Massacre de la Toussaint

Massacre de la Toussaint
Localisation La Paz (La Paz, Drapeau de la Bolivie Bolivie)
Cible Manifestants
Date -
Type Massacre
Armes Armes à feu
Morts 100
Blessés 204
Disparus 20
Auteurs Alberto Natusch Busch
Forces armées boliviennes

Le massacre de la Toussaint est le nom donné à la répression violente du gouvernement du militaire bolivien Alberto Natusch Busch contre les manifestations populaires qui suivent le coup d'État qu'il a mené le , jour de la Toussaint, afin de s'emparer du pouvoir.

Contexte

La Bolivie est dans une période d'importante instabilité politique. En effet, trois présidents se sont succédé depuis un an. Depuis le , Wálter Guevara Arze est désigné provisoirement président de la République par les membres du Congrès national qui sont incapables de s'entendre sur le vainqueur des élections générales de 1979. Peu avant les événements, Guevara Arze est à préparer l'assemblée générale de l'Organisation des États américains (OEA), qui doit se tenir à La Paz du 21 au et doit accueillir nombre de dignitaires internationaux[1].

Le , la garnison militaire de Trinidad se rebelle contre le gouvernement, exigeant la fermeture du Congrès et le remplacement d'un chef d'état-major dont le nom demeure inconnu. La tentative de coup d'État de Trinidad ne trouve pas d'écho dans le reste du pays, bien que les rumeurs d'une seconde tentative imminente persistent. Des députés du Mouvement nationaliste révolutionnaire, Guillermo Bedregal et José Fellman, et le colonel Alberto Natusch Busch collaborent sur cette conspiration[1].

Selon l'ancien président Hugo Banzer Suárez, Natusch Busch lui aurait signifié avant le coup d'État que le départ de Guevara Arze était nécessaire parce qu'il n'avait pas été élu président par le vote populaire, que son mandat était clairement fixé à un an, mais qu'il avait commencé à manœuvrer pour le prolonger et, enfin, qu'il n'était pas un homme respectueux des forces armées[1].

C'est dans la nuit du au , seulement quelques heures après la clôture de l'assemblée générale de l'OEA et que tous les dignitaires se trouvent encore dans la capitale, que la mutinerie militaire éclate. Occupant rapidement le Palacio Quemado, les troupes de Natusch Busch font face à une violente riposte populaire, constituée majoritairement de travailleurs et d'étudiants[1].

Déroulement

Le , le colonel Alberto Natusch Busch annonce à la population bolivienne le coup d'État qu'il a perpétré dans les radios du pays. En réponse à celui-ci, la Centrale ouvrière bolivienne (COB) lance une campagne de manifestations de masse, qui sont réprimées avec violence par l'armée, fidèle au nouveau président. Ces manifestations se déclenchent notamment à La Paz et Cochabamba[2].

Le président Alberto Natusch Busch.

La semaine suivant le coup d'État, les 5 et , Natusch Busch donne l'ordre d'intensifier la répression contre les protestataires. Les soldats sous le commandement du colonel Arturo Doria Medina sont autorisés à agir sans discrimination à La Paz. Des véhicules anti-émeutes sont déployés à divers endroits. Un hélicoptère loué à la société américaine Groves Limited est utilisé pour abattre les manifestants des airs. Cependant, ces mesures n'empêchent pas les manifestations de masse de se poursuivre. Les habitants de La Paz descendent dans la rue, jettent des pierres sur les forces armées et érigent des barricades.

Plus de 100 personnes sont tuées, 204 blessées et 20 disparues pendant la brève existence du régime de Natusch Busch. Le politologue James Dunkerley affirme même que plus de 200 personnes sont tuées et 125 « disparues »). Un document de l'Assemblée des droits de l'homme font quant à eux état de 76 morts, 140 disparus et 204 blessés[1]. La plupart des victimes sont tuées dans la ville de La Paz les 5 et . Le nombre de morts pendant les deux semaines de règne de Natusch Busch est comparable à celui des sept années de la dictature militaire d'Hugo Banzer[3].

Seize jours après le début du coup d'État, le régime militaire est renversé en raison des protestations populaires. Les auteurs des meurtres n'ont jamais été traduits en justice[4],[2].

Références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Masacre de Todos los Santos » (voir la liste des auteurs).
  1. (es) Alfonso Crespo, Banzer: el destino de un soldado, Buenos Aires, Gráfica Laf., , 368 p. (lire en ligne), p. 285-290
  2. (es) « 42 años de la “masacre de Todos Santos”, otra historia negra de los regímenes militares », sur InnovaPress Noticias, (consulté le )
  3. Dunkerley, James, and Rose Marie Vargas Jastram. Rebelión en las venas: la lucha política en Bolivia. La Paz, Bolivia: Plural, 2003. p. 326
  4. (es) « La Masacre de Todos Santos, 42 años de impunidad » [archive du ], La Razón,

Articles connexes

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