Margaret Michaelis

Margaret Michaelis-Sachs
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Biographie
Naissance
Décès
(à 83 ans)
Melbourne
Nationalité
Activité

Margaret (Margarethe) Michaelis, née le à Dzieditz en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Pologne) et morte le en Australie, est une photographe austro-australienne d'origine juive.

Biographie

Vie en Europe

Les parents de Margarethe Michaelis sont juifs. Sa mère est Fanni, née Robinsohn, et son père, Heinrich Gross[1] est dentiste[2]. Elle étudie de 1918 à 1921[1] au Höhere Graphische Bundes-Lehr- und Versuchsanstalt (en) (institut des arts graphiques et de recherche) à Vienne. Elle passe par le studio d'Ora avant d'intégrer pour cinq années le Grete Kolliner (it) Atelier Für Porträt Photographie. Elle travaille ensuite à Berlin pour Binder Photographie puis à Prague pour le studio Fotostyle. En 1929, elle est de retour à Berlin où elle travaille pour l'Atelier K. Schenker, le Suse Byk (en) Atelier Für Photographische Porträts et Photos Winterfeld[1].

Elle se marie le avec Rudolf Michaelis, restaurateur en archéologie et anarcho-syndicaliste. Après la prise de pouvoir par Hitler, Margaret et son époux Rudolf sont tous deux arrêtés et Rudolf brièvement emprisonné[1]. Tous deux juifs et sympathisants de gauche, ils décident de quitter Berlin pour Barcelone en Espagne[2]. Margaret Michaelis et son époux se séparent en 1934 et divorcent en 1937. En Espagne, elle travaille alors comme photographe pour un groupe d'architectes progressistes[1]. Elle photographie les gens vivant dans les taudis, documentant leurs conditions d'existence. Elle utilise les techniques de la New Photography, telles que les prises de vue extérieures, en lumière naturelle et en plongée ou en contre-plongée[2]. Après le déclenchement de la Guerre d'Espagne, elle travaille pour les publications du Commissariat à la propagande de la Généralité de Catalogne, dont la revue internationale Nova Ibèria (en)[1].

Après la guerre d'Espagne, elle s'installe à Paris. Elle photographie le ghetto de Cracovie, lors d'une visite à ses parents en 1937, témoignant, comme le fit Roman Vishniac, d'un monde disparu sous les nazis. Elle obtient ensuite un visa, en , pour travailler en Grande-Bretagne, avant d'émigrer en Australie, où elle arrive le , à la veille de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale[2].

Vie en Australie

Un an après son arrivée, elle ouvre un studio de photographie à Sydney. À cette époque, d'autres photographes venus d'Europe se sont installés en Australie : Wolfgang Sievers (en), Henry Talbot (en), Helmut Newton. Elle se fait une clientèle au sein de la communauté des Européens et des Juifs entre autres. Parmi ses clients, le peintre Weaver Hawkins (en), le sculpteur Lyndon Dadswell (en), ou l'écrivaine Cynthia Reed (en). Elle réalise aussi des photographies de danse, en particulier pour la Bodenwieser Modern Dance Company. Elle est en Australie principalement une photographe de studio, contrairement à son activité en Europe, essentiellement tournée vers la photographie en extérieur[2]. Elle est membre de plusieurs associations professionnelles, et la seule femme membre de l'Institute of Photographic Illustrators. Elle obtient la nationalité australienne en 1945[1].

En 1947, elle obtient une médaille de bronze lors de l'exposition Australian Photography, rare reconnaissance obtenue de son vivant. Son œuvre photographique réalisée en Europe est par ailleurs largement méconnue en Australie avant sa mort[2].

À cause de problèmes de vue, elle ferme son studio en 1952. Elle est secrétaire de Richard Hauser (de) et de Hephzibah Menuhin pendant deux ans. En 1960 elle se marie avec Albert Sachs[1]. Elle pratique le dessin et la peinture, résidant alors à Melbourne. Parmi ses centres d'intérêts figurent aussi la psychologie jungienne et le bouddhisme. Elle est l'une des premières femmes membres du Women's Art Register (en), consacré à la pratique artistique féminine[2].

Son œuvre photographique est léguée à l'Australian National Gallery[2].

Postérité

Caisse d'archives photographiques de Kati Horna et Margaret Michaelis, conservée à Amsterdam.

Ses photographies prises pendant la guerre d'Espagne sont longtemps restées oubliées, avant leur redécouverte dans les années 2010. Elles faisaient partie, avec les photographies de Kati Horna, autre photographe juive, d'un lot d'archives de la Confédération nationale du travail et de la Fédération anarchiste ibérique conservées à Amsterdam par l'Institut international d'histoire sociale[3],[4].

Expositions

  • 1981 : Australian Women Photographers 1840-1960.
  • 1987 : Musée juif d'Australie (en) / 1988-1989 : National Gallery of Australia, Margaret Michaelis.
  • 2022-2023 : Las cajas de Ámsterdam: Kati Horna y Margaret Michaelis en la Guerra Civil, Institut international d'histoire sociale.
  • 2025 : National Gallery of Australia, Margaret Michaelis. Love, loss and photography.

Références

  1. (en) Helen Ennis, « Margarethe (Margaret) Michaelis (1902–1985) », Australian Dictionary of Biography, vol. 18,‎ (lire en ligne).
  2. (en) Helen Ennis, « Margaret Michaelis », sur National Gallery of Australia.
  3. (en) « The Amsterdam boxes: Photographers Kati Horna and Margaret Michaelis in the Spanish Civil War », sur International Institute of Social History, .
  4. (en) Guy Lane, « Lost photos from Spanish civil war reveal daily life behind anti-fascist lines », sur The Guardian, .

Bibliographie

  • B. Hall and J. Mather, Australian Women Photographers 1840-1960, 1986.
  • Helen Ennis, « Michaelis-Sachs, Margaret », in J. Kerr (éd.), Heritage, 1995.
  • Helen Ennis, « Blue Hydrangeas », in R. Butler (éd.), The Europeans, 1997.
  • Margaret Michaelis: fotografía, vanguardia y política en la Barcelona de la República, IVAM, - , Valence, Barcelona, Centre de cultura contemporània de Barcelona, 1998. 175 p. (ISBN 84-482-1926-0).
  • Helen Ennis, Margaret Michaelis, 2005.
  • (en) Anne Maxwell et Lucy Van, « Modernist Photography and Women’s Social Networks: The Case of Olive Cotton and Margaret Michaelis », History of Photography, vol. 41,‎ , p. 241-261.

Liens externes

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