Massacre de Villelaure

Massacre de Villelaure
Date
Victimes Otages civils et résistants français
Type fusillés
Morts 6
Auteurs Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Motif représailles
Participants Groupe Heinrich de la 8e compagnie du 3e régiment de la Division Brandenburg
Coordonnées 43° 42′ 41″ nord, 5° 26′ 05″ est
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Massacre de Villelaure
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Massacre de Villelaure

Le massacre de Villelaure est une exécution sommaire de six résistants et otages perpétrée le 9 juillet 1944 par des soldats allemands à Villelaure, dans le département de Vaucluse, en France, durant les dernières semaines de l’Occupation[1]. Les victimes, otages civils et prisonniers détenues à Cavaillon, sont conduites à l’entrée du village, dans le quartier du Mardéric, où elles sont fusillées sans jugement le long de la route par des éléments de la Division Brandenburg[2]. Cette exécution s’inscrit dans le contexte de la répression menée par les forces allemandes d'occupation contre la Résistance dans le sud de la France à l’été 1944 et est généralement considérée comme une mesure de représailles liée aux actions de sabotage menées dans la région.

Contexte

Au début du mois de juillet 1944, dans le sud de la France, les forces d’occupation allemandes intensifient la répression contre les activités de la Résistance, notamment à la suite de sabotages et d’actions armées. Dans le secteur du Luberon, plusieurs exécutions sommaires sont menées par des unités allemandes, dont la 8e compagnie du 3e régiment de la « Division Brandenburg ».

Cette unité autonome, placée sous le contrôle direct de l’Abwehr (service d'espionnage, de contre-espionnage et de sabotage du haut commandement allemand), est composée d’agents formés aux opérations clandestines, souvent polyglottes, comprenant des Allemands ayant vécu à l’étranger, des étrangers de diverses nationalités, ainsi qu’un certain nombre de volontaires français[3][4].

Les enquêtes menées après la Libération attribueront à cette unité un très grand nombre d’opérations meurtrières et de crimes de guerre commis en un laps de temps très court, entraînant la mort de plusieurs centaines de personnes dans la région, sans que le bilan précis puisse être établi[3][4].

Déroulement

Le 9 juillet 1944, un détachement du « groupe Heinrich » (adjudant Heinrich) de la 8e compagnie du 3e régiment de la « Division Brandenburg » se rend en mission à Lambesc (Bouches-du-Rhône) afin d’y effectuer des arrestations. Au passage, les « brandebourgeois » extraient six détenus des cellules du garage de l’hôtel « Le Splendid » de Cavaillon, qui leur sert de prison[5], et les emmènent avec eux.

Dans l’après-midi, vers 14 heures, les prisonniers, résistants et otages civils, sont conduits à l’entrée ouest de Villelaure, dans le quartier du Mardéric, à proximité d’un cours d’eau du même nom. Ils sont alors fusillés sans jugement dans une vigne[2].

Les détonations d’armes automatiques alertent rapidement la population, qui découvre peu après les corps des victimes. Ces exécutions sont généralement interprétées comme des représailles, possiblement en lien avec des sabotages survenus dans la région, notamment celui du pont de la voie ferrée Cavaillon–Pertuis[2].

Victimes

Les six victimes sont pour la plupart identifiées. Cinq d’entre elles ont pu être formellement reconnues, tandis que la sixième demeure inconnue à ce jour[2]. Il s’agit de :

  • Blaise Bounias, expéditeur à Cavaillon: victime civile;
  • Armand Léardo, chauffeur mécanicien à Montfavet: victime civile ;
  • René Mino, cordonnier de Moselle réfugié à Gordes: victime civile, torturé ;
  • Maurice Mino, fils du précédent, ouvrier agricole à Gordes et membre du maquis « section Koenig »: résistant ;
  • André Morlot, commis expéditeur à Cavaillon: victime civile ;
  • Une victime non identifiée, âgée d’environ 30 ans, dont le monument commémoratif indique « Dieu seul connaît son nom ».

Commémorations

Après la Libération, un monument commémoratif est érigé sur le lieu de l’exécution à Mardéric, à l’entrée du village de Villelaure. Depuis tous les ans le 9 juillet, le monument des « six fusillés du Mardéric » s’inscrit dans une série de commémorations locales rappelant les exécutions perpétrées dans la région au cours de l’été 1944[6].

Le monument commémoratif a été à plusieurs reprises la cible d’actes de vandalisme. En 2008, des croix gammées y ont été peintes et plus récemment, la stèle ainsi que les plaques commémoratives ont été dégradées et brisées, entraînant le dépôt d’une plainte par la municipalité[7][8].

Notes et références

  1. Alain CARLE, « Cérémonie du souvenir à la Stèle du Marderic » (article de presse), sur La Provence, (consulté le )
  2. Maitron - Les Fusillés 1940 - 1944, « Villelaure (Vaucluse), 9 juillet 1944 », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
  3. Jean-Marie Guillon et Guillaume Vieira, « La 8e compagnie de la Division Brandebourg. Une pièce essentielle et méconnue de la lutte contre la Résistance », Provence historique, La Provence, Vichy, l’Occupation. Nouvelles recherches, vol. 63, no 252,‎ avril-mai-juin 2013, p. 195-211 (lire en ligne)
  4. Olivier Pigoreau, Sanglante randonnée: les Français de la division "Brandebourg" et des formations de chasse SS, Histoire & Collections, (ISBN 978-2-35250-266-1)
  5. Robert Mencherini, « René Neyrand » (fiche), sur Musée de la Résistance en ligne (consulté le )
  6. Combattants Volontaires de la Résistance (CVR) de Vaucluse, « Commémoration des 6 fusillés du Mardéric à Villelaure », sur Blog des CVR de Vaucluse et des Départements limitrophes, (consulté le )
  7. Philippe Chauché et Jean-Pierre Burlet, « La stèle des fusillés de Villelaure dégradée » (audio), sur ICI, le média de la vie locale, (consulté le )
  8. Jacques Boudon, « Vaucluse : mais qui en veut à ce point à la stèle des martyrs des SS ? » (article de presse), sur La Provence, (consulté le )
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