Mesccia
La mesccia est une boisson traditionnelle monégasque apparue au XVIIe siècle, résultant du mélange de rhum des Caraïbes et de spiritueux européens dans le contexte des échanges maritimes de la principauté de Monaco. Tombée progressivement en désuétude au XIXe siècle, elle fait l'objet de tentatives de réintroduction, dont une relance contemporaine engagée à partir de 2021 sous une forme revisitée.
Histoire
Origines
La mesccia est une boisson traditionnelle monégasque dont le nom signifie « mélange ». Elle apparaît au XVIIe siècle dans la principauté de Monaco, où les habitants associent du rhum des Caraïbes, obtenu auprès de marins génois en échange d'agrumes locaux, à des spiritueux européens tels que le vermouth, le marsala ou l'ouzo. Cette pratique s'inscrit dans le contexte du commerce méditerranéen, les marins ayant recours aux agrumes pour prévenir le scorbut. Les recettes varient selon les familles. Après la perte définitive de Menton et de Roquebrune en 1861, la mesccia tombe progressivement en désuétude. Une tentative de relance intervient en 2000, à partir d'une recette attribuée à Robert Boisson, ancien maire de Monaco, sous l'impulsion de Jean-Mary Rizza et avec le concours du chef Marcel Athimon, sans s'inscrire durablement[1].
Revitalisation au XXIe siècle
À partir de 2021, une démarche de valorisation patrimoniale est engagée sous l'impulsion du prince Albert II, avec la participation de Guy Thomas Levy-Soussan. Le projet vise à proposer une version contemporaine de la boisson sous l'appellation « Mother Mesccia ». Le produit prend la forme d'un rhum blanc titré à 47 %, destiné à la dégustation ou à la mixologie, puis d'un distillat nommé « A Mesccia »[2] après vieillissement en fûts ayant contenu du rhum, du brandy ou du vermouth, dans les installations de la distillerie de Monaco à Fontvieille. Le projet mobilise notamment l'expertise de Luca Gargano, propriétaire de la maison Velier, ainsi que des expérimentations préalables conduites en Italie avec Paolo Artusio. Après plusieurs essais, dont une tentative infructueuse avec de la canne à sucre espagnole, la production s'organise autour de la filière haïtienne. Le spiritueux est commercialisé en Principauté, notamment par La Maison du Whisky, et sa distribution est prévue en France et en Italie, respectivement par cette dernière et par la maison Velier. Le produit est présenté comme une réinterprétation contemporaine d'une pratique ancienne liée aux échanges maritimes de la Principauté[1].
Procédé
La production repose sur un procédé de double distillation. Une première distillation est réalisée en Haïti, dans la région de Saint-Michel-de-l'Attalaye, à partir de canne à sucre de variété Crystalline, cultivée sans produits chimiques et récoltée manuellement. Une seconde distillation est effectuée en Principauté par Philip Culazzo, permettant d'obtenir un distillat initialement compris entre 20 et 30 % d'alcool, puis porté à 76 % avant réduction et mise en fûts à 63 %[1].
Références
- Thibaut Parat, « Ils font renaître une boisson ancestrale de Monaco grâce à de la canne à sucre d’Haïti et un expert mondialement reconnu », sur Nice-Matin, (consulté le )
- ↑ « A MESCCIA - CONSTITUTION D'UNE SOCIÉTÉ À RESPONSABILITÉ LIMITÉE / Journal 8720 / Année 2024 / Journaux / Accueil - Journal de Monaco », sur journaldemonaco.gouv.mc (consulté le )
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