Massacres de Kishishe et Bambo
| Massacre de Kishishe et Bambo | |
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Kishishe (en), |
| Victimes | Civils et milices |
| Morts | Entre 171 (rapport Monusco) et près de 300 (gouvernement) |
| Blessés | Non dénombrés |
| Disparus | Inconnus |
| Auteurs | M23 et probablement FDLR et maï-maï |
| Guerre | Guerre du Kivu |
Les massacres de Kishishe et Bambo sont des violences perpétrées entre le 29 et le , dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la république démocratique du Congo (RDC). Ces massacres sont attribués au Mouvement du 23 mars (M23) par l'Organisation des Nations unies et les ONG Human Rights Watch et Amnesty International, qui font état d'au moins 171 morts. Le M23 refute ces accusations, et évoque un bilan de 8 morts.
Contexte
Le , le Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion qui a repris les armes fin 2021 dans l’est de la république démocratique du Congo, renouvelle son offensive contre les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) dans le Nord-Kivu, non loin de Goma et parvient à s'emparer de nombreuses localités. Le , un cessez-le-feu négocié lors d'un sommet à Luanda, est imposé au M23. La rébellion déclare ne pas être tenu par cet accord, n'ayant pas participé aux négociations, mais assure qu'aucune nouvelle attaque ne sera perpétré si ses propres positions ne sont pas attaquées. En revanche, les rebelles excluent de se retirer de leurs nouvelles conquêtes[1].
Déroulement
Au matin du , le cessez-le-feu est en partie respecté lorsque des combats éclatent entre le Mouvement du 23 Mars (M23) et des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des milices Maï-Maï, lesquels cherchent à s'emparer de Kishishe (en) pour barrer la route vers Masisi au M23[2]. A l'issue des combats, les FDLR et les Maï-Maï sont vaincus et battent en retraite. Selon l'ONU, les miliciens du M23 s'en prennent alors à la population, exécutant sommairement de nombreuses personnes, aussi bien par balles qu'avec des armes blanches[3].
En plus des meurtres, le M23 se livre à toutes sortes d’exactions : viols, pillages et enlèvements. Selon une enquête préliminaire de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), 60 personnes sont ainsi enlevées et 27 femmes et jeunes filles sont violées[4]. Pendant le massacre, des enfants auraient été tués jusque dans une église et un hôpital[5]. Après les événements, le M23 aurait fait enterrer les corps probablement pour dissimuler les preuves du massacre selon la MONUSCO[4]. Par ailleurs, certaines sources indiquent que des civils auraient pu être tués par des combattants maï-maï et des FDLR lors des combats[3]. Selon les témoins, les hommes ont été particulièrement visés lors du massacre car assimilés à des combattants ennemis[6],[7]. Du reste, les chiffres publiés dans l'enquête préliminaire de l'ONU confirment que les hommes sont surreprésentés parmi les victimes[4].
Conséquences et suites
Au moment des faits, il est difficile d'enquêter, en raison du contrôle de la zone par le Mouvement du 23 mars (M23). Une enquête préliminaire de la MONUSCO, fait état d'au moins 131 civils tués dont 102 hommes,17 femmes et 12 enfants[4].
Le , l'ONU publie un nouveau bilan de 171 civils tués[8].
Réactions
Le gouvernement de la république démocratique du Congo accuse le Mouvement du 23 mars (M23) d'avoir tué 50, puis 100 et enfin près de 300 personnes à Kishishe[2].
Le M23 nie toute responsabilité et affirme que huit civils ont bien été tués, mais par des balles perdues lors des combats avec les miliciens et non délibérément[3].
Le Rwanda, accusé de soutenir le M23 par plusieurs organisations internationales, dont Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International[9],[10], ainsi que par des rapports d’experts des Organisation des Nations unies, nie toute implication[11],[12],[13]. Il nie également le massacre et accuse Kinshasa de l'avoir fabriqué[14].
Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont HRW et Amnesty International, attribuent les exactions au M23 et les qualifient de violations du droit international humanitaire, susceptibles de constituer des crimes de guerre, en raison d’exécutions sommaires, de violences sexuelles ciblant des civils, d'enlèvements et de recrutements forcés. Elles appellent à des enquêtes indépendantes et à la poursuite des responsables présumés[15],[10],[16],[9].
Notes et références
- ↑ « RDC: un accord de cessez-le-feu conclu au mini-sommet de Luanda », sur RFI, (consulté le )
- « RDC : l'effroyable récit du massacre de plus d'une centaine de civils dans l'est du pays », sur TV5MONDE, (consulté le )
- « RDC : que sait-on sur le massacre de Kishishe et Bambo ? », sur TV5MONDE, (consulté le )
- « Bureau du porte-parole et des relations avec les médias : COMMUNIQUÉ DE PRESSE »
[PDF], sur MONUSCO, (consulté le )
- ↑ « Massacre de Kishishe : le gouvernement de RD Congo évoque un bilan "autour de 300 morts" », sur France 24, (consulté le )
- ↑ « RDC: «le M23 les a enterrés dans des fosses communes», témoigne une rescapée de Kishishe [3/4] », sur RFI, (consulté le )
- ↑ « RDC: les rescapés de Kishishe accusent les M23 d’avoir ciblé les hommes civils [2/4] », sur RFI, (consulté le )
- ↑ « Massacre de Kishishe en RDC: dans un nouveau rapport, l'ONU évoque 171 civils tués », sur RFI, (consulté le )
- « RD Congo : Des fosses communes attribuées au M23, soutenu par le Rwanda »
, sur Human Rights Watch, (consulté le )
- « RDC. Des rebelles du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, responsables d’exécutions sommaires et de viols »
, sur Amnesty International, (consulté le )
- ↑ « RDC: un rapport d'experts de l'ONU met en cause le Rwanda dans le soutien au M23 », sur RFI, (consulté le )
- ↑ « RDC : un rapport confidentiel de l’ONU apporte des « preuves solides » de l’implication du Rwanda dans l’Est », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ « RD Congo : l'Union européenne appelle le Rwanda à cesser de soutenir le groupe rebelle M23 », sur France 24, (consulté le )
- ↑ « Le Rwanda accuse Kinshasa d'avoir "fabriqué" le massacre de Kishishe à l'est de la RDC », sur TV5MONDE, (consulté le )
- ↑ « RDC. Le retrait des rebelles du M23 offre une occasion d’enquêter sur les atrocités commises et d’apporter de l’aide »
, sur Amnesty International, (consulté le )
- ↑ « RD Congo : Les atrocités de la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda »
, sur Human Rights Watch, (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
- République démocratique du Congo
- Portail du Rwanda