Messor capitatus

Messor capitatus
Description de l'image Messor capitatus casent0010645 profile 1.jpg.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Hexapoda
Classe Insecta
Sous-classe Pterygota
Infra-classe Neoptera
Ordre Hymenoptera
Sous-ordre Apocrita
Infra-ordre Aculeata
Super-famille Vespoidea
Famille Formicidae
Sous-famille Myrmicinae
Genre Messor

Espèce

Messor capitatus
(Latreille, 1798)

Synonymes

  • Aphaenogaster barbara nigra André, 1883[1]
  • Formica capitata Latreille, 1798[1]
  • Formica huberiana Leach, 1825[1]
  • Messor sanctus obscuriventris Poldi, 1995[1]
  • Myrmica galbula Losana, 1834[1]

Messor capitatus est une espèce de fourmis méditerranéennes xérophiles du genre Messor (« fourmis moissonneuses »).

Alimentation

Ouvrières Messor capitatus transportant des graines.

Ces fourmis se nourrissent principalement de graines, qu'elles stockent dans des greniers au sein de leur fourmilière. Elles consomment aussi d'autres arthropodes.

Morphologie

Il existe un polymorphisme continu chez les ouvrières, dont la forme et la taille varient au sein de la colonie. Les plus grosses ouvrières sont communément appelées « soldats ». Il y a en effet les « Minors », de très petites ouvrières, les « Médias », de plus grosses ouvrières et les « Majors », les soldats possédant une tête beaucoup plus grosse servant à casser les graines, à défendre la colonie ou à attaquer d'autres arthropodes.

Reproduction

Chez Messor capitatus, des ouvrières issues de colonies dépourvues de reine peuvent produire des femelles à partir d'œufs non fécondés, un mode de reproduction appelé parthénogenèse thélytoque. Ce phénomène rare chez les fourmis a été documenté par des chercheurs[2],[3], qui ont observé que, dans deux colonies orphelines élevées en laboratoire, un grand nombre d'ouvrières femelles sont apparues sans accouplement, et que ce sont bien les ouvrières elles-mêmes (et non des ergatoïdes) qui ont initié la reproduction.

Spécialisation des majors et corrélation taille‑charge

Les ouvrières majors de Messor capitatus jouent un rôle crucial : elles sont capables de transporter de grosses graines de 20 à 30 mm de longueur[4], tandis que les colonies dépourvues de majors ne peuvent récolter que des graines plus petites.

Cleptobiose et vol de nourriture chez Messor capitatus

Messor capitatus pratique la cleptobiose, un comportement de vol de nourriture où ces fourmis s'emparent de graines ou ressources récoltées par d'autres colonies ou espèces voisines[5]. Ce type d'interférence alimentaire fait partie des tactiques comportementales observées dans cette espèce, lui permettant d'accéder à des ressources sans les collecter directement elle-même .

Communication chimique et signaux acoustiques

Lors de la détection d'une source de nourriture, M. capitatus utilise des phéromones provenant en particulier de la glande de Dufour (en). L'éclaireuse retourne au nid en traînant son abdomen, déclenche un comportement agité chez ses congénères, puis une colonne d'ouvrières suit les traces chimiques jusqu'à la nourriture. Les sécrétions de la glande à venin jouent également un rôle, mais plutôt dans la communication d'alarme et non dans le recrutement pour la nourriture[6].

Les ouvrières, gynes et mâles possèdent un organe stridulateur, une structure située entre les tergites abdominaux qui produit des sons souvent dans l’ultrason (>41 kHz). Ces signaux acoustiques pourraient intervenir lors d'interactions sociales, notamment en contexte de recrutement ou tension[7].

Distribution géographique étendue autour de la Méditerranée

Messor capitatus est une espèce méditerranéenne largement répandue à travers le sud de l'Europe (Espagne, France, Italie, Grèce), l'Afrique du Nord et certaines parties de l'ouest de l'Asie . Sa présence est donc confirmée bien au-delà de la seule France, couvrant une aire de distribution cohérente avec un climat chaud et sec typique de la région méditerranéenne[8],[9].

Notes et références

  1. BioLib, consulté le 18 janvier 2021.
  2. D.A. Grasso, T. Wenseleers, A. Mori et F. Le Moli, « Thelytokous worker reproduction and lack of Wolbachia infection in the harvesting ant Messor capitatus », Ethology Ecology & Evolution, vol. 12, no 3,‎ , p. 309–314 (ISSN 0394-9370, DOI 10.1080/08927014.2000.9522803, lire en ligne, consulté le )
  3. (en) Paloma Martínez-Rodríguez, Jonás Sarasa, Begoña Peco et Berta M. Jauregui, « Endosymbiont-free ants: Molecular biological evidence that neither Wolbachia, Cardinium or any other bacterial endosymbionts play a role in thelytokous parthenogenesis in the harvester ant species, Messor barbarus and M. capitatus (Hymenoptera: Formicidae) », EJE, vol. 110, no 2,‎ , p. 197–204 (ISSN 1210-5759 et 1802-8829, DOI 10.14411/eje.2013.030, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) « (PDF) Worker Size Polymorphism Conditioning Size Matching in Two Sympatric Seed-Harvesting Ants » [archive du ], sur ResearchGate (consulté le )
  5. (en) Michael D. Breed, Chelsea Cook et Michelle O. Krasnec, « Cleptobiosis in Social Insects », Psyche: A Journal of Entomology, vol. 2012, no 1,‎ , p. 484765 (ISSN 1687-7438, DOI 10.1155/2012/484765, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) D.A. Grasso, A. Mori et F. Le Moli, « Chemical communication during foraging in the harvesting ant Messor capitatus (Hymenoptera, Formicidae) », Insectes Sociaux, vol. 45, no 1,‎ , p. 85–96 (ISSN 1420-9098, DOI 10.1007/s000400050071, lire en ligne, consulté le )
  7. Donato A. Grasso, Alessandra Mori, Francesco Le Mou et Massimo Giovannotti, « The stridulatory organ of four messor ant species (hymenoptera, formicidae) », Italian Journal of Zoology, vol. 65, no 2,‎ , p. 167–174 (ISSN 1125-0003, DOI 10.1080/11250009809386741, lire en ligne, consulté le )
  8. (en-GB) Museum national d'Histoire naturelle, « Messor capitatus (Latreille, 1798) » [archive du ], sur Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le )
  9. « antmaps.org », sur antmaps.org (consulté le )

Voir aussi

Liens externes

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