Marie-Anne-Julie Forestier

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(à 70 ans) Choisy-le-Roi |
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Marie-Anne-Julie Forestier, dite Julie Forestier, née à Paris le et morte à Choisy-le-Roi le , est une artiste peintre française. Elle est surtout connue pour avoir été la fiancée de Jean-Auguste-Dominique Ingres.
Biographie
Marie-Anne-Julie Forestier est née le à Paris[1].
Julie Forestier étudia la peinture auprès de Jean-Baptiste Debret, peut-être aussi de Jacques-Louis David.
Fiancée à Jean-Auguste-Dominique Ingres en , leur relation ne survécut pas à l'éloignement du peintre qui part pour Rome en septembre, après avoir gagné le grand prix de peinture en 1801 et devant y faire son séjour d'étude.
Julie Forestier expose aux Salons parisiens de 1804, 1810, 1812, 1814 et 1819.
En 1833 et 1835, elle envoie au Salon des peintures refusées par le jury de l'exposition[2].
Elle tient chez elle un atelier destiné aux élèves féminines et donne à domicile des leçons de dessin et de peinture[3].
Elle meurt à Choisy-le-Roi le [4].
Œuvres
Salons
- Minerve, déesse de la sagesse et des beaux-arts, unissant leurs divers attributs, les enlace d'une guirlande de laurier dont elle serre les nœuds, Salon de 1804 (no 184) ;
- Armide et Renaud[5], Salon de 1810 (no 302) ;
- Portrait d’une jeune personne, Salon de 1810 (no 303) ;
- Portrait en pied de M. ***, Salon de 1812 (no 1309) ;
- Sacrifice à Minerve — Une jeune fille brûle sur l’autel de cette Déesse les armes et le bandeau de l’Amour, qui la supplie vainement, Salon de 1812 (no 1310) ;
- La Princesse de Nevers à l’abbaye de Graville[6], d'après La Princesse de Nevers, ou Mémoires du sire de la Touraille (1813) de Jacques-Antoine de Révéroni Saint-Cyr, Salon de 1814 (no 1355) ; Exposition au profit des Grecs (Paris, 1826, no 62)[7] ;
- Les filles de Milton faisant la lecture à leur père aveugle, Salon de 1819 (no 449) ;
Autres
- Autoportrait à vingt-quatre ans, copie d'après le tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres, Montauban, musée Ingres-Bourdelle.
- Portrait du médecin Philippe Pinel avec sa femme et ses fils, 1807, collection particulière.
- Portrait du poète Nicolas-François Guillard[8], 1811, huile sur toile, 192 × 160 cm, musée des Beaux-Arts de Chartres[9],[a].
- Portrait de l'auteur (autoportrait)[3].
- Sainte Anne, tableau réalisé pour la chapelle de Mme de l'Épinay[3].
- Sainte Famille, copie d'après Raphaël, 1821, huile sur toile, 162 × 130cm ; acheté 2000 francs en par la Maison du roi et concédé en décembre suivant à la commune d'Audour, depuis rattachée à Dompierre-les-Ormes ; non localisé depuis[10].
- Œuvres de Julie Forestier
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Philippe Pinel et sa famille (1807), collection particulière. -

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Portrait d'Édouard de Montulé (1818), attribué à Forestier, collection particulière
Iconographie
Ingres réalise en 1806 un portrait à la mine de plomb de la famille Forestier, peu avant son départ pour la villa Médicis à Rome à l'automne. Julie Forestier apparaît debout au centre, entourée de ses parents, son père Charles-Pierre-Michel Forestier et sa mère Marie-Jeanne-Julie Sallé. Deux autres membres de la maisonnée figurent à gauche : Joseph Durand Sallé (oncle de Julie) et la bonne de la famille, Clotilde. Le dessin est offert par Ingres à sa fiancée, qui le lui restitue après leur rupture. Il est conservé à Paris au département des arts graphiques du musée du Louvre[11],[12],[13]. Deux copies de ce dessin sont connues, l'une au musée Ingres-Bourdelle à Montauban[14],[15], l'autre datant d'environ 1828, conservée au Fogg Art Museum rattaché aux Harvard Art Museums[16].
Ingres a aussi dessiné, d'après cette représentation familiale, un portrait en médaillon de Julie Forestier, acquis en 2004 par la fondation Custodia[17].
Julie Forestier réalise aussi son autoportrait[3].
Un autre prétendu portrait de Julie Forestier par Ingres est attesté pour la première fois à la rétrospective des oeuvres d'Ingres présentée au Salon d'Automne de 1905 ; il est alors la propriété du collectionneur George Viau[18],[19],[20]. Acheté en 1918 par l'amateur danois d'art Wilhelm Hansen, le dessin fait maintenant partie des collections du musée Ordrupgaard, au Danemark[19]. L'attribution à Ingres avait été rejetée par Henry Lapauze dès 1918[21]. Hans Naef, grand spécialiste d'Ingres, le considère même comme un faux[19].
Bibliographie
- Henry Lapauze, Le Roman d'amour de M. Ingres, Paris, 1910, pp. 199-242 [lire en ligne].
- Charles Gabet, « Forestier (Mlle) », dans Dictionnaire des artistes de l'École française au XIXe siècle, Paris, Madame Vergne, (lire en ligne), p. 267-268.
Notes et références
Notes
- ↑ L’œuvre figure au catalogue du musée dès 1875, également citée dans celui de Langlois de 1906 (voir bibliographie du musée des Beaux-Arts de Chartres).
Références
- ↑ Archives de Paris, acte de naissance reconstitué, vue 13 / 50.
- ↑ (en) « Forestier, Mlle », sur Database of Salon Artists (consulté le ).
- Gabet 1831.
- ↑ « Acte de décès no 20 dressé le 27/02/1853 (vue 30/107) de Marie-Anne-Julie Forestier du registre des décès de la commune de Choisy-le-Roi pour les années 1852 à 1854 », sur Archives départementales du Val-de-Marne, (consulté le )
- ↑ Présentation du tableau dans le livret de l'exposition : « Armide désespérée d’avoir inutilement dirigé ses flèches et les coups de ses amans contre Renaud, quitte le champ de bataille et fuit dans une vallée voisine de Jérusalem. Elle tombe sur un rocher, jette à ses pieds son arc et son carquois ; ses flèches se répandent ; elle en essaie quelques-unes, leur reproche leur impuissance contre les armes de Renaud, puis les brise ; enfin, elle en choisit une et va s’en percer, lorsque Renaud, qui l’a vue disparaître dans la mêlée, se rappelle la promesse qu’il lui a faite en la quittant, d’être toujours son chevalier et vole sur ses traces. Il arrive au moment où Armide, déjà couverte de la pâleur de la mort, lève le bras pour se frapper ; il l’arrête d’une main et la soutient de l’autre : Armide se retourne et lève sur lui des yeux où se peignent tout à la fois l’orgueil blessé, la tendresse trahie, et la douce consolation d’être secourue par celui qu’elle aime. Elle lui fait de vifs reproches ; le jeune guerrier n'y répond que par une tendre compassion. D'un côté du tableau, un écuyer tient le cheval et le bouclier de Renaud ; de l'autre, s'aperçoit dans l'éloignement le tombeau de Clorinde ; derrière les montagnes s'élèvent les tours de Jérusalem. »
- ↑ Présentation du tableau dans le livret de l'exposition : « Ayant voulu visiter la cellule de Cécile d’Autichamps, la princesse aperçoit un métier de broderie. Tandis qu’elle y admire une Ste Cécile en extase, elle découvre dans un coin de la broderie et sous les traits d’un archange, le portrait du sire de la Touraille : Cécile confuse tombe à genoux et cherche à cacher avec la main ce portrait que la princesse contemple avec émotion et surprise. Mémoire du sire de la Touraille, tom. 2, chap. 7 ».
- ↑ Explication des ouvrages de peinture exposés au profit des Grecs, galerie Lebrun, rue du Gros-Chenet, n° 4, de dix heures à cinq heures, Paris, Firmin Didot, (lire en ligne), p. 18-19.
- ↑ Description du tableau dans le catalogue du musée « Il est représenté assis devant son bureau dans sa bibliothèque, tenant à la main son livre l'OEdipe à Colone, vêtu d'une robe de chambre blanche et chaussé de pantoufles jaunes. Son carlin est couché sous son fauteur. »
- ↑ P. Bellier de La Chavignerie, Notice des peintures, dessins, sculptures, antiquités et curiosités exposés dans le musée de Chartres, Chartres, Garnier, , 4e éd. (lire en ligne), p. 20 no 44.
- ↑ « Sainte Famille », sur Collections - musée du Louvre (consulté le ).
- ↑ « La Famille Forestier », notice d'œuvre, sur Musée du Louvre (consulté le ).
- ↑ « La famille Forestier », notice d'œuvre, sur Collections du département des arts graphiques (consulté le ).
- ↑ « La Famille Forestier », notice no 50350113119, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
- ↑ « La Famille Forestier », notice d'œuvre, sur Musée Ingres-Bourdelle (consulté le ).
- ↑ « La Famille Forestier », notice no 06070003468, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
- ↑ (en) « Portrait of the Forestier Family », notice d'œuvre, sur Harvard Art Museums’ collections (consulté le ).
- ↑ Didier Rykner, « Julie Forestier par Ingres - Ingres par Julie Forestier », sur La Tribune de l'art, (consulté le ).
- ↑ Société du Salon d’automne, Catalogue de peinture, dessin, sculpture, gravure, architecture et arts décoratifs exposés au Grand Palais des Champs-Élysées : du au , Paris, Compagnie française des Papiers-Monnaie, (lire en ligne), p. 188, no 46 : « Portrait de Mlle Forestier, assise au Clavecin »
- (de) Hans Naef, Die Bildniszeichnungen von J.-A.-D. Ingres, Berne, Benteli, , p. 142-143.
- ↑ Image disponible sur « Melle Forestier assise au clavecin », sur https://georgeviau.fr/ (consulté le ).
- ↑ Henry Lapauze, « Les Faux Ingres », La Renaissance de l'art français et des industries de luxe, , p. 341-350, ici p. 350 (lire en ligne)
Liens externes
- Didier Rykner, « Julie Forestier par Ingres. Ingres par Julie Forestier », sur La Tribune de l'art, (consulté le )
- Transcription du manuscrit de Julie Forestier
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