Maurice Crabbé
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité |
Belge |
| Formation |
Université libre de Bruxelles ; Jury central (1902) |
| Activité |
Pharmacien, chimiste, professeur de chimie |
| Période d'activité |
1902–1947 |
| Conjoint |
Marthe Pérignon (1901–1922) ; Zélia Onderet (1929–1947) |
| Enfants |
2 |
| Organisation |
Société chimique de Belgique ; Société des naturalistes de Mons ; Loge La Parfaite Union |
|---|---|
| Domaine |
Pharmacie, chimie appliquée, toxicologie, botanique |
| Distinction |
Chevalier de l’Ordre de Léopold II ; Médaille des prisonniers politiques 1914–1918 ; Chevalier de l’Ordre de la Couronne |
Maurice Clément Émile Crabbé ( - ) est un pharmacien, chimiste et enseignant belge. Il dirige plusieurs pharmacies dans le Hainaut, fonde l’École des aides en pharmacie du Hainaut et enseigne la chimie à Mons[1].
Durant la Première Guerre mondiale, il participe à un réseau d’évasion lié au Procès Cavell-Baucq, ce qui lui vaut une condamnation par les autorités allemandes en 1915 et une détention jusqu’en 1918[2]. Il contribue ensuite à la vie scientifique régionale au sein de sociétés savantes[3].
Origines et formation
Né à Saint-Gilles dans l’agglomération bruxelloise, Maurice Crabbé est le second fils de Jean Prosper Émile Crabbé, directeur à la Chancellerie du ministère belge des Affaires étrangères, et d’Amélie Joséphine Molle. La famille réside successivement à Louvain, Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek[4].
Il effectue des études préparatoires à l’Université libre de Bruxelles, puis obtient les diplômes de sciences naturelles et de pharmacie par le Jury central en 1902. Il se spécialise ensuite en chimie biologique.
Mariages et descendance
Maurice Crabbé épouse en 1901 Marthe Apolline Agnès Pérignon, avec laquelle il a deux enfants : Suzanne et Émile Maurice Marc[5]. Le mariage est dissous en 1922.
Il se remarie en 1929 avec Zélia Onderet, originaire de Jemappes[6]. Cette union ne donne pas de descendance connue.
Une carrière au service de la santé publique
À partir de 1902, Maurice Crabbé est pharmacien des hôpitaux civils de Bruxelles[5]. Il ouvre ensuite une pharmacie à Jemappes, puis reprend en 1911 la pharmacie Gosselin à Mons, qu’il dirige jusqu’à son décès.
Il fonde et dirige l’École des aides en pharmacie du Hainaut, où il forme plusieurs générations d’assistants[6].
En 1925, il devient professeur de chimie à l’École industrielle supérieure de Mons, assurant à plusieurs reprises la direction par intérim dans les années 1930[6].
Il est membre de la Société chimique de Belgique et de la Société des naturalistes de Mons et du Borinage, participe à des congrès et donne des conférences de vulgarisation scientifique[6].
Première Guerre mondiale
Lors de l’invasion allemande en 1914, Maurice Crabbé et son épouse Marthe Pérignon s’impliquent dans un réseau d’évasion actif dans la région de Mons, en lien avec celui animé par Edith Cavell et Philippe Baucq[7]. Le couple aide des soldats alliés à gagner les Pays-Bas, alors neutres.
Arrêtés en , ils sont jugés à Bruxelles lors du Procès Cavell-Baucq. Marthe Pérignon est acquittée. Maurice Crabbé est condamné à cinq ans de travaux forcés et transféré au pénitencier de Rheinbach, où il demeure jusqu’en 1918[7].
Il reçoit ensuite la croix de chevalier de l’Ordre de Léopold II et la Médaille des prisonniers politiques 1914-1918[5].
Activités scientifiques et associatives
Maurice Crabbé contribue à plusieurs domaines scientifiques : chimie appliquée, toxicologie, botanique, étude des poisons végétaux et mycologie[6]. Certains de ses travaux sont publiés dans des revues régionales ou présentés lors de réunions de sociétés savantes.
Membre de la Société des naturalistes de Mons et du Borinage, il participe à des excursions, des conférences et des échanges de travaux[6].
Franc-maçonnerie
Initié en 1907 à la loge montoise La Parfaite Union, Maurice Crabbé y occupe les fonctions d’archiviste, de bibliothécaire et de député effectif[5].
Il progresse ensuite dans les hauts grades du Rite écossais ancien et accepté, où il devient titulaire du 33e degré honorifique[5].
Seconde Guerre mondiale et dernières années
Durant la Seconde Guerre mondiale, Maurice Crabbé apporte un soutien discret au Front de l'Indépendance à Mons, notamment par des dons destinés aux familles touchées par la répression[7].
Après 1945, il poursuit ses activités professionnelles et associatives jusqu’à son décès survenu à Mons le [5].
Notes et références
- ↑ [1]UPHOC — Union Pharmaceutique du Hainaut Occidental et Central
- ↑ Emmanuel Debruyne, Le réseau Edith Cavell. Des femmes et des hommes en résistance, Bruxelles, Racine, 2015.
- ↑ Société chimique de Belgique ., Bulletin des sociétés chimiques belges
- ↑ UPHOC — Union Pharmaceutique du Hainaut Occidental et Central
- Grand Orient de Belgique – archives
- Collectif, 1932.
- Sadi Kirschen, Devant les Conseils de Guerre Allemands, Edition Rossel & fils, 1919
Bibliographie
- Société chimique de Belgique ., Bulletin des sociétés chimiques belges - Volumes 38 à 39 - Page 5", 1921 .
- Jean-Bernard., Histoire générale et anecdotique de la guerre de 1914, Jean-Bernard , 1920.
- UPHOC, « Union Pharmaceutique du Hainaut Occidental et Central »,
- Emmanuel Debruyne, Le réseau Edith Cavell. Des femmes et des hommes en résistance, Bruxelles, Racine, 2015.
- Ambroise Got, Docteur en Philosophie, L'affaire Miss Cavell. D'après les documents inédits de la justice allemande, Paris, Plon, 1921.
- Albert LIBIEZ, L'affaire Cavell, Vérités et légendes à la lumière de documents nouveaux, 1922
- Sadi Kirschen, Devant les Conseils de Guerre Allemands, Edition Rossel & fils, 1919
- Louise Thuliez, Condamnée à mort, Edition FLAMMARION 1933
Liens externes
- Archives de l’État en Belgique
- Le Journal de Philippe Baucq fusillé avec miss Cavell
- Des femmes dans la Résistance
- UPHOC — Union Pharmaceutique du Hainaut Occidental et Central
- Grand Orient de Belgique – archives
- Archives de la Ville de Mons
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