Marie de France (1145-1198)

| Régente |
|---|
| Comtesse |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Henri Ier de Champagne (de à ) |
| Enfants |
.svg.png)
Marie de France, aussi connue sous le nom de Marie de Champagne, née en 1145, et morte le [1], est la première fille de Louis VII le jeune, roi de France, et d'Aliénor d'Aquitaine. Elle est de ce fait la demi-sœur à la fois de Richard Cœur de Lion et de Philippe Auguste. Comtesse de Champagne par son mariage, elle assume trois fois la régence sur ses terres.
Biographie
Peu de temps après sa naissance, Geoffroy V d'Anjou en demande la main pour son fils Henri, mais sans succès. Le comte est loin d'imaginer qu'Henri épousera finalement la mère de Marie[2].
Après la séparation de ses parents en 1152, Marie est fiancée par son père à Henri Ier de Champagne, à qui elle a été promise durant la deuxième croisade, afin de renforcer des alliances politiques déterminantes, et s'attacher la maison de Blois-Champagne. Sa sœur cadette, Alix de France (1150-1197), est de même promise, en 1154, à Thibaut V de Blois, frère de son fiancé. Un ou deux ans après le départ de sa mère, Marie est envoyée auprès de son fiancé. Elle est éduquée par les religieuses de l'abbaye Saint-Pierre d'Avenay, près d'Épernay, en attendant son mariage et sa majorité canonique. En , Louis VII épouse la sœur de son fiancé, Adèle de Champagne. Ces trois unions entre les deux maisons sont consanguines[3],[4],[5].
En 1164, elle épouse Henri Ier le Libéral (1127 † 1181), comte de Champagne et de Brie, dont elle a quatre enfants qui laissent une postérité :
- Henri II (1166 † 1197), comte palatin de Champagne, puis roi de Jérusalem ;
- Marie (1174 † 1204), mariée en 1186 à Baudouin IX de Flandre, comte de Flandre et de Hainaut, puis empereur latin de Constantinople († 1206) ;
- Thibaut III (1179 † 1201), comte de Champagne ;
- Scholastique († 1219), mariée à Guillaume IV, comte de Mâcon († 1226).
Elle assume trois fois la régence du comté de Champagne : une première fois pendant l'absence de son époux parti combattre à Jérusalem de 1179 à 1181[6] ; puis à deux reprises au nom de son fils aîné, pendant sa minorité, jusqu'en 1187, et à partir de 1190, lorsqu'il part combattre en Terre sainte, épouse la reine de Jérusalem (), et devient roi de Jérusalem[7]. À la mort d'Henri II en 1197, elle laisse le pouvoir à son second fils Thibaut III et se retire au prieuré de Fontaine-Les Nonnes[8]. Elle meurt l'année suivante. Son tombeau, dans la cathédrale de Meaux, est détruit au XVIe siècle pendant les guerres de religion.
Sa présence à la cour lettrée d’Aliénor d'Aquitaine à Poitiers (1170-1173), longtemps envisagée sous l'influence du seul traité d'André le Chapelain, n'est plus désormais jugée crédible[9],[10],[11]. Elle tient elle-même une cour brillante et protège ou encourage plusieurs écrivains, dont Chrétien de Troyes, Gace Brulé, Gautier d'Arras, Guyot de Provins, Huon d'Oisy, Geoffroi de Villehardouin.
Ascendance
Références
- ↑ Jean Flori, Aliénor d'Aquitaine, La reine insoumise, Paris, Payot, , 545 p. (ISBN 2-228-89829-5), p. 250.
- ↑ Martin Aurell, Aliénor d'Aquitaine Souveraine femme, Paris, Flammarion, Grandes Biographies, , 503 p. (ISBN 978-2-08046324-1), p. 33
- ↑ Aurell 2024, p. 126-127.
- ↑ Turner 2011, p. 131.
- ↑ Flori 2004, p. 82.
- ↑ (en) Theodore Evergates, The aristocracy in the County of Champagne 1100-1300, University of Pennsylvania Press, , p. 24
- ↑ Jean Flori, Richard Cœur de Lion, Le roi-chevalier, Paris, Payot & Rivages, Biographies Payot, , 599 p. (ISBN 9782228892728), p. 170-171
- ↑ (en) Theodore Evergates, Marie of France : countess of Champagne, 1145-1198, Etats-Unis d'Amérique, Philadelphia : University of Pennsylvania Press, , 180 p. (ISBN 978-0-8122-5077-0), p. 63
- ↑ Ralph V. Turner, Aliénor d'Aquitaine, Paris, Fayard, , 485 p. (ISBN 978-2-213-66286-2), p. 244.
- ↑ Edmond-René Labande, « Les filles d'Aliénor d'Aquitaine : étude comparative », Cahiers de Civilisation Médiévale, vol. 29, nos 113-114, , p. 101-112, p.103 (lire en ligne)
- ↑ Flori 2004, p. 350.
Voir aussi
Bibliographie complémentaire
- June Hall Martin McCash, « Marie de Champagne and Eleanor of Aquitaine: A Relationship Reexamined », Speculum, vol. 54, no 4, , p. 698–711 (ISSN 0038-7134, DOI 10.2307/2850324).
- Theodore Evergates, Marie of France : Countess of Champagne, 1145-1198, University of Pennsylvania Press, 2019 (ISBN 9780812250770).
Liens externes
- Portail du Moyen Âge central
- Portail du royaume de France
- Portail du comté de Champagne
- Portail de l’Aube