Massacre des Dominicains d'Arcueil
| Massacre des Dominicains d'Arcueil | |
Photomontage réalisé par Eugène Appert et issu de la série des Crimes de la Commune. | |
| Date | |
|---|---|
| Type | Exécutions par fusillades |
| Morts | 14 |
| Auteurs | |
| Motif | Représailles des massacres de la Semaine sanglante |
| Guerre | Insurrection de la Commune de Paris |
Le Massacre des Dominicains d'Arcueil est un épisode de la semaine sanglante de la Commune de Paris où cinq dominicains du couvent d'Arcueil et leurs employés furent arrêtés le , soupçonnés d'aider les troupes versaillaises, et tués le .
Contexte
En 1863, le père Eugène Captier, prieur du Collège d'Oullins de 1853 à 1863[1], est chargé par le Tiers-ordre enseignant de Saint-Dominique de fonder un collège à Arcueil, dans l’ancienne propriété de Claude Berthollet[2], qui deviendra le collège Albert-le-Grand[3].
Le , à la suite d'un incendie, les Dominicains sont soupçonnés de venir en aide aux troupes versaillaises en signalant les positions communardes[4],[5]. Les soupçons, dont les fondements ne purent jamais être prouvés, s'accumulent alors que les Fédérés voient leur position s'affaiblir face aux Versaillais[5].
Déroulement

Le , les religieux, ainsi que des professeurs et des domestiques, sont arrêtés et incarcérés au fort de Bicêtre[6].
Les 26 prisonniers, réunis dans une grande salle, dorment sur la paille à même le sol, privés de nourriture dès le [5]. Deux enfants sont malgré tout éloignés, et deux domestiques étrangers laissés libres, laissant encore vingt-et-un prisonniers aux mains des insurgés.
Alors que les Fédérés se replient sur Paris, le , un peloton du 185e bataillon fait sortir les prisonniers qui s'avancent vers Paris. Dans les environs du cimetière du Champ des Navets (aujourd'hui le cimetière parisien d'Ivry), le Père Rousselin parvient à s'enfuir[7]. Le convoi s'avance malgré tout jusqu'à la porte de Fontainebleau et rentre dans Paris par la porte de Choisy.
Ils sont incarcérés à la prison disciplinaire du neuvième secteur, au 38 avenue d’Italie[8]. Vers seize heures, le colonel Sérizier leur donne l'ordre de sortir un à un[9][source insuffisante], le père Captier lance alors « Allons, mes amis pour le bon Dieu ! ». Ils sont abattus[3],[5].
Les victimes sont les pères Louis-Raphaël Captier[10], Thomas Bourard, Constant Delhorme, Henri Cottrault et Pie-Marie Chatagneret[3], et huit laïcs du collège[11] : les professeurs Louis Gauquelin, François-Hermand Voland et Germain-Joseph Petit, ainsi que les domestiques Aimé Gros, Antoine Marce, Marie-Joseph Cheminal, François Dintroz, et Théodore Cathala[12].
Recherche des coupables
Isidore Louis Boin, accusé d'avoir livré les victimes, fut condamné à mort par le tribunal militaire le et exécuté le [13].
Bibliographie
- abbé Lesmayoux, Le 25 mai à l'avenue d'Italie : massacre des dominicains d'Arcueil, Paris, , 2e éd. (lire en ligne).
Références
- ↑ « Fonds Captier - Saint-Thomas d'Aquin-Veritas », sur saint-thom.fr (consulté le )
- ↑ Le collège Albert-le-Grand
- Marie-Thérèse Duffau, « Le massacre des « Martyrs d’Arcueil » le 25 mai 1871 », La Nef, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « 19 mai 1871 : arrestation des moines dominicains du couvent d'Arcueil », sur archives.paris.fr (version du sur Internet Archive).
- Centre France, « Le Jour où… - Le père Captier a été fusillé à Paris », sur Le Pays roannais, (consulté le ).
- ↑ « THALLER Nicolas », dans Le Maitron, (lire en ligne) (consulté le ).
- ↑ « Le massacre des Dominicains d'Arcueil — Le procès », sur paris-treizieme.fr (version du sur Internet Archive).
- ↑ Jean Maitron, « SÉRIZIER Marie, Jean-Baptiste », dans Le Maitron, (lire en ligne) (consulté le ).
- ↑ V.-A. Waille, Le Correspondant: religion, philosophie, politique, vol. 72 (lire en ligne).
- ↑ « Eugène Captier : le dominicain pédagogue est devenu le martyr d’Arcueil », Le Progrès, (lire en ligne).
- ↑ Olivier Richou, Le Paris criminel et judiciaire du XIXe siècle 2, (lire en ligne), partie 2.
- ↑ (en) « The Fall of the Paris Commune: May 28, 1871 », sur catholictextbookproject.com, (consulté le ).
- ↑ « BOIN Isidore, Louis ou BOUIN Isidore, Louis, dit Bobèche », dans Le Maitron, (lire en ligne) (consulté le ).
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