Marin Alsop

Marin Alsop
Marin Alsop (à droite).
Fonctions
Chef principal (d)
Ravinia Festival (en)
depuis
Chef principal (d)
Orchestre symphonique de la radio de Vienne
depuis le
Directrice musicale
Orchestre symphonique de l'État de São Paulo
-
Chef principal (d)
Orchestre symphonique de l'État de São Paulo
-
Directrice musicale
Orchestre symphonique de Baltimore
-
Chef principal (d)
Orchestre symphonique de Bournemouth
-
Cheffe d'orchestre
Orchestre symphonique de Saint Louis
-
Directrice musicale
Orchestre symphonique du Colorado
-
Directrice musicale
Cabrillo Festival of Contemporary Music (en)
-
Directrice musicale
Eugene Symphony (en)
-
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Instrument
Label
Maîtres
Leonard Bernstein, Gustav Meier (en)
Genre artistique
Site web
Distinctions
Liste détaillée
Prix MacArthur ()
Royal Philharmonic Society Award (BBC Radio 3 Listeners' Award) (d) ()
Membre de l'Académie américaine des arts et des sciences ()
Crystal Award ()
Ditson Conductor's Award (en)
Classic BRIT Awards

Marin Alsop, née le à Manhattan, est une cheffe d'orchestre américaine.

Née à Manhattan à New York, elle étudie à l'université Yale puis à la Juilliard School. Elle étudie auprès de Leonard Bernstein, Seiji Ozawa et Gustav Meier. Elle succède à Philippe Entremont à la direction musicale de l'Orchestre symphonique du Colorado de 1993 à 2005. De 2002 à 2008, elle dirige l'orchestre symphonique de Bournemouth, et de 2007 à 2021 l'Orchestre symphonique de Baltimore, succédant à Iouri Temirkanov. À partir de , pour une période reconductible de trois ans, elle est à la tête de l'Orchestre symphonique de la radio de Vienne, première directrice musicale depuis sa création en 1945.

Elle est désignée artiste de l'année 2003 par le magazine musical Gramophone et reçoit le prix de chef d'orchestre de la Royal Philharmonic Society au cours de la même saison. Le , elle devient le premier chef d'orchestre à recevoir le Prix MacArthur.

Son répertoire s'étend de Brahms à Tōru Takemitsu, Philip Glass et John Adams, en passant par Tchaïkovski, Béla Bartók, Samuel Barber ou Leonard Bernstein.

Biographie

Enfance et adolescence

Elle naît le [1].

Ses deux parents sont musiciens[2].

Dans une interview, Marin Alsop déclare « Un jour ils étaient à table pour le petit déjeuner, et ils se sont dits — nous devrions former un trio. Faisons un pianiste ![3],[4] »

À deux ans, elle étudie le piano ; elle dira que « ce n’était pas [s]on instrument » ; à l’âge de cinq ans, ses parents lui donnent un violon. Elle est récalcitrante. Ses parents l'envoient en colonie de vacances musicale ; elle travaille chaque jour au violon. « Mais j’y ai pris goût, et j’ai commencé à m’entraîner pour de bon » dira-t-elle. À part un peu de guitare à une autre période, elle ne quittera plus le violon[3].

Formation

À sept ans, elle intègre la Juilliard School of Music[5].

À neuf ans, elle est réprimandée par le directeur des études pour vouloir « diriger l’orchestre depuis le fond des deuxièmes violons. »[réf. nécessaire]. Il semble qu’elle bouge, sourit, s’amuse en jouant.

Découverte de Bernstein

Peu après, son père l’emmène à un concert dirigé par Léonard Bernstein, un de ses Young People’s Concerts, dans lesquels le chef explique une œuvre aux jeunes auditeurs. Elle remarque que cet homme bouge, sourit et s’amuse, et personne n'y trouve rien à redire. Elle note : « Lorsqu’il se tournait vers nous pour parler de l’œuvre, je croyais qu’il me parlait directement. » Elle dit à son père : « C’est ça que je veux faire ! »[6].

Marin annonce à son professeur de violon qu’elle veut devenir cheffe d’orchestre ; il répond : « Impossible, tu es une fille. »

Un matin, Lamar Alsop pose devant elle une boîte en bois, contenant un jeu de baguettes faites à la main par lui. Elle gardera toujours cette boîte et utilise toujours ces baguettes[4],[7].

La famille avait une résidence secondaire, dans la partie rurale de l’État de New York ; ils vivaient avec une petite cuisine et une seule salle de bains, mais avec une salle de concert capable de recevoir 300 spectateurs. Les Alsop et leurs amis donnaient régulièrement des concerts : « C’était la meilleure formation en musique que j’aurais pu avoir. ».

Vers 12 ans, Marin Alsop découvre le Sextette en si bémol de Johannes Brahms[8],[9] ; elle acquiert l’enregistrement et l'écoute en boucle : « On voyait pratiquement à travers »[10].

Elle racontera qu’elle se sentait seule, différente des autres enfants : être violoniste lui donnait le sentiment d’être à part.

1972-1979 : Yale et la Juillard School

En 1971, elle est violoniste de rue devant la cathédrale de New York[11].

À 15 ans, elle entame des études supérieures à Yale, mais sans déclarer une discipline. Elle penche pour les mathématiques. Elle découvre la musique contemporaine : les Contrasts de Bartok pour clarinette, violon et piano. Il ne lui plaît pas : « Oh, je ne supporte pas cette musique contemporaine ! ».

À l’âge de 17 ans, elle commence à jouer dans des ensembles menés par des compositeurs : Philip Glass et Steve Reich. Son goût pour le contemporain se développe. Elle fondera un orchestre consacré au nouveau répertoire et à soutenir des compositeurs vivants durant sa carrière[12],[13],[14],[15].

En 1976, elle commence à diriger, en invitant des amis chez elle.

Elle sort de la Juilliard School avec une licence (1977) et une maîtrise (1978) en violon. Elle essaie plusieurs fois d’entrer dans le programme de direction de Juilliard. Elle prend des leçons privées avec Carl Bamberger) (1979). Elle travaille comme violoniste, y compris dans l’orchestre de ses parents, au New York Philharmonic, New York Chamber Symphony, American Composers Orchestra et, semble-t-il, comme premier violon de l'American Symphony. Elle joue aussi dans des comédies musicales, des musiques de pub et des bandes de films[16],[17],[18],[19].

1981 : violoniste de rock. String Fever

Elle décide de se convertir en violoniste rock, sans rien savoir sur le style rock pour le violon[20]. Elle fonde un ensemble de 14 joueuses de cordes (et une percussionniste) pour jouer des partitions de jazz. Le compositeur qui compose leur premier morceau l’entend dire : « On jouait comme si c’était du Mozart. ». Elles travaillent pour acquérir un style approprié, et, avec l’aide de plusieurs compositeurs, développent leur répertoire et leur réputation. L’ensemble joue sur des disques de Billy Joel. Elle a du mal à garder des musiciennes dans l’ensemble, et renoncera. Le dernier compte-rendu du New York Times est daté du [21],[22],[17],[23].

1984 : fondation de l'orchestre Concordia

Elle économise 10 000 $ et trouve un mécène, Monsieur Taki. Elle fonde l’orchestre Concordia. Il compte 35 musiciens au début, et se présente comme un orchestre mélangeant la musique classique et le jazz.

Sa première critique, en 1985, est mauvaise. Elle la résume : « On devrait croire que c’est une personne de talent, mais on ne le croit pas. ». Elle dit avoir passé deux jours alitée[8],[24].

Pendant les années 1980, l’ensemble reçoit des critiques diverses. Il montre les prédilections de Marin, pour lesquelles elle se fait féliciter : combinaison d’œuvres classiques et contemporaines, accent sur la musique américaine, concerts d’œuvres oubliées ou inconnues, solistes ou collaborations insolites, présentation de partitions de film (et même de dessin animé !), encouragement de nouveaux compositeurs (et même un concours de composition en 1993).

Cette expérience lui apprend à chercher des financements, vendre son ensemble, à établir et traiter avec un conseil d’administration, jusqu'à fixer le prix des places[25],[26],[27],[28],[29],[30],[31],[13].

L’orchestre compte 50 musiciens en 1990. Elle affectionne cet ensemble : « Je veux rester toujours en contact avec un groupe qui m’a enrichie. ». Elle le quitte en 2000. Le dernier compte-rendu apparaît dans le New York Times en [32],[33],[34],[35].

Elle étudie la direction d’orchestre avec Harold Farberman (1985).

1987 : audition devant Bernstein

Elle a pour objectif d'entrer dans le programme de direction d'orchestre de l’école d’été du Boston Symphony Orchestra, connu mondialement sous le nom de Tanglewood. Elle doit auditionner pour le directeur du programme, Bernstein, pendant qu'il est au Schleswig-Holstein, en répétition avec l’orchestre de Juillard. C'est un échec : « Il est arrivé en retard et de très mauvaise humeur. » dira-t-elle.

Disponible actuellement sur le site du Baltimore Symphony Orchestra, un enregistrement de télévision montre un moment de son audition. Bernstein ne regarde pas la jeune chef, et l’interrompt au tout début de son morceau, la deuxième symphonie de Beethoven : « Pourquoi est-ce que vous laissez un silence après ce point d’orgue ? » On le voit ensuite diriger derrière elle[36],[37],[38].

1988-1989 : Tanglewood, Stokowski, postes

Bernstein accueille Marin à Tanglewood en été 1988, à sa cinquième tentative. Elle reçoit le Leonard Bernstein Fellowship, poste prestigieux à Tanglewood, et une mention honorifique qu’elle recevra à nouveau pour l’été 1989, ainsi que le prix Koussevitsky (décerné pour la première fois depuis dix ans). Elle essaie de passer autant de temps que possible avec Bernstein, jusqu’à l’écouter chantonner des chansons des Beatles pendant toute une nuit[36],[39],[40],[13].

Elle dirige une œuvre entière pendant cette saison d’été, la 3e symphonie de Roy Harris. Elle découvre qu’elle partage le programme avec Bernstein, et devient « la vedette de la saison » avec ce concert[36],[8],[41].

Leur rapport sont tendus. Un jour, il lui dit : « Je ne comprends pas. Lorsque je ferme les yeux, j’oublie que vous êtes une femme. » Elle aurait répondu : « Eh bien, si ça vous rend plus à l’aise, pourquoi ne pas garder les yeux fermés ? ». Elle juge que Bernstein « était à la fois en avance sur son temps et avec son temps ; il n’était pas à l’aise avec l’idée d’une femme devant un orchestre. »[42],[7]

En 1988, elle devient chef assistante au Richmond Symphony. Le , elle participe au concours Stokowski, soutenu par l’American Symphony Orchestra. Elle est finaliste mais ne décroche pas le prix. Le critique du New York Times trouve sa direction supérieure : « Les premières mesures de sa symphonie Pathétique étaient celles de la soirée qui ont le plus fait pour nous faire oublier pendant un moment qu’il s’agissait d’un concours : là, il y avait de la musique. » Les musiciens, dans un sondage, la préfèrent aussi au gagnant. Elle sera membre du jury pour ce concours en 1994[43],[44].

Carrière américaine

En , elle débute avec le New World Symphony à Miami, et, en juin, elle dirige l’orchestre du New York City Ballet dans le concerto pour violon de Samuel Barber, avec son père comme soliste (et sur la chorégraphie de Peter Martins)[45],[46].

En , le Long Island Philharmonic la nomme directrice musicale de l’orchestre à partir de la saison 1990-1991. Elle renouvellera le contrat pour deux années en 1992. Avec cet orchestre, elle commence à parler au public, au début du concert, à propos des œuvres du programme[39],[47].

1990-1999 : hyper-activité

Elle « passe de quatre concerts par an à près de cinquante », et gère ses orchestres et ses voyages[47].

Entre et , elle accepte la direction du Eugene Symphony Orchestra dans l’Oregon, en plus de ceux de Long Island, Concordia, et Richmond[48].

Le , elle dirige le New York Philharmonic, à un festival d’été à la ville de Valhalla. À la même époque, elle aurait dirigé aussi le National Symphony, le Los Angeles Philharmonic et le Philadelphia Orchestra. Elle est la première femme à diriger le Boston Symphony Orchestra[49],[50],[17],[51].

En , elle enregistre son premier CD, avec Concordia. Elle est directrice musicale du festival d’été de Santa Cruz, le Cabrillo Festival of Contemporary Music, en été 1992. Ce festival gagnera chaque année des récompenses[52].

Elle dirige le Colorado Symphony, sa première directrice. L’annonce est faite en , elle commence en septembre. La même année, elle dirige son premier concert en Europe, au festival de Schleswig-Holstein[53],[54].

En 1991, elle crée la polémique en refusant d'utiliser le système d’amplification de la salle où le Eugene Symphony se présente[55] ; en 1992-1993, elle négocie avec les musiciens du Long Island Symphony, sur leur droit de participer au choix de nouveaux membres de l’orchestre ; elle met sa démission en jeu : sa dernière saison de concerts avec cet ensemble sera 1994-1995, et ses derniers concerts en [56],[57],[58],[59].

En 1993, elle réalise une version gospel du Messie de Haendel. Too Hot to Handel est créé à New York et devient incontournable à Denver, à New York et à Baltimore[51].

En 1994, l'Orchestre symphonique de Saint-Louis la nomme au poste de chef créatif[60].

À partir de 1995, elle dirige souvent le Atlanta Symphony, alors à la recherche d'un directeur. En 1995, elle dirige le National Orchestral Institute Philharmonic à College Park et le St. Louis Symphony à Saint-Louis[61],[62].

En 1998, elle dirige le Hollywood Bowl Symphony à Los Angeles, le Philadelphia Orchestra à Philadelphie, le Texas Festival Orchestra, l’orchestre du ballet de Hambourg à New York[63],[64],[65].

En 1999, elle dirige des concerts du New York Philharmonic pour le centenaire d’Aaron Copland à New York (c’est la première fois qu’elle dirige cet orchestre pendant la saison régulière)[66],[67],[68],[69],[34].

2000-2010 : le succès

En 2001, elle dirige le Minnesota Orchestra à Minneapolis. Elle retourne à Eugene pour présenter un de ses concerts au thème féminin[70],[71],[23],[72].

Elle quitte le Colorado Symphony mais continue de lui donner six semaines par saison en 2002-2003 et 2003-2004. Elle termine son mandat de directrice officiellement en [14],[73].

En , elle fait son premier concert au festival Ravinia, présenté par le Chicago Symphony Orchestra[7],[74]. Elle le dirigera pendant six ans ; dès le deuxième concert, elle reçoit les éloges des critiques et « elle a les musiciens dans sa poche. »[14],[60].

En 2003, elle retourne à Eugene, et dirige le Minnesota Orchestra à Minneapolis,

En 2004, elle dirige une version concert de Candide de Bernstein, avec le New York Philharmonic. La production reçoit des nominations aux Tony (récompenses pour le théâtre américain). Elle dirige les orchestres d’Atlanta, Los Angeles, Cincinnati, Minneapolis et St. Louis[75],[76].

2005 : un tournant

Quand elle est nommée directrice musicale du Baltimore Symphony Orchestra, les musiciens réagissent mal ; l’information paraît dans les journaux ; encore aujourd’hui, on peut lire en ligne : « Cette chef ne doit pas valoir grand-chose puisque 90 % de l’orchestre avait voté contre elle. ». Elle décide de leur parler : leurs problèmes, les solutions qu’elle envisage, et leur offre un temps de réflexion. Les musiciens la rappellent tout de suite[77],[4],[16]. Une conférence de presse se tient le , pour éclaircir le sujet[78],[79],[80].

En 2006, elle débute avec le National Opera à Washington. Elle participe au sommet économique de Davos et inaugure des discussions sur la musique, Marin on Music, à la radio nationale publique américaine.

2007 : Le Baltimore Symphony Orchestra

Marin sera cette année la première femme nommée à un orchestre américain majeur : le BSO fait partie des 17 orchestres du premier échelon, selon leur budget et la longueur de leur saison.

Elle dirige le budget (sorti de son déficit dès 2008), une programmation innovante, crée de nombreuses œuvres, fait des enregistrements : les dernières symphonies de Dvořák, et un CD de Gershwin, utilisant des harmonisations moins connues, et avec le concours de Jean-Yves Thibaudet.

Malgré un déménagement au Maryland, elle travaillera avec Baltimore jusqu’en 2015.

En 2008, elle donne son premier concert au Carnegie Hall à New York, à la tête du Baltimore Symphony[81],[82].

Carrière d'opéra

Sans être spécialiste d'opéra, elle a dirigé :

et, en version de concert :

Carrière internationale

En 1998, elle dirige le City of London Symphony à Bruxelles. En 1999, elle dirige en Europe[83]. Elle dirige l’Orchestra of the Age of Enlightenment à Londres.

En 2000, sa carrière devient internationale[84]. Elle est nommée chef invitée principale au City of London Sinfonia et Royal Scottish National Orchestra, deux postes qu’elle occupera jusqu’en 2003[85].

En 2001, elle dirige le Vlaams Radio Orchestra à Bruxelles, le National Symphony à Washington (un programme sur « la femme dans la salle de concert »), le London Symphony Orchestra à Daytona Beach,

En , après quelques concerts en tant que chef invitée, elle est invitée à un séjour dans le sud-ouest de l'Angleterre, à la tête de l’orchestre « qui voyage le plus de tous les orchestres » (dans sa région), le Bournemouth Symphony Orchestra.

En 2003, elle dirige le City of London Sinfonia à Londres, amène son orchestre de Bournemouth aux fameux « Proms » de Londres. Aux Proms[86] de 2003, la critique remarque un ensemble « alerte et plein de répondant ». Elle crée un festival basé sur la musique de Bartok, enregistre plusieurs de ses œuvres avec cet orchestre. Lorsqu’elle quitte l’ensemble en 2008, le critique du Telegraph parle de l’ épine dorsale qu’elle lui aura donnée. Pendant ce séjour, elle dirige aussi l’Orchestra of Birmingham City[87],[88],[89],[90].

En 2004, elle dirige le National Youth Orchestra à Birmingham, le London Symphony Orchestra à Londres[91],[92].

En 2006, elle débute avec les orchestres du Tonhalle et du Concertgebouw, d'Amsterdam.

À partir de 2012, elle sera en même temps chef principal de l’Orchestre symphonique de São Paulo, au Brésil, et artiste en résidence à Southbank, avec le London Philharmonic pendant la saison 2011-2012. Elle fêtera son vingtième festival de Cabrillo en , et le cinquantième festival en 2012[93],[94].

En , et en , elle dirige l'Orchestre national de Belgique pour les six soirées de la finale du Concours musical international Reine-Élisabeth-de-Belgique.

À partir de , pour une période reconductible de trois ans, elle est à la tête de l'orchestre symphonique de la radio de Vienne, première directrice musicale depuis sa création en 1945[95].

En 2023, elle est nommée directrice artistique et cheffe de l'Orchestre symphonique national de la radio polonaise, à compter de la saison 2023-2024, pour une durée de trois ans[96].

Vie privée

Marin Alsop est en couple avec la corniste Kristin Jurkscheit[97].

Leur fils, Auden, naît en , porté par sa partenaire. Cette grande aventure la surprend : « On se dit que, une fois que l’enfant naît, les choses peuvent revenir au normal. C’est là que l’on découvre que rien ne sera plus normal. ». Des réflexions sur sa vie de famille et sur son fils apparaissent dans ses interviews[98],[99],[100],[101],[102],[103],[104].

En 2010, sa partenaire de vingt ans, la corniste Kristin Jurkscheit, et leur fils, Auden, déménagent au Maryland.

Elle reste discrète sur sa vie privée. Elle n'en parle que depuis la naissance de son fils. Elle fait discrètement des gestes de soutien à la communauté homosexuelle[105].

Activités pédagogiques

En 1990, en décembre, elle visite une école primaire qui ne peut plus payer un professeur de musique pour jouer et diriger d’autres musiciens et les élèves. Il s’agit d’un programme mensuel. Elle ajoute cette activité, dans le cadre de son travail avec Concordia, et l’étend au Long Island Philharmonic[17],[106].

En 1994, elle écrit un essai pour l’Association nationale des chefs d’orchestre : une longue liste de titres suit son nom[107].

Dès 2008, elle utilise sa bourse MacArthur, pour fonder Orchkids, un programme pour initier les enfants de Baltimore à la musique classique et aux instruments. Aujourd’hui, 60 000 jeunes s’entraînent après l’école, grâce à ce programme[16],[108]. Le programme a reçu des félicitations au niveau national[109]. Elle a fait un don de 100 000 $ pour l’établissement du programme Orchkids et 50 000 $, deux années de suite, lors de la crise économique.

Elle organise des Académie et des répétitions pour les musiciens au chômage.

Elle engage des solistes « insolites » : Shodekeh, percussionniste vocal ; Savion Glover, danseur de claquettes ; Trey Anastasio, chanteur et guitariste du groupe Phish.

Elle fait des causeries avant ou après les concerts, organise une série de concerts-leçons, Off the Cuff.

Elle suscite des concerts en tous genres : LIFE, concert multimédia, partition de Philip Glass, images de Frans Lanting ; Icarus at the Edge of Time, concert multimédia, partition de Philip Glass, récit de Brian Greene, film de Al + Al ; un festival de musique, chaque été, récompensé pour ses programmes : le Cabrillo Festival of Contemporary Music à Santa Cruz, en Californie.

Elle engage de jeunes talents : Colin Curry, Lukas Vondraček et Sergio Tiempo ; elle s'implique dans le Concours Reine Elisabeth à Bruxelles, où elle travaille avec 12 jeunes pianistes, et dirige l’Orchestre national de Belgique pour la finale, en .

Elle anime une formation pour chefs d’orchestre : le Taki Concordia Fellowship. Les lauréates ont été Mei-Ann Chen, directrice musicale du Memphis Symphony ; Jeri Lynne Johnson, directrice musicale du Black Pearl Chamber Orchestra de Philadelphie ; Laura Jackson, directrice musicale du Reno Philharmonic ; Carolyn Kuan, future directice musicale du Hartford Symphony (CT).

Récompenses

En 2003, elle reçoit la récompense Artiste de l’année de la revue Gramophone et la récompense de meilleur chef d’orchestre de la Royal Philharmonic Society. Cette dernière loue « la discipline impressionnante, l’humanité, la sensibilité qui lui permettent de communiquer des idées fraîches et stimulantes avec conviction ». Elle participe au jury de Masterprize, un concours international de composition[110],[103].

En 2005, elle est nommée artiste de l’année pour les Classical BRIT Awards et reçoit une bourse MacArthur (500 000 $). Elle l'utilise pour fonder une bourse d’études de direction d’orchestre pour jeunes femmes, le Taki Concordia Fellowship[111].

En 2007, elle reçoit la récompense European Woman of Achievement.

En 2008, elle reçoit la récompense Theodore Thomas de l’Association Américaine des Chefs d’Orchestre et elle est nommée à l’Académie des Arts et Sciences.

Notes et références

  1. « Marin Alsop : podcasts et actualités », sur Radio France, (consulté le )
  2. (en) « A Trailblazing Female Conductor Is Still Alone on the Trail (Published 2021) », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Entretien télévisé avec Charlie Rose, 15 janvier 2008.
  4. Entretien pour la télévision hollandais sur l’émission De Artistenfoyer, avril 2010.
  5. « "Lorsque j'ai vu Bernstein diriger, j'ai su : je voulais être ce chef d'orchestre !" : épisode 1/5 du podcast Marin Alsop, femme de tête », sur France Musique, (consulté le )
  6. Webumentary André Watts Plays Brahms.
  7. « Conductor Marin Alsop is happiest when she isn’t noticed », Chicago Tribune, 9 juillet 2002.
  8. « Portrait of the Artist », The Guardian 14 juin 2010.
  9. « First Loves: Conductor Marin Alsop - Bowled Over By Brahms », National Public Radio, septembre 2010.
  10. Webumentary, « Tchaikovsky’s Fifth ».
  11. « Charlie Rose | charlierose.com » [archive du ], sur www.charlierose.com (consulté le )
  12. « Classical Archives Interviews Marin Alsop », 20 août 2009
  13. « Female conductor presses against music’s glass ceiling », Dallas Morning News 25 février 2005
  14. « jewishcolorado.org » 2003
  15. « Entretien, « weekend Edition Saturday », National Public Radio, 14 septembre 2007
  16. « The X factor : Marin Alsop », Independent News 10 juillet 2006
  17. « About New York ; Still Learning From the Music And the Master », New York Times 19 décembre 1990
  18. « An adagio for strings, and for the ages », New York Times 7 mars 2010
  19. « Cabrillo Festival’s MarinAlsop », Mercury News 6 août 2009
  20. Discussion avec le public, Litchfield (R-U), juillet 2008.
  21. « Jazz: String Fever Plays », New York Times 7 mai 1982
  22. « New York by Day: There’s More Than One String to a Fiddle », New York Times 24 août 1983
  23. « Footlights », New York Times 31 mai 2001
  24. « Concert: Concordia », 9 juin 1989-5. L’article ne contient pas la citation exacte de Mme Alsop.
  25. « Concert: Concordia », New York Times 8 juin 1986
  26. « Music: Concordia Group in 20th-Century Works », New York Times 7 juin 1987
  27. « Reviews/Music ; Program of Americana By Concordia Ensemble », New York Times 12 juin 1988
  28. « Music in Review », New York Times 11 juin 1991
  29. « Review/Concert ; Populism and High Art in Concordia Bill », New York Times 27 octobre 1991
  30. « Pop Music ; A Pianist With Harlem on His Mind », New York Times 16 février 1992
  31. « Classical Music in Review », New York Times 18 mars 1993
  32. « Review/Music ; Two Chamber Orchestras And Their Idiosyncrasies », New York Times 10 novembre 1990
  33. Conversation avec le public, Lichfield (R-U), Angleterre, juillet 2008
  34. « Music ; An Orchestra’s Success Breeds a Sequel », New York Times 30 avril 2000
  35. « Classical Music and Dance Guide », New York Times 19 avril 2002
  36. « In concert with Lenny », Rocky Mountain News 14 mai 2002
  37. « Ellen, Marin, and Lenny », http://www.bsomusicians.org/UserFiles/Video/Marin&Lenny.mov
  38. Webumentary « Bernstein’s Mass », http://www.bsomusic.org/main.taf?p=3,1,4,3
  39. « The L.I. Philharmonic Names Music Director », New York Times 9 septembre 1989
  40. « Leonard Bernstein: ‘charismatic, pompous - and a great father' », London Times 13 mars 2010
  41. « BSO to Pass Baton To Marin Alsop », Washington Post 16 juillet 2005
  42. « Leonard Bernstein : ‘charismatic, pompous - and a great father' », London Times 13 mars 2010
  43. « Review/Music ; Four Conducting Contestants Show Their Stuff », New York Times 20 janvier 1989
  44. « Music Notes », New York Times 21 juin 1994
  45. « Music, Maestra, Please », New York Times 16 avril 1989
  46. « Review/Dance; Peaceful Coexistence in Martins Work » New York Times 4 juin 1989
  47. « Classical Music in Review », New York Times 22 septembre 1992
  48. « New Leader Looks to Past At American Symphony », New York Times 13 avril 1990
  49. « ‘Phil’ brings a friend », Rocky Mountain News 20 juillet 2006
  50. « Music ; Orchestra Making Its 10thVisit », New York Times 29 juillet 1990
  51. « Season’s Sounds : Handel to Handbells », New York Times 12 décembre 1993
  52. « Classical Music ; Aloft on the Breeze, Charms to Soothe The Savage Breast », New York Times 17 mai 1992
  53. « Music Notes ; Restored Works From a ‘Paradise Ghetto’ », New York Times 17 avril 1993
  54. « Arts Briefing », New York Times 29 avril 2004
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  57. « Music Notes ; Found : Unknown Music and Inkblots by Purcell », New York Times 13 décembre 1993
  58. « Long Island Guide », New York Times 12 mai 1996
  59. « Alsop Taking Podium for Last Time », New York Times 19 mai 1996
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  61. « Music ; The Atlanta Symphony Gets a Jolt of Energy », New York Times 16 décembre 2001
  62. « Classical Music ; Symphonies and Solos, and Crickets Join In », New York Times 14 mai 1995
  63. « Spring-Summer ’98 ; ‘Happy Birthday’ and Variations », New York Times 15 mars 1998
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Voir aussi

Discographie

Liens externes

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