Marcelin Cardinal

Marcelin Cardinal
Marcelin Cardinal à 80 ans.
Biographie
Naissance
Décès
(à 99 ans)
Montréal
Nationalité
Activité
Conjoint
Roseline Cardinal
Autres informations
Site web

Marcelin (parfois orthographié Marcellin) Cardinal ( - ) est un artiste canadien reconnu pour son œuvre de peintre abstrait, coloriste et figuratif[1],[2]. Sa carrière s'est étendue sur plus de sept décennies. Cardinal se distingue par son parcours atypique d'artiste autodidacte, ayant navigué entre les cercles modernistes du Sud de la France et l'École de New York au milieu du XXe siècle, avant de s'établir à Montréal[3].

Jeunesse et formation

Marcelin Cardinal naît le à Gravelbourg, en Saskatchewan[1]. Son père était entrepreneur en bâtiment dans l'Ouest canadien jusqu'à ce que la Grande Dépression interrompe les projets de construction publique. En 1931, la famille s'installe dans la nature sauvage de Makwa, en Saskatchewan, pour y mener une vie de pionniers[4].

En l'absence d'école locale, Cardinal passe sa prime adolescence à explorer la ferme familiale avec son chien - une expérience qui influencera profondément sa pratique artistique future[5]. En 1938, après seulement deux années de secondaire, il quitte le foyer pour enchaîner divers petits boulots[6].

Service militaire

Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Marcelin Cardinal s'enrôle dans l'armée canadienne, où il sert de 1941 à 1944[7]. Malgré une scolarité limitée, ses résultats aux tests d'intelligence militaire lui valent le grade de capitaine. Il sert ensuite comme commando et est détaché auprès de l'Armée britannique en tant qu'instructeur[4],[6].

Débuts artistiques

Son intérêt pour l'art naît d'une visite au Musée des Beaux-Arts de Montréal en 1941, une expérience qu'il qualifie de transformationnelle[7]. Il décide alors de consacrer sa vie à l'art après la guerre. Entièrement autodidacte, il présente sa première exposition solo à Montréal en 1947[6],[8].

Carrière

France et New York (1950–1970)

En 1950, Cardinal s'installe en Europe, dans le village de Le Cannet sur la Côte d’Azur[7]. Il y côtoie les figures de proue de l'art moderne[4]. Un tournant décisif survient lors d'une séance de plongée en Méditerranée : l'observation de la transformation de l'espace par l'eau et la lumière scelle son intérêt pour la qualité « vivante » de la lumière et de la texture[4],[5].

Dès le milieu des années 1950, Cardinal établit une seconde base d'opérations à New York. Il fréquente la Cedar Tavern, célèbre lieu de rassemblement des artistes de l'École de New York, ce qui affine sa perspective sur le mouvement abstrait[6],[7].

À partir de 1951, Cardinal vit exclusivement de la vente de ses œuvres. Il instaure une routine professionnelle singulière : il peint généralement au Cannet et traverse l'Atlantique par paquebot vers New York pour y vendre son travail. Il effectuera environ trente traversées transatlantiques durant cette période de vingt ans[4],[6].

Retour au Canada

En 1970, Marcelin et son épouse Roseline Cardinal s'installent à Montréal, au Québec[7]. Il y reste un artiste prolifique pendant près de cinquante ans. Bien qu'il continue de produire une œuvre conséquente en privé, sa dernière exposition en galerie commerciale de son vivant a lieu à la Galerie Frédéric Palardy à Montréal en 1990[4],[8].

Atelier

De 1974 à 2015, Cardinal travaille dans un atelier unique au 4897 chemin Queen-Mary à Montréal. Cet espace de travail était un ancien garage de 75 m2 situé au rez-de-chaussée de son immeuble[9].

Style et technique

Dans un portrait publié par Vie des Arts en 1972, il se définit comme un peintre libre et nomade, soulignant son désir de rester affranchi des contingences sociales[5]. Une critique de Vie des Arts en 1981 note une évolution stylistique : si ses premières œuvres privilégiaient les « couleurs pures en aplats », ses toiles tardives utilisent des « tons plus sourds, plus graves » invitant à la contemplation[7].

  • Supports : Avant 1970, il travaille principalement à l'huile. À son retour à Montréal, il adopte l'acrylique[5].
  • Technique : Il mélangeait toujours ses propres couleurs. Dans ses dernières années, il emploie une technique de superposition proche du palimpseste, créant un sentiment de profondeur et de continuité[7].

Vie privée

En 1962, à Cannes, Marcelin Cardinal rencontre Roseline Bernaud. Ils se marient à New York en 1965 et resteront inséparables pendant plus de 50 ans[6]. Marcelin Cardinal s'éteint à Montréal le , à l'âge de 99 ans[4]. Son épouse, Roseline, est décédée le [4].

Sélection d'expositions

  • 1947 : La Maisonnette, Montréal (Première exposition)[8]
  • 1958 : Matthiesen Gallery, Londres
  • 1961 : Feingarten Galleries, New York
  • 1954 : Galerie 65, Cannes, France – avec Lurçat, Miro, Picasso et d'autres.
  • 1971-1972 : L’Art dans la rue (esquisses des projets, étés 1976 et 1977)[10]′[11]
  • 1975 : Galerie Gilles Corbeil, Montréal
  • 1978 : Tendances actuelles au Québec, Musée d'art contemporain de Montréal[12]
  • 1990 : Galerie Frédéric Palardy, Montréal[13]

Collections et œuvre publiques

Murales (1986) - Marcelin Cardinal, Charles Lemay, Lauréat Marois et Normand Moffat - Station Saint-Michel, métro de Montréal

Ses œuvres font partie de nombreuses collections privées[14] et publiques, notamment[8] :

Références

  1. (en) Patrimoine canadien Gouvernement du Canada, « Artistes au Canada », sur app.pch.gc.ca, (consulté le )
  2. ↑ (en) « Cardinal (a.k.a. Marcel Cardinal) » Accès payant, sur canadianwhoswho.ca (consulté le )
  3. ↑ « Cardinal, Marcellin | Dictionnaire des artistes de l'objet d'art au Québec », sur artistesduquebec.ca (consulté le )
  4. (en) Christopher Lucarotti, « About | Marcelin Cardinal Fine Art Paintings » Accès libre, sur Marcelin Cardinal Art (consulté le )
  5. Christian Allègre, « 'Marcelin Cardinal', Vie des Arts, Numéro 66, printemps 1972 » Accès libre, sur Érudit (édition), (consulté le )
  6. (en-CA) Christopher Lucarotti et Roseline Cardinal, « Northern Saskatchewan space and Mediterranean light both influenced artist Marcelin Cardinal », The Globe and Mail,‎ (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  7. Germain Lefebvre, « Marcellin Cardinal : temps, espace et continuité – Vie des arts » Accès libre, sur Érudit (édition), (consulté le )
  8. (en) Christopher Lucarotti, « Exhibitions », sur Marcelincardinal Ca (consulté le )
  9. ↑ (en) Christopher Lucarotti, « Marcelin’s Studio », sur Marcelincardinal Ca, (consulté le )
  10. ↑ « Découvrez l’événement « L’Art dans la rue (esquisses des projets, étés 1976 et 1977) », 1977 », sur MACrépertoire (consulté le )
  11. ↑ Léo Rosshandler, « Du musée...à l'art dans la rue », La Presse (Montréal), vol. D. Arts et lettres,‎ , p. 19 (lire en ligne)
  12. ↑ « Découvrez l’événement « Tendances actuelles au Québec : la gravure et la peinture », 1978 », sur MACrépertoire (consulté le )
  13. ↑ « Record Cardinal : [21 mars - 18 avril 1990, Galerie Frédéric Palardy] | Collections Search Center, Smithsonian Institution », sur collections.si.edu (consulté le )
  14. ↑ « André Robert, l'expert de la télé », Télé-radiomonde (numerique.banq.qc.ca),‎ , p. 15 (lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ (en) « Search results for: marcelin cardinal, page 1 | Collections Search Center, Smithsonian Institution », sur collections.si.edu (consulté le )
  16. ↑ « Sirocco », sur Musée national des beaux-arts du Québec - MNBAQ (consulté le )
  17. ↑ « Découvrez l’artiste Marcelin Cardinal », sur MACrépertoire (consulté le )
  18. ↑ « Cape Breton University: Object: Auche [2000.19] », sur www.cbuagcollection.ca (consulté le )
  19. ↑ « Saint-Michel (Marcelin Cardinal, Charles Lemay, Lauréat Marois et Normand Moffat) », sur Société de transport de Montréal (consulté le )
  20. ↑ Guy Pinard, « Le métro, c'est aussi une immense galerie d'art », La Presse (Montréal), 8 octobre 1991, Cahier A | BAnQ Numérique,‎ , p. 7 (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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