Margaret Fulton

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| Décès |
(à 94 ans) Hautes Terres du sud |
| Sépulture |
Inconnu |
| Nationalités | |
| Activités |
Cuisinière, animatrice de télévision, journaliste, écrivaine, celebrity chef |
| Distinctions |
|---|
The Margaret Fulton Cookbook (d) |
Margaret Isobel Fulton [ˈmɑː.ɡəɹ.ət ˈɪz.ə.bel ˈfʊl.tən][1], née le à Nairn (en Écosse) et morte le est une cuisinière, une journaliste culinaire et une autrice de livres de cuisine australienne d'origine écossaise. Pionnière dans ce domaine, elle exerce une grand influence sur la manière de cuisiner et de recevoir en Australie. Le livre de cuisine de Margaret Fulton (en), vendu à plus de 600 000 exemplaires est dans de très nombreux foyers australiens. Elle ouvre le pays à la cuisine internationale et est en partie à l'origine de l'introduction des cocottes-minute en Australie. Son travail est récompensé de nombreux prix et distinctions.
Biographie
Margaret Fulton naît à Nairn, dans les Highlands écossaises, le dans une famille de six enfants[2],[3]. À l'âge de trois ans, ses parents émigrent en Australie et s'installent à Glen Innes, en Nouvelle-Galles du Sud[2]. Sa mère la forme à la cuisine et au choix minutieux des ingrédients afin qu'elle puisse l'aider à préparer les plats pour toute la famille[4]. Dans sa jeunesse, elle est cheffe scout des Girl Guides d'Australie (en) et c'est pendant cette période qu'elle apprend à cuisiner avec un feu de camp[4]. Elle souhaite devenir professeure de piano mais un choc aux doigts l'empêche de poursuivre dans cette voie[2]. En 1943, Margaret Fulton obtient une bourse et part étudier la nutrition à l'université de Sydney[2].
Premiers métiers
En cette période de guerre, Margaret Fulton travaille d'abord dans une usine de munitions[2]. Sa rencontre avec Olwen Francis, rédactrice en chef de la rubrique cuisine de The Australian Women's Weekly (en) change sa vie : cette dernière lui prédit l'importance future de la cuisine après la guerre[2]. Elle est engagée comme professeure de cuisine, proposant des cours aux personnes aveugles, ce qui pour elle a eu une influence majeure sur sa capacité à écrire des recettes claires et précises[2]. Elle est ensuite promue directrice des ventes de l'entreprise Overseas Corporation[2]. A ce titre elle est « en partie à l'origine de l'introduction de la cocotte-minute en Australie »[3].
En 1954, Margaret Fulton, alors conseillère en économie domestique pour une grande entreprise céréalière, donne une conférence sur la cuisine avec des céréales prêtes à consommer[5]. Elle explique à l'auditoire qu'avec un nombre croissant de femmes actives, la rapidité et la facilité de préparation des repas sont devenues essentielles. Elle poursuivit : « nombre de femmes n'ont aucune formation en cuisine, et les aliments emballés et prêts à consommer, comme les céréales, les préparations pour gâteaux, pâtisseries et biscuits, les conserves et les surgelés, leur facilitent la vie. »[5]. Une sélection de muffins chauds au son est distribuée, et Margaret Fulton précise : « ils sont rapides et faciles à préparer ainsi que très économiques. »[5]. Pour pouvoir parler au mieux de cuisine, elle prend des cours East Sydney Technical College[2].
Succès médiatique

Margaret Fulton est embauchée au magazine Woman's Day, ce qui lui permet de voyager et de découvrir de nouvelles cuisines[4]. Elle encourage les Australiens à s'ouvrir aux influences internationales, notamment espagnole, italienne, indienne et chinoise.
En 1956, pendant quatre jours, elle donne des démonstrations de cuisine française[6]. Chaque jour est organisé un repas avec une « hôtesse française bien connue, résidant à Sydney » qui « planifiait un menu, fournissait les recettes, aidait à la cuisine et dressait la table »[6].
Margaret Fulton commence à apparaître dans des publicités à la fin des années 1950. En , elle fait la promotion de produit d'entretiens depuis sa « cuisine bien équipée de Sydney »[4]. Plus tard dans l'année, les lectrices du The Australian Women's Weekly (en), le mensuel le plus lu d'Australie à cette époque, découvrent dans une publicité en couleur pleine page, que « Margaret Fulton, experte en économie domestique », est convaincue de la fiabilité du ruban adhésif Sellotape (en). Cette publicité offre également des conseils pratiques de Fulton sur l'utilisation du produit, comme sceller les sacs en plastique « pour la congélation » et lier les poignées de casseroles[7]. En 1959, Fulton confie à ses lectrices qu'elle utilise du ruban adhésif Sellotape « chaque semaine pour coller mes centaines de recettes découpées dans des livres de référence »[8].
Suite à la popularité de la série télévisée dramatique de la BBC de la fin des années 1970 , The Duchess of Duke Street (en) dont le personnage principal est une cuisinière et se déroulant à Londres entre 1900 et 1925, Margaret Fulton donne une émission de cuisine télévisée en prime time composée d'épisodes de cinq minutes basés sur des recettes de l'époque[4].
En 1979, sa passion pour la cuisine chinoise l’amène à organiser un voyage gastronomique de 23 jours, qui doit inclure les « meilleurs restaurants » de Guangzhou, Shanghai, Jinan, Qingdao, Kunming et Pékin[9]. Margaret Fulton précise que le voyage comprend également la visite de « sites historiques, de communes, d'universités, d'usines et d'instituts d'artisanat »[9].
Durant toute sa carrière longue de 60 ans, elle parvient à maîtriser son image médiatique[10]. Par la suite, elle participe comme juré à l'émission MasterChef[2].
Succès littéraire
Bien qu'elle ait fait plusieurs émissions pour la télévision, Margaret Fulton s'est principalement concentrée sur l'écriture, car elle estimait que c'était ce dans quoi elle excellait[11]. En 1968 paraît Le livre de cuisine de Margaret Fulton (en), publié par Paul Hamlyn : ces livres bons marchés et bien illustrés connaissent un succès immédiat, notamment dans un contexte où ce type de livre est encore rare[4]. En 1978, le livre s'était vendu à plus de 600 000 exemplaires[12]. Plusieurs tomes suivent pour un total de 4 millions d'exemplaires[4]. Ses contributions régulières se poursuivirent tout au long de la décennie, avec notamment un guide de recettes en couleurs sur la cuisine italienne, que le magazine Woman's Day qualifie de « notre plus passionnant… à ce jour ! »[4]. Grâce à son image de personne fiable et créative, elle gagne rapidement en renommée pour devenir une célébrité des ouvrages de cuisine australiens[13].
Margaret Fulton est l’une des écrivaines qui « ont commencé à faire découvrir les recettes chinoises à l’Australie de Menzies » (en référence à l’époque où Robert Menzies était Premier ministre, de 1949 à 1966) ; les quelques restaurants du quartier chinois étaient perçus comme une alternative bienvenue à la cuisine spartiate de l’époque[14]. L’engagement de Margaret Fulton dans la promotion de la cuisine chinoise a été reconnu comme un facteur contribuant au développement du quartier chinois de Sydney (en), où « peu de non-Chinois » s’aventuraient « avant les années 1950 »[14]. Ses livres expliquent comment se servir de baguettes ou enrouler les spaghettis autour d'une fourchette[10].
Elle est revenue au thème italien avec la publication de son Italian Cookbook en 1973[15]. Le Canberra Times déclare que les recettes étaient « simples, éprouvées… et, le cas échéant, adaptées aux goûts locaux » ; cependant, Fulton aurait pu « donner plus d’authenticité à l’ouvrage en se rendant en Italie et en goûtant les plats sur place »[15]. L’autrice conseille aux cuisiniers de « rechercher les ingrédients de spécialité dans une bonne épicerie fine ou au rayon gourmet des grands magasins. Utilisez uniquement de l’huile d’olive italienne de la meilleure qualité et, si vous utilisez du fromage à râper comme le parmesan ou le romano, achetez-le en morceaux et râpez-le au fur et à mesure de vos besoins. »[15].
Interviewée en 1975, Margaret Fulton propose des recettes italiennes et chinoises à ses lecteurs. Parmi ses conseils aux « jeunes qui s'installent pour la première fois », elle recommande d'« acheter quelques bonnes casseroles et, si possible, d'investir dans une cocotte en fonte… elles durent toute une vie et sont aujourd'hui si jolies qu'on peut les utiliser à table »[4].
Elle écrit, comme ses héroïnes Elizabeth Craig (en) ou Elizabeth David, jusqu'à un âge avancé[4].
Apport à la cuisine australienne
Les premières recettes de Margaret Fulton incitent les Australiens à revisiter leur plat traditionnel « viande et trois légumes » et à faire preuve de créativité culinaire. Dans un contexte de mondialisation, il devient plus facile de se procurer des ingrédients mais aussi des recettes auprès de personnes immigrées[2]. En tant que rédactrice culinaire du magazine Woman's Day, elle contribue à populariser ces saveurs dans les foyers australiens grâce à ses articles[2].
En , Margaret Fulton est nommée à une commission du gouvernement fédéral sur les normes de consommation, créée pour « atteindre le plus grand nombre de groupes possible » et « identifier les domaines où une action » sur les normes était « la plus urgente ».
Margaret Fulton s'est déclarée contre les OGM, rédigeant un guide avec Greenpeace sur le sujet et enthousiaste sur le mouvement de la slow food. Elle veut montrer que la cuisine peut être quelque chose d'amusant, pas forcément avec des saveurs complexes ni avec des agrégats de petites touches de goûts[3].
Influence
Margaret Fulton reçoit la Médaille de l'Ordre d'Australie lors des distinctions honorifiques de l'anniversaire de la Reine en 1983 « En reconnaissance de ses services rendus aux médias en tant que journaliste et d'écrivaine dans le domaine de la cuisine »[16].
En 1998, Margaret Fulton est inscrite sur la liste des 100 trésors vivants australiens par le National Trust of Australia[4].
En 2006, le journal The Bulletin classe Margaret Fulton parmi les « 100 Australiens les plus influents »[4]. Dans la citation, ils la décrivaient comme celle qui « a transformé les habitudes alimentaires des Australiens à la maison ». Elle est, écrivaient-ils, « la première déesse culinaire australienne. Aucun auteur culinaire depuis n'a pu revendiquer une influence aussi considérable… Fulton a fait de nous des fins gourmets. »[4].
En 2014, Margaret Fulton figure sur un timbre-poste australien dans le cadre des « Australia Post Legends Awards »[2]. Les chefs cuisiniers Neil Perry (en), Kylie Kwong, Stephanie Alexander (en) et Maggie Beer (en) figurent également dans la même série de timbres[4].
Margaret Fulton meurt le à l'âge de 94 ans[17]. Le , le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud annonce qu'une cérémonie commémorative d'État a été proposée à la famille de Fulton, proposition qu'elle a acceptée[4].
Famille
Margaret Fulton a une fille et deux petites-filles qui ont toutes fait carrière dans le domaine de la cuisine[4]. Elles sont connues pour leurs livres sur l'héritage que leur a transmis leur aïeule[4].
Distinctions
- 1983 – Médaille de l'Ordre d'Australie[4]
- 1986 – Diplôme d'honneur du Comité Interprofessionnel du vin de Champagne[4]
Bibliographie
Fulton a écrit de nombreux livres, dont :
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Margaret Fulton » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la norme API.
- (en) Cairncross, « Margaret Fulton was Australia's 'first domestic goddess' », The Sydney Morning Herald, (consulté le )
- « The fire in Fulton's belly », The Age, (lire en ligne, consulté le )
- (en) Martin, « Girl Guides celebrate centenary », The Sydney Morning Herald, (consulté le )
- « Cereals Make Cooking Economical And Easy. », The West Australian, Perth, , p. 14 (lire en ligne, consulté le )
- (en) « Food with a French accent. », The Australian Women's Weekly, , p. 66 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Sellotape is so dependable », The Australian Women's Weekly, , p. 48 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Sellotape brand », The Canberra Times, , p. 7 (lire en ligne, consulté le )
- « Margaret Fulton to lead tour. », The Canberra Times, , p. 8 (lire en ligne, consulté le )
- (en) Donna Lee Brien, « Vale Margaret Fulton: a role model for generations of Australian food writers », sur The Conversation, (consulté le )
- ↑ « Margaret Fulton – Interview », Australian Biography, National Film and Sound Archive (consulté le )
- Maurice Dunlevy, « The difference between books and merchandise », The Canberra Times, , p. 14 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Recettes d’ailleurs. La pavlova, australienne ou néo-zélandaise ? », sur Courrier international, (consulté le )
- Tony Sarno, « The lords of Chinatown », The Canberra Times, , p. 50 (lire en ligne, consulté le )
- Edna Boling, « Life Style The Home Cooking the Italian way », The Canberra Times, , p. 18 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Australian Honours Search Facility », sur honours.pmc.gov.au (consulté le )
- Calla Wahlquist, « Open thread: what did Margaret Fulton teach you about cooking? », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
Annexes
Voir aussi
Liens externes
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Alimentation et gastronomie
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