Mary Richardson

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Mary Raleigh Richardson, née en 1889 et morte le , est une suffragette canadienne militante pour l'obtention du droit de vote des femmes dans les années 1910-1930 au Royaume-Uni. D'abord d'orientation communiste, Richardson devient quelques années une figure de la British Union of Fascists, en tant que responsable de sa section féminine. Elle quitte rapidement ce mouvement, déçue de son manque de sincérité sur la question des femmes, et se retire des activités militantes.
Biographie
Elle rejoint le mouvement féministe après avoir été témoin des événements du Vendredi noir de 1910, quand des militantes furent frappées par des policiers et des passants lors d'une manifestation interdite par les autorités[1].
Considérée comme l'une des plus importantes suffragettes, elle est arrêtée neuf fois en deux ans et nourrie de force au cours d'une grève de la faim. La cheffe de la WSPU Emmeline Pankhurst lui remet une médaille pour l'en féliciter et remercier[1]. Elle essaye pour un temps de persuader l'évêque de Londres de soutenir le vote des femmes. Pour présente à George V une pétition, elle saute sur le marchepied du carrosse royal.

Elle est devenue particulièrement célèbre le , après avoir vandalisé au hachoir la toile de Velasquez Vénus à son miroir, dans la National Gallery de Londres, y laissant sept entailles[2]. Elle voulait protester contre le fait qu'Emmeline Pankhurst était alimentée de force en prison. Elle est alors surnommée « Mary la casseuse ». Ce genre d'actions médiatiques avait pour objectif d'attirer l'attention de la presse et le soutien du public à la cause du suffrage féminin ; il faut cependant noter que la majorité des associations militant pour le droit de vote des femmes refusait l'action violente[1].
Dans les années 1920, elle rejoint Sylvia Pankhurst dans le quartier londonien d'East End et travaille avec elle pour créer un « couvent d’obédience communiste à vocation sociale et religieuse »[1].
Entre 1922 et 1931, elle se présente quatre fois aux élections législatives sous l'étiquette du Parti travailliste. Elle rejoint ensuite le New Party d'extrême droite d'Oswald Mosley puis, en 1934, la British Union of Fascists (BUF), dont elle dirige, avec quelques autres, la branche féminine[3]. Elle y reste pendant plus d'un an[1]. Deux autres figures suffragettes ont également rejoint le parti fasciste, Mary Sophia Allen, et Norah Elam[1].
Son autobiographie, Laugh a Defiance, qu'elle publie en 1953, ne mentionne ni n'évoque son parcours fasciste[1].
Notes et références
- Myriam Boussahba-Bravard, « Les suffragettes de l’époque édouardienne et l’idéologie d’extrême droite dans l’entre-deux-guerres », in Philippe Vervaecke, À droite de la droite : Droites radicales en France et en Grande-Bretagne au XXe siècle, Presses universitaires du Septentrion, 2012.
- ↑ « Une paire de fesses tailladée au hachoir », Libération, 8/07/2015 (article d'Agnès Giard).
- ↑ (en) « Suffrage Autobiography : a Study of Mary Richardson – Suffragette, Socialist and Fascist », dans Eustance, Ryan & Ugolini (ed.), A Suffrage Reader, p. 177-189.
Bibliographie
- Julie Gottlieb, Feminine Fascism : Women in Britain's Fascist Movement, 1923-1945, I.B. Tauris, 2000.
- Hilda Kean, « Suffrage Autobiography: a Study of Mary Richardson – Suffragette, Socialist and Fascist », in Eustance, Ryan and Ugolini (éd.), A Suffrage Reader, p. 177-189.
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- La Vénus au hachoir - Tumblr.
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