Marie-Laure Susini

Marie-Laure Susini
Naissance
Paris
Nationalité Française
Profession
Psychanalyste
Activité principale
écrivaine
Auteur
Genres
Essais

Marie-Laure Susini, née le , est une médecin, psychiatre et psychanalyste, écrivaine française sur les thèmes de la criminologie, l'évolution du féminisme et le déclin du patriarcat.

Biographie

Carrière médicale

Marie-Laure Susini commence sa carrière en faisant des remplacements de médecin généraliste, puis elle devient psychiatre des hôpitaux.

Elle dirigea pendant sept ans une structure pilote : l'hôpital de nuit, secteur hygiène mentale de Bourg-la-Reine et Antony.[réf. nécessaire]

De 1985 à 1992, Marie-laure Susini est également chargée de cours à l'Université Paris XII dans le cadre d'un enseignement aux étudiants en CES de psychiatrie.[réf. nécessaire]

De 1983 à 1992, elle enseigne à l'Université Paris VII dans le cadre d'un enseignement de clinique psychanalytique.[réf. nécessaire]

Marie-Laure Susini devient praticien hospitalier dans l’Unité pour malades difficiles (UMD) Henri Colin à l’hôpital psychiatrique de Villejuif[1].

En 1991 elle quitte définitivement ses fonctions à l’hôpital, et se consacre, depuis à la pratique de la psychanalyse dans son cabinet parisien.[réf. nécessaire] .

Publications engagées

Selon le média Marianne, la psychanalyste est une habituée des livres dérangeants[2].

Évolution du féminisme

À partir de ses différentes expériences, elle mène des recherches depuis 2010 sur l'évolution des jeunes femmes contemporaines.

En 2016, elle rassemble ses réflexions dans un essai, La Mutante[3]. La science et la volonté des femmes modernes d'occuper des postes occupés traditionnellement par des hommes façonnent un nouveau féminisme avec le déclin du patriarcat[4],[5].

Maladies mentales et totalitarisme

Criminels pervers

Son étude de la perversion n'est pas psychologique mais au sens psychanalytique du terme[6].

Sa pratique à l'UMD, au service de sûreté, entièrement fermé et réservé aux malades criminels et dangereux fait l'objet de nombreux travaux d'étude et d'analyse et d'un livre, L’Auteur du crime pervers[7]. Cet ouvrage se fonde sur ses années passées à l'hôpital dans le service hospitalier pour malades dangereux à écouter et analyser des tueurs en série. Elle y a des patients qui ont eu leur moment de célébrité et nommés par les médias : "ennemi public numéro 1", "tueur fou", "terroriste", "japonais cannibale"[8]. L'ouvrage est le produit d'un travail de recherche sur ces patients anonymes qui lui servent de référence analogique pour analyser des tueurs en série célèbres : Landru, Jacques l'Eventreur et Gilles de Rais, dont l'étude se base sur les minutes de son procès. Sade qui est présenté comme un criminel, fait l'objet d'une étude particulière basée sur des documents trouvés par Jean-Jacques Pauvert [9]. Marie-Laure Susini s'applique à analyser la contrainte inconsciente de l'acte criminel et sa logique de répétition. Elle développe la théorie selon laquelle les tueurs en série sont des auteurs en quête de notoriété, la mise en scène de leurs crimes visant à être dévoilées[10].

Criminels incorruptibles passionnés

Au cours de sa pratique hospitalière, elle a également soigné une autre catégorie de malades dangereux, les incorruptibles passionnés. Cette expérience donnera lieu à une série d'articles et de conférences. Elle mène de 1997 à 2007 des travaux de recherche sur l'idéal d'incorruptibilité qui est l'objet de son essai Éloge de la corruption. En réalité, elle dénonce les idéologies de anticorruption censées défendre la liberté mais qu'elles compriment[11].

Pour cet ouvrage, Marie-Laure Susini s'appuie sur ses propres analyses et travaux menés auprès de cette catégorie de patients, et sur l'analyse de grandes figures historiques : Marat, Robespierre, Mirabeau, Thomas More[12] auteur de l'Utopie, et de Paul de Tarse (saint Paul). Pour construire cet essai d'histoire politique, elle entreprend d'étudier le mot à mot des discours de Robespierre à la Convention et développe sa construction historique de la Révolution française autour de l'idéal de régénération, mot qu'elle traite comme signifiant messianique.

Pour saint Paul, Marie-Laure Susini effectue un travail de traduction du grec ancien des épitres (Romains, Corinthiens I et II, Ephésiens, Philippiens, Galates) et de comparaison avec différentes traductions. Elle considère la forme orale des missives qu'il dictait pour ses disciples, qu'elle traite comme une énonciation, et en analyse les signifiants. Elle découvre que saint Paul est l'inventeur du mot incorruptibilité. Son l'analyse des signifiants grecs de saint Paul, et la reconstruction qu'elle fait de sa biographie éclairent la fondation de la doctrine chrétienne.[réf. nécessaire] De ces recherches, Marie-Laure Susini livre une analyse d'une logique du totalitarisme[13] qui à partir d'un idéal de régénération et de salut collectif désigne des corrompus à éliminer par tous les moyens. En 2007, elle décide de l'introduire par une biographie de George Orwell, l'auteur de 1984[14],[15].

Autres activités

En parallèle de son activité de psychanalyste, elle se consacre également à la recherche en sciences humaines[réf. nécessaire] et à l'écriture.

Membre de l’École de La Cause Freudienne de 1981 à 1991, puis de l’École de Psychanalyse Sigmund Freud de 1993 à 2010.

Elle participe aux réunions publiques du collège de la passe de l’École de psychanalyse Sigmund Freud (EPSF) et de La Lettre lacanienne, certaines interventions sont publiées dans les Carnets de l’EPSF et dans les Cahiers pour une École de l'Association Psychanalyse et Psychothérapie (APEP)[16].

Analyste praticien à Espace Analytique depuis 2015[17].

Elle est membre de l’Association Française de Criminologie.[réf. nécessaire]

Ouvrages

Collectifs

  • Marie-Laure Susini, Vannina Micheli-Rechtman, Jean-Jacques Moscovitz, Du cinéma à la psychanalyse, le féminin interroge, Érès, (ISBN 978-2749238159)
  • Christian Center et al, L'insistance du réel, Érès, , 288 p. (ISBN 978-2749227993)
  • Jean François et al, La Psychanalyse : chercher, inventer, réinventer, Érès, (ISBN 978-2749202464)

Notes et références

  1. « Annuaire Espace analytique »
  2. Philippe Petit, « La nouvelle femme, le pouvoir et les hommes », sur Marianne, (consulté le )
  3. Ludmilla Delorme, « Marie-Laure Susini, La mutante, la nouvelle femme, le pouvoir et les hommes, Éditions Albin Michel, 2014, 299 p., 19 euros », Femmes Diplômées, vol. 250, no 1,‎ , p. 164–165 (lire en ligne, consulté le )
  4. Véronique Forge, « Le "girl power" ou la nouvelle révolution féministe », sur Business O Féminin, (consulté le )
  5. Marie Perez, « Marie-Laure Susini: “L’homme est réduit au statut d’auxiliaire maternel” », sur Philosophie magazine, (consulté le )
  6. Sophie Aouillé, « L'auteur du crime pervers:par Marie-Laure Susini », Essaim, vol. 14, no 1,‎ , p. 192–196 (ISSN 1287-258X, DOI 10.3917/ess.014.0192, lire en ligne, consulté le ) :

    « Pourquoi parler d’« auteur de crime pervers » et ne pas parler tout simplement de « criminel pervers » ? Marie-Laure Susini s’en explique d’emblée : il ne s’agit pas de perversion au sens commun, psychologique du terme, à savoir une perversité, une malignité de caractère et de comportement, son livre n’est pas une étude psychologique, il s’agit de perversion au sens psychanalytique du terme... »

  7. Jacques Pradel, « Jeudi 9 janvier 2014 : Les crimes pervers », sur RTL, (consulté le )
  8. Rédaction, « «Policier cannibale»: Qui sont les cannibales? », sur 20minutes,
  9. Gérard Rabinovitch, De la destructivité humaine, PUF,
  10. Sophie Aouillé, « L'auteur du crime pervers:par Marie-Laure Susini », Essaim, (consulté le ), p. 192–196
  11. Pierre-Louis LENSEL, « Méfiez-vous des incorruptibles », sur Nonfiction, (consulté le )
  12. La reconstitution d'un souvenir de Thomas More, Editions Erès, coll. « Figures de la psychanalyse » (no 32),
  13. « Délires collectifs et logiques totalitaires », Les lundis de Corrélat,‎ (lire en ligne)
  14. Perrine Rodrigues, « Le discours des vices et des vertus aux périodes carolingienne et ottonienne. De l’écrit à l’image (IXe-XIe siècle) », Thèse de Doctorat de l’Université de Lyon opérée au sein de l’Université Jean Moulin Lyon,‎ (L'amour selon Paul de Tarse)
  15. admin, « Marie-Laure Susini "Eloge de la corruption" (Les incorruptibles et leurs corrompus) », sur Ecriture de la psychanalyse..., (consulté le )
  16. Anne-Marie-Braud, « La formation de « quelques autres » : une version d’école ? », Carnets de l'EPSF,‎ (lire en ligne)
  17. Centre Octave et Maud Mannon, « Espace Analytique », Association de Formation Psychanalytique et de Recherches Freudiennes,‎ (lire en ligne)
  18. Eric de Bellefroid, « L'invincible révolution de la femme moderne », sur La Libre Belgique, (consulté le )
  19. Olivier de Lagarde, « "La nouvelle femme n’a plus besoin de l’homme" », sur France Info, (consulté le )

Liens externes

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