Marianne Ebel

Marianne Ebel
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Fonctions
Députée au Grand Conseil du canton de Neuchâtel (2001-2011)
Biographie
Naissance
Nationalité
Suisse
Domicile
Neuchâtel
Formation
Activité
Enseignante, philosophe, politicienne, féministe, militante, syndicaliste
Période d'activité
1970-
Autres informations
A travaillé pour
État de Neuchâtel
Parti politique
Membre de
Œuvres principales
Langages xénophobes et consensus national en Suisse (1960-1980)

Marianne Ebel, née le dans l'Emmental (originaire de Bienne), est une personnalité politique suisse du canton de Neuchâtel, affiliée au parti politique solidaritéS. Elle est également connue pour ses actions féministes et syndicalistes.

Elle siège au Grand Conseil du canton de Neuchâtel de 2001 à 2011.

Biographie

Enfance, études et famille

Marianne Ebel naît le [1] dans un village de l'Emmental[2], dans le canton de Berne, en Suisse. Originaire de Bienne[3], elle grandit à Moutier[4], tous deux dans le même canton à l'époque, dans une famille germanophone[2]. Son père est médecin[2]. Elle a un frère aîné, un frère cadet et une sœur cadette[2]. Durant ses jeunes années, elle se bat pour aller au gymnase (lycée), alors que c'est une évidence pour ses frères[5].

Elle étudie la philosophie, le français, l'histoire et la logique à l'Université de Lausanne[4]. Son mémoire de français, prix de la faculté en 1975, porte sur la sémiotique de Roland Barthes[6]. En 1983, elle obtient un doctorat en linguistique, en co-rédigeant une thèse avec Pierre Fiala, sur les langages xénophobes et le consensus national, à l'Université de Neuchâtel[7],[8].

Elle a deux enfants, dont Leana Ebel, aussi féministe et engagée en politique[9],[10], licenciée en histoire contemporaine à l'Université de Lausanne, formée dans le domaine du genre et de la migration[11].

Parcours professionnel et lieu de vie

Elle travaille comme enseignante au lycée, tout en militant au parti politique solidaritéS (Ligue marxiste révolutionnaire de 1969 à 1980[12])[5].

Elle vit[Depuis quand ?] à Neuchâtel[13].

Parcours militant et féministe

C'est à la lecture du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir qu'elle prend connaissance du système patriarcal[5]. En 1970, elle commence à militer bien qu'elle n'ait pas le droit de vote au niveau fédéral, qui n'est accordé aux femmes qu'en 1971[14]. Elle milite pour la justice, la paix, l'égalité, dans plusieurs cadres : les droits des femmes et l'intégration des étrangers[7]. Elle co-fonde le mouvement de libération des femmes à Neuchâtel, alors qu'on ne parle pas de féminisme à cette époque, explique Carole Roussopoulos[15].

Dès 1991, elle est aux premiers rangs pour la grève féministe du 14 juin[16]. En 1999, elle crée la section neuchâteloise de la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence[13]. En 1999, elle est élue présidente du syndicat des services publics section Neuchâtel[17],[18]. Elle décide de ne pas poursuivre son mandat en 2001[19].

Femme politique

Parcours

En 2001, Marianne Ebel n'est pas élue au Conseil d'État, mais devient députée au Grand Conseil neuchâtelois[20], en étant la voix des laissés-pour-compte[21], affiliée POP-solidaritéS[21]. Elle quitte alors son poste de présidente du syndicat des services publics[20]. De 2005 à 2009, elle est l'unique députée solidaritéS au parlement cantonal de Neuchâtel[22]. Elle démissionne en 2011[21].

Le , elle est à nouveau candidate pour le Conseil d'État[13]. En 2019, elle se présente aux élections fédérales en sachant n'avoir que peu de chances d'être élue[5].

Initiatives et combats

En 2006, pour lutter contre le chômage, elle propose d'ouvrir un droit à une formation qualifiante, et une participation des employeurs à un fonds commun[13]. Elle dépose une initiative constitutionnelle cantonale « Droit à un salaire minimum », qui entre en vigueur 10 ans plus tard, en 2017[23]. En 2010, elle dépose un projet de résolution à l'adresse de l'Assemblée fédérale, pour que les sans-papiers aient accès à l'apprentissage et puissent gagner leur vie[24].

En 2010, elle dépose 5 000 signatures validées contre la réforme de la fiscalité des entreprises, « qui déboucherait sur un cadeau aux entreprises et aux détenteurs de capitaux »[25]. En 2012, elle prend part au comité d'initiative pour une participation des grandes fortunes limitée dans le temps[26].

La diminution du temps de travail pour tous à 32 h par semaine, sans diminution de salaire, fait partie de son combat[5]. Elle milite également pour le droit à l'avortement[27] et contre le « travail gratuit des femmes (le « care » ou éthique de la sollicitude) estimé à des milliards de francs »[5].

Retraite active

À la retraite depuis 2010[28], Marianne Ebel reste active en tant que féministe et militante[5]. En 2017, un des grands changements, selon elle, est que toutes les générations de femmes participent aux mouvements féministes, contrairement aux années 1970[29]. En 2018, elle co-fonde le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe, dans le but d'organiser la grève féministe du 14 juin[30]. Elle est l'une des coordinatrices de la grève féministe, organisée chaque année depuis 2019[31]. Elle popularise les revendications féministes en créant des chansons et des slogans avec d'autres personnes[32].

En 2020, elle rassemble les paroles des migrantes dans un ouvrage pour rendre leurs situations visibles[33]. En 2021, elle est présidente de la Marche mondiale des femmes, section suisse[34]. En 2023, elle fait partie d'une coalition pour aider les migrantes victimes de violences sexistes et sexuelles[35]. Elle s'investit les lors de la journée internationale des droits des femmes[36]. En 2024, elle signe une tribune internationale pour affirmer sa solidarité jusqu'à acquittement avec Pınar Selek, sociologue et écrivaine franco-turque menacée de prison à vie[37].

Publications

  • Marianne Ebel, Pierre Fiala, Langages xénophobes et consensus national en Suisse (1960-1980), Thèse lettres Neuchâtel, Lausanne, Imprimerie Cedips, [38],[39]
  • Marie-Jeanne Borel, Jenny Kohler-Chesny, Marianne Ebel, Jean-Blaise Grize, Denis Miéville, Essai de logique naturelle, Berne, Francfort/Main, P. Lang, coll. Sciences pour la communication, (ISBN 9783261050731)
  • Marche mondiale des femmes, Derrière les murs : [récits de migrantes au temps du Covid-19], Lausanne, , 203 p. (ISBN 9782839930475)

Bibliographie

Ouvrages sur la politique

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. « Les candidats aux Chambres continuent de défiler », L'Impartial,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  2. « Questionnaire » [PDF], sur Inventaires électroniques des fonds d'archives de l'Association pour l'étude de l'histoire du mouvement ouvrie, (consulté le )
  3. Chancellerie fédérale suisse, « Élection du Conseil national 2019 - Canton de Neuchâtel - Liste 34C PopVertSol, solidaritéS », sur Administration fédérale suisse, (consulté le )
  4. « Ebel Marianne (1948- ) », sur idref.fr (consulté le )
  5. Albertine Bourget, « Ces «militantes» candidates aux fédérales »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?), sur L'Illustré, (consulté le )
  6. « Autres prix décernés par les facultés et les écoles », Uni-Lausanne (bulletin d'information de l'université), no 14,‎ , p. 30 (lire en ligne)
  7. Serge Jubin, « Une idéaliste en marche », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  8. Benoît Habert, « Marianne Ebel, Pierre Fiala, Sous le consensus, la xénophobie », Mots. Les langages du politique, vol. 8, no 1,‎ , p. 213–216 (lire en ligne, consulté le )
  9. [vidéo] « Grève des femmes: duo mère-fille à Neuchâtel », Femina, , 5:15 min (consulté le )
  10. Nicolas Willemin, « Fédérales 2023: Solidarités lance sa campagne très féministe pour le National » Accès limité, sur Arcinfo, (consulté le )
  11. Aline Burki, Leana Ebel, "À l'heure des petites mains..." L'embauche d'ouvrières italiennes : enjeux d'une politique d'emploi sexuée dans l'horlogerie, 1946-1962, Neuchâtel, Éditions Alphil, (ISBN 978-2-940235-44-5, lire en ligne)
  12. Selon le titre de l'ouvrage de Benoît Challand sur la Ligue marxiste révolutionnaire (1969-1980). Référence complète dans la bibliographie.
  13. « Séduire hors de sa chapelle: Marianne Ebel », sur Arcinfo, (consulté le )
  14. « Le coup de force cantonal de 1981 », L'Impartial,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
  15. Pierre Stucki, Christian Liardet, « Féministes, et alors ? » [vidéo] avec Marianne Ebel, entre autres de la minute 6'30 à 8'05 et Carole Roussopoulos, particulièrement aux minutes 3'45 à 4'05, sur RTS, (consulté le )
  16. Caroline Zuercher, « Les féministes du XXIe siècle, ce sont elles! », sur Le Matin, (consulté le )
  17. « Questions à Marianne Ebel, présidente du Syndicat des services publics neuchâtelois », sur Le Temps, (consulté le )
  18. Sarah Kiani, De la révolution féministe à la constitution. Mouvement des femmes et égalité des sexes en Suisse (1975-1995), Lausanne, Antipodes, , 286 p. (ISBN 9782889019854, lire en ligne), p. 166 (et 2 autres citations)
  19. « La plus grosse section du SSP a un nouveau président », L'Express,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. « Un nouveau président pour le Syndicat des services publics », Le Courrier de Genève, vol. 133, no 124,‎ , p. 4 (lire en ligne, consulté le )
  21. « Deux députés démissionnent du Grand Conseil », sur RTN, (consulté le )
  22. Clara Marc, « Solidarités ambitionne de sortir de la marginalité au parlement », Le Courrier de Genève, vol. 142, no 37,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le )
  23. Léo Bysaeth, « Salaire minimum: une longue bataille à Neuchâtel », sur Arcinfo, (consulté le )
  24. « Oui à l'apprentissage des sans-papiers », L'Impartial,‎ , p. 5 (lire en ligne, consulté le )
  25. « «Cadeaux démocratiques» contre la réforme fiscale », Feuille d'avis de Neuchâtel - L'Express,‎ , p. 3 (lire en ligne [archive du ] [PDF], consulté le )
  26. Serge Jubin, « Notre ponction est modeste, bien moindre que les variations boursières », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  27. « Avortement: des femmes suisses se montrent solidaires avec les Espagnoles », sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  28. « Rapport du Département de l’éducation, de la culture et des sports, Exercice 2010 », ne.ch,‎ , p. 53 (lire en ligne [PDF])
  29. (fr-CH) « 5 ans après #MeToo : le nouveau visage du militantisme féministe », sur RTN, (consulté le )
  30. « Contre le sexisme et les agressions », Arcinfo,‎ , p. 7 (lire en ligne, consulté le )
  31. Roderic Mounir et Dominique Hartmann, « Au-delà des slogans et des postures », sur Le Courrier, (consulté le )
  32. Marie Métrailler, Cécile Péchu, « « 14 juin nous y voilà » : populariser les revendications du Manifeste de la grève féministe/ des femmes* en chanson » [PDF], sur unil.ch, (consulté le )
  33. [vidéo] « Marianne Ebel a recueilli dans un livre la parole des femmes migrantes sur la pandémie de Covid - 12h45 - Play RTS » (consulté le )
  34. (fr-CH) « Suffrage féminin : Marianne Ebel estime qu’il reste beaucoup à faire », sur RTN, (consulté le )
  35. Aline Andrey, «Le statut des femmes migrantes est particulièrement fragile», sur L'Événement syndical, (consulté le )
  36. Vicky Huguelet, « Droits des femmes: «ArcInfo» a tendu le micro à une vingtaine de Neuchâteloises », sur Droits des femmes: «ArcInfo» a tendu le micro à une vingtaine de Neuchâteloises, (consulté le )
  37. « Nous sommes aux côtés de Pinar Selek jusqu’à son acquittement définitif », sur Le Soir, (consulté le )
  38. Benoît Habert, « Marianne Ebel, Pierre Fiala, Sous le consensus, la xénophobie [compte-rendu] », Mots. Les langages du politique, no 8 « Numéro spécial. L'Autre, l'Etranger, présence et exclusion dans le discours. »,‎ , p. 213-216 (lire en ligne)
  39. Alain Jeannet, « La xénophobie sous le scalpel », L'Hebdo,‎ , p. 13 et 14 (lire en ligne)
  40. « La Ligue marxiste révolutionnaire en Suisse romande (1969-1980). Genèses, analyse de La Brêche et des expériences militantes », sur infoclio.ch (consulté le )
  41. Aline Andrey, « Des militants trotskystes se mettent à nu », sur L'Événement syndical, (consulté le )
  • icône décorative Portail de la politique suisse
  • icône décorative Portail du communisme
  • icône décorative Portail du syndicalisme
  • icône décorative Portail des femmes et du féminisme
  • icône décorative Portail du canton de Neuchâtel