Marie-Louise Néron

Marie-Louise Néron
Portrait photographique de Cautin et Berger.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière de Vineuil-Saint-Firmin (d)
Nom de naissance
Marie Louise Jeanne Eugénie Radegonde Guénault
Pseudonyme
Mme M.-L. Néron
Nationalité
Formation
Activités
Rédactrice à
Conjoint
Parentèle
Marc Jean-Bernard (en) (arrière-petit-fils)
Autres informations
Distinctions
signature de Marie-Louise Néron
Signature.
Sépulture surmontée d’une sculpture de Marius Cladel, au cimetière de Vineuil-Saint-Firmin.

Marie-Louise Néron est le nom de plume de Marie-Louise Guénault (ou Marie Passerieu ou Madame Jean Bernard Passerieu), née le à La Trimouille et morte le à Vineuil-Saint-Firmin, est une écrivaine et journaliste française.

Considérée comme une pionnière du journalisme de l'« human interest », elle formait, avec son mari Jean-Bernard, un couple de gens de lettres influents et témoins de leur temps.

Biographie

Marie Louise Jeanne Eugénie Radegonde Guénault[1], fille d'Adrienne Néron[2], et de Louis Guénault[3], est née à La Trimouille le [3]. Elle étudie notamment au lycée de Tours[4]. Elle épouse l'avocat et écrivain Jean-Bernard à Bagnères-de-Luchon le [3], ce qui la conduira à signer, au civil, Marie Passerieu ou Madame Jean Bernard Passerieu[5].

En 1896, elle publie à Toulouse un premier roman, La Grisette de Saint-Cyprien[6], sous le nom de plume « Marie-Louise Néron », dans la collection de tante Rosalie[7]. Il est publié en feuilleton dans Le Progrès de Seine-et-Oise du [8] au [9].

À partir de [10], elle est une des journalistes importantes du journal féministe La Fronde[11], où elle rédige une chronique régulière. Han Ryner lui dédie en 1898 un chapitre dans son ouvrage Le Massacre des Amazones. Étude critiques sur deux cents bas-bleus contemporains[12].

Elle rejoint en 1899 la Société des journalistes parisiens. La même année, elle est nommée « officier d’académie » par le ministre des beaux-arts[13]. Cette année-là, son roman Le Moulin du Père Gérôme est publié en feuilleton dans Le Journal de Confolens du au [14] et dans Le Confédéré du au [15].

Sa comédie en un acte La Lune de miel parlementaire est représentée au théâtre La Bodinière à Paris le [16]. Elle est publiée en 1900 dans la nouvelle bibliothèque de Motteroz[17], ainsi que dans le Journal de Fourmies en janvier[18] et [19]. Cette année-là, son nom est cité dans une liste de quarante femmes pressenties pour une Académie des femmes qui serait créée sur le modèle de l'Académie française[20].

Marie-Louise Néron arrête en ses chroniques pour La Fronde afin de se consacrer à la direction de la revue Familia[21],[22]. En 1907, elle hérite de la maison de sa mère appelée L’Ermitage, 6 rue des Sœurs à Vineuil-Saint-Firmin, où Chateaubriand a écrit le livre XXII du tome 2 de ses Mémoires d'outre-tombe[2].

En 1914, son ouvrage Notes et impressions d'une Parisienne[23] réunit plusieurs de ses articles, qui montrent son intérêt pour le journalisme de l'« human interest (en) », dont elle est considérée comme une pionnière[11].

Elle fait partie des membres de l'association L'Idée française à l'étranger, déclarée en , qui œuvre pour la défense des idées françaises à l'étranger[24]. En 1917, elle s'implique dans le « Comité des dames » de cette association, qui a pour objectif d'entretenir les tombes des étrangers morts au service de la France et de s'occuper de leurs veuves et orphelins en France ou à l'étranger[25]. Elle devient chevalière de la Légion d'honneur en 1919[5].

En 1927, elle contribue au journal La Rumeur, publié de 1927 à 1929, avec notamment Renée Dunan et Myriam Harry[26]. Son roman La première Empreinte, publié en 1928 après une première publication en feuilleton dans La Revue mondiale sous le titre Le troublant Mystère d'avril[27] à [28], raconte une histoire de jalousie fondée sur la théorie scientifique, abandonnée depuis, de la télégonie[29],[30].

Marie-Louise Néron meurt le à Vineuil-Saint-Firmin[31], elle est inhumée dans la tombe familiale du cimetière de cette commune[32].

Famille

Marie-Louise Néron est la belle-nièce de Louis-Ariste, journaliste du Midi républicain[33]. Elle est la petite-fille d'Eugénie Néron, née Villain, et morte à La Trimouille à 85 ans en [34].

Elle se marie le à Bagnères-de-Luchon, la ville de sa mère, Adrienne Néron[3], avec l'avocat, écrivain et historien Jean-Bernard Passerieu[35].

Leur premier fils, Maxime, meurt en [36]. Leur deuxième fils, Alpi Jean-Bernard, avocat à la cour d'appel puis directeur général de la SACEM, exerce également une activité politique comme membre de plusieurs cabinets ministériels, dont le cabinet Delcassé[37].

Œuvres

Romans

Reportages

Théâtre

  • La Lune de miel parlementaire, comédie en un acte, Paris, Librairies-imprimeries réunies, , 46 p. (BNF 38766629).
  • « Influenzé par sa belle-mère, monologue en prose », Le Cri-Cri, bibliothèque théâtrale, Paris, J. Strauss, no 73,‎ , p. 2-3 (BNF 31009346, lire en ligne).

Nouvelles

  • La femme du condamné, Le Publicateur de Béziers, .
  • L'enfant du Père Lachaise, Gazette du Valais (no 35), , 2 p. (lire en ligne).
  • La Chanson de Poutou, Le Petit Républicain du Midi, .
  • La Robe de la poupée, Le Petit Républicain du Midi, .
  • Lyan-Néron, Les diamants de Cérisolles, Le Petit Troyen, 18 août au 12 novembre 1907 (lire en ligne).
  • Lyan-Néron, Le Crime d’Orbans, Le Radical, 2 avril au 10 aout 1908 (lire en ligne).

Distinctions

Bibliographie

  • Marie-Ève Thérenty, Femmes de presse, femmes de lettres. De Delphine de Girardin à Florence Aubenas, Paris, CNRS Éditions, .
  • (en) Hortense Burr, « Review of La Première Empreinte, Marie-louise Néron », Books Abroad, vol. 3, no 1,‎ , p. 33–33 (ISSN 0006-7431, DOI 10.2307/40068622, lire en ligne, consulté le ).

Notes et références

  1. « 2 E IM 7827 - Bagnères-de-Luchon. 2 E 8 registre d'état civil : tables décennales. (collection communale) - 1883-1893 AD31 », sur Archives départementales de la Haute-Garonne (consulté le ).
  2. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, vol. LXII, Paris (no 1264), (lire en ligne), p. 186.
  3. « 2 E IM 7807 - Bagnères-de-Luchon. 1 E 110 registre d'état civil : naissances, mariages, décès. (collection communale) - 1888 AD31 », sur Archives départementales de la Haute-Garonne (consulté le ).
  4. « Le Mémorial de Gaillac », sur RetroNews - Le site de presse de la BnF, (consulté le ).
  5. « Base de données Léonore - Marie Louise Jeanne Eugénie Radegonde Passerieu », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le ).
  6. L. B., « Bibliographie », La Dépêche, vol. 31, no 11792,‎ , p. 4 (ISSN 2711-6255, lire en ligne sur Gallica).
  7. Claudette Peyrusse, « Toulouse dans le roman : vingt siècles d’images ou le passé recomposé », dans Toulouse, une métropole méridionale : Vingt siècles de vie urbaine, Presses universitaires du Midi, coll. « Méridiennes », (ISBN 978-2-8107-0950-2, lire en ligne), p. 999–1012.
  8. « Le Progrès de Seine-et-Oise », (consulté le ).
  9. « Le Progrès de Seine-et-Oise », (consulté le ).
  10. Marie-Louise Néron, « Les Perverses », La Fronde, Paris, vol. 1, no 10,‎ , p. 2 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  11. Marie-Ève Thérenty, Femmes de presse, femmes de lettres : de Delphine de Girardin à Florence Aubenas, Paris, Éditions du CNRS, , 495 p. (ISBN 978-2-271-11792-2 et 2-271-11792-5, OCLC 1128027097, lire en ligne).
  12. « The Project Gutenberg's eBook of Le Massacre des Amazones, by Han Ryner », sur www.gutenberg.org (consulté le ).
  13. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le ).
  14. « Le Journal de Confolens », (consulté le ).
  15. « Le Confédéré », sur www.e-newspaperarchives.ch, (consulté le ).
  16. « La Fronde », sur Gallica, (consulté le ), p. 4.
  17. André Halex, « Le Radical », sur Gallica, (consulté le ).
  18. « Journal de Fourmies », sur Gallica, (consulté le ).
  19. « Journal de Fourmies », sur Gallica, (consulté le ).
  20. Jean-Bernard, « L'Académie des femmes », Le Soir,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  21. « Nouvelles féministes », La Fronde,‎ (lire en ligne).
  22. « Annuaire des gens de lettres et des dessinateurs », sur Gallica, (consulté le ), p. 229.
  23. Marie-Louise Néron, Notes et impressions d'une Parisienne, (lire en ligne).
  24. L'Idée française à l'étranger, « Bulletin de l'Idée française à l'étranger », sur Gallica, (consulté le ), p. 4.
  25. Idée française à l'étranger, « Bulletin de l'Idée française à l'étranger », sur Gallica, (consulté le ), p. 48.
  26. « Mercure de France », sur Gallica, (consulté le ).
  27. Marie-Louise Néron, « Le troublant Mystère », La Revue mondiale,‎ , p. 336-351 (lire en ligne).
  28. Marie-Louise Néron, « Le troublant Mystère », La Revue mondiale,‎ , p. 340-351 (lire en ligne).
  29. Georges Claretie, « Les livres », L'Ami du peuple,‎ (lire en ligne).
  30. « Croyez-vous à la télégonie ? », La Fronde,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  31. « Table décennale des actes de l'état civil de la commune de Vineuil Saint-Firmin du 1er janvier 1933 au 31 décembre 1942 dressée en exécution du décret n°51284 du 3 mars 1951 (cote 4EP1000/35) », sur Archives départementales de l'Oise (consulté le ), p. 124.
  32. Voir l'inscription sur sa tombe dans le cimetière de Vineuil-Saint-Firmin : « Marie-Louise JEAN-BERNARD PASSERIEU née GUÉNAULT / 17 novembre 1866 - 4 mars 1942 ».
  33. B. F., « L'Art méridional : beaux-arts, littérature... », sur Gallica, (consulté le ).
  34. « Nécrologie », La Fronde,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  35. « Le Radical algérien : paraît tous les jours, le dimanche excepté », sur Gallica, (consulté le ).
  36. Le Journal des Débats, « Nécrologie ».
  37. La Lanterne, « À la Société des Auteurs, Éditeurs et Compositeurs de Musique », 1925-11-24,‎ , p. 3 (lire en ligne).

Liens externes

  • icône décorative Portail des femmes et du féminisme
  • icône décorative Portail de la littérature
  • icône décorative Portail du journalisme