Mathilde Gabriel-Péri

Mathilde Gabriel-Péri
Illustration.
Mathilde Péri en 1944.
Fonctions
Vice-présidente de l'Assemblée nationale

(1 an, 5 mois et 23 jours)
Élection 10 janvier 1950
Réélection 11 janvier 1951
Président Édouard Herriot
Législature Ire (Quatrième République)
Prédécesseur Madeleine Braun
Députée française

(13 ans et 29 jours)
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
17 juin 1951
2 janvier 1956
Circonscription Seine-et-Oise
Législature Ire Constituante
IIe Constituante
Ire, IIe et IIIe (Quatrième République)
Groupe politique COM
Vice-présidente de la commission de la Justice et de l’Épuration à l’Assemblée consultative provisoire

(8 mois et 10 jours)
Élection 24 novembre 1944
Réélection 12 juin 1945
Président Auguste Gillot
Législature Consultative provisoire de Paris
Secrétaire de l'Assemblée consultative provisoire

(8 mois et 26 jours)
Élection 8 novembre 1944
Réélection 5 juin 1945
Président Félix Gouin
Législature Consultative provisoire de Paris
Membre de l'Assemblée consultative provisoire

(8 mois et 27 jours)
Élection 3 novembre 1944
Circonscription Panel de l’Union des femmes françaises
Législature Consultative provisoire de Paris
Biographie
Nom de naissance Mathilde Rose Thérèse Taurinya
Date de naissance
Lieu de naissance Canet (Pyrénées-Orientales)
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
Sépulture Cimetière du Centre d'Argenteuil
Nationalité Française
Parti politique PCF
Conjoint Gabriel Péri (1927-1941)
Petite-nièce Andrée Taurinya
Profession Ouvrière

Mathilde Gabriel-Péri, née Mathilde Taurinya le à Canet (Pyrénées-Orientales) et morte le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est une femme politique française, membre du Parti communiste français. Elle est députée constituante de Seine-et-Oise entre 1945 et 1946 puis députée du même département jusqu'en 1958, sous les trois législatures de la IVe République, vice-présidente de l'Assemblée nationale.

Biographie

Origines familiales

Mathilde Taurinya est la fille d'ouvriers agricoles. Elle exerce elle-même la profession d'ouvrière. Elle est la belle-sœur du dirigeant communiste André Marty, mari de sa sœur aînée Pauline (1898-1993). En 1927, elle épouse l'homme politique communiste et futur député Gabriel Péri dont elle est par la suite séparée pendant un an lorsqu'il est incarcéré fin 1929, puis pendant la Seconde Guerre mondiale alors qu'il a une relation avec Sofia Jancu, une journaliste[1].

Seconde Guerre mondiale

Elle milite au Parti communiste français. En 1940, Mathilde Péri est internée administrativement au camp de Rieucros (Lozère). Le , elle y apprend l'arrestation de son mari, pour faits de résistance. Au seuil de sa mort, avant son exécution, ce dernier écrit une lettre à l'un de ses amis : « C'est vous qui annoncerez à Mathilde que je suis mort la tête haute. Dites-lui que j’ai eu un repentir : celui de ne lui avoir pas toujours fait la vie sérieuse qu'elle méritait. Mais dites-lui de porter fièrement le voile de veuve »[1]. Après guerre, il fait partie des figures de proue mises en avant par le PCF, dont les élus donnent le nom de Gabriel-Péri à de nombreuses voies publiques ou places.

Carrière politique

La carrière politique[2] de Mathilde Péri commence en 1944, lorsqu'elle devient l'une des seules femmes déléguée à l'Assemblée consultative provisoire de Paris et y est aussi porte-parole de l'Union des femmes françaises[3]. Le , elle est élue secrétaire de l'Assemblée consultative provisoire[4], et devient la première femme dans un bureau d'Assemblée ; elle y est reconduite le [5]. Mathilde Péri est aussi vice-présidente de la commission de la Justice et de l’Épuration, après son élection le , et sa réélection le [6].

Elle est députée aux deux assemblées constituantes en 1945-1946 puis députée de la 1re circonscription de Seine-et-Oise (Argenteuil-Bezons) en 1946, 1951 et 1956. À partir de 1951, elle est élue sous le nom de Mathilde Gabriel-Péri[7]. Elle compte parmi les premières femmes députées de l'histoire française.

Succédant à Madeleine Braun, elle est élue vice-présidente de l’Assemblée nationale le [8],[9] et réélue le [10], elle préside 59 séances en deux ans. Ses fonctions prennent fin le , date de la fin de la législature, et ne se représente pas lors du renouvellement du [11].

Elle est membre de la commission des pensions civiles et militaires et des victimes de la guerre et de la répression et se montre une parlementaire active[7]. Elle est également présidente de l'Association des familles de fusillés[12].

Hommage

Le , une cérémonie commémorative en l'honneur des premières femmes députées se tient à l'Assemblée nationale. À cette occasion, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, dévoile des plaques commémoratives en l'honneur de Mathilde Gabriel-Péri, Germaine Peyroles et Germaine Poinso-Chapuis[13],[14].

Mandats de députée

Assemblées constituantes

  • Du au  : députée de Seine-et-Oise[15]
  • Du au  : députée de Seine-et-Oise

Quatrième République

Ire législature

  • Du au  : députée de Seine-et-Oise

IIe législature

  • Du au  : députée de Seine-et-Oise

IIIe législature

  • Du au  : députée de Seine-et-Oise

Synthèse des résultats électoraux

Élections législatives

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.

Année Parti Circonscription Voix % Rang Sièges
1945 PCF 1re de Seine-et-Oise 125 266 35,19 1er
3  /  8
06/1946 123 988 34,44 1er
3  /  8
11/1946 118 444 33,77 1er
4  /  9
1951 116 510 32,43 1er
3  /  9
1956 160 861 36,37 1er
3  /  9

Notes et références

  1. André Balent, Jean Risacher, « TAURINYA Mathilde, Rose, Thérèse [épouse PÉRI, dite GABRIEL-PÉRI Mathilde] », sur maitron.fr.
  2. Voir le témoignage livré par sa fille adoptive Pauline Talens-Péri, Moi, Pauline, fille de Gabriel Péri, la bâtarde du PC, éditions de l'Ixcéa, 2005, 196 p. (ISBN 2-84918-044-0)
  3. Femmes françaises / édité par France d'abord, « A la tribune de l'Assemblée consultative Mathilde Péri porte-parole de l'U.F.F. » Accès libre, sur Gallica, (consulté le ), p. 2
  4. Journal officiel de la République française, « Séance du mercredi 8 novembre 1944 », sur Gallica, (consulté le )
  5. Journal officiel de la République française, « Séance du mardi 5 juin 1945 », sur Gallica, (consulté le )
  6. Anne-Marie Gouriou et mis à jour par Roseline Salmon, « Annexe du répertoire : Assemblée consultative provisoire (Paris) 1944-1945 » [PDF], sur Archives nationales de Paris, (consulté le )
  7. « Mathilde Péri Dite Gabriel-Péri (Biographie de la IVe République) », sur www2.assemblee-nationale.fr.
  8. Assemblée nationale, « Feuilleton n°496 – séance du mardi 10 janvier 1950 », sur Gallica, (consulté le )
  9. « Le bureau de l'Assemblée », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. Assemblée nationale, « Feuilleton n°656 – séance du jeudi 11 janvier 1951 », sur Gallica, (consulté le )
  11. Assemblée nationale, « Feuilleton n°4 – séance du jeudi 11 juillet 1951 », sur Gallica, (consulté le ), p. 139
  12. « Mathilde Gabriel-Péri », sur Association Nationale des Familles de Fusillés et Massacrés de la Résistance Française et ses Amis (consulté le )
  13. « 80ème anniversaire de l’élection des premières femmes députées », sur Assemblée nationale, (consulté le ).
  14. « L’Assemblée nationale rend hommage aux premières femmes députées, élues il y a 80 ans », sur L'Ouest-France, (consulté le ).
  15. Élue dans la 1re circonscription de Seine-et-Oise, où se trouvait le « fief électoral » de son mari : Argenteuil-Bezons.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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