Massacre de Sault
| Massacre de Sault | ||||
Gisant du mémorial du maquis Ventoux à Sault. | ||||
| Date | ||||
|---|---|---|---|---|
| Lieu | Saint-Jean-de-Sault, |
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| Victimes | civils et résistants français | |||
| Type | exécutés | |||
| Morts | 3 | |||
| Survivants | 2 | |||
| Auteurs | ||||
| Participants | commando de chasse rattaché au 85e corps d’armée allemand. | |||
| Guerre | Seconde Guerre mondiale | |||
| Coordonnées | 44° 02′ 27″ nord, 5° 23′ 40″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
Géolocalisation sur la carte : Vaucluse
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Le massacre de Sault est une exécution sommaire perpétrée le 11 août 1944 par des troupes allemandes à la ferme du Castellet, près du hameau de Saint-Jean-de-Sault, dans le département de Vaucluse, en France, durant les derniers jours de l’Occupation[1]. Cette opération est menée par un commando de chasse allemand et s’inscrit dans le cadre de la répression exercée par l'occupant contre les réseaux de la Résistance actifs sur le plateau d’Albion[2]. Trois hommes, membres ou proches de la Section des atterrissages et des parachutages (SAP), sont abattus alors qu’ils travaillent à la récolte de la lavande, tandis que d'autres personnes présentes parviennent à s’enfuir.
Contexte
À l'été 1944, la région de Sault et du plateau d'Albion constituent un important centre des activités clandestines de la Résistance, en particulier du maquis Ventoux[3],[4]. Plusieurs terrains de parachutage et d’atterrissage y sont aménagés, notamment le terrain codé « Spitfire », situé à proximité immédiate de la ferme du Castellet[5]’[6]. Ce site homologué par les autorités alliées permet l’acheminement de matériel, l’infiltration d’agents ainsi que l’évacuation d’aviateurs alliés abattus[7]’[8].
Dans la nuit du 10 au 11 août 1944, une opération aérienne d’envergure est menée sur ce terrain par un avion Dakota en provenance de Bari[2]. Elle permet notamment le transport de responsables de la Résistance, dont Charles Luizet et Francis-Louis Closon, ainsi que l’évacuation de pilotes alliés abattus[9]. Le passage de l’appareil attire cependant l’attention des forces allemandes qui multiplient les actions de lutte et représailles contre la Résistance depuis le débarquement en Normandie[3].
Déroulement
Le 11 août 1944, au petit matin, des militaires allemands d'un commando de chasse rattaché au « Gruppe Knieß », formation de la 19e armée allemande, constituée en septembre 1943 dans le sud de la France et rebaptisée en juillet 1944 « LXXXV. Armeekorps z.b.V. » — dont l’état-major était alors installé aux Taillades[10]’[11] — investissent la ferme du Castellet. Celle-ci est exploitée par Gustave Roux, membre de la Section des atterrissages et des parachutages (SAP) et acteur central des opérations clandestines locales[2]’[9].
Sur place, plusieurs hommes travaillent à la distillation de la lavande. Pris de court, certains tentent de fuir. Gustave Roux[12], ainsi que deux ouvriers agricoles, sont abattus par les soldats allemands[2]’[9]. L’attaque est interprétée comme une mesure de représailles consécutive aux activités de la Résistance et à l’opération aérienne menée la nuit précédente.
Victimes
Les victimes formellement identifiées sont au nombre de trois[2] :
- Gustave Roux, âgé de 42 ans: originaire de Sault, agriculteur, membre de la SAP au matricule « AC 154 ? »[9],[13] ;
- Léon Blanc, âgé de 46 ans: originaire de Saint-Martin-de-Castillon, cultivateur et journalier agricole, membre de la SAP au matricule « AC 154 F »[14],[15] ;
- Jean Fautrero, âgé de 20 ans: originaire de Lioux, bûcheron et ouvrier agricole, membre de la SAP au matricule « AC 154 B »[16],[17].
D’autres personnes présentes sur les lieux, des travailleurs agricoles associés à l’exploitation, parviennent à prendre la fuite. Certaines sources ont mentionné à tort d’autres victimes, notamment Albert Plateaux et Jean Marcellin, initialement considérés comme exécutés lors de l’attaque[18].
Mémoire
Après guerre, une stèle commémorative a été érigée à proximité de la ferme du Castellet, sur les lieux de l’exécution, afin de rendre hommage aux victimes[19]. Une plaque à la mémoire de Léon Blanc fut également posée sur sa maison du Boisset[14].
La commune de Sault a été décorée de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil le 11 novembre 1948, en reconnaissance des actions de la Résistance sur son territoire et des représailles subies[20]. Chaque année, au mois d’août, une cérémonie commémorative est organisée à Sault au monument aux morts du « mémorial du Maquis Ventoux » inauguré en 1956 en hommage aux 353 résistants du groupe morts pour la France, parmi lesquels les trois victimes du Castellet[1],[21].
Notes et références
- Le Dauphiné Libéré, « Sault. Cérémonie d’hommage à la Résistance vauclusienne » (article de presse), sur www.ledauphine.com, (consulté le )
- Maitron - Les Fusillés 1940 - 1944, « Sault (Vaucluse), 11 août 1944 », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- Aimé Autrand, Le département de Vaucluse, de la défaite à la libération : mai 1940-25 août 1944, Éd. Aubanel, Avignon, 1965
- ↑ Claude Arnoux, Maquis Ventoux, Résistance et répression en Provence pendant la Guerre mondiale, Éd. Aubanel, Avignon, 1994, 322 p. (ISBN 9791036901331).
- ↑ A.D.N., « Chercheurs, passionnés et descendants de résistants ont visité des lieux de la Résistance en Vaucluse » (article de presse), sur La Provence, (consulté le )
- ↑ « Spitfire, un aérodrome clandestin en Vaucluse (84) » (forum), sur Sudwall Superforum, (consulté le )
- ↑ Jean-Paul Bonnefoy, Sault & le Pays de Sault, Collection « Le Temps Retrouvé » Éd. Équinoxe, Saint-Rémy-de-Provence, 2007.
- ↑ (en + fr) Les Français Libres, « Gonzague Corbin de Mangoux », sur www.francaislibres.net (consulté le )
- Maitron - Les Fusillés 1940 - 1944, « ROUX Gustave, Étienne » (fiche), sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- ↑ Maitron - Les Fusillés 1940 - 1944, « SAULEIROL Maurice – Maitron » (fiche), sur https://fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- ↑ (de) Georg Tessin, « Generalkommando LXXXV. Ameekorps (röm. 85. AK) », Die Landstreitkräfte 71-130. Verbände und Truppen der deutschen Wehrmacht und Waffen-SS im Zweiten Weltkrieg 1939-1945, Osnabrück, Biblio Verlag, vol. 6, , p. 80 (ISBN 3764810971)
- ↑ [GR 16 P 525346] Service historique de la Défense, « ROUX Gustave Etienne : homologations et services pour faits de résistance », sur memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ [AC 21 P 146773] Service historique de la Défense, « ROUX Gustave Etienne : Mort pour la France », sur memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- Maitron - Les Fusillés 1940 - 1944, « BLANC Léon, Marcellin – Maitron » (fiche), sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- ↑ [AC 21 P 314037] Service historique de la Défense, « BLANC Léon : victime civile », sur memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Maitron - Les Fusillés 1940 -1944, « FAUTRERO Jean » (fiche), sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- ↑ [AC 21 P 182638] Service historique de la Défense, « FAUTRERO Jean : mort pour la France », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Maitron - Les Fusillés 1940 - 1944, « PLATEAUX Albert, Louis », sur https://fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- ↑ Jean-Claude Vachet, « Stèle du Castellet (Relevé n° 151746) », sur MémorialGenWeb, (consulté le )
- ↑ Association du Mémorial des batailles de la Marne ,, « Communes décorées de la Croix de guerre 1939 - 1945 », sur memorialdormans.free.fr,
- ↑ N.G., « Vaucluse. Un monument aux morts profané, le drapeau tricolore déchiré et un cadavre de renard déposé » (article de presse), sur Ouest France,
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