Marie Marthe Alléon

| Naissance |
Vers 1715 |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité |
française |
| Activité | |
| Conjoint | |
| Enfant |
Marie Marthe Alléon est une salonnière française née vers 1715 et morte le à Paris. Proche de Helvétius, de Hume, de Voltaire, de Crébillon fils et des Trudaine, elle est une amie intime de Montesquieu.
Pour autant, elle ne semble pas acquise aux idées pré-révolutionnaires des philosophes des Lumières.
Biographie
Marie Marthe Alléon naît vers 1715. Elle est la seule enfant de Marie Anne Jallot qui a épousé en 1713 un banquier âgé[1], Noël Alléon.
Elle épouse en 1730[2] Nicolas-François Dupré de Saint-Maur[3]. Celui-ci est chevalier, conseiller du roi, maître ordinaire en sa chambre des comptes. Il est élu à l'Académie française en 1733[4] ; il meurt en 1774[2].
Avec sa mère, elle tient un salon rue Michel-le-Comte à Paris[3], tout près de chez D'Alembert[5].
Elles y fréquentent les philosophes des Lumières, mais ne semblent pas avoir été particulièrement acquises à certaines de leurs idées novatrices : ainsi Marie Marthe s'émeut de la Lettre sur les aveugles de Diderot, et pourrait — selon Rousseau — avoir été à l'origine de l'emprisonnement de l'auteur de cet essai[1],[4].
Alors que les critiques pleuvent sur son mari (« brave homme, plein de savoir et de douceur, mais qui dût bien moins à ses talents littéraires qu'aux liaisons de [son épouse] » pour Grimm[6], rempli « de bêtise et d'ineptie » pour Charles Collé, pamphlétaire contemporain[4]), elle demeure majoritairement respectée. Si Diderot évoque ses « beaux yeux verts sans conséquence », on lui reconnaît ses « prétentions à la science » et Collé, voit en elle une « femme qui sait quelque chose, qui fait de la philosophie, qui a de l'esprit, mais sec et sans grâce et même un peu pédant : ce portrait est de gens qui la connaissent bien et qui estiment fort d'ailleurs les qualités de son coeur »[1],[7].
Elle héberge et entretient Crébillon fils en 1744[8].
Marie Marthe est très liée avec Daniel-Charles et Philibert Trudaine[9], avec Helvétius[9]. Elle correspond avec David Hume dont elle prend le parti dans ses querelles avec Rousseau[10]. Voltaire lui envoie en 1745 son portrait en gravure, accompagné de ces vers[10] :
« Le voilà ce mortel de qui mille envieux
Avec tant d'injustice ont opprimé la vie ;
Aujourd'hui qu'il attire un regard de vos yeux
Il mérite à la fin les fureurs de l'envie. »
Elle est surtout une très proche de Montesquieu, qui la qualifie de « virtuose renommée de la capitale »[1] et estime qu'elle est « également bonne [pour qu'on en fasse] sa maîtresse, sa femme ou son amie ». Elle l'assiste sur son lit de mort[1] et c'est à elle et à la duchesse d'Aiguillon que l'écrivain confie ses manuscrits[3].
Elle meurt le , brûlée vive dans sa robe de soie qu'a enflammée la chute d'une lampe à alcool[1], dans son domicile de la rue Culture-Sainte-Catherine à Paris[11].
Elle laisse plusieurs enfants, dont Nicolas, conseiller au Parlement en 1751, maître des requêtes en 1755, intendant de Berry en 1764 et de Bordeaux en 1776[7].
Son portrait par Louis de Carmontelle est exposé au musée Condé de Chantilly[12].
Référence
- Société des bibliophiles de Guyenne, Sauveterre-de-Guyenne, 700 ans d'histoire, 1281-1981: actes du colloque tenu à Sauveterre-de-Guyenne les 5 et 6 décembre 1981 à l'occasion du septième centenaire de la ville, Librairie Droz, (ISBN 978-2-904532-02-3, lire en ligne)
- François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Dictionnaire De La Noblesse: Contenant les Généalogies, l'Histoire & la Chronologie des Familles Nobles de France, ..., (lire en ligne)
- Irène Passeron et François Prin, « Autographes et documents », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, no 49, , p. 345–395 (ISSN 0769-0886, DOI 10.4000/rde.5210, lire en ligne, consulté le )
- Michel Bourlet, Les grandes heures du château de la Chevrette à Deuil-la-Barre, FeniXX réédition numérique, (ISBN 978-2-402-23905-9, lire en ligne)
- ↑ Jean Le Rond d' Alembert, Correspondance générale, CNRS, (ISBN 978-2-271-08749-2, lire en ligne)
- ↑ Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Otise, L. Bernard, (lire en ligne)
- Ferdinand Galiani, Lettres de l'abbé Ferdinand Galiani à madame d'Epinay, Voltaire, Diderot, Grimm, le baron d'Holbach, Morellet, Suard, d'Alembert, Marmontel, la vicomtesse de Belsunce etc. Publiées d'après les éditions originales augmentées de variantes, de nombreuses notes et d'un index avec notice biographique, G. Charpentier, (lire en ligne)
- ↑ Vera L. Grayson, « Trois lettres inédites de Crébillon fils à Mme de Graffigny », Dix-Huitième Siècle, vol. 28, no 1, , p. 228 (DOI 10.3406/dhs.1996.2108, lire en ligne, consulté le )
- Claude Adrien Helvétius, Correspondance générale d'Helvétius, Volume V: Appendices et Index, University of Toronto Press, (ISBN 978-1-4426-5427-3, lire en ligne)
- Voltaire, Œuvres complètes de Voltaire : Poésies attribuées à Voltaire, Liverpool University Press, (ISBN 978-1-83764-003-4, lire en ligne)
- ↑ Journal de Paris, n°338, (lire en ligne)
- ↑ François Anatole Gruyer, Les Portraits de Carmontelle, Chantilly, (lire en ligne)
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