, (consulté le )
- ↑ (es) Redacción Cultural, « María Teresa en sus 90 • Trabajadores », sur Trabajadores, (consulté le )
- (es) CUBARTE, « Le centenaire de Maria Teresa Linares, une Cubaine savante », sur Portal Cubarte (consulté le )
- (es) « Falleció la destacada investigadora y musicóloga cubana María Teresa Linares », Cubadebate, (consulté le )
- (es) DDC, « Fallece la centenaria musicóloga cubana María Teresa Linares | DIARIO DE CUBA », diariodecuba.com, (consulté le )
- (es) « Falleció investigadora y musicóloga cubana María Teresa Linares », Escambray, (consulté le )
- ↑ (es) Tribuna, « Lamentan fallecimiento de la destacada musicóloga María Teresa Linares », sur www.tribuna.cu (consulté le )
- ↑ (es) Miguel Barnet, « María Teresa Linares en sus cien años de vida », sur Granma.cu, (consulté le )
- ↑ (es) Jaddiel Díaz Frene, « Música popular y nacionalismo en los campamentos insurgentes. Cuba (1895-1898) », Historia Crítica, no 57, , p. 19–36 (ISSN 0121-1617, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Alfred Melon, « Aspects de l'investissement identitaire dans la musique et le discours musicologique cubains », América. Cahiers du CRICCAL, vol. 1, no 1, , p. 171–183 (DOI 10.3406/ameri.1986.894, lire en ligne, consulté le )
- ↑ The SAGE international encyclopedia of music and culture, SAGE Publications, Inc, (ISBN 978-1-4833-1774-8), p. 685
- ↑ (en) Caribbean and Atlantic Diaspora Dance, (ISBN 9780252036538), p. 102
- ↑ Helio Orovio, Cuban Music from A to Z, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-8521-9), p. 207
- (es) María Teresa LinaresNombreMaría Teresa Linares SavioNacimiento14 de agosto de 1920La HabanaResidenciaCubaNacionalidadcubanaEducaciónDoctora en Ciencias del Arte, « María Teresa Linares - EcuRed », www.ecured.cu (consulté le )
- ↑ (es) « Maria Teresa Linares, 90 años de pasión y sabiduría, por la música cubana », Cubadebate, (consulté le )
- ↑ (es) Abel Fernández, « Fallece en La Habana la musicóloga cubana María Teresa Linares a sus 100 años », sur CiberCuba, (consulté le )
- ↑ Gilles Labarthe, Caroline Paerli et Helio Orovio, « La musique cubaine racontée à la première personne », Cahiers d’ethnomusicologie. Anciennement Cahiers de musiques traditionnelles, no 10, , p. 291–301 (ISSN 1662-372X, lire en ligne, consulté le )
Liens externes
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