Margaret Crane
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Margaret M. Crane (Meg Crane), née en 1941[1], est une inventeuse et graphiste américaine. Elle a créé le premier test de grossesse utilisable à domicile en 1967 alors qu'elle travaille chez Organon BioSciences à West Orange, dans le New Jersey[2]. Elle est l'inventrice mentionnée dans les brevets américains 3 579 306 et 215 7774[3]. Le test de grossesse à domicile n'est commercialisé qu'en 1977, à l'exception d'un test de marché au Canada en 1972[2]. Il y avait en effet une résistance à la commercialisation des tests de grossesses utilisables directement par les femmes, sans passer par un médecin.
Margaret Crane est également jurée lors du procès de Martha Stewart en 2004 qui a menti aux enquêteurs fédéraux lors d'une enquête pour délit d'initié[4].
Biographie
Margaret Crane est embauchée par Organon BioSciences en 1967 pour travailler sur une nouvelle ligne de cosmétiques. Un jour, alors qu'elle visite le laboratoire, elle remarque de nombreux tubes à essai. Curieuse elle demande à quoi ils servent, et apprend qu'il s'agit de tests de grossesse. Chaque tube à essai contient des réactifs qui, mélangés à l'urine d'une femme enceinte, signalent une grossesse en affichant un anneau rouge au fond du tube[5]. Crane commence à réfléchir à la création d'un test de grossesse à domicile après avoir réalisé la simplicité de la lecture du résultat. Elle pense que le protocole et la lecture des résultats sont assez simple pour permettres aux femmes de faire elles-mêmes le test à domicile et connaitre le résultat plus rapidement[6]. Crane n'a pas de formation scientifique, mais elle est persuadée que le test doit pouvoir se faire à domicile en privé. Elle créé un premier prototype, semblable aux tests qu'elle a observés au laboratoire. Le modèle de Crane est vendu dans tout le pays en 1977. Crane et sa partenaire Ira Sturtevant ont ensuite monté une société de publicité et de design appelée Ponzi & Weill[7].
Invention
Crane se rend chez elle à New York pour commencer à travailler sur le prototype. Elle combine un porte-trombones, un tube à essai, un miroir et un compte-gouttes[5] pour l'assembler et présente son invention à Organon, qui rejette l'idée dans un premier temps, mais dépose des brevets à son nom en 1969[8]. Lorsque Crane présente son idée, elle rencontre une forte opposition, car le laboratoire craint de perdre des parts de marché si les femmes commencent à effectuer ces tests à domicile[9]. Organon décide finalement de tester le produit et le design de Margaret Crane est retenu pour sa sobriété.
Margaret Crane a alors 27 ans et gagne 150 dollars par semaine. La société Organon se charge de déposer les brevets, car la procédure est trop onéreuse pour elle. Lors de la signature, confrontée aux avocats de la société, elle est obligée de céder les droits pour un dollar, que la société ne lui paie pas[10].
Organon engage une agence de publicité new-yorkaise pour assurer le marketing, et Ira Sturtevant est chargé de la gestion du compte. Il s'intéresse au prototype de Margret Crane, impressionné par l'élégance du kit de grossesse à domicile. Organon choisit le Canada pour le premier test sur le marché, et Crane et Sturtevant sont choisis pour diriger le projet. Ils deviennent associés pendant plus de 40 ans, jusqu'au décès de Crane en 2008. Après leur premier succès avec le test de grossesse ils créent leur propre société de marketing, Ponzi and Weill[7].
Ce partenariat publicitaire joue un rôle important dans la promotion du test de grossesse. La première publicité pour le test clame « Chaque femme a le droit de savoir si elle est enceinte ou non » avec un test qu'elles « peuvent faire elles-mêmes à la maison en quelques minutes »[11]. C'est aussi la motivation principale de Margaret Crane pour proposer ce test à effectuer soi-même. Avant son invention, les femmes devaient consulter un médecin et faire analyser leur urine en laboratoire pour savoir si elles étaient enceintes. Elles devaient attendre des semaines pour obtenir les résultats. Dans les années 1960, les tests de grossesse sont réalisés en laboratoire en surveillant les taux d'une hormone appelée gonadotrophine chorionique humaine (hCG) dans les urines[11]. Les femmes sécrètent des taux élevés d'hCG pendant la grossesse, ce qui permet de la détecter. En raison des règles d'accréditation de la Food and Drug Administration (FDA), le prototype n'est approuvé aux États-Unis qu'en 1976. Le test de grossesse de Crane arrive sur le marché en 1977, soit dix ans après sa première proposition. Il est commercialisé sous le nom de « The Predictor »[12].
Bien que le nom de Crane figure sur les brevets, Organon commercialise le produit sous licence via trois laboratoires pharmaceutiques sans ordonnance et Crane ne reçoit aucune compensation financière. Elle a cédé ses droits pour un dollar. Elle est pourtant reconnaissante d'avoir rencontré son futur associé au cours du processus. En 2012, le New York Times publie un article de Jens Mortensen intitulé Qui l'a fabriqué ?[13]. Crane lit l'article portant sur l'histoire des tests de grossesse. Son nom n'est pas mentionné dans l'article. Elle hésite à se manifester, car l'article traite de la version moderne du test de grossesse, qu'elle n'a pas créée. Elle envoie tout de même un courriel à l'auteur de l'article[14] et reçoit enfin la reconnaissance qu'elle mérite pour son prototype qui a simplifié la vie de nombreuses femmes[11].
Postérité
Un prototype du Predictor et une version produit emballée de 1970 ont été acquis par le Musée national d'histoire américaine du Smithsonian en 2015[11],[15].
Références
- ↑ (en) Nwofor, « Margaret M. Crane – How One Idea Impacted Women around The World », Frontiers, (consulté le )
- « Could Women Be Trusted With Their Own Pregnancy Tests? », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ « Patent US3579306 Diagnostic test device », Google Patents, USPTO and Google (consulté le )
- ↑ (en) Kara Scannell, « In Stewart Case, Reluctant Jurors Found Guilt After Skimpy Defense », The Wall Street Journal, (lire en ligne)
- (en-US) Pagan Kennedy, « Opinion | Could Women Be Trusted With Their Own Pregnancy Tests? », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) Valérie Lannoy, « La longue histoire des tests de grossesse : de l’Égypte antique à Margaret Crane, l’inventrice du test à domicile », sur The Conversation, (consulté le )
- (en-US) « Packaging in the news: Meg Crane's Pregnancy Test | BEACH », sur beachpackagingdesign.com (consulté le )
- ↑ (en) « Why the Home Pregnancy Test Was Revolutionary », The Atlantic,
- ↑ (en-US) Faircloth, « The First At-Home Pregnancy Tests Faced a Big Hurdle: Execs and Regulators Didn't Trust Women », Pictorial, (consulté le )
- ↑ Morgane Pellennec, « Margaret Crane, inventrice du premier test de grossesse « maison » », sur La Gazette des femmes, (consulté le )
- (en) Catlin, « The Unknown Designer of the First Home Pregnancy Test Is Finally Getting Her Due », Smithsonian (consulté le )
- ↑ (en) « Antibodies are a girl's best friend », sur Musée national d'histoire américaine, (consulté le )
- ↑ (en) Jens Mortense, « Who Made That Home Pregnancy Test? (Published 2012) », The New York Times, (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ (en-US) « In Conversation With: Margaret Crane », Women Across Frontiers Magazine, (consulté le )
- ↑ « Record Predictor Pregnancy Test | Collections Search Center, Smithsonian Institution », collections.si.edu (consulté le )
Liens externes
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