Marie s'infiltre
Marie Benoliel

| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Marie Benoliel |
| Pseudonyme |
Marie s'infiltre |
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| Activités |
Marie s'infiltre, qui se fait désormais appeler par son nom de naissance Marie Benoliel, est une comédienne, humoriste et vidéaste web française, née le à Paris.
Elle s'est initialement fait connaître pour ses vidéos satiriques et des happenings sur les réseaux sociaux. En , elle produit, met en scène et joue dans son premier spectacle, Le Show inouï, retraçant la vie d'une usurpatrice.
Biographie
Marie Benoliel naît le [1]. Son père, avocat, et sa mère, experte en relations publiques, sont originaires d'Algérie et de Tunisie[2]. Elle se lance dans le théâtre et suit des cours de comédie au Cours Florent après une classe préparatoire hypokhâgne, khâgne, un passage à Sciences Po[3] et des études de droit[4],[5],[6].
Dès , elle se fait connaître auprès du grand public grâce aux vidéos postées sur sa chaîne YouTube où elle « s'infiltre » dans différents milieux[2],[5],[7], notamment lors d'un meeting de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de [5],[7], le meeting de Cédric Villani pour les municipales de à Paris[8], durant la Marche des fiertés de Paris en [9], ou bien lors du défilé Chanel en [8] où elle est reconduite vers la sortie par Gigi Hadid[10]. Après la vidéo de au meeting de Marine Le Pen, sa chaîne YouTube passe de 5 000 à 150 000 abonnés en quelques jours[11] ; elle est ensuite suivie par 227 000 abonnés en [10], 270 000 en [12],[13], 350 000 en [14].
Elle produit son premier spectacle solo au théâtre des Feux de la rampe tout au long de [4] puis, hebdomadairement, au Bus Palladium en [15]. De à , elle est chroniqueuse dans l'émission La Grande Darka de Cyril Hanouna sur C8[16].
En , elle réalise avec Maxime Allouche, son associé, une série de trois documentaires sur Dubaï, aux Émirats arabes unis, de manière clandestine en caméra cachée. Le sujet de départ est l'immigration d'influenceurs français[8], puis elle y révèle les conditions de travail et de vie des travailleurs immigrés. Elle met en lumière les dessous de la prostitution[14].
En , elle devient chroniqueuse pour La Grande Matinale de France Inter pour un « billet d'humour » dont les premières chroniques font rapidement l'objet de critiques négatives[17],[18],[19],[20],[8]. Elle répond dans C à vous le qu'elle ne se considère pas elle-même comme humoriste et que son objectif « n'est pas de faire rire »[21],[22],[23]. Sa chronique est déprogrammée fin [24].
En , elle annonce abandonner son nom de scène Marie s'infiltre, pour reprendre ses activités sous son nom de naissance Marie Benoliel[25].
Théâtre
En , elle écrit avec son ami Maxime Allouche son spectacle Marie s'infiltre sur scène qui deviendra Le Show inouï en [26].
Culot
En , elle entame la tournée de son spectacle Culot[27],[28],[2]. En , elle fait partie des humoristes ayant vendu le plus de billets, avec Alban Ivanov ou Gad Elmaleh[29]. La tournée se termine en [8].
Le spectacle mêle humour et participation du public. Les spectateurs sont invités à partager leurs peurs et leurs rêves via un système de messages anonymes lus en direct. Le show comprend également du chant, des chorégraphies et des séquences autobiographiques où l'artiste évoque notamment son parcours de Sciences Po aux cabinets ministériels avant sa reconversion vers le théâtre[2],[30],[31]. Le spectacle inclut une apparition vidéo de la ministre de la Culture, Rachida Dati[30],[31], et aborde le conflit israélo-palestinien[2],[8], Marie s'infiltre se présentant elle-même comme « juive arabe » et reprochant à ses parents de nier leurs origines maghrébines[2].
Culot reçoit un accueil mitigé chez la critique. Il reçoit des critiques favorables de Télérama[2] et de France Bleu, pour qui le spectacle « invite à l'audace », balayant « la bien-pensance moralisatrice »[28]. Pour Le Parisien et Marianne, le spectacle relève davantage du développement personnel que d'un spectacle d'humour traditionnel[30],[31]. Marianne estime que le spectacle, annoncé comme centré sur le public, reste largement centré sur l'artiste elle-même[31]. Le Parisien relève un accueil clivé parmi le public, certains spectateurs se disant « transformés » tandis que d'autres critiquent le format, estimant que l'artiste « se cache derrière son personnage »[30].
Vidéos Marie s'infiltre
Marie s'inflitre se veut être une satire de la société française de Marie Benoliel dans ses divers aspects, politiques et culturels. Ses interventions sont parfois controversées[32],[33],[8].
Burning Man
En , les deux réalisateurs associés se rendent à Burning Man afin de réaliser une vidéo satirique sur le plus grand événement participatif et artistique au monde, rassemblant 70 000 personnes chaque été dans le désert du Nevada. Dans cette vidéo documentaire de 30 minutes, elle montre la vie des festivaliers, les principes qui régissent leur communauté et leurs différentes activités notamment en filmant plusieurs participants en caméra cachée et sans leur demander leur autorisation. Elle conteste l'utopie créée dans ce festival[34]. La vidéo sera plusieurs fois censurée par YouTube[8].
Marche des fiertés
En , la jeune femme infiltre la Marche des fiertés[3],[6] et se répand en propos homophobes et en gestes déplacés, se faisant passer pour une militante de la Manif pour tous. Elle diffuse la vidéo de sa participation, en caméra cachée, sans l'accord des personnes filmées à cette occasion. Outre les propos blessants qu'elle y tient, et des gestes pouvant être assimilés à une agression sexuelle, son refus de supprimer la vidéo — alors que des personnes n'ayant pas fait leur coming out pouvaient éventuellement y figurer — choque plusieurs internautes et participants à la manifestation[9].
Gilets jaunes
En 2018, Marie s'infiltre se fait passer pour une journaliste de BFM TV lors d'une manifestation des Gilets jaunes[3]. Son intervention filmée est condamnée par plusieurs journalistes de la chaîne — Virginie Sainsily la jugeant « minable ». Dans un communiqué, BFM TV déplore que la comédienne ait créé « une importante confusion auprès des internautes qui relaient cette vidéo qui n'a pourtant aucun lien avec BFM TV, et jette le discrédit sur le travail de nos reporters sur le terrain », regrettant ainsi l'utilisation « abusive et dénigrante de son image »[35],[36].
Manifestation contre les violences faites aux femmes
En , la comédienne fait une apparition à la marche #NousToutes contre les féminicides à Paris, en traînant devant elle deux hommes, torse nu et tenus en laisse. Sa participation suscite l'embarras et l'incompréhension de plusieurs observateurs, qui y voient une volonté de créer un buzz inepte, ainsi qu'une caricature de leur cause[12],[8]. Interrogée à ce sujet, Caroline De Haas, dénonce sa « méconnaissance crasse de ce que sont vraiment les violences sexuelles », et un mépris à l'égard des « femmes touchées par ces violences qui étaient présentes dans le cortège »[37].
Meetings politiques
En , Marie s'infiltre au meeting de campagne de Marine Le Pen pour le premier tour à l'élection présidentielle. À la fin de la vidéo, elle monte sur scène pour faire des doigts d'honneur à l'assemblée avant de se faire sortir[38],[7],[3].
En , lorsqu'elle s'infiltre au meeting de Cédric Villani pour les municipales de à Paris, un passage du poème qu'elle déclame sur scène fait référence aux « gros lolos d'Anne Hidalgo », ce qui est critiqué comme une réflexion sexiste par Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes mais aussi candidate dans la liste de Benjamin Griveaux concurrente à celle de Villani[39]. L'Obs voit également un « registre qui flirte avec l'homophobie » dans le passage « Pas besoin de faire des calculs, pour voir que Griveaux, tu l'en… »[40],[3]. Le happening est dans un premier temps soupçonné d'être une mise en scène faite en accord avec Villani, avant qu'une vidéo présentant son intervention sous un autre angle ne montre qu'elle a d'abord été empêchée de monter sur scène par les agents de sécurité de Villani[39].
Dubai
En , pendant la pandémie de Covid-19, elle part à Dubai tourner une série de vidéos composée de trois épisodes, associe des séquences d'enquête et des mises en situation filmées en caméra cachée. L'un des épisodes, consacré au milieu des influenceurs, montre Marie S'infiltre interrogeant plusieurs influenceuses françaises sur leur rapport à la France dans un restaurant. Des images de cette séquence sont ultérieurement reprises dans la série La Fièvre, diffusée sur Canal+, sans mention explicite de l'artiste. Un autre épisode, intitulé Vice City, porte sur les conditions de vie et de travail des travailleurs immigrés à Dubaï. Ses méthodes d'infiltration sont néanmoins décriées par certains internautes et influenceurs[41],[42],[43].
Banlieues
En , elle passe plus de six mois dans les quartiers nord de Marseille et banlieues parisiennes, elle réalise quatre documentaires d'une heure, tous publiés sur YouTube. Elle aborde les sujets de la banalisation de la drogue et de la prostitution, la place de la femme et le rapport à la sexualité, ainsi que le rôle du politique et le rapport à la France[44],[45].
Mode et cinéma
En , Marie s'infiltre réalise un happening filmé lors du festival de Cannes, sans accréditation officielle[32],[46],[47]. En , elle s'infiltre sur le défilé de la maison Chanel au Grand Palais à Paris. Elle parvient à rejoindre le podium en se mêlant aux mannequins avant d'être reconduite hors de la scène par la mannequin Gigi Hadid[48],[10]. En , Marie s'infiltre monte sur la scène lors de la cérémonie des César avant de présenter son postérieur à la salle et d'y tenir un discours mêlant des jeux de mots sur les mots « cul » et « culture »[49],[50],[51]. La séquence fait réagir plusieurs téléspectateurs et des journalistes, certains y voyant une énième tentative de buzz dans le seul but « de faire parler d'elle, encore une fois »[52],[53].
Chroniques télévisées
- : Conversations avec Anna Cabana (i24News)[54]
- : La Grande Darka (C8)
Participations à Fort Boyard
En , Marie s'infiltre participe à l'émission Fort Boyard au profit de deux associations : le Centre de conservation des chimpanzés et Keep a Breast (en). Elle est en équipe avec Élie Semoun, Clémence Botino, Camille Lacourt, Gabin Tomasino et Loïc Legendre. Ils remportent la somme de 11 506 €[55].
En , elle participe de nouveau à Fort Boyard au profit de l'association Stand Speak Rise Up! qui lutte contre le viol de guerre[56]. Elle est en équipe avec Stéphane Bern, Théo Curin, Jimmy Mohamed, Frédérick Bousquet et Virginie Sainsily. Ils remportent la somme de 20 538 €[57],[58].
Israël et antisémitisme
En , le tribunal de grande instance de Paris ordonne la fermeture du site democratieparticipative.biz, qui a publié des textes et images violemment racistes et antisémites, notamment à l'égard de Marie s'infiltre[59],[60],[61].
En , son traitement du conflit israélo-palestinien dans le spectacle Culot fait polémique, notamment lorsqu'elle divise son public entre « les gauchos, les islamo-gauchos, les rebeux » auxquels elle assigne le rôle de représentants de la Palestine, et « les sionistes, les Sarkozystes, les dentistes », qu'elle appelle à « être très fiers » d'Israël, avant un discours sur la réconciliation. La légèreté de l'approche, dans un contexte de guerre à Gaza et de crise humanitaire, fait réagir[8],[62],[63]. L'humoriste belge Florence Mendez lui reproche entre autres d'« entretenir un narratif tronqué et dangereux du conflit entre voisins, qu'un peu d'amour et de bonne volonté suffirait à résoudre »[27].
En , elle affirme sur une de ses publications Instagram que lors de la marche contre le racisme du , un slogan antisémite « à bas l'État, les Juifs et les fachos » a été scandé, ce qui a été démenti par l'ensemble des journalistes présents sur place[27].
En , elle affirme avoir été exclue d'une terrasse de café à Marseille « parce que juive »[64]. Le site Arrêt sur images indique que l'information a été reprise sans contradictoire par la plupart des médias et personnalités politiques[27]. Les militants pro-palestiniens mis en cause réfutent tout propos antisémites ou racistes et dénoncent une « posture agressive » de la part de la comédienne[27]. De plus, selon Rafik Chekkat, avocat des militants, elle n'a pas été chassée de l'établissement mais est partie de sa propre initiative, version confirmée par le gérant du café[65].
Apparitions
2025 : Fort Boyard : participation[66]
Discographie
Album
- Couvre feu
- Culot
- Coup de théâtre
- Dubaï
Clips
- : Culot
- : Coup de théâtre
- : Couvre feu
- : Dubaï
- : Nuit parisienne
- : Moula
- : Fais ce qu’il te plait
- : Été sauvage
- : Embrasse-moi
- : Dernier Voyage
- : Elle danse
- : Je veux rire
Publication
- L'Évangile selon Marie s'infiltre, le guide de l'Infiltration qui va changer votre vie, Neuilly-sur-Seine, Michel Lafon, , 199 p. (ISBN 978-2-7499-4419-7 et 978-2-7499-4195-0, lire en ligne
)[8].
Notes et références
- ↑ « Marie Benoliel », sur tpa.fr, Théâtres et producteurs associés (consulté le ).
- Fabienne Pascaud, « “Désobéir, oser et jouir !” : Marie s'infiltre et ne connaît pas de limites »
, Télérama, (consulté le ).
- Dorman 2020.
- Anthony Verdot-Belaval, « Marie s'infiltre ou la madame-sans-gêne 2.0 », Paris Match, .
- Clément Arbrun, « Marie s'infiltre, la madame-sans-gêne qui irrite les fachos (et les autres) sur YouTube », sur ChEEk Magazine, (version du sur Internet Archive).
- Virginie Nussbaum, « Marie s'infiltre, culottée et libre », Le Temps, .
- Clément Arbrun, « Meeting du FN : Marie s'infiltre dans le public, et finit sur scène à faire des doigts d'honneur », Les Inrockuptibles, .
- Leonie Dutrievoz, « Marie s'infiltre, la reine de la gênance fait-elle toujours rire ? », Madame Figaro, .
- Antoine Patinet, « La vidéo de "Marie s'infiltre" à la Marche des fiertés ne passe pas… du tout », Têtu, (consulté le ).
- Benjamin Pierret, AFP, « La YouTubeuse Marie S'Infiltre s'incruste au défilé Chanel et se fait éjecter par Gigi Hadid », BFM TV, .
- ↑ Anna Simone, « Marie s'infiltre : avant son bide sur France Inter, son premier gros buzz, c'était avec Marine Le Pen », Public, .
- Élodie Poinsot, « Marie S'infiltre répond aux critiques mais ne convainc pas grand monde, pas même son père : "J'aurais préféré qu'elle fasse autre chose" », sur programme-tv.net, Télé-Loisirs, .
- ↑ Dylan Dusart et Hervé Naudot, « La vidéo de «l'humoriste» Marie s'infiltre met les Lensois en colère, et pour cause »
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- ↑ Solenne Bertrand, « L'humoriste Marie s'infiltre affirme avoir été « chassée » d’un bar de Marseille parce qu'elle était « juive » », Le Parisien, (consulté le ).
- ↑ Mathilde Ceilles, « Altercation antisémite contre Marie S'infiltre : l'avocat des mis en cause à Marseille dément toute agression », Le Figaro, .
- ↑ « Candidats Fort Boyard 2025 »
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Veronika Dorman, « Le portrait : Marie S'Infiltre, madame sans gêne »
, Libération, . 
Articles connexes
Liens externes
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