Maryvonne Lapouge-Pettorelli

Maryvonne Lapouge-Pettorelli
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
(à 94 ans)
Nationalité
Activité

Maryvonne Lapouge-Pettorelli est une traductrice et écrivaine française née en 1927 et morte en 2021.

Elle traduit de l’italien et du portugais (brésilien).

Elle est lauréate en 1991 du prix Halpérine-Kaminsky pour sa traduction de Diadorim de João Guimarães Rosa.

Biographie

Maryvonne Lapouge-Pettorelli naît le [1].

Écrivaine engagée

Maryvonne Lapouge-Pettorelli est l'une des figures littéraires des mouvements de libération des femmes et des luttes pour les droits des personnes homosexuelles des années 1969-1985[2]. Elle participe au réseau d’écriture et de recherche féministe qui se met en place entre les francophonies et notamment à des collaborations littéraires transatlantiques. Elle s'engage pour le développement d’une théorie lesbienne de la littérature[3].

Elle publie deux journaux chez Flammarion sous le pseudonyme Mara. En 1979 dans Le Journal d'une femme soumise, elle raconte, par extraits de journaux, la vie d'une jeune femme des années 1950-1960, pratiquant le libertinage avec son mari et ses amis et perdant ses repères[4]. En 1984, dans Journal ordinaire, elle relate son exil au Brésil[2].

Elle contribue à la revue franco-québécoise de littérature lesbienne Vlasta, portée par Sylvie Bompis, Suzette Robichon et Michèle Causse[3].

En 1977, Maryvonne Lapouge-Pettorelli publie avec Clelia Pisa Brasileiras, aux éditions Des femmes. L'ouvrage rassemble des témoignages de femmes artistes, militantes, victimes de la répression dans le Brésil des années 1970 sous dictature militaire[5]. Il est basé sur des séries d'entretiens réalisés en 1977. Selon l'écrivaine Guiomar de Grammont, Brasileiras « compose un portrait vaste et profondément diversifié de la condition féminine, [...] exposant les multiples couches d’oppression qui traversaient le quotidien des femmes à cette époque, révélant des inégalités de classe, de race, de territoire et d’accès à la parole »[5]. Il est réédité en 2026[5].

Traduction littéraire

En tant que traductrice, Maryvonne Lapouge-Pettorelli contribue à faire découvrir en France plusieurs chefs-d’œuvre de la littérature brésilienne. Elle traduit notamment Mário de Andrade, Adolfo Caminha, Bernardo Carvalho, Lygia Fagundes Telles, Clarice Lispector, Joaquim Maria Machado de Assis, ou encore l'écrivain mozambicain Mia Couto[6],[7],[8].

Elle est lauréate en 1991 du prix Halpérine-Kaminsky pour sa traduction de Diadorim de João Guimarães Rosa, aux Éditions Albin Michel. L'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa qualifie ce texte de « véritable tour de force sur le plan de la langue »[9]

Elle a un fils, Benoît Lapouge, né de son union avec l’écrivain Gilles Lapouge[4].

Elle meurt le [1].

Œuvres littéraires

Romans

Récit, témoingnage

  • 1977 : Brasileiras - Voix, écrits du Brésil, avec Clelia Pisa[5]

Traductions

Mia Couto

  • 1994 : Terre somnambule (Terra sonâmbula), Albin Michel[8]
  • 1996 : Les Baleines de Quissico, Albin Michel
  • 2000 : La Véranda au frangipanier (A Varanda do frangipani), Albin Michel
  • 2003 : Chronique des jours de cendre, Albin Michel
  • 2005 : Les baleines de Quissico[10]
  • 2008 : Un fleuve appelé Temps, une maison appelée Terre, Albin Michel

Bernardo Carvalho

  • 1991 : Diadorim de João Guimarães Rosa
  • 1997 : Aberration (Aberração), Rivages[7]
  • 1998 : Les ivrognes et les somnambules (Os Bêbados e os Sonâmbulos), Payot & Rivages
  • 2002 : Les initiales (As Iniciais), Payot & Rivages[11]

Lygia Fagundes Telles

Joaquim Maria Machado de Assis

  • 1984 : L’Aliéniste (O Alienista)
  • 1987 : La montre en or et autres contes (O relógio de ouro)

Autres

Distinction reçue

Références

  1. Lapouge-Pettorelli (lire en ligne)
  2. Aurore Turbiau, « “Je ne demeure, ne suis ni morte, ni mutifiée” : exils et déflagration dans l'øeuvre de Maryvonne Lapouge-Pettorelli », Retraits, replis, sorties hors du monde : des autrices en rupture ?, Irène Gayraud and Anne Debrosse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Aurore Turbiau, « Mouvements et réseaux transatlantiques : l'engagement littéraire entre France et Québec », Études canadiennes / Canadian Studies : Revue interdisciplinaire des études canadiennes en France, vol. 97, no 97,‎ , p. 159–176 (DOI 10.4000/1347b, lire en ligne, consulté le )
  4. « La revue Masques et les éditions Persona : une aventure éditoriale et culturelle pionnière au service de la communauté LGBT en France – Mémoires du livre / Studies in Book Culture », sur Érudit (DOI 10.7202/1046987ar, consulté le )
  5. (pt-BR) « RFI Convida - 'Brasileiras': editora francesa reedita ciclo histórico de vozes femininas contra a ditadura militar », sur RFI, (consulté le )
  6. « Vérification que vous n'êtes pas un robot ! », sur books.openedition.org (DOI 10.4000/books.pufr.9855, consulté le )
  7. Antoine de Gaudemar, « Critique Les failles et le faux. Onze nouvelles entre thriller et fantastique borgésien, où autant d'antihéros, à la suite d'actes aberrants, sombrent au fond du puits. », sur Libération, (consulté le )
  8. « Littérature classique africaine - «Terre somnambule», par Mia Couto », sur RFI, (consulté le )
  9. « Actes des huitièmes Assises de la traduction littéraire » [PDF], sur atlas-citl.org, (consulté le )
  10. Evelyne Pieiller, « Et le chagrin devient aube... », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
  11. Raphaëlle Rerolle, « Les initiales de Bernardo Carvalho », sur Le Monde, (consulté le )
  12. « De petites boules de mercure », sur Le Monde des Livres, (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail de la littérature française et francophone
  • icône décorative Portail de la lusophonie
  • icône décorative Portail du Brésil