Matthias Helferich

Matthias Helferich
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Matthias Helferich, né en 1988 à Dortmund (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), est un homme politique allemand.

Il est membre de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) depuis 2016 et député au Bundestag depuis 2021. La publication en 2021 de messages privés le montrant se désigner lui-même comme « le visage sympathique du national-socialisme » provoque une polémique qui le conduit à être écarté du groupe parlementaire de l'AfD au Bundestag, avant son intégration à l'issue des élections fédérales de 2025.

Il appartient au courant völkisch de l'AfD et se réclame du « troisième camp (de) », tradition pangermaniste et antisémite. L'Office fédéral de protection de la Constitution le cite dans son rapport classant l'AfD comme cas suspect d'extrémisme de droite.

Biographie

Jeunesse et études

Né en 1988 à Dortmund, Matthias Helferich grandit dans une famille d'enseignants et adhère dès l'adolescence à la Junge Union, l'organisation de jeunesse de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, après avoir été séduit par la candidature d'Edmund Stoiber lors des élections fédérales de 2002. À 14 ans, il commence à lire Junge Freiheit, journal d'extrême droite, où écrit notamment Götz Kubitschek (de), figure de la Nouvelle Droite allemande. Kubitschek joue un rôle central dans la trajectoire idéologique de Helferich[1].

Un premier dossier disciplinaire, comportant des dizaines de griefs, est ouvert contre lui par la Junge Union NRW alors qu'il n'a que 18 ans ; il fait l'objet d'une procédure d'exclusion finalement abandonnée. Il effectue un service militaire au Wachbataillon de Siegburg en 2008. Il entame ensuite des études de droit à l'université de Bonn, où il intègre la Burschenschaft Frankonia, milieu au sein duquel, selon ses proches, sa radicalisation s'accentue. Il effectue durant ses études un stage au Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) à Klagenfurt, parti dont il admire les figures Jörg Haider et Herbert Kickl. Il est admis au barreau en 2020[1].

Carrière politique

Débuts au sein de l'AfD (2016 - 2021)

Il choisit ensuite de se consacrer à la politique à temps plein, et rejoint l'Alternative pour l'Allemagne en 2016[1]. En 2017, il est candidat de l'AfD aux élections fédérales dans la circonscription de Dortmund II (de)[2].

Premier mandat de député (2021 - 2025)

En , peu avant les élections fédérales pour lesquelles Helferich est candidat de l'AfD, des conversations privées de Helferich, datant de 2016 et 2017, sont fuitées par des adversaires internes au parti. Il s'y désigne comme « le visage sympathique du national-socialisme » et évoque sa volonté de jouer le rôle du « Freisler démocratique » lors d'un congrès régional, en référence au juge nazi Roland Freisler[3]. Il publie également une photo de bleuet en précisant connaître sa signification de symbole secret des nazis autrichiens, et se vante de ses contacts avec la scène néonazie de Dortmund-Dorstfeld[4].

Le bureau fédéral de l'AfD se saisit de l'affaire en et renvoie la question de la révocation de ses fonctions au sein du parti devant un tribunal arbitral. Helferich reste néanmoins sur la liste électorale pour les élections fédérales[5]. Après son élection au Bundestag, Helferich, sous la pression du groupe parlementaire de l'AfD, renonce à en faire partie[3]. En , le tribunal arbitral de l'AfD du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie rejette les poursuites disciplinaires engagées contre lui, jugeant que ces messages constituent des « tentatives de plaisanterie », reprenant selon lui des qualificatifs que ses adversaires de gauche lui attribuent[3].

Sa permanence parlementaire se trouve dans le quartier de Dortmund-Dorstfeld, où la présence néonazie est historiquement importante[6].

Deuxième mandat de député (2025 à aujourd'hui)

Il est réélu à l'issue des élections fédérales de 2025[1]. Tandis que l'AfD dépasse les 20 % des suffrages et devient le deuxième groupe au Parlement avec 152 sièges, le groupe parlementaire du parti décide lors de sa réunion inaugurale d'autoriser l'intégration de Helferich et de Maximilian Krah, qui avait déclaré que les membres des SS n'étaient pas « automatiquement des criminels »[7].

Positions politiques

Helferich se rattache au courant völkisch de l'AfD et revendique une appartenance au « troisième camp (de) » (« drittes Lager »), expression héritée de la tradition des Burschenschaften désignant la mouvance pangermaniste antisémite qui, en Autriche, soutenait l'Anschluss dans les années 1930 et dont le FPÖ est aujourd'hui considéré comme l'héritier. Il prône une « remigration à grande échelle » et défend une conception ethnique de l'identité nationale[1].

Proche du publiciste d'extrême droite Götz Kubitschek (de) et du chef de file du courant radical de l'AfD Björn Höcke, il conçoit son action parlementaire comme un levier pour élargir « l'espace du dicible » et imposer une hégémonie culturelle de la droite radicale. Il revendique explicitement la provocation et la polarisation comme méthodes politiques, considérant que « la politique de droite vit des transgressions de limites ». L'Office fédéral de protection de la Constitution le cite dans son rapport classant l'AfD comme cas suspect d'extrémisme de droite, notamment pour avoir qualifié l'Allemagne d'« abattoir multiculturel » en 2019[1].

Références

  1. (de) Dennis Pesch, Lukas Wittland, Björn Althoff et Thomas Thiel, « Radikal, rechtsextrem, provokant: So wurde AfD-Mann Helferich zum „freundlichen Gesicht des NS“ » Accès payant, sur Ruhr Nachrichten, (consulté le )
  2. (de) « Unser Direktkandidat Matthias Helferich », sur Site de l'Alternative pour l'Allemagne de Dortmund (version du sur Internet Archive)
  3. (de) Annika Leister et Lars Wienand, « Matthias Helferich: Freifahrtschein für das "freundliche Gesicht des NS" » Accès libre, sur T-Online, (consulté le )
  4. (de) « Vorwürfe gegen Dortmunder AfD-Kandidat Matthias Helferich » Accès libre, sur Ruhr Nachrichten, (consulté le )
  5. (de) Gaby Kolle et Marcus Bensmann, « Entscheidung zu Nazi-Chats: „AfD in NRW ist in einer schweren Krise“ » Accès libre, sur Ruhr Nachrichten, (consulté le )
  6. (de) « Rechtsextremes Treffen im einstigen "Nazi-Kiez": Drohen Dortmund wieder alte Zeiten? » Accès libre, sur T-Online, (consulté le )
  7. (en) Kate Connolly, « AfD readmits two politicians excluded over Nazi-related remarks » Accès libre, sur The Guardian, (consulté le )

Liens externes

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