Mario Gradi

Mario Gradi
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Fonction
Conseiller à la chambre des Corporations
XXXe législature du royaume d'Italie
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Biographie
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Inconnue
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Organisation
Parti politique

Mario Gradi, né le à Rome et mort à une date inconnue, est un syndicaliste et homme politique fasciste italien.

Biographie

Carrière

Issu des rangs de la jeunesse nationaliste, Mario Gradi adhéra dès janvier 1921 à l’Avanguardia giovanile fascista et eut l’occasion de « participer » à la Marche sur Rome, bien qu’il se trouvât déjà dans la Capitale[1].

Après une brève période à la direction du Gruppo universitario fascista (GUF) romain et à l’Opera Nazionale Balilla, il entra en 1926 dans le secteur syndical d’abord à Rome, puis à Pérouse où il atteignit la charge de secrétaire de l’Union provinciale des travailleurs de l’industrie[1]. En 1934-35 il occupa une charge analogue à Bologne. Après la parenthèse de la guerre d’Éthiopie, à laquelle il prit part, il fut transféré à Rome pour diriger d’importants bureaux de la Confédération fasciste des travailleurs de l’industrie (chef du service des affaires syndicales, chef du service économique corporatif, secrétaire de la Fédération nationale des travailleurs de l’eau, du gaz et de l’électricité)[1]. Il collabora également à de nombreuses revues, comme la Rivista del lavoro, et publia le livre Fascismo, rivoluzione del lavoro en 1938[1].

Lois raciales

Au moment des lois raciales de 1938 et la doctrine de la race nazie, Gradi s'y opposa expliquant que : « Parmi nous, les critiques et les réserves étaient fréquentes et vives à l’égard de la doctrine raciale, perçue comme une intrusion intolérable dans notre édifice idéologique, ainsi que concernant le rapprochement avec l’Allemagne »[2]; il resta par la suite convaincu que :

« la conception raciste était en contradiction flagrante avec les principes spiritualistes et volontaristes qui avaient conféré au fascisme un caractère universel […]. On peut donc affirmer que, même si le régime a promulgué dans ses dernières années des mesures restrictives à l’encontre des Juifs, le fascisme en tant que mouvement d’idées est resté imperméable à la prédication raciste, à l’exception de quelques fanatiques et de rares théoriciens marginaux de la culture fasciste, tels Julius Evola et Giovanni Preziosi »[2].

Fin de carrière

Devenu en 1941 conseiller effectif de la Corporation de l’Eau, du Gaz et de l’Électricité, il fut nommé conseiller national de la Chambre des Faisceaux et des Corporations[1]. Vice-fédéral à Rome en 1942, tout en conservant sa charge syndicale, il fut nommé en février 1943 secrétaire de l’Union provinciale des travailleurs de l’industrie de Rome, charge qu’il conserva jusqu’au mois d’août suivant, lorsqu’il présenta sa démission aux dirigeants de la Confédération nommés par le gouvernement Badoglio[1].

Après guerre

Dans l’après-guerre il collabora à diverses revues politiques et culturelles dont Pagine libere de Vito Panunzio. Il publia en 1981 Questo fascismo, un volume de souvenirs et de réflexions sur l’expérience historique, politique et doctrinale du Ventennio[1]. Dans sa préface à la réédition du volume (1987), Massimiliano Gerardi écrit à propos de Gradi :

« Il n’est donc pas fortuit que Gradi s’attarde longuement sur les vicissitudes guerrières personnellement vécues : il ne s’agit pas seulement de proposer des réminiscences personnelles, mais de signifier la profonde identité qui, dans l’idéologie de l’époque, s’était formée entre un moment politique et un moment militaire, deux aspects d’une unique réalité qui était celle de la « nationalisation » des masses. Pour la génération qui s’était formée sur le mythe de la Grande Guerre, la participation au conflit constituait l’indispensable achèvement d’une formation éthique, d’autant plus que la guerre de 1935, et surtout celle de 1940, s’étaient chargées de valeurs « prolétariennes » et « révolutionnaires », transformant et dilatant le concept socialiste de la lutte entre classes riches et classes pauvres en celui, nationaliste et fasciste, du conflit entre nations ploutocratiques et nations prolétaires »[1].

Questo fascismo: Annotazioni di un diciannovista (1981)

Dans son livre Questo fascismo: Annotazioni di un diciannovista, publié en 1938[3], Mario Gradi expose dans un premier temps la série de difficultés rencontrées par les syndicalistes fascistes pour mettre en œuvre leurs projets. Décrits comme « issus pour la plupart du squadrisme, presque tous bien préparés dans les domaines économique et social, l’un des groupements les plus importants et les plus combatifs du régime, fidèles gardiens des principes originaux du fascisme », les syndicalistes du régime sont présentés par Gradi comme ayant dû faire face au « décollage laborieux du système corporatif » et à une volonté, de la part des industriels et des financiers, de freiner les réformes afin de privilégier leurs propres intérêts[3].

Décrits comme des « combattants sociaux » par Gradi, les syndicalistes du régime visent également selon lui à mettre en place des solutions :

« agile[s], dynamique[s] et en phase avec la réalité et les besoins spécifiques et généraux de la production, [qui] concilie liberté et autorité, prévoyant l'instauration d'une discipline dans le développement des cycles de production économique, imposée non par une coercition extérieure, mais de l'intérieur ; par les catégories productrices elles-mêmes, qui, une fois leur fonction définie au sein du syndicat, trouvent un terrain d'entente au niveau de l'entreprise et fixent les orientations. »[3]

Les accords de Palazzo Vidoni sur les syndicats datés du auraient visés selon lui à l'« introduction et [l']inclusion politiques et juridiques du mouvement ouvrier dans la vie de l'État, pour une véritable égalité entre les catégories sociales » visant à la fois à la lutte contre le capitalisme et le communisme décrit comme amenant « à une annihilation absurde de l'individualité humaine, au profit de l'unique et monstrueuse individualité de l'État-Moloch, omniscient et omniprésent »[3]. Opposé également à « l'agnosticisme internationaliste de la grande finance », à « l'hédonisme bourgeois » et à la « prédominance de l'économie sur la politique », Gradi leur oppose la « démocratie organique » du régime fasciste décrit comme « authentiquement démocratique, au sens sain du terme » ; celui-ci aurait été ainsi conçu et pensé de :

« telle sorte que le citoyen et le producteur ne se sentent jamais isolés, perdus, à la merci des plus forts, dans une lutte impitoyable et injuste pour la survie : le Parti l'accueille fraternellement dans ses rangs ; l'organisation syndicale protège ses droits et ses intérêts. (…) La véritable démocratie ne réside pas dans la démagogie verbeuse des parlements, mais dans l'éloquence sincère des actions : dans les rues ouvertes au commerce ; dans les terres reconquises et remises en culture ; dans les aqueducs ; dans les écoles spacieuses ouvertes à la jeunesse italienne, baignées de soleil et de lumière ; dans les sanatoriums modernes, dans les hôpitaux. (…) Parfois, la tension imposée par ce travail de reconstruction est rude ; mais elle paraît toujours légère si la foi dans le but final est certaine : un grand peuple, une nation puissante. »[3]

Publications

  • Fascismo, Rivoluzione del Lavoro, 1938.
  • Questo fascismo: Annotazioni di un diciannovista, Monterotondo, Coscienza, 1981 ; réédition Il sindicato nel fascismo, Istituto Studi Corporativi, 1987.

Notes et références

  1. Mario Gradi (préf. Massimiliano Gerardi), Il sindicato nel fascismo, Istituto Studi Corporativi, (lire en ligne)
  2. Gianni Rossi, La destra e gli ebrei : una storia italiana, Rubbettino, (lire en ligne), p. 40-41
  3. La Redazione, « Mario Gradi e la «Rivoluzione del Lavoro»: memorie di un sindacalista fascista », sur Il Primato Nazionale, (consulté le )

Bibliographie

  • Francesco Perfetti, Lo Stato fascista. Le basi sindacali e corporative, Firenze, Le Lettere, 2010.
  • Giuseppe Parlato, La sinistra fascista: storia di un progetto mancato, Il Mulino, Bologna 2000.
  • Alessio Gagliardi, Il corporativismo fascista, Laterza, 2010.

Liens externes

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